Chères lectrices, chers lecteurs,

lundimatin a besoin d’argent

paru dans lundimatin#187, le 16 avril 2019

Nous ne savons jamais trop comment vous en demander, notamment parce que nous imaginons que la grande majorité d’entre vous n’en jette pas tous les matins par les fenêtres. C’est aussi lié à notre ligne éditoriale un peu atypique et que vous commencez à connaître. Ce que nous cherchons à produire c’est de l’intelligence collective, une perception partagée du monde qui nous entoure ; nous parions donc sur le contenu des articles que nous publions, la façon de les agencer, la manière de les signer ou non, plutôt que sur l’identité réelle ou supposée de notre petite équipe. Lorsque des confrères d’autres médias nous sollicitent pour parler de « nous », nous refusons systématiquement, non pas par fausse pudeur ou goût du secret mais parce que notre fonctionnement comme nos biographies nous paraissent sans intérêt. La meilleur manière de savoir ce qu’est lundimatin reste de nous lire.

Nous nous trouvons cependant à une étape charnière pour le site. Notre lectorat est en perpétuelle augmentation [1], nos articles pèsent de plus en plus significativement sur le débat public et nos contributeurs sont toujours plus nombreux et prolifiques. Les conséquences de cela c’est que notre (petite) équipe de rédaction se retrouve complètement submergée par le travail que nécessite le site au quotidien. Jusqu’à présent, nous avons toujours fait le choix de ne pas indexer nos activités sur des rétributions financières. Cela nous semblait et nous semble toujours être un gage de probité, de liberté et de qualité. Nous n’avons jamais publié un seul article au prétexte qu’il ramènerait des cliques ou de l’argent. La contrepartie pas toujours très confortable et évidente à cet usage a donc été pour nous de trouver de l’argent autrement. Avec pas mal d’optimisme et beaucoup de bonne volonté, on peut voir la précarité du bon côté et y trouver aussi une certaine liberté. Il nous faut cependant avoir l’honnêteté d’admettre qu’aussi débrouillards que nous puissions être, c’est une situation qui peut s’avérer éreintante au fil des années, notamment parce que cela revient parfois à travailler 50 heures par semaine sans la Rolex en contrepartie. C’est aussi un choix de fonctionnement qui rend notre structure extrêmement fragile. Si depuis 4 ans et demi, une dizaine de personnes a participé au premier cercle du travail éditorial, un certain nombre d’entre nous a dû s’en dégager faute de temps et de moyens. Et c’est là l’une des plus grandes limites de l’informel : tenir dans le temps, assumer la pression, et ce lundi matin qui chaque semaine, revient.

Pour autant, nous n’allons pas sortir les violons pour tenter de vous arracher une larme puis une pièce parce que notre média serait au bord de l’effondrement psychique et financier. Nous croyons suffisamment dans l’importance et la nécessité du travail que nous accomplissons chaque semaine pour tenir un paquet d’années. Et ceux qui nous connaissent savent qu’il en faut davantage pour nous faire renoncer ou abdiquer.

Néanmoins, nous avons plus que jamais besoin de ressources si nous souhaitons préserver la qualité et la quantité de nos publications ; et de bien davantage encore si nous voulons étendre conséquemment nos activités.

Pour cela, il n’y a pas 36 possibilités mais trois. La première consisterait à rendre l’accès au site payant, ce que nous ne voulons pas car il nous paraît crucial politiquement d’être en mesure de toucher le plus grand nombre. La seconde serait d’être financé par de la publicité ou des contenus sponsorisés, ce qui serait humiliant pour nous autant que pour nos lecteurs. La troisième est celle que nous avons adopté depuis plusieurs années, en l’occurrence demander régulièrement à nos lecteurs les plus fortunés de nous appuyer financièrement (précisons que nos activités étant d’intérêt général, leurs dons sont défiscalisables à hauteur de 66% dans la limite de 20% du revenu imposable. Une affaire !).

Nous en appelons donc à votre générosité autant qu’à votre complicité. Si vous aimez lire régulièrement nos articles et que vous pensez comme nous que lundimatin est important, nous vous encourageons vivement à vous délester de quelques euros par mois ou à nous céder l’appartement de votre grand-mère dont vous ne savez plus quoi faire. Ce dont vous pouvez être certains, c’est que nous en ferons le meilleur usage.

Aussi, comme à chaque fois que nous faisons un appel à don, il nous paraît utile de compenser cet appel de fond par un potlatch anti-économique. Les 100 premiers lecteurs qui nous donneront 20 euros et plus recevront donc à leur demande un exemplaire offert de notre dernière revue papier. Lundimatin #4 – Gilets Jaunes : un assaut contre la société. Les autres auront des autocollants, ce qui est déjà pas mal. [2]

Bonne semaine et merci de nous suivre.

La rédaction de lundimatin

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[1Vous êtes plus de 20 000 à être abonnés à notre infolettre hebdomadaire et c’est en moyenne 650 000 articles qui sont lus chaque mois sur le site.

[2Vous avez été nombreux à répondre à cet appel à dons. Nous avons étendu notre offre promotionnelle aux 200 premiers donateurs mais malheureusement, pour des raisons de stock et de personnel quasi épuisés nous ne pouvons pas étendre ce potlatch bien au-delà.

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