Cauchemars et facéties #14

Sur l’internet.

Cauchemardos - paru dans lundimatin#44, le 18 janvier 2016

Take a look at the lawman. Beating up the wrong guy. Oh man wonder if he’ll ever know. He’s in the best selling show.

Aïe

Lorsque l’on travaille pour lundimatin, on est obligé de lire la presse, toute la presse, a fortiori quand on est de corvée de Cauchemars et facéties.

Au lendemain du 13 novembre, cela voulait dire se renverser un seau de merde sur la tête, tous les matins. Nous avons donc tenté, dans cette rubrique et pendant tout ce temps, de ne pas (trop) relayer le florilège d’opinions « personnelles », de propositions policières et politiques délirantes, etc. auquel nous étions confrontés quotidiennement.

D’abord, tout écolos que nous sommes, nous ne savons pas encore recycler le vomi. Ensuite, on sait qu’en situation de crise, le temps passe vite, très vite, que le tsunami de paroles finit par se retirer, et que vient alors le moment de regarder ce qu’il en reste exactement.

Nous avons vu, bien sûr, la dégringolade collective de l’escalier de l’humanité. On est français, on est en guerre, on est terrasse, on est chien, voire double-chien (chien policier), on est bête ensemble… On pousse l’ennemi sur la marche de devant : c’est ainsi que la vie d’un terroriste vaut moins que celle d’un clébard.

« Dans l’émotion » (parce qu’on connait quelqu’un qui buvait une bière à équidistance du bataclan et du stade de france) on peut se retrouver à écrire un peu n’importe quoi. Mais au final un article de quotidien ça s’oublie vite ; un tweet ça s’efface. Un édito de trimestriel, c’est vrai que c’est plus compliqué, ça a bien le temps de mariner sur les étals des Relay.

Par exemple, on ouvre un Usbek et Rica, paru le 17 décembre 2015 (donc écrit « à chaud » - c’est con pour des prospectivistes) et malheureusement (la honte !) encore en kiosque à l’heure actuelle. Et on peut dire que, sur les étals des Relay, ils ont déposé une belle gerbe en hommage aux victimes du 13 novembre.

Mais qu’est-ce que c’est Usbek et Rica ? demanderont ceux de nos lecteurs qui ne prennent pas le TGV. « Le magazine qui explore le futur » ! Présentation officielle :

Usbek & Rica interroge les bouleversements les plus rapides et les plus vertigineux de notre histoire. Le progrès technique est-il toujours synonyme de progrès humain ? Comment rester un être humain dans le monde ultra-technologisé qu’on nous promet ? À quoi va ressembler cette fusion imminente entre la biologie et l’informatique ? Ce sont toutes ces questions, et bien d’autres encore, auxquelles Usbek & Rica tente de répondre, en sortant des vieux schémas de pensée, en donnant la parole à ceux qui créent et réfléchissent »

Interviewé par les Inrocks, Jérôme Ruskin (c’est à ce moment-là qu’on se demande si tout ça n’est pas une mauvaise blague) (son collaborateur s’appelle Mao...) s’explique :

Usbek & Rica se consacre principalement aux grands changements civilisationnels à venir. Dans quel but : préparer les mentalités ? faire de l’éducation ?

C’est marrant que tu utilises le mot “éducation”, car mon vrai background, avant même la sociologie, ce sont les colonies de vacances..

Dans les faits ça donne, par exemple, un numéro (n°6) sur les « hackers », « la révolution cool », dans lequel, si l’on se souvient bien, (car très honnêtement il a fini à la poubelle ; verte bien sur) les éminents prospectivistes nous annonçaient la fin de notre civilisation, la mort du capitalisme, savaté au sol par l’économie du partage. Depuis, on a plutôt vu sa revivification par l’uberisation générale, mais qu’importe : quand on tente de prédire le futur, on prend le risque de se tromper.

En tout cas, sans parler de « fond de commerce », Usbek et Rica aime bien aller chercher ses sujets dans les sphères d’opposition ou d’alternative au capitalisme. Ainsi ses unes « Fuck the system ! » ou « Ils détestent la technologie » ; ses dossiers sur « la domination animale » ou l’Espagne des indignés. Ce trimestre un article sur les sorcières écoféministes, un autre sur Donna Haraway. Et puis un dossier sur la sécession (des zadistes, des libertariens et des survivalistes). Pour Usbek et Rica, le « sécessionnisme a du bon ». Mais pas trop (surtout après le 13 novembre !). « Un pied dans les micro-utopies », et « un pied dans le système » (pour résumer U&R est plutôt maker, revenu garanti, TEDX, multitudes, que zadiste).

Et puis donc, l’édito de nos chers postcapitalistes consacré à la guerre au terrorisme.

Selon U&R, nous sommes en guerre.

Le « nous » qui est en guerre, on ne sait pas trop qui c’est exactement, mais ça a l’air d’être « notre génération ». Elle, dont le « job », désormais, va être de se « débarrasser des nouveaux ennemis du genre humain ».

Après les attentats du 13 novembre 2015, il y en a encore pour dire que nous ne sommes pas en guerre. Il faudrait quoi, exactement, pour avouer qu’on est en guerre ? Que le drapeau du califat flotte sur l’Élysée ?

Ceux qui contestent cet état de fait, selon U&R, vivent dans le déni et la culpabilité. Ils refusent d’admettre que des « êtres humains transformés en machines » ont « massacré froidement d’autres êtres humains pacifiques, se dragouillant autour d’un bo bun ou d’un pichet de rouge. » Ils refusent de se défendre, frappés du « syndrome de Stockholm ».

Ainsi quand Louis, rescapé du Bataclan écrit (« benoîtement », selon U&R) : « Je n’en voudrai jamais à un pauvre gosse palestinien qui souffre depuis qu’il est né de se faire péter la gueule et de me faire péter avec. Par contre, là, ces mecs-là n’ont pas eu leur maison bombardée, ils avaient une carte Vitale, étaient soignés, avaient une couverture sociale, on a eu la même éducation… C’est une véritable aberration. », U&R répond :
« Merci, Louis. Heureusement que les types avaient une carte Vitale, parce que sinon, tu l’aurais toi aussi bien mérité ta bastos, pas vrai ? »

Donc :

Déni-culpabilité : on voit bien en quoi la gauche anticapitaliste et le Front National (en passant par l’inénarrable Dominique de Villepin) sont, une fois de plus, des alliés objectifs. À qui les terroristes peuvent dire merci.

Mais encore :

Ne pas prendre la mesure de ce qui s’est passé le 13 novembre 2015 à Paris, ce serait tuer les morts une seconde fois. Nous avons peur. Tout le monde a peur. Mais le meilleur moyen d’atténuer la peur, c’est de comprendre, pas de se flageller en donnant raison à nos bourreaux. Car cette guerre, il va bien falloir la gagner.

U&R accorde quand même une excuse aux ingénus qui ne voudraient pas suivre Valls dans sa croisade contre le terrorisme (il s’agit ni plus ni moins de ça, puisqu’en matière d’engagement, U&R n’a rien d’autre à proposer que d’acquiescer aux mesures policières engagées par le gouvernement) :

C’est difficile de se dire qu’on est en guerre, aussi, parce qu’on n’a pas l’habitude. La guerre, pour notre génération, c’est la Seconde Guerre mondiale et certainement pas se faire tirer dessus à coups de kalachnikov rue de la Fontaine-au-Roi.[…] Or, notre guerre à nous, la guerre de notre génération, ressemble furieusement à notre époque. […]Notre guerre est asymétrique. Elle est l’irruption de l’ultraviolence dans un monde d’ultradouceur. […] Notre guerre est mondiale. Elle ne touche pas seulement Paris, mais tout endroit où l’islamisme cherche à imposer sa vision du monde

Sidération... Quelle est donc cette génération qui n’a pas connu de guerre depuis 1945 ? Qui a raté l’Indochine, l’Algérie, les Balkans, le Golfe 1, le Golfe 2, etc. Qui n’a pas connu les attentats de 58, de 80-82, de 95-96. En tout cas,voilà la guerre et il ne va pas falloir jouer les vierges effarouchées, non de non :

Comme souvent, les intellectuels « de gauche » (mais ils n’ont de gauche que la carte de visite) adorent quand c’est la guerre, parce qu’ils peuvent taper à peu de frais sur « l’État policier » qui s’enclenche. Ça conforte leur vision du monde : d’après eux, les gouvernements profitent des états de guerre pour rogner sur les libertés et serrer la vis aux activistes. Du texte de la philosophe activiste américaine Judith Butler dans Libération du 20 novembre (« Une liberté attaquée par l’ennemi et restreinte par l’État ») aux cris d’orfraie de certains militants écolos lors des manifs « interdites » de la COP21, toujours la même dialectique. Idiots utiles de l’islamisme, les bonnes consciences n’ont pas compris qu’en criant au loup ils alimentent la machine à propagande venue du « califat » et précipitent les noces entre un pays et son extrême droite – car la majorité silencieuse réclame l’ordre.

Oui, pour U&R, les zadistes et les écoféministes c’est moins cool, d’un coup… Ce qu’il faut c’est se plier ; et attendre. C’est donc ça la « guerre »… Heureusement, U&R et peut être même ses lecteurs, nous garantissent que les mesures d’exception qu’il faut actuellement soutenir ne tomberont pas entre de mauvaises mains !

D’abord, notre génération va devoir s’habituer à vivre dans une ambiance d’état d’urgence permanent. Dire l’inverse serait mentir. Se laisser fouiller à l’entrée des magasins et des salles de concert, passer sous des portiques avant de prendre le train, voilà qui va devenir notre pain quotidien. Cela n’évitera pas de nouveaux drames, mais en réduira l’ampleur. Tout l’enjeu pour nos démocraties sera de ne pas se laisser griser par la toute-puissance sécuritaire et ne pas s’attaquer à n’importe qui sous des prétextes fallacieux. Sous Hollande, ça passe. Sous Marine, non. Note pour plus tard : ne pas laisser cette dingue prendre le pouvoir.

Mais l’état d’urgence ce n’est pas suffisant ! Notre armée, notre belle armée, va aussi gagner la guerre, là-bas :

Ensuite, nous allons devoir bombarder les positions de l’EI. Et qu’on ne nous dise pas que ça va aiguiser le désir de vengeance de ceux qui ne nous aiment pas (ils ne nous aimeront pas davantage si on les laisse tranquilles). Les frappes ne garantiront pas la victoire, mais affaibliront considérablement l’ennemi. [...] Il faudra aussi envisager des offensives terrestres, au prix de retournements d’alliance déjà à l’œuvre au moment où nous écrivons ces lignes.

Et la police, ici : contre les « islamo-racailles » [qui] « continuent de mettre en coupe réglée des quartiers entiers, soit des millions de familles, avec la bénédiction d’élus locaux qui ont acheté la paix sociale »

Et puis le « nous », alors, que fait-il ? Sa tâche sera de « construire un contre-projet métaphysique pour affronter le projet de mort des islamistes. » Et là, on s’accroche, pour entendre « l’appel à la résistance » lancé par Usbek & Rica :

Désolé mec, mais la fin du monde n’est pas pour aujourd’hui, ni pour demain. Contre ton projet de mort, nous allons nous battre pour un projet de vie. On répète ces jours-ci que l’Occident n’aurait à offrir à ses enfants que chômage et travail sous-payé chez McDonald’s, et que pour cette raison notre jeunesse irait chercher de la transcendance ailleurs. Foutaise ! Le monde à venir est à construire et des millions de citoyens le construisent avec nous. Qu’il s’agisse de la lutte contre le dérèglement climatique [mais sans manifester contre la COP21, NDCF], pour une économie postcapitaliste, ou tout simplement pour la liberté [sous état d’urgence, NDCF], ce ne sont pas les causes qui manquent – et elles ne sont pas dépourvues de transcendance, non religieuse si possible. Auparavant, il aura fallu se débarrasser des nouveaux ennemis du genre humain.

Nous ne l’avons pas décidé, ça nous est tombé dessus par un doux soir de novembre. Et c’est maintenant, sans haine mais sans faiblesse, le job de notre génération.

Cri

Pour rester dans le ton : ce week-end avait lieu le « Hackathon Nec Mergitur », réunissant hackers et... forces de l’ordre.

« Après les attentats de novembre, le patron d’un groupe Internet, Jean-François Pillou, a poussé un cri de colère après avoir perdu une ancienne salariée. ‘Pourquoi des start-ups ne pourraient pas révolutionner l’antiterroriste et la gestion de crise ?’ »

Dingue

Contremaître

Un robot, voire une caméra de surveillance, pourrait demain, en regardant les gens travailler, apprendre les étapes qui composent une tâche, et intervenir quand les gens oublient une étape. C’est ce que fait Watch Bot [...] : un robot qui apprend sans aide à trouver les modèles dans les mouvements humains qu’il observe. Ce robot pourrait être utilisé sur des chaines de montages pour limiter des erreurs, mais également dans les activités quotidiennes de personnes âgées par exemple. Il suffit d’une soixantaine de séance pour que le robot apprenne et puisse contrôler les actions de quelqu’un.

Biopouvoir

Le maire de Sellia, dans le sud de l’Italie, ne voulait plus voir son village dépérir : l’été dernier, il a publié un arrêté interdisant à ses administrés de se laisser mourir.

M. Zicchinella a transformé l’ancienne école en centre médical, grâce à des fonds européens, dans le but d’épargner à ses administrés les déplacements et les délais pour se faire suivre et soigner en ville.

Mais cela n’a pas suffi, car les habitants avaient perdu l’habitude d’aller chez le médecin et la salle d’attente restait vide. Le maire a donc tapé du poing sur la table et sorti son arrêté : check-up médical annuel obligatoire, sous peine d’un impôt supplémentaire de 30 euros par an.

Carte

S’y retrouver dans les fichiers.

Charlie

Depuis décembre, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) propriétaire du lieu, a décidé de remettre en location ces bureaux situés au 10 de la rue Nicolas Appert dans le onzième arrondissement de Paris. Selon nos informations, le prix fixé est de 200 à 250 euros le m² à l’année, soit environ 4500 euros par mois.

Bush

Publicité pour le GIGN dans le Télégramme. Pourquoi dans ce journal breton ? car son directeur est un brestois, qui a travaillé à Rennes de 2004 à 2007.

L’article s’attarde moins sur l’unité d’intervention du GIGN, qui est souvent au coeur des reportages élogieux consacrés à ce dernier, qu’aux autres forces qui le composent. La force d’appui opérationnelle, par exemple, avec ses crocheteurs :

sa « cellule effraction » regroupe des experts en explosifs, capables d’ouvrir, de manière chirurgicale (charge au gramme près), un passage dans n’importe quelle structure. La très discrète cellule « ouverture fine » rassemble les rois du crochetage et de la copie de clés : aucune serrure ne doit leur résister (sans laisser la moindre trace) [afin de]. disposer, dans le bâtiment cible, des moyens de surveillance (vidéo, son, informatique…).

ou ses illusionnistes :

Fausse bûche de bois, bac de maçonnerie rempli de faux sable dans lequel est plantée une truelle, bouche d’extraction d’air, faux troncs et branches, faux chargeur à munitions... « Nous sommes capables de copier n’importe quel objet à l’identique, et d’y placer micros, caméras, brouilleurs, assure le maréchal des logis-chef Nicolas. On reproduit tout, jusqu’aux éclats et rayures. […] Ils sont les maîtres de l’illusion, capables de cacher une équipe d’intervention derrière un faux rideau métallique ou un faux portail, de faire croire qu’un sac à dos est vide, alors qu’il est chargé à bloc. Ils dissimulent tout et partout : dans un montant de porte, dans le tissu d’un siège de véhicule... […] Le résultat est souvent bluffant, comme cette fausse pierre (caméra) en résine, insoupçonnable, même en la touchant et en la soupesant.

Ou encore les « caméléons » de la Force observation recherche :

une trentaine de spécialistes de la filature, de la collecte d’informations par moyens électroniques (balises GPS, micros, photo-vidéo, logiciels informatiques), capables de se fondre "dans n’importe quel environnement", "que ce soit au coeur d’une cité ou en plein maquis corse". […] Les spécialistes de la FOR se déguisent beaucoup. En ouvriers, en employés municipaux, en techniciens de télécoms... Et même en... gendarme de brigade locale.

La prochaine fois, si vous cherchez le GIGN « au coeur d’une cité », observez donc mieux les buissons :

Un bosquet près d’une cité ? Voilà ce gendarme d’élite qui enfile en un geste une "ghillie suit" : une tenue de camouflage, une peau genre Chewbacca mais imitation nature, qui le rendra invisible au milieu des arbres et des fourrés.

Alors, vous vous y voyez déjà, magicien-james-bond… Mais il faut quand même savoir que « le travail est de plus en plus difficile ». Oui, un gendarme (comme un procureur ; cf. la semaine dernière) ne peut pas ne pas se plaindre :

La faute aux révélations sur les techniques d’écoute et de surveillance (Snowden, etc.). "Depuis deux ou trois ans, nos cibles sont beaucoup plus méfiantes. Elles changent de téléphone tous les jours ou ont recours à des téléphones sécurisés", déplore l’officier. Même prudence extrême constatée lors des filatures. "Des types s’arrêtent aux feux verts, font plusieurs fois le tour des ronds-points ou conduisent de manière incohérente, en roulant à 180 km/h puis à 80 km/h sur une autoroute." Une filature efficace requiert "entre dix et vingt personnes", et parfois même davantage.

Ticket

L’internet

The Atlantic publie quinze photos exclusive de l’internet.

Ou bien

Si vous préférez les parcs d’attraction japonais abandonnés.

Disparaître

Le bateau est attaché dans la marina de Brest. À côté, les coques sont à touche-touche et il n’y a même pas la place pour y glisser un bras. Pourtant, c’est ici, dans cette petite étendue d’eau, que serait mort Patrick (le prénom a été changé). Ou peut-être s’est-il suicidé, coulant à pic jusqu’à ne plus respirer. C’est peu probable, mais c’est ce qu’on raconte. Avant sa disparition, on savait que Patrick avait 57 ans, un travail et qu’il était divorcé. Il avait aussi pris l’habitude de faire ses courses tous les lundis, avec sa mère, une retraitée âgée de 85 ans. « Les policiers ont plongé et n’ont pas retrouvé le corps. Après quelques jours, sa fille nous a appelés pour qu’on mène l’enquête. Dès le départ, j’ai douté »

En regardant ses virements à la banque, on a remarqué qu’il avait préparé son départ, retrace Pascale. Le jour de son supposé suicide, il avait acheté une lampe, un chapeau... Il avait mis pas mal d’argent de côté. Finalement, on a découvert la supercherie.

Il existe des milliers de personnes qui, chaque année, en France, comme Patrick, décident de s’éclipser sans se retourner. De se retirer du monde, de partir sans jamais donner de nouvelles, avant, parfois, d’être retrouvées. Légalement, elles sont dans leur droit. Rien ne les oblige à donner signe de vie. Rien ne les empêche non plus de mettre les voiles pour « recommencer de zéro », l’une des tentations les plus poussées de notre modernité.

Corse

Les jardins de l’empereur, Olivier Laban-Mattei.

Merde

Motherboard a interviewé l’un des fondateurs et porte-parole de The Pirate Bay.

L’Internet actuel est merdique. Il est cassé. Il l’a sans doute toujours été, mais là c’est pire que jamais.

En réalité, il n’y a pas d’Internet libre. Cela fait déjà longtemps qu’il ne l’est plus. Donc on ne peut pas vraiment en parler, puisqu’il n’existe plus. Le problème, c’est que personne ne résiste vraiment. Nous perdons nos droits et nos privilèges en permanence. Et on ne progresse nulle part. Tout va dans le même sens : un Internet plus fermé et plus contrôlé. Cela a un impact important sur notre société. Car aujourd’hui, l’Internet et la société se confondent. Si l’Internet est plus répressif, la société l’est aussi. C’est donc un sujet majeur.

Et pourtant, on continue à voir l’Internet comme une sorte de nouveau Far West, et comme tout n’est pas encore fermé, on ferme les yeux en se disant que tout va bien se passer. Mais ce n’est pas le cas. On n’a jamais vu une telle centralisation, de telles inégalités, et un capitalisme aussi débridé dans quelque système que ce soit auparavant.

À mon avis, pour gagner la guerre, il faut d’abord comprendre ce qu’est son enjeu majeur et contre qui nous nous battons. Pour moi, c’est très clair : nous avons affaire à une idéologie qui se caractérise par un capitalisme extrême, des lobbies très puissants et un pouvoir totalement centralisé. L’Internet n’est que l’une des pièces de ce puzzle. [...] Pour moi, nous devons nous concentrer sur le monde réel, car l’Internet copie le monde réel. Nous y recréons un mode de fonctionnement capitaliste. L’Internet attise donc le feu du capitalisme, tout en faisant semblant de vouloir connecter le monde entier. Mais son programme est clairement capitaliste.

Quant à sa conception de la guerre :

Avec un peu de chance, la technologie nous fournira des robots qui prendront tous les jobs, ce qui provoquera un chômage de masse, à hauteur de 60%. Les gens seront vraiment malheureux. Ça serait génial, parce qu’on verrait enfin le capitalisme s’effondrer totalement. Il y aura une immense panique, du sang et des morts, mais ce futur où le système s’autodétruirait est la seule issue positive que je puisse envisager. On ne peut qu’espérer que ça arrive le plus vite possible. Je préfèrerais avoir 50 ans plutôt que 85 quand ça arrivera.

Rappel

Calais

Euh. Oui.


Nadine, le robot terriblement plus vrai que nature par LeHuffPost

Michel

« Je sentais mon visage complètement ensanglanté. C’était des vrais coups de poing. Cela a duré je crois 5 minutes, le temps du trajet entre le port et le commissariat ». « Je lui disais ‘arrêtez, arrêtez’ mais il continuait de me frapper.Il avait vraiment la haine dans les yeux ; il ne voulait que frapper, frapper, frapper. Je n’arrivais pas à bouger. J’étais obligé de cracher mon sang dans la voiture ». Il affirme également que les deux autres policiers présents dans le véhicule, le conducteur et le passager, ne sont jamais intervenus pour faire cesser les coups. « Ils n’ont rien dit de tout le trajet », précise-t-il.

Cool

Une carte qui recense tous les essais nucléaires de l’Histoire. C’est animé, c’est coloré, c’est sympa.

Cool (bis)

Une carte mondiale de la pollution. C’est coloré, c’est en temps réel, c’est sympa.

A suivre

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Smart

Urbanisme « tactique », « émergent », « participatif », « collaboratif », « temporaire » ou encore « précaire », les expressions ne manquent pas pour qualifier les transformations urbaines que connaît Madrid depuis quelques années.

Ont émergé en l’espace de quelques années une vingtaine de Laboratorios ciudadanos. Ces lieux d’innovation citoyenne se sont développés dans les espaces vacants de Madrid et n’ont pas fait l’objet d’une stratégie de planification de la ville. Ils sont davantage issus de l’élan spontané de citoyens ordinaires et de collectifs souvent très qualifiés, oeuvrant dans les domaines de l’économie collaborative, du numérique, de l’écologie urbaine ou de l’urbanisme social. Ces Laboratorios ciudadanos constituent aujourd’hui les supports d’expérimentation de nouveaux modes de gestion et de fonctionnement de la ville. Leurs cadres de réflexion et leurs modes d’action se structurent autour de la thématique des « communs », et d’un ensemble de travaux de recherche, comme ceux du prix Nobel d’économie Elinor Ostrom (Ostrom, 1990).

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hot
Flash-ball : le lycéen nantais jugé co-responsable du tir qui l’a éborgné

L’état condamné à ne verser que la moitié des indemnités.

- 5 déc. 16 - Positions, Rencontres, Terreur - 9 min

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Soudain, le talmud !

Qui est la police ?

Ivan Segré - 15 mars 15 - Positions, Rencontres, Histoire

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