« Le pire contre-sommet de l’histoire »

Biarritz ou le triomphe de la non-bataille

paru dans lundimatin#206, le 9 septembre 2019

On peut être défait pour avoir eu le dessous dans un affrontement, mais au moins a-t-on pour soi l’expérience de s’être battu, et parfois la certitude que d’autres viendront un jour vous venger. La défaite absolue consiste en ce que Guy Brossollet appelait la “non-bataille”. Il n’y a pas même de défaite, et c’est cela la véritable défaite.

Depuis le sommet du G7 de Biarritz, Macron et son équipe se rengorgent de satisfaction pour les deux ou trois petits effets de scène que la mobilisation de tous les moyens médiatiques, militaires, policiers et diplomatiques à leur disposition leur a permis d’obtenir. Et depuis lors, symétriquement, les organisateurs du contre-sommet et ceux qu’ils prétendaient organiser s’échangent des noms d’oiseaux, se renvoyant la responsabilité de ce que lesdits organisateurs ne peuvent structurellement reconnaître comme un échec. Comme si cette situation ne contre-signait pas à elle seule la défaite advenue. La préfecture des Pyrénées-Atlantiques n’a pas manqué d’enfoncer le couteau dans le dos de ceux qui lui ont fait confiance par ces félicitations venimeuses : « Il faut saluer les organisateurs des rassemblements qui ont tout fait pour maintenir les éléments violents à distance, notamment concernant le choix des parcours. L’ultragauche et ses black blocs ont été marginalisés par des militants tout aussi hostiles qu’eux au G7 ». Cerise sur le gâteau : le ministère de l’Intérieur, au vu de cet état de choses, s’est même payé le plaisir de verser encore un peu d’huile sur le feu en déclarant au Canard Enchaîné qu’un deal tacite aurait eu lieu entre la préfecture et les organisations de gauche : l’autorisation de la symbolique “manif des portraits” du dimanche 25 août à Bayonne en échange du renoncement à toute action effective de blocage le matin du même jour. Et les organisateurs de se fendre d’un communiqué peu convaincant pour dénier toute collaboration avec les chefs des forces de l’ordre. Il n’y a pas jusqu’à la révélation d’une indic particulièrement active depuis un an tant dans l’organisation du contre-sommet que parmi les gilets jaunes de Toulouse et du Sud-Ouest - une ex-syndicaliste CGT d’EDF à Clermont-Ferrand semble-t-il - qui n’ajoute au marasme. Une si complète déroute ne peut procéder que d’un complexe faisceau de causes. Elle ne se laisse ramener ni à des généralités sur les contre-sommets, les Basques, les gauchistes, les anarchistes et les sociaux-démocrates. Plutôt que de courir après la prochaine échéance, le prochain mouvement et la prochaine défaite en déniant celle que l’on vient de subir cuisamment, plutôt que de tenter d’oublier au plus vite comment l’on a pu se méprendre sur ce qui adviendrait à Biarritz, Bayonne ou Hendaye, nous avons tout à gagner à ouvrir le débat afin de comprendre ce qui a bien pu se passer, et ce qu’il faut se garder de reproduire, si l’on ne veut pas produire de nouveaux échecs en série. Des participants au contre-sommet nous ont fait parvenir la contribution qui suit. Nous la publions en espérant que d’autres suivent.
[Photos Patxi Beltzaiz]

« Le G7 en feu, le contre-sommet au milieu »

Il promettait ce G7. Après une année où la France sortait de son atonie, marquée par l’émergence conjointe du mouvement des Gilets Jaunes et d’un renouveau des luttes écologistes et climatique, le rendez-vous avait été fixé fin août au Pays Basque pour contester ensemble le cynique spectacle de l’ordre néo-libéral. Ces deux luttes qui avaient cohabité pendant l’année, sans jamais vraiment se croiser, devaient être le fer de lance d’un combat anticapitaliste, antiraciste, antiautoritaire, féministe et anti-impérialiste. Tout le monde s’attendait à une incarnation en acte du slogan « fin du monde, fin du mois, même combat ». 

Certain-e-s avait ironiquement sous-titré la réplique qui se préparait à ce sommet « Welcome to Paradise ! », comme un hommage à la beauté combative des côtes Basques et pour se placer dans la lignée de la réponse populaire et conséquente qui s’était dressée face au G20 de Hambourg en 2017 – « Welcome to Hell ! ». Pourtant, et à rebours de ce qui était annoncé un peu partout et par tout le monde, nous avons eu l’impression d’assister à « We love Green », un festival consensuel où l’impuissance est brandie en victoire politique par ses organisateurs. Alors, comment est-on arrivé à ce désastre ?

ANV, Bizi, Attac, Alternatiba & co ont-elles secrètement négocié avec le ministère de l’intérieur ?

C’est ce qu’avance le Canard Enchainé dans son édition de la semaine dernière. Les concerné-e-s se disent heurté-e-s par de telles allégations et démentent formellement en disant, qu’au vu des organigrammes bureaucratiques, tel-le sous-chef-fe n’a pas pu participer à des réunions avec tel-le autre de la préfecture. 

Alors, répondons dès maintenant à cette question qui taraude tout le monde : ANV, Bizi, Attac, Alternatiba & co ont-ils secrètement négocié avec le ministère de l’Intérieur ? A vrai dire, on s’en fout, puisque ces orga collaborent ouvertement, et depuis longtemps, avec l’Etat dans le cadre de la préparation de ce contre-G7. Et peu importe qu’il y ait eu ou pas une réunion avec l’une ou l’autre asso : les organisateurs du contre-sommet ont toujours été sur la même ligne politique, stratégique et médiatique que celle des organisateurs du sommet officiel. C’est ce qu’on va tâcher de vous raconter.

Le G7 et son double

Dans un G7 réellement inversé, le contre-sommet n’est qu’un moment de l’officiel. Et c’est un des portes paroles de G7EZ – la plateforme basque - qui l’affirmait en juin : « Pour l’instant, on travaille en bonne intelligence avec les services de la préfecture, mais on n’est pas tout à fait sur la même longueur d’onde. Depuis le début, la préfecture souhaite un contre-sommet réussi pour valider le sommet du G7. Nous, on souhaite clairement invalider le G7 ! Et démontrer que ce sommet n’est que du gâchis. Malgré tout, nous voulons travailler au maximum pour pouvoir permettre aux personnes, aux militants qui souhaitent venir à ce contre-sommet de pouvoir nous rejoindre, dans le cadre de ce que l’on propose, c’est-à-dire une organisation avec un camp, des conférences et des actions pacifistes » [1]. Et étrangement, le « cadre proposé » et négocié avec l’Etat a fait en sorte que « le contre-sommet » soit réussi, c’est-à-dire qu’il ne se passe presque rien. Oupsi. Le ministère de l’intérieur avait de quoi être ravi. Il l’a été.

Rien qu’à la lecture des plaquettes distribuées à l’entrée du campement d’Urrugne, on pouvait se dire que quelque chose n’allait pas : les trois premiers jours du contre-sommet n’étaient consacrés qu’à des conférences assez consensuelles, le temps des actions ne venant qu’après. « On l’a décidé, vous n’avez pas le choix, sinon partez » a-t-on pu entendre à l’une des premières AG improvisées.

Dans le campement et dans Hendaye même, beaucoup de gens étaient déçu-e-s, puisque bon nombre, y compris certain-e-s de leurs membres étaient venu-e-s en ayant pris au sérieux leurs communiqués : Si ce G7 est aussi nuisible et cynique que vous le dites, il faut l’empêcher, ou au moins le perturber. A défaut, on leur a seulement proposé d’écouter la bonne parole alternative, dans des amphithéâtres climatisés, flambant neufs, avec leurs caméras et leurs écrans, lors de débats lénifiants et consensuels. La CGT et Greenpeace y ont même promis de se parler prochainement, devant une salle médusée. L’auditoire était venu pour saboter de néfastes réunions, et on leur imposait un piètre simulacre pour militants des conférences du G7. 

C’est à ce moment-là qu’il est devenu clair que les assos organisatrices de ce contre-sommet voulaient exactement la même chose que Macron, ou plus précisément elles voulaient devenir son double : tout avait été fait pour que ce contre-sommet ne soit rien de plus qu’un droit de réponse télévisuel à l’officiel. La seule chose qui ait été véritablement pensée c’est un partage du temps d’antenne sur BFMTV, où les grand-e-s chef-fes des grandes assos pourraient prêcher la bonne parole, tout comme les grand-e-s cheff-e-s des grands pays prêchaient la leur. Petit théâtre d’ombres sous le soleil basque, où les un-e-s et les autres se répondent, sans que jamais rien ne vienne troubler leur dialogue de représentants.

De la même manière qu’il est pathétique de se déclarer pour la paix dans un territoire qui connaît une militarisation rappelant les pires moments du franquisme, de se prononcer pour l’ouverture des frontières quand à quelques kilomètres de là des flics de tous pays contrôlent et arrêtent à une barrière de péage, de dénoncer l’impérialisme quand un hélico américain survole Hendaye [2], nos grosses orgas écolo ont demandé « la justice sociale et climatique » à des incendiaires [3], et prôné la non-violence au milieu de leurs policiers armés. Pour ces orgas, l’écologie n’est qu’une vitrine dans laquelle iels peuvent se faire voir, une marchandise symbolique à vendre et à négocier avec les puissants devant les médias du monde entier, et c’est dans cette optique qu’iels ont organisé ce contre-sommet. 

L’écologie, quand elle est correctement articulée aux autres luttes, peut porter un potentiel immense d’émancipation. Mais elle comporte aussi les pires trahisons : ANV, Bizi, Alternatiba, Attac et consorts n’avaient rien à négocier avec l’État, puisqu’on ne négocie pas avec ses allié-e-s : on s’arrange entre ami-e-s. 

« Le pacifisme collabore »

En plus d’être sur la même ligne médiatique que l’Etat, ces assos et orgas ont construit une stratégie commune avec lui et l’ont nommée : « consensus d’action ». Ce consensus d’action a pris des formes assez étonnantes pendant cette fin de semaine : sorti bruyamment quand il visait les manifestant-e-s, et mystérieusement tu quand il aurait pu permettre de s’opposer au G7 et à la violence qu’il comporte intrinsèquement.

Ce fameux « consensus d’action », si décrié, était présenté en très gros sur la jolie plaquette transmise aux participant-e-s du contre-sommet. Nous vous en proposons une retranscription :
 

« Les organisateurs de contre-sommet, nous avons convenu ce consensus d’action : 

- Nous agirons avec calme et détermination, dans un esprit de construction et de résistance.

- Nous ne dégraderons rien, nous ferons uniquement usage de méthodes et techniques non-violentes et pacifiques pour montrer notre détermination, nous ne participerons pas à la surenchère et nous ne mènerons pas de stratégie de confrontation avec les forces policières. En cas de charge et violence policières, nous mettrons en place des techniques de résistance non violente, à définir ensemble.

- Nous sommes attaché.e.s à garantir la sécurité des personnes présentes sur les lieux de nos manifestations et actions. Par notre présence, notre nombre et notre cohésion, nous montrerons que nous sommes la solution.

-  Par contre, nous nous opposons à toute tentative de récupération de nos mobilisations à des fins commerciales, réactionnaires ou violentes. »

 À la lecture de ce texte, il devient clair que la défense d’ANV, Bizi, Attac, Alternatiba et leurs compères devient un peu plus futile : peu importe que l’une ou l’autre asso soit membre d’une plateforme, ou juste organisatrice de la marche des portraits ou de l’action de blocage annulée du dimanche, puisqu’elles partagent exactement le même point de vue et la même stratégie. Ce consensus d’action est le même que celui porté par Alternatiba, ANV-COP21 et Bizi lors de leur marche des portraits [4]. Et sur place, toutes ces assos étaient plus ou moins interchangeables, discutant cordialement ensemble pendant les conférences et se soutenant mutuellement dans les AG. Qui se renseigne un peu apprend que Bizi est une organisation basque, qu’Alternatiba est sa déclinaison européenne, et qu’ANV-COP21 est la branche "résistance" d’Alternatiba.

Alors, oui, ANV-COP21, Alternatiba, Attac, Bizi et leurs associé-e-s dénoncent la violence. Mais quand ça les arrange, c’est-à-dire surtout quand elle ne vient pas de l’Etat. Le seul communiqué qui a été réalisé sur la question de la « violence », l’a été pour dénoncer « l’agression d’un passant » lors d’une manifestation qui amenait une charpente du campement au port d’Hendaye où était situé l’Ambazada (lieu des rencontres intergalactiques organisées par des personnes de Notre Dame des Landes) : un monsieur avec une caméra s’est énervé quand il s’est vu expliquer que la contestation n’était pas un spectacle et que les films qu’il réalisait pouvaient mettre en danger des personnes. Selon plusieurs sources, il aurait engagé une bagarre avec ses interlocuteurs. Cette manifestation n’étant pas au programme négocié avec l’Etat, les plateformes ont vu rouge et ont déclaré : « Comme le rappelle notre consensus d’action, aucune forme de violence morale ou physique ne sera tolérée. Nous appelons les agresseurs à prendre leurs responsabilités et à quitter le lieu de vie qui ne peut accueillir les auteurs de telles violence » [5]. Rien sur le contexte, juste une condamnation morale. On se croirait au Tribunal de Grande Instance. 

En revanche, quand la police attaque par deux fois, dans la même soirée, coup sur coup, une manifestation et le campement, il n’y a plus de Bizi, d’Alternatiba, d’Attac, d’ANV ou de plateformes. Silence radio. Il ne faudrait quand même pas vexer ceux que l’on conteste. 

Dans la fin d’après-midi du vendredi 23, deux motards de la gendarmerie et une voiture de la BAC se perdent dans une manifestation qui rentre, solidement escortée, d’une tentative de blocage. Ils en sont joyeusement chassés, mais pour sauver l’uniforme bafoué de leurs collègues, des forces antiémeutes (des CSI-CDI), des BAC et des voltigeurs (BRAV-M) chargent à moto sur les bords d’une falaise une foule de 300 personnes qui n’a pas d’autre choix que de courir ou de se prendre des LBD ou des coups de tonfa. Où est le communiqué appelant l’État à stopper sa violence et à quitter les lieux immédiatement ? Où est le soutien aux interpellé-e-s, aux tabassé-e-s et à ceux et celles qui n’ont pas eu la force ou la capacité de courir assez vite pour leur échapper ? [6]

Moins d’une heure après, et toujours pour assouvir leur petite vengeance corporatiste, ces mêmes policiers accompagnés d’autres attaquent le campement, allant jusqu’à ses portes pour tirer à vue sur tous ceux et celles qui tentent de les faire reculer. Alors que l’auto-défense s’organise collectivement, toujours pas de Bizi, ni d’ANV, ni d’Attac, ni d’Alternatiba, ni de plateforme. Et elles brilleront encore par leur absence quand dans l’AG du soir on apprendra qu’une indicatrice de la police était vraisemblablement infiltrée dans le campement, et qu’une caméra avait été trouvée dans un arbre.

À vrai dire, elles ont dû avoir peur, ces orgas : à entendre tous les soirs des « tout le monde déteste la police » qui sortaient gaiement du bar des gilets jaunes, à voir que les participant-e-s étaient prêt-e-s à s’auto-organiser sans leur demander leur accord (marche vers l’Ambazada, manif en non-mixité, concert nocturne, action de blocage de l’autoroute, organisation pour aller à Bayonne le samedi…), et surtout prêt-e-s à s’auto-défendre collectivement en cas d’attaque de la police. Elles ont compris que malgré tout ce qui avait été mis en œuvre avec l’Etat, elles ne contrôlaient pas grand-chose, que la politique était un peu plus compliquée qu’un festival We love Green, que personne n’était venu pour consommer des conférences et des actions. Du coup, prises de panique, elles se sont rangées ouvertement derrière l’État : elles ont convoqué une AG le samedi matin à 8h sur le campement pour « assurer la sécurité des personnes pendant ce week-end », reprenant ainsi le vocabulaire policier à défaut de penser une défense collective. 

Et alors ça a été la débandade politique des alternatifs [7] : les seuls forces de l’ordre qui ont été aperçues dans Hendaye pendant la grande manifestation « anti-G7 » du 24 août, c’était les gilets verts d’ANV, d’Attac d’Alternatiba et de Bizi protégeant les deux banques du parcours, mais aussi, et plus cocassement, un petit salon de coiffure, comme si le black bloc, quand il n’est pas occupé à manger des enfants, complotait contre les teintures. 

L’action "désobéissante" du dimanche - des occupations de places, sans "blocage" ni "départ en manif" nous a-t-on bien précisé - a été annulée, puisqu’elle risquait d’être trop désobéissante, et a été remplacée par une projet de "mur populaire". Personne n’a jamais su à quoi ça pouvait ressembler puisqu’il s’est vu sacrifié sur l’autel de la ’sécurité des personnes’. Alors, pourquoi ces renoncements en chaîne ? Parce que les orgas se sont rendu compte qu’elles ne pourraient rien maîtriser, et que malgré les leçons de morale faites à ceux et celles qui voulaient s’auto-organiser, on ne leur reconnaissait pas une once d’autorité : elles ont dû penser qu’il fallait mieux abdiquer que de perdre leur face acceptable. 

Elles ont dû tellement être chamboulées par cette découverte qu’elles n’ont pas pris le temps de dénoncer l’attaque violente d’une manifestation, du campement et de demander la libération immédiate de toustes les incarcéré-e-s. Sûrement pensaient-elles déjà au prochain We Love Green, ou à écouter de la pop en mangeant du quinoa bio. 

Reste une grande question : pourquoi la manif des portraits du dimanche a-t-elle été maintenue et n’a pas été agressée par la police comme l’ont été les manifs du vendredi 23 sur la Corniche et celle du samedi 24 à Bayonne ? La réponse est sûrement bien plus simple que des négociations secrètes : elle a été accordée par la préfecture aux opposants officiels, en guise de remerciement pour services rendus. Et c’est même Attac qui le dit : "Si la manifestation n’était pas autorisée, pourquoi les forces de l’ordre ne sont pas intervenues ?" La réponse est simple pour le porte-parole d’Attac. “Ils connaissent les organisations, ils savent qu’elles ne causent jamais de problèmes de maintien de l’ordre. Par exemple, vendredi (24 août, la veille du G7) nous avons pu mener une action pacifique, non déclarée, sans être réprimés par les gendarmes”.

Et c’est ainsi qu’au milieu du week-end, le campement, dépité, s’est rapidement vidé : beaucoup étaient venu-e-s plein de motivations, mais finalement assez peu préparé-e-s. Peut-être avait-on oublié que les orgas ne font jamais des cadres facilement réappropriables. Peut-être avait-on trop cru aux prévisions sur le débarquement massif de contestataires venu-e-s de tous les ronds points et de toute l’Europe. Peut-être avait-on trop écouté la plateforme basque qui annonçait qu’un sommet ici était l’affront de trop qui ne passerait pas. Peut-être avait-on omis que le modèle un peu éculé de ’contre-sommet’ était peu à même nous faire revivre la créativité de ces derniers mois. Trop sûrement, on a pu penser que ce G7 se bloquerait tout seul, comme par magie, puisque tout le monde l’annonçait. Comme si l’histoire pouvait se faire toute seule. Et même si le déploiement délirant des forces répressives a sûrement rendu impossible toute confrontation frontale, il aurait pourtant été faisable de vietnamiser ce contre-sommet, de défaire Biarritz depuis les collines. Mais rien ne sert de refaire le match perdu, gardons juste à l’esprit que maintenant plus jamais, il ne faut croire les promesses médiatiques et bureaucratiques. 

Bilan de ce contre-sommet pour ANV, Alternatiba, Bizi, Attac & co : un beau temps d’antenne télé, un joli statut d’opposants officiels, de jolies photos, une belle gestion du maintien de l’ordre des « agité-e-s » (de la même manière que Macron à bien géré son « agité » à lui, Trump), de grands discours pleins de bonnes intentions et des longs silences complices quand la police attaque leur contre-sommet. Et tout le monde peut rentrer chez soi heureux et satisfait. Et le sinistre cirque médiatico-politique peut reprendre. Mais jusqu’à quand ?

Leur écologie n’est qu’une vitrine, devenons le pavé

Ce début d’automne va être marqué par le retour des luttes sociales et écologiques. Bon nombre d’actions sont d’ores et déjà prévues. Tâchons d’être à la hauteur de l’enjeu puisque ANV, Bizi, Attac, Alternatiba & leurs complices vont encore tenter de sévir, d’étouffer toute forme de lutte et de révolte un tant soit peu conséquente. Leurs actions continuent de se vouloir symboliques, c’est-à-dire insignifiantes, et c’est justement là qu’il faut les attaquer, les déborder. 

À toustes les membres de ces assos et orga, nous tenons à vous rappeler que si vous voulez être à la hauteur de vos convictions et que vous essayez d’enrayer effectivement le désastre en cours, il n’est jamais trop tard pour déserter des rangs de la police et de tenter des choses nouvelles : 

N’attendez rien, désirez tout !

[1G7 Blokatu et G7 Ez, deux faces d’une même pièce - article à lire attentivement pour ceux et celles qui se laisseraient impressionner par la division du travail bureaucratique défendue par ANV, Bizi, Alternatiba et leur gang. 

[2« Pendant ce temps-là, un hélicoptère appartenant à la délégation américaine survolait le port. Ce dernier était arrivé, la veille, dans l’impressionnant avion de l’US Air Force, qui comprenait, en plus de cet hélico, du matériel militaire. » https://www.sudouest.fr/2019/08/21/contre-sommet-du-g7-l-ambazada-de-notre-dame-des-landes-prend-ses-quartiers-a-caneta-6467631-4171.php

[3« De plus en plus autoritaires et bellicistes, ces 7 grands pyromanes se rencontrent pour perpétrer un système au service des plus riches et des multinationales. Il est temps de stopper les incendiaires de cette planète ». Contre-G7 et pour un autre monde, 12 juin 2019. Deux mois et demi que les incendies en Amazonie ébranlent le G7 et son double. Tristement prémonitoire

[4« Les mouvements Alternatiba, ANV-COP21 et Bizi organisent une « marche des portraits » pour le climat et la justice sociale le dimanche 25 août à 10h00 dans le centre ancien de Bayonne, à l’occasion de la tenue du G7 à Biarritz. (…) La participation à cette marche des portraits doit se faire impérativement à visage découvert et de manière 100 % non-violente, quel que soit ce que pourrait faire la police. » https://anv-cop21.org/g7-appel-a-marche-portraits/

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