Cauchemars et facéties #15

Promenade officieuse sur l’internet.

Cauchemardos - paru dans lundimatin#46, le 1er février 2016

Cette semaine, le partage, pas de déprime, un tigre, go, du foot, des tacos et des chocolats.

EI

Un reportage dans Slate sur Raqqa, "fief" de l’Etat Islamique.

La prise de Raqqa par l’État islamique en janvier 2014 a déclenché une transformation démographique sans précédent dans la ville. Des combattants étrangers ont déferlé, apportant leurs familles avec eux. Dans la forme de colonisation la plus immonde qui soit, les membres de l’EI se sont mis à vadrouiller partout à la recherche de maisons à investir. Ils ont commencé par les maisons des officiers du régime syrien, les logements qui avaient appartenu à des rebelles syriens et les logements sociaux.

Mais avec le temps, l’État islamique a réussi à recruter un grand nombre d’habitants. Ces nouvelles recrues sont principalement de jeunes hommes célibataires, voire des adolescents, qui vivaient chez leurs parents et sont incités à se marier dès leur formation militaire terminée. En conséquence, la demande de nouveaux logements n’a fait que croître.

C’est exactement comme ça que Fahad, une de mes connaissances, a récemment obtenu sa maison. Il est le plus jeune fils de sa famille et a rejoint l’État islamique depuis un moment. Jusqu’en janvier, Fahad était un type normal –mais aujourd’hui il est Abu Quelque chose.
Après avoir fini sa formation et s’être battu à Kobané et ailleurs, il s’est marié. Et bien sûr, cela signifiait qu’il lui fallait une maison à lui. Il a donc parlé à ses émirs et a obtenu la permission de s’installer dans la maison vide d’un voisin kurde, dont le propriétaire avait fui Raqqa pendant l’été.

Pendant que l’État islamique chassait les Kurdes de Raqqa, il essayait d’attirer d’autres habitants dans la ville. Exploitant la crise des réfugiés syriens soudain propulsée au rang de problème urgent dans les médias internationaux, l’État islamique a produit plusieurs vidéos appelant les sunnites –désignés simplement par le terme « musulmans » dans son vocabulaire –à venir vivre dans ses territoires.
Dans ces vidéos, l’État islamique montre des réfugiés noyés dans la Méditerranée ou emprisonnés par la police hongroise. Les séquences illustrant la vie dans son califat, en revanche, affichent des marchés bondés et des jardins luxuriants. Plusieurs habitants et combattants apparaissent dans la vidéo, pressant les « musulmans » de rentrer chez eux.

La ville de Raqqa ne s’est pas seulement acquis une réputation mondiale de « cœur de la terreur » et de « capitale de facto du califat », elle subit aussi un traitement particulièrement sévère de la part de l’État islamique. Nous ne sommes pas à Mossoul ici, où les gens fument dans les cafés et vendent des chapeaux avec le drapeau irakien brodé dessus.

L’État islamique n’a pas économisé sa peine pour isoler Raqqa du reste du monde. Il y a quelques mois, il a privé les habitants de wifi en faisant enlever les amplificateurs de signal des toits des maisons. Le 18 novembre, les connexions internet par satellite ont été interdites, et les cybercafés ont été obligés de fermer. Le café qui désire rouvrir doit se procurer deux recommandations des forces de sécurité de l’État islamique comportant les signatures des émirs. Et il faut également un permis du bureau des renseignements de l’EI.

La vie continue. Mohammed, 31 ans, déplacé d’Alep, et sa fiancée préparent leur mariage, comme un défi privé lancé aux incroyables difficultés que le monde leur impose. La fillette d’une cousine lit un manuel de français de niveau lycée, essayant de repérer au moins un mot qu’elle connaît.

Pourtant, lorsque des avions de chasse se font entendre, tous les yeux se tournent vers le ciel. Tout ici est une cible, parce que l’État islamique est partout. Mais une fois que les bombes sont lâchées, les gens retournent à leurs occupations. Ce n’est plus un moment de réflexion sur la vie et la mort, ni un moment de curiosité sur ce qui a bien pu se passer : c’est quelque chose qui n’a pas de fin.

Sur Al-Bayan, la radio de l’État islamique, un présentateur se vante que quasiment aucun de ses amis n’ait été blessé par les frappes aériennes. « Grande déception pour les croisés, jubile-t-il. Les moudjahidines se cachent dans les caves et se répandent dans la ville au milieu des civils ! » Ensuite le présentateur fait l’éloge d’Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des attaques de Paris. « Par Dieu, l’État islamique va venger ces frappes aériennes. Nous allons les attaquer chez eux, vocifère-t-il. En Belgique et en Australie, au Canada, en Allemagne et à Rome… »

JUP

RESTES

Un bon article dans Slate sur l’uberisation du travail et la fameuse économie du partage (des miettes).

Enfants, on nous explique quand on sort de table qu’il ne faut jamais partir les mains vides… Ce serait dommage d’effectuer un trajet entre la salle à manger et la cuisine à vide, alors qu’il reste tant de vaisselle sale à ranger et qu’on est muni de bras pour la porter. Avec la Silicon Valley, dont certains ont remarqué récemment que ses entrepreneurs étaient obnubilés par les services qui pouvaient remplacer leur maman, c’est un peu pareil. On nous encourage à combler le moindre espace inoccupé et la moindre parcelle de temps mort en participant par là-même à la bonne marche de l’économie.

Pourquoi rentrer chez soi à pied sans prendre sur son chemin un colis qu’on livrerait à un voisin ? nous demande Amazon, qui envisagerait selon le Wall Street Journal de lancer aux États-Unis le service « On my way », dans lequel les particuliers remplaceraient les entreprises de livraison pour le dernier kilomètre. Cette solution lui permettrait de réduire des frais de logistiques qui s’envolent. Pourquoi, alors qu’on roule seul dans sa voiture, ne pas accepter de prendre un collègue ou un passant qui se rend au même endroit ? nous propose Uber.

Tous ces exemples d’un même modèle économique remettent profondément en cause la définition habituellement acceptée du travail. Se présentant volontiers comme des plateformes logicielles ou des places de marché en ligne, les sociétés concernées ont tendance à être dans le déni d’être des entreprises. Et cela comporte quelques avantages. Non seulement s’assurer la sympathie d’une partie des observateurs en véhiculant l’image du pourfendeur de rentes au service du consommateur, tels autant d’Édouard Leclerc 2.0. : le mythe éculé de la disruption/destruction créatrice continue d’être brandi au service de la défense de ce modèle, alors même que la transformation numérique semble se traduire par une perte nette d’emplois (la théorie du « déversement » ne s’y observe pas, ou pas encore), tendance maintes fois décrite depuis plusieurs années.
Par ailleurs cette transformation entraîne également une modification de la structure des emplois : elle se traduit par une polarisation entre emplois très qualifiés et emplois très peu qualifiés, au détriment des qualifications moyennes.

Secrétaire d’État au travail sous Clinton et excellent analyste du marché de l’emploi, Robert Reich a récemment rebaptisé ce secteur « l’économie du partage des restes ». L’économiste en donne cette excellente définition :
« De nouvelles technologies informatiques rendent possible le fait que pratiquement tout emploi puisse être divisé en des tâches discrètes qui peuvent être morcelées entre travailleurs le moment voulu, avec une rémunération déterminée par la demande pour ce job particulier à un moment particulier ».

Pour employer une autre image, en 1956, dans Le travail en miettes, le sociologue Georges Friedmann a ouvert le débat sur la perte de sens du travail provoquée par la division extrême des tâches. À présent que la période de plein emploi est derrière nous, l’émiettement semble devoir concerner non plus les tâches entre elles mais bien les travailleurs eux-mêmes, appelés à ramasser des miettes d’activité micro-rémunérées là et quand ils en trouveront.

Que peut faire une société pour ne pas laisser le travail être réduit à la bataille pour les restes ? Manifestement pas grand-chose, sinon s’adapter, humaniser à la marge le turbocapitalisme amené à être dominé par une poignée de plateformes.

Après le processus d’évolution historique vers une sécurité accrue des travailleurs, mouvement d’amélioration quasi-continu des conditions de travail et des rémunérations, le retournement serait en marche, nous faisant risquer collectivement de revenir à des régulations du travail régressives : travail à la tâche, « au jour la journée », avec quelques guildes de travailleurs en guise de contre-pouvoir et de force de négociation vis-à-vis des plateformes.

Raide

COUP DE MOU


Une nouvelle avancée dans le domaine de la mesure de soi :

Après le bracelet qui calcule le nombre de pas parcouru dans la journée, ou qui permet d’éviter les coups de soleil, voici le bracelet antidéprime. Un appareil connecté qui pourrait permettre de mieux diagnostiquer cette maladie souvent mal repérée. « Ce bracelet vise à donner l’alerte quand la santé psychique flanche »

Comment mieux diagnostiquer la dépression ? En enregistrant tout une kyrielle de données, physiologiques et comportementales, sur le patient : tension artérielle, température corporelle, acidité de la peau, mais aussi temps de sommeil, rythme cardiaque et même lumière perçue, sont enregistrés par le bracelet (que l’on garde même sous la douche). Toutes ces données permettent d’établir le profil du patient. C’est au bracelet qu’il incombe ensuite de trier toutes ces informations et de réussir à capter la moindre anomalie par rapport à la normale, identifier des signes avant-coureurs d’une rechute par-exemple, qui pourront alerter les médecins.

« Ce bracelet nous aidera à faire le tri. Et si c’est alarmant, cela permettra une meilleure prise en charge », assure Philippe Nuss. Ce bracelet permet donc de déterminer si le patient vit un simple « coup de mou » dû à la fatigue ou au stress, ou s’il est confronté à un épisode dépressif.

TONY

Depuis plusieurs mois, la mascotte des céréales Frosties de Kellogg’s, Tony le tigre, reçoit des centaines de messages pornographiques venant de la communauté américaine des furries, rapporte Gawker [via Slate].

PIRATAGES

Attaque DDoS Anonymous contre le PS (dans le cadre de l’#OpPS, rapport à l’état d’urgence) , mais aussi contre l’Asssemblée Nationale et le Sénat (rapport au .. chomage).

Et le principal syndicat policier américain piraté.

2,5 GB de données contenues dans les serveurs du Fraternal Order of Police (FOP) ont été mis en ligne, données dans lesquelles se trouvent notamment les noms et adresses de certains policiers, ainsi que des messages hostiles à Barack Obama. Le FOP a annoncé que le FBI avait ouvert une enquête.

TA MAIRE !

GOGO

Un article du journal le Monde sur la victoire au jeu de go d’AlphaGo (logiciel conçu par Google) contre Fan Hui (être humain, joueur pro). On y découvre l’importance de cette victoire dans le monde des simulation de go (« C’est époustouflant ! », « L’équipe de Google est une classe au-dessus de tout le monde. La différence de niveau est gigantesque », « Je n’attendais pas de tels progrès avant dix ou quinze ans. C’est très impressionnant »). Mais surtout l’importance de la simulation de go dans le monde de l’intelligence artificielle (qui amène Facebook et Google à se mener une bataille sans mercie sur ce terrain).

SURVEILLANCE

Rue89 a interviewé Christopher Soghoian, chercheur en sécurité informatique et spécialiste des questions de surveillance pour l’American Civil Liberties Union (ACLU).

Mon boulot consiste à trouver les secrets des gouvernements ; j’essaie de comprendre comment ils espionnent pour ensuite le faire savoir au grand public. Ma chance, c’est de pouvoir expliquer des choses très complexes avec des termes plus faciles à comprendre.

L’espionnage gouvernemental a été en grande partie rendu possible parce que la sécurité n’était pas très bonne. Les entreprises ont été fainéantes. Elles n’ont pas chiffré leurs données quand elles le pouvaient. Elles ont utilisé de vieilles versions de logiciels quand elles pouvaient en avoir de nouvelles, plus sécurisées.

On s’est rendu compte de l’état de la sécurité au sein de ces sociétés un peu comme si on avait fait un tour dans la cuisine de son resto favori, pour s’apercevoir que c’était pas super propre !

Par ailleurs, il y avait aussi une forme de honte personnelle dans les équipes. Ils voulaient réparer ce qui avait foiré.

Donc pour moi, voilà le plus gros impact des affaires Snowden : les grosses boîtes dont tout le monde utilise les services ont été forcées à davantage de sécurité.

Donc quand Google, Facebook et Yahoo affirment, par exemple après l’affaire Prism, qu’ils n’ont pas aidé la NSA à surveiller tout le monde, vous les croyez ?

Techniquement, c’est vrai : ils ont aidé le FBI, qui a ensuite donné les infos à la NSA. Ils n’ont jamais nié cela. [...]

Quand l’affaire est sortie, les deux dénis des entreprises étaient les suivants : un, nous ne partageons pas les données avec la NSA – ce qui est vrai, vu qu’ils les refilaient au FBI. La distinction est stupide mais ça leur a permis de nier. Deux, nous ne donnons pas tout.
[...]
Ils n’ont filé que des données précises, sur quelques centaines de milliers de comptes. C’est beaucoup, mais de leur point de vue, ils peuvent dire que ça reste peu par rapport aux millions de comptes enregistrés.

On peut être surpris de constater une telle confiance dans les grandes sociétés du web et dans un mouvement vertueux qui les amènerait non seulement à instaurer toujours plus de chiffrement par défaut dans leurs applications, à assurer un chiffrement solide, et à volontairement s’empêcher de pouvoir déchiffrer (et de conserver des métadonnées dont on sait qu’elles sont souvent plus intéressantes encore pour les services de renseignement).

Par exemple, aujourd’hui, des services comme WhatsApp utilisent un chiffrement résistant. Et vous n’avez pas à l’activer : la sécurité est déjà là !

Je ne suis pas sûre que ma mère, par exemple, voudra chiffrer toutes ses communications...

Est-ce que votre mère a un iPhone ? Est-ce que vous utilisez FaceTime de temps en temps ? Si c’est le cas, utilisez FaceTime pour des discussions un peu sensibles !

Mais Apple ne peut pas y accéder ?

Apple ne peut pas casser FaceTime. C’est du chiffrement de bout en bout.

SURVEILLANCE (bis)

Comment a été arrêté El Chapo ?

Ce n’est pas tant parce qu’il ne savait pas communiquer de façon sécurisée qu’il a été arrêté, mais aussi et surtout grâce à cette livraison de tacos... Savoir communiquer de façon sécurisée est une chose. Encore faut-il avoir une bonne OPSEC, du nom donné aux contre-mesures à prendre pour éviter que l’accumulation d’informations sensibles mais non confidentielles (telle qu’une livraison de tacos) ne puisse révéler des informations que l’on aurait préféré cacher.

Ceux qui voudraient en savoir plus à ce sujet peuvent suivre @thegrugq sur Twitter, un des meilleurs experts en la matière, s’abonner à ses publications sur medium ou à sa revue de web sur Tumblr, et/ou consulter ses archives sur github.

JUNGLE (bis)

CHIFFRE

L’EI aurait conçu ses propres applications de chiffrement ?

Le site américain Daily Dot a publié une enquête prouvant que la prétendue application pour échanger des messages chiffrés supposément créée par l’organisation Etat islamique (EI), une info reprise en France et à l’étranger, n’a jamais existé.

Cette fausse information ne doit pas occulter le fait que les djihadistes ont accès à des technologies de cryptage. Ils sont très présents sur Telegram, un service de messagerie sécurisé, où ils ont revendiqué les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis ou celui qui a détruit un avion cargo russe en Egypte.

Une récente vidéo mettait en scène le déchiffrage d’un message PGP.

CAZENEUVE

Quand le ministre de l’Intérieur dort :

Quand je m’endors et que je rêve, je ne rêve pas de l’état d’urgence, mais d’un pays qui a retrouvé sa sérénité, et qui a gagné sa guerre contre le terrorisme. L’état d’urgence n’est pas une fin, mais un moyen.

EI (bis)

Après l’attentat dans le Thalys, la SNCF et le gouvernement avaient décidé de nouvelles mesures… contre la faude. Ce qui nous avait valu, en octobre 2015, une proposition de loi « relative à la prévention et à la lutte contre les atteintes graves à la sécurité publique, contre le terrorisme et contre la fraude dans les transports publics de voyageurs ».

Entretemps, Daesh est repassé par là. Et la SNCF a estimé dans une récente conférence de presse, « avoir perdu "plusieurs dizaines de millions d’euros" en 2015 à cause des attentats qui ont touché Paris et le Thalys. "L’impact est lourd", a indiqué Rachel Picard, directrice générale de Voyages SNCF. »

Aussi, la SNCF a décidé de « durcir »… « les conditions d’échange des billets TGV en instaurant des frais à partir d’avril ». Alors ça… C’est tout de même une des (pseudo)conséquences des attentats de novembre les plus incroyables.

Toujours est-il qu’il faudra bientôt débourser jusqu’à 15 euros pour pouvoir échanger un billet de train (ce que font tout de même 17 pourcent des usagers de la SNCF).

Rachel Picard a assuré avoir « beaucoup travaillé avec les associations de consommateurs et les clients, et ça ne les choque pas du tout…

charlie


On ne va pas revenir cette semaine sur Uzbek & Rica... Bon ok, d’accord ! Après leur piteux-fameux édito dont nous vous avions parlé, l’heure des explications sur Facebook :

Vous avez été nombreux, plus nombreux que d’habitude, à vous émouvoir de notre dernier éditorial, intitulé « Notre guerre ». Si beaucoup d’entre vous nous ont remercié et félicité, d’autres ont eu des réactions plus dures à notre encontre, voire franchement hostiles.

Pêle-mêle, on nous a pourtant reproché notre « intolérance », notre « dureté », notre « manque de bienveillance », de développer une « dialectique qui fait froid dans le dos », on a nous accusé d’appartenir à la « gauche décomplexée après la droite décomplexée », on a été en « désaccord quasi total avec ce texte », on nous a même demandé si on avait copié l’édito de FOG dans Le Point, conseillé de lire la tribune d’Agamben dans Le Monde… « J’ai l’impression d’avoir acheté Causeur », a dit un twittos. 

Mais U&R se justifie de raconter n’importe quoi.

Que peut-on répondre à cela ? Non, nous ne sommes pas des « néo-cons’ ». Et nous n’avons jamais rien écrit qui nous range dans un camp. 

Cela fait sourire, quand on repense à la dialectique belliqueuse de leur édito.

A ceux qui s’étonnent de nous voir défendre « l’ultra douceur » tout en parlant de guerre, qu’ils se rassurent : c’est bien le projet ultime. Un monde libre, juste. Et doux. Tout ce que les djihadistes détestent.

Enfin, parce que c’est l’excuse ultime :

Nous travaillons avec des gens qui travaillent aussi pour Charlie, nous sommes situés à Paris rue de la fontaine au roi, à l’épicentre des événements des 7 janvier et 13 novembre, nous avions des amis au Bataclan, au Stade de France et aux terrasses des cafés.

Tout ça donne bien envie (ou pas) de lire « La France que nous voulons », leur prochaine tentative d’élaborer « un projet qui entraîne, qui ramène tout le monde dans un récit national kiffant. »

Jupiler

L’entreprise américaine Juniper, l’un des principaux fabricants d’équipements de sécurité des réseaux, a annoncé jeudi soir l’existence de deux failles majeures dans le système d’exploitation de certains de ses routeurs pare-feu. [...] Dans un premier temps, les yeux se sont tournés vers la NSA, dont les documents dévoilés par le lanceur d’alerte Edward Snowden avaient révélé qu’elle s’était attaquée à de nombreux équipements de sécurité des réseaux, dont les pare-feu NetScreen de Juniper. Sauf que l’agence américaine pourrait bien avoir été, en l’espèce, un arroseur arrosé. 

Pour faire très vite, ScreenOS (système d’exploitation de Juniper) utilisait, à fin de chiffrement, un générateur de nombre aléatoires créé par la NSA et contenant une vulnérabilité certainement intentionnelle (le programme de la NSA « Bullrun », vise à « affaiblir délibérément les standards et les logiciels de cryptographie »).

Sauf que :

Un hacker, ou un groupe de hackers, a détecté une "porte dérobée" présente dans le logiciel de Juniper, qui peut avoir été intentionnelle ou non – à vous de juger ! Ils se sont alors greffés dessus pour construire leur propre backdoor, ce qu’ils ont été en capacité de faire grâce au travail effectué en amont. Le résultat final, c’est une période durant laquelle quelqu’un – peut-être un gouvernement étranger – a pu déchiffrer le trafic de Juniper aux Etats-Unis et partout dans le monde.

La théorie du « nobus », « nobody but us », qui veut que le créateur d’une « porte dérobée » pourrait seul en bénéficier dans le secret, vient ici de trouver un démenti, particulièrement inquiétant pour les très nombreux clients – grandes entreprises et gouvernements – de l’entreprise américaine.

Tony (bis)

Le match ne fait commencer », assène dans un communiqué l’Association nationale des supporteurs (ANS). Ce regroupement de collectifs de fans de football appelle « les supporteurs français à participer prochainement à une action forte au niveau national » contre le projet de loi de Guillaume Larrivé (LR).

Notamment dans ce projet de loi,« le fichage pur et simple des supporteurs par une entreprise privée. Avec les dérives que l’on connaît depuis plusieurs années ».

ZAD

Je suis chien

Le parquet antiterroriste de Paris affirme jeudi 21 janvier que l’analyse des gravats est terminée et que les terroristes lors de l’assaut « n’avaient effectivement qu’un seul pistolet 9mm ». Il confirme ainsi les informations du Monde et de Libération. Cela signifie-t-il que le chien Diesel a été tué par les policiers ? « Nous ne pourrons pas le savoir puisqu’il n’y a pas eu d’autopsie », précise un membre du parquet à BuzzFeed.

PYRENEENS

Elle a fini par se faire prendre lorsque son entreprise a installé des détecteurs. Une intérimaire de 57 ans, employée dans l’usine du chocolatier suisse Lindt et Sprüngli, située à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), a été condamnée lundi à Pau à un an de prison avec sursis pour avoir introduit des boulons et autres bouts de métal dans des boîtes de chocolat.

POUR FINIR

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