Fin de l’assaut turc sur Cizre : les habitants déclarent 140 Communes.

Zeki, militant kurde - interview 3/3

paru dans lundimatin#29, le 28 septembre 2015

Nous évoquions la semaine passée le siège par l’armée turque de Cizre, ville kurde de l’Est du pays. Malgré neuf jours de couvre-feu et la mort de 21 civils, l’occupation militaire terminée, il semblerait que les habitants n’aient pas renoncé à leur proclamation d’« auto-gouvernement ».

Alors que l’armée turque s’est retirée de ce front "contre le terrorisme", les habitants de la ville auraient formé 140 communes afin de reconstruire ce que l’État a détruit et poursuivre leur perspective d’organisation autonome. "Ceux qui ont résisté 9 jours contre l’assaut de l’armée sont ceux qui reconstruiront la ville" commente un participant de l’Assemblée du Peuple de Cizre. Différentes commissions ont été créée afin d’organiser la reconstruction, l’éducation, l’auto-défense, l’économie sans profit, la justice et les nécessités artistiques. Un habitant aurait déclaré : "nous allons résoudre nos problèmes grâce au travail de nos communes et des assemblées de quartier".

Parallèlement, les occupants de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes en France, ont récemment répondu à l’appel kurde. Dans un communiqué diffusé cette semaine ils se déclarent prêt à accueillir les militants kurdes réprimés sous couvert de lutte antiterroriste :

Ce qui se construit au Kurdistan, qui était déjà attaqué par l’État Islamique, se trouve à l’heure actuelle écrasé sous les bombes turques. L’État français, lorsqu’il cherchait des héros contre l’E.I, avait des louanges plein la bouche pour les Kurdes, et aujourd’hui il se tait honteusement face à la guerre menée par Erdogan, et continue de réprimer les militant-e-s kurdes sous couvert de lutte antiterroriste. Nous nous déclarons prêt-e-s à les accueillir !

Nous publions aujourd’hui la fin de l’interview de Zeki, refugié kurde en France, que nous avions rencontré cet été.

Sur les services secrets français

Les services secrets français, ils ne laissent jamais les kurdes tranquilles. De toutes façons tous les kurdes un peu politisés, ils sont tous fichés. Comme je vous l’avais expliqué, à Bordeaux, on arrivait pas à trouver un local pour une association culturelle. À chaque fois que l’on trouvait un bâtiment, au moment de signer le contrat, le propriétaire nous disait « non, non, non, finalement je ne veux plus vous le louer ». Qui fait-ça, ce sont les services secrets évidemment. Et en plus je ne comprends pas, qu’est-ce que nous on fait ? On a jamais rien fait en France. Ici en France, c’est un pays démocratique, pays des libertés… ah oui égalité, je sais pas quoi. Nous on fait des trucs culturels. Est-ce qu’on a des kalashnikovs avec lesquelles on va attaquer quelque part ? Non ! Pourtant ils font très très attention aux kurdes. Moi je dis « Je suis PKK », le juge antiterroriste peut m’arrêter parce que le PKK est sur la liste des organisations terroristes. C’est pour ça qu’il a fallu trouvé le YPG car ce n’est pas sur la liste des organisations terroristes. François Hollande il a reçu deux responsables, des filles, du YPG, et là tout va bien. Mais ce sont nos camarades quand même ! Nous on est terroriste mais les autres ils sont en Syrie donc ça va. C’est bizarre en France.

L’interview de Zeki en intégralité

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