Un seau d’excréments sur la tête du président de Rennes 2 (Discours de rentrée 2009)

« Et si votre université, comme certains l’affirment, est bien dans la liste des »campus prometteurs« , c’est seulement à être un des nœuds du mouvement de subversion totale qui vise à abattre une fois pour toutes ton ordre en faillite, plutôt que de la raccommoder avec des bouts de ficelle à la sauce performance et attractivité. »

paru dans lundimatin#51, le 7 mars 2016

Nouvelle année : La fête [re]commence

Fini de faire semblant, Gontard ! tu sais bien que ton rêve part en fumée. Et les beaux discours n’y changeront rien.
Fini le rêve de l’étudiant-branché-sympa-cultivé-et-mobilisé. Ou pour le dire avec tes mots, fini le rêve de « l’excellence disciplinaire », du « lien avec les entreprises », des « chercheurs de demain », de « leadership sur le marché européen du savoir », de « l’adaptation au marché du travail ».
A la place de ce mirage, ce que tu devrais plutôt raconter dans ton discours c’est l’histoire de tes tristes années de président à Rennes 2 ; fac depuis longtemps sur la liste rouge des banquiers et du gouvernement. Cette histoire résumons la en quelques lignes.

Il y a que tu as choisi ton camps dans la guerre en cours. Guerre économique et guerre existentielle. Tu peux toujours nous dire que pour survivre il n’y a pas d’autres choix que de suivre le cours du monde, que si tu ne voulais pas laisser Rennes 2 devenir une fac poubelle il fallait bien prendre des mesures. Des mesures qui vont dans le sens des réformes, et peu importe si cela signifie dans le sens de la transformation du savoir en une valeur marchande parmi d’autres. Alors, il faudra bien que les cerveaux disponibles préfèrent la gestion des ressources humaines et le management plutôt que l’enseignement de Foucault et des hérésies du 16e siècle. Il faudra bien apprendre à gérer ses crédits pour se préparer à se vendre sur la marché du travail. _ C’est ce que tu appelles « se former », apprendre à « changer rapidement », se qu’on préfère appeler soigner sa carrière ou devenir soi-même sa propre entreprise. Finalement ce que tu vends de nous, comment tu participes à façonner ceux qui passent dans cette fac, ce n’est rien d’autre que la misère du libéralisme existentiel. Mais malheureusement pour toi et les tiens, Rennes 2 voit fleurir chaque année des âmes rebelles, décidément irrécupérables. Et si votre université, comme certains l’affirment, est bien dans la liste des « campus prometteurs », c’est seulement à être un des nœuds du mouvement de subversion totale qui vise à abattre une fois pour toutes ton ordre en faillite, plutôt que de la raccommoder avec des bouts de ficelle à la sauce performance et attractivité.

Cependant nous t’accordons deux choses :

Primo. Si ta fac new generation est en ruines c’est bien en grande partie à cause des mouvements de grève qui se multiplient et ne se contentent pas de critiquer une réforme, mais s’en servent comme levier pour attaquer ce qui en est la cause, dit sommairement : le règne de l’économie et son pendant, le sérieux penchant de chacun à se laisser gouverner ainsi que tous les dispositifs qui nous maintiennent dans cette schizophrénie, nous la font aimer, ou le cas échéant nous rappelle à coups de police et de justice qu’il est dangereux de s’en extraire.

Secundo. Il n’est pas question de mendier à l’État les sous pour une université indépendante des impératifs économiques, où tout le monde pourrait venir se cultiver, et où les érudits pourraient travailler à devenir toujours plus érudits. Bref, où s’écrirait une idée du savoir comme science pure et objective, qui ne prend jamais position. Seulement, toi tu le dis par souci de réalisme économique, et parce que tu n’as pas une once d’imagination. Nous, nous le disons pour des raisons éthiques. parce que si ta fac est en ruines pour nous elle est un lieu de vie et de lutte où s’élabore une autre idée du savoir. Une idée du savoir qui n’est certainement pas objective, mais politique. Car nous avons bien plus appris dans nos mois de grève qu’en restant assis à écouter passivement vos cours se déverser dans nos têtes soi-disant à remplir.

Non seulement nous avons appris à ouvrir des amphis pour partager ce que nous connaissons ; et ce, sans que personne ne se demande si ceux qui sont là ont bien leur carte d’étudiant, sans que personne ne joue le rôle de prof, et sans évaluations. Mais surtout, nous avons appris que le savoir n’est rien s’il sert à rendre ce monde un peu plus supportable en se fabriquant un cocon qui a la douceur de la lâcheté, que par contre un usage d’un grand un intérêt pour combattre les méandres de cette civilisation que l’on a tous sur l’estomac. Qu’il faut se faire du savoir une idée offensive, c’est-à-dire arrêter de séparer les pensées et les gestes.

Vive la Grève Humaine !
Vive la Commune !

P.S : on t’emmerde !

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