Après le meeting chahuté du 21 juin 1973 (voir le deuxième volet de notre série), Ordre nouveau, dissous, fini par se recomposer en 1974 dans le PFN. À la fin des années 1970, les partis communistes de France, d’Espagne et d’Italie collaborent pour élaborer une doctrine prenant ses distances avec celles de l’URSS : l’eurocommunisme. Cette démarche provoque à l’extrême droite une volonté d’unification en réaction, en ayant en perspective les premières élections européennes. Des partis fascistes de France (le PFN), d’Espagne (Fuerza Nueva) et d’Italie (le MSI) travaillent ensemble à constituer… l’eurodroite ! Le congrès fondateur est à Rome en avril 1978, exactement au moment où Aldo Moro, le président du conseil Italien, est capturé par les brigades rouges.
En juin 1978, le PFN prévoit d’héberger un meeting de l’Eurodroite à Paris, à la Mutualité.
Une réaction antifasciste s’organise en demandant son interdiction mais le spectre du 21 juin 1973 et de sa violence est dans toutes les têtes. Les organisations de gauche (dont le PCF, le PS et le PSU), cette fois, appellent à un rassemblement, une partie des organisations révolutionnaires, comme la LCR, s’y associent. La stratégie est celle du front commun, avec un appel à une large manifestation tout de même scindée en deux qui ne cherche pas physiquement à interdire le meeting. Près de 4000 flics sont mobilisés pour protéger les fascistes.
Des groupes autonomes et quelques organisations révolutionnaires tentent d’accéder à La Mutualité sans parvenir à renverser le rapport de force.
En 1979, les premières élections européennes sont un véritable échec pour l’eurodroite. En France, le PFN, dont la liste est dirigé par Jean-Louis Tixier-Vignancourt, un collaborateur député poujadiste passé par le gaullisme puis revenu à l’extrême droite, n’obtient que 1,3 % des votes.
Archive 1 : « Le meeting nazi doit être interdit ! »
L’Étincelle, no 74, 25 juin 1978
Trois organisations fascistes européennes, le PFN, Fuerza Nueva (Espagne) et le MSI (Italie) ont annoncé leur décision de tenir un meeting à Paris, le 27 juin, « contre le terrorrisme ». Cette réunionoù doivent se produire les « furhers » des trois organisations, se tient dans le cadre de la préparation des futures élections européennes. C’est dans cette perspective qu’elles avaient créé, à Rome, il y a quelques semaines, un cartel européen ; « l’eurodroite ».
Car les trois principaux mouvements néo-fascistes d’Europe (si l’on excepte le NPD Allemand que l’on n’a pas invité par soucis de respectabilité) ont décidé de faire des prochaines élections européennes, leur thème principal de campagne. Pour cela, ils cherchent à se donner un aspect respectable. Dans ce souci, le PFN a choisi de prendre comme tête de liste pour ses candidats, Tixier-Vignacourt, ancien secrétaire d’État de Pétain, dans le but de s’attirer les faveurs des notabilités d’extrême droite.
Pourtant, derrière les volonté de respectabilité et leur proclamation démocratique, les buts et les méthodes des fascistes européens n’ont pas changé.
Les héritiers du Duce
Le MSI (mouvement social italien), s’est proclame, dès ses origines, comme un parti fasciste. Créé le 26 décembre 1946, dans l’appartement d’Arturo Michelini, ancien vice-président de la fédération fasciste de l’Urbe, ses statuts précisent qu’il est basé « sur le fascisme révolutionnaire de 1919 et sur les 18 points du manifeste de Vérone. »
Même son sigle traduit, on ne peut mieux, la filiation du MSI. La flamme aux couleurs italiennes, jaillissant d’un catafalque, représente la pérénnité de l’idée de l’idée jaillissant de la dépouille du Duce.
En 1972, lançant la « droite nationale », qui devait fournir une façade respectable au MSI, Almirante s’écriait : « si l’État est absent ou inefficace, c’est à la droite nationale qu’incombe de devoir de choc contre les subversifs de l’extrême gauche ».
Les groupes fascistes et notamment le MSI sont en effet impliqués dans des dizaines de meurtres et d’attentats. L’un des derniers en date étant l’assassinat d’un militant du PCI par le député MSI Sandro Saccucci. Un certain nombre d’éléments du MSI ont impliqués dans la « stratégie de la tension », stratégie de la provocation destinée à créer en Italie un climat propice à l’instauration d’un pouvoir fort. Qui peut nier aujourd’hui les liens puissants qui unissaient certains secteurs de l’appareil d’État italien et les fascistes ? On en eut l’illustration quand, en 1972, on vit de nombreux officiers supérieurs — tels l’ancien commandant du Centre Méditerranée de l’OTAN, l’amiral Birindelli — se présenter sur les listes MSI.
Les assassins d’Atocha
Dans leur stratégie de la provocation, les fascistes italiens avaient des ramifications internationales (avec le Portugal de Caetano, L’Espagne de Franco, la Grèce des colonels). Le groupe espagnol Fuerza Nueva, du député Blas Pinar, ancien combattant de la guerre civile, n’est pas en reste sur ses collègues italiens. On a vu, à plusieurs reprises, ses troupes de choc ratonner les rues de plusieurs grandes villes ou attaquer les locaux d’organisations de gauche. L’un des protagonistes de la tuerie d’Atocha (attentat contre un cabinet d’avocats des commissions ouvrières en 1976), Carlos Garcia Julia, est membre de Fuerza Nueva.
Par ailleurs, FN collabore avec le CEDADE (Cercle espagnol des amis de l’Europe), organisme nazi, créé par d’anciens volontaires du Front de l’Est, dont l’un des piliers fut Otto Skorzeny (ancien chef des commandos hitlériens « Friedenthal »). Le CEDADE est affilié au Nouvel ordre européen, dont le congrès rassembla le 5 avril 1969 toutes les organisations fascistes d’Europe. Nombreux sont les membres de cette secte nazie qui militent à Fuerza Nueva.
Ajoutons que FN, n’entretient pas, en France de liens qu’avec le seul PFN. Il est aussi lié à la CFT et aux réseaux Foccart (patron occulte des SAC). C’est l’un des lieutenants de Blas Pinar, Enrique Valarte, qui a assuré la liaison avec des responsables des réseaux Foccart.
Attentats en tout genres
L’un de ceux qui organisaient ces contacts se nomme Pino Rauti, ancien chef du groupe terroriste Ordine Nuovo, inculpé en 1972 pour complicité dans les attentats et mystérieusement blanchi par la suite. C’est le même Rauti, qui voit son influence se renforcer au sein du MSI, après la scission de 1977, où 17 parlementaires (les plus modérés — sic ! —) décidèrent de fonder Démocratie nationale.
Ce sont aussi des éléments du MSI que l’on retrouve impliqués dans une stratégie de provocation à l’échelle européenne. Ainsi, l’un des plus actifs dans les récents attentats en Espagne se nomme Stefano Delle Chiaie, qui s’est enfui d’Italie, à la suite des attentats de 1969.
Les nostalgiques du pétainisme
Point n’est besoin de parler longuement du PFN français. Les lecteurs de L’Étincelle savent à quoi s’en tenir avec les héritiers d’Ordre nouveau. Personne n’a oublié que les auteurs du rapt Hazan étaient membres du PFN et que l’un d’eux, Mischini, était l’un des responsables de la liaison avec le MSI. Personne n’a oublié que des militants du PFN combattirent aux côtés des phalangistes au Liban. Personne n’a oublié les attentats du GIN (groupe d’intervention nationaliste) et dont chacun sait maintenant que les auteurs étaient « proches » du PFN.
Les nazillons français veulent aujourd’hui faire peau neuve, remplacer les casques et les matraques par le complet veston. Pourtant, le passé des dirigeants du PFN ne peut laisser aucune illusion sur les intentions de ce groupe en mal de respectabilité. Qu’il s’agisse de Rolant Gaucher ancien du Rassemblant national populaire de Marcel Déat, d’Alain Robert et de Gauchon, anciens dirigeants d’Ordre nouveau), de Dupuy de Méry, ancien du SO d’Ordre nouveau et toujours en quêtes de place de chef (il vient de passer du secrétariat du mouvement de Furnon au Bureau politique du PFN), tous ces hommes ont à leur actif, des années de propagande raciste et de provocation contre le mouvement ouvrier.
Pas de nazis à Paris !
Oui, le meeting du 27 juin est une provocation. Derrière le sigle de l’Eurodroite se cachent des forces qui ont collaboré aux pires actes contre les travailleurs. Le visage « design » que veut se donner l’extrême droite ne peut cacher la couleur brune de ses drapeaux, son idéologie raciste, antisémite, sa haine du mouvement ouvrier.
Aujourd’hui les groupes fascistes ne représentent pas une menace immédiate, néanmoins la bourgeoisie peut s’en servir en tant que forces de provocations contre les travailleurs, car ces SS charognards sont toujours à l’affût de meurtres et attentats contre tout ceux qui luttent.
Nazis, nazillons, fascistes, extrême droite : quelle que soit l’étiquette qu’on leur colle, notre haine reste la même ; leur existence est une continuelle insulte, une continuelle provocation à la vie et aux libertés des peuples ;
Nous ne pouvons pas laisser parader cette vermine le [27] juin, nous ne devons pas tolérer l’expression de cette internationale fasciste.
Tout doit être mis en œuvre pour que ce meeting ne se tienne pas. Pas de nazis à Paris !
Louis Vernon
Archive 2 : « Les attentats depuis un an »
Rouge, no 683, 27 juin 1978
3/6/1977 : attentat contre le foyer chilien de Fontenay-sous-Bois, revendiqué par le groupe Hermann Gœring.
4/6/1977 : assassinat du gréviste CGT Pierre Maître à Reims par un commando appartenant à la CFT.
5/6/1977 : attentat contre l’avocat algérien Assouline.
15/7/1977 : attentat contre les locaux du MRAP signé Groupe Joachim Peiper.
4/11/1977 : attaque contre le consulat général d’Algérie du Front national de la jeunesse.
28/11/1977 : attentat du GIN contre Air-Algérie.
2/12/1877 : Laïd Sebaï, gardien de l’Amicale des Algériens en Europe, est assassiné de 10 balles de 11,43 par un commando de trois hommes. L’attentat est revendiqué par les commandos Delta. C’est le 71e Algérien assassiné en France en six ans.
4/12/1977 : appel à une manifestation « contre la puissance juive » à Marseille, interdite.
Décembre 1977-janvier 1978 : inscriptions antisémites à Dijon et menaces téléphoniques de la « section francaise d’Odessa International » (organisation des filières d’évasion des anciens SS), « décidée à condamner à mort certains membres de la juiverie dijonnaise » (sic).
11/12/1977 : attentat contre le foyer Sonacotra de Strasbourg revendiqué par les commandos Delta. « Elsa » une revue autonomiste fasciste alsacienne publie sous la plume du Dr lffrig : « Je vous donne les conseils suivants : qu’on brûle leurs synagogues et leurs écoles et s’il en reste quelque chose qu’on mette des pierres et de la terre, pour qu’on ne voie plus rien d’eux. »
5/1/1978 : inscriptions au lycée Gérard-de-Nerval de Luzarches « À bas la dictature judéo-marxistes, Arabes et communistes hors de France, Arabes et Juifs tous égaux devant les fours », signé GAJ-Ordre nouveau.
6/1/1978 : dans « le Dauphiné libéré », Robert Mosnier, président de la Chambre des métiers de Grenoble, publie une lettre à la mairie :
« Doit-on céder Grenoble aux Algériens ? » et demande à la municipalité PS ce qu’elle compte faire contre l’invasion étrangère dans la ville, concluant : « Que peuvent faire les commerçants contre cette invasion ? Il faut faire dégager les trottoirs pour une libre et honnête circulation. Je vous demande de prendre une décision. S’il en était autrement, nous n’hésiterions pas à passer à l’action. »
10/1/1978 : 60 coups de feu contre un foyer Sonacotra de Nice, revendiqué par le club Charles Martel.
27/1/1978 : Gérard Grosset, accusé du meurtre d’un Algérien Elaïd Djenati est acquitté par la cour d’ assises de la Creuse. Le 11/12/1976, Grosset, qui avait eu une altercation avec Djenatti, était aller chercher chez lui une winchester et était revenu abattre Djenatti. Légitime défense ont estimé les jurés.
11/3/1978 : attentat à Toulon contre les locaux de l’Amicale des Algériens revendiqué par les commandos Delta. Deux arrestations : un mineur de 14 ans et Raymond Goudard.
4/5/1978 : assassinat d’Henri Curiel, en tant que « militant de la cause arabe », revendiqué par les commandos Delta. Le pistolet de 11,43 qui a abattu Curiel est le même que celui qui a servi pour l’assassinat de Laïd Sebaï.
26/5/1978 : attaque des locaux de « Jeune Afrique » à Paris par un commando de 20 personnes ; plusieurs personnes blessées dont un journaliste qui restera plusieurs jours dans le coma.
15/6/1978 : 10 militaires du 1er RMP de Tarbes ratonnent à Paimpol des Noirs en les traitant de « sales nègres du Zaïre ».
Archive 3 :« 15000 antifascistes dans les rues de Paris »
Rouge, no 285, 29 juin 1978
La riposte unitaire s’est déroulée pendant que plusieurs milliers de policiers protégeaient le meeting nazi.
Près de la moitié de la manifestation derrière les banderoles de l’extrême gauche.
Plus de 15 000 personnes ont répondu à l’appel de toutes les organisations ouvrières de Paris et ont participé à la manifestation antifasciste de la place d’Italie à la gare Montparnasse. Vu la force de ces organisations, ce chiffre peut paraître faible, mais il représente l’état de la manifestation des travailleurs. La campagne contre ce meeting a été mené en grande partie par l’extrême gauche et c’est l’écho qu’elle a rencontré qui a forcé les organisations réformistes à accepter, dans les derniers jours, le projet de manifestation.
Depuis des années, le PC et le PS ont abandonné toutes les traditions de lutte antifasciste, ils n’ont pas bougé le 21 juin 1973 contre le meeting raciste d’Ordre nouveau, ils n’organisent pas l’autodéfense contre les agressions de la CFT. Dès lors, il n’était pas étonnant de constater qu’hier soir à Paris, le cortège de l’extrême gauche, où Lutte ouvrière brillait par son absence, représentait plus de la moitié de la manifestation.
Ces faits étant rappelés, cette démonstration représente un succès. Son caractère unitaire est un tremplin qui va permettre de faire de la lute antifasciste une lutte de masse, une lutte de tous les travailleurs.
Certes, le meeting nazi a eu lieu, regroupant à peine 2000 personnes sous la protection de milliers de policiers. La mobilisation et la politique des grandes organisations ouvrières n’ont pas permis de l’empêcher. Il s’agit maintenant, partout où nous travaillons, de montrer le danger que représente ces groupes fascistes, de dénoncer et d’expliquer le soutien qu’ils reçoivent du pouvoir, de promouvoir dans l’unité toutes les initiatives d’autodéfense contre leurs agressions. Le fascisme n’est pas un courant politique avec lequel on débat, il faut l’écraser.
Enfin, nul doute que bon nombre de militants du PC s’interrogeront sur les exclusives lancées par leur parti contre la moitié de la manifestation, comme si au Chili et en Argentine, les fascistes faisaient le tri entre les militants trotskystes, socialistes ou communistes.
La mobilisation policière était impressionnante : plusieurs milliers de flics, CRS et gendarmes mobiles bouclaient le quartier de la Mutualité. Place Maubert, ils sont regroupés par paquets de 15 ou 20. Au départ de la manifestation, et tout le long du cortège, les forces de police sont placées en évidence. À Montparnasse, plusieurs dizaines de cars placés en quinconce et des groupes de gardes mobiles bloquaient toute entrée sur la place.
15 000 à 20 000 personnes se sont retrouvées en fin d’après-midi place d’Italie à l’appel de plusieurs organisations ouvrières et démocratiques (PS, PC, CFDT, CGT, Ligue des droits de l’homme, etc. ) et des organisations d’extrême gauche (LCR. OCT, CCA, OCI, PCR, PCMLF). La manifestation se divisait en deux parties à peu égales.
A 18 h 45, le cortège démarre. En tête, ont pris place des femmes distribuant un tract signé « Des femmes du mouvement réunies en assemblée générale le 26 juin ». Elles avaient décidé de ne pas s’intégrer au cortège et précédaient la manifestation « officielle » de quelques dizaines de mètres. Celle-ci est introduite par les dirigeants des fédérations parisiennes du PC et du PS ainsi que les responsables syndicaux de la région parisienne, des dirigeants d’associations d’anciens combattants et de la Ligue des droits de l’homme. Le service d’ordre de la manifestation est assuré essentiellement par la CGT.
La majorité du cortège des organisations traditionnelles est dominée par des sections CGT et des sections du PCF. Ils crient : « Le fascisme ne passera pas ! » Un très mince cortège CFDT – quelques centaines ! - ajoute : « Barre, Giscard, Chirac, complices des fascistes ! ». « Union, action contre les nazillons ! ».
Plusieurs centaines de militants du Parti socialiste sont regroupés à la queue de cette première partie de la manifestation précédés par les élus socialistes à la mairie de Paris, drapés de leur écharpe tricolore.
Le cortège des organisation d’extrême gauche est ouvert par la Ligue communiste révolutionnaire qui rassemble plusieurs milliers de personnes aux cris de « A bas les assassins du mouvement ouvrier ». « Contre les tueurs d’immigrés et les agresseurs du mouvement ouvrier , mobilisation dans l’unité »,« Ils ont tué Pierre Maître, assassiné Curiel, autodéfense ouvrière ! ». « Contre les fascistes et les agresseurs, unité et mobilisation ».
Derrière, prennent placent successivement, plusieurs centaines de militants de l’OCT, des CCA et de l’OCI, puis les organisations marxistes-léninistes et enfin quelques groupes d’« autonomes » en queue de manifestation.
Ceux-ci provoqueront quelques incidents, notamment vers 19 h 15 sur le boulevard Saint-Jacques au niveau de la rue de la Santé. Un coktail Molotov est lancé contre les flics qui répondent immédiatement par des lacrymogènes.
Malgré un début de panique, le service d’ordre de la manifestation évite que l’incident aille plus loin.
A plusieurs reprises, des petits groupes de ces « autonomes » ont tenté sans succès d’emmener des manifestants vers la Mutualité.
La tête de la manifestation arrive place Montparnasse aux environs de 20 h. La dispersion aura lieu à quelques centaines de mètres sans incident notable.
19 h 30. Aux environs de la place Maubert, c’est Paranoïa-City. Des policiers partout ; ils encerclent la Mutualité, stationnent rue Monge, rue des Ecoles, un peu plus loin place du Panthéon.
Aux coins des rues, des groupes de fascistes flairent le vent, dévisagent des passants. Tout ce qui est jeune se regarde. Fachos ? Gauchos ? les genres vestimentaires se sont un peu mélangés, difficile de dire. Quelques crânes rasés et des « ray-bans » ( ce sont des lunettes) font parfois la différence.
On attend un incident. 20 h 30, le meeting commence. la place devant la Mutualité, se vide un peu, les journalistes mettent leurs brassards. le Cavelier, traîne-savate du SAC et du PFN est là, devisant, relax, avec des flics. Il est chez lui.
21 h 20. On signale un rassemblement d’une centaine de personnes au bas de la rue des Ecoles, juste devant Jussieu. les flics font mouvement. Quelques jets de pierres, cavalcades de gens qui se dispersent alors que les CRS tentent une petite charge. Ils reviennent en ramenant cinq « prises de guerre » : cinq personnes qui sont promptement fouillées sous le flash des photographes. Elles n’ont rien sur elles. Sans doute leur « allure » ...À 22 h, les flics stationnent toujours sur le carrefour qui fait l’angle entre la rue Cardinal-lemoine et la rue Jussieu. On attend alors que le meeting se déroule.
Devant la Mutualité, une centaine de motos de dispersion remontent la rue Monge.







