Bure, début d’occupation [MàJ : vidéo]

et mise à sac du chantier de l’Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs
#EtéDurgence

paru dans lundimatin#66, le 22 juin 2016

La semaine passée, nous diffusions l’appel de Bure à Ne plus aller aux champignons. Entre temps, il semblerait que cette lutte contre l’enfouissement de déchets nucléaires se soit accélérée. Nous recevons ce fil d’info à propos d’une occupation lancée dimanche 19 juin ainsi qu’un appel à s’y retrouver.

Fil info du 19 juin : MANIF PIC NIQUE DANS LA FORET DE MANDRES

— 11h : Une soixantaine de personnes sont en marche depuis Bure en direction de Mandres, avec 3 tracteurs en tête ! Les flics tournent, sans mettre de pression, attention quand même aux contrôles routiers. Départ prévus à 12h depuis Mandres vers le bois.

— 12h : On est 200 personnes à Mandres, habitant.e.s, assos, toutes les composantes sont présentes et de nombreuses personnes qui ont fait le déplacement de plus loin. Cortège colloré (le noir est aussi une couleur), oiseaux masqués, tracteurs en ouverture et fermeture de la marche qui s’apprètent a partir pour le pic-nik en foret ;). Pas de pression policière pour l’instant.

— 13h05 : Le cortège est devant le bois, aucune présence polière, seulement des vigiles stressés. La barrière posée depuis peu a l’aurée du bois vient de sautée, et la manif scande « on veut pique niquer dans la forêt », pendant que les (déjà nombreuses) clôtures en cours d’installation commencent à être cisaillées.

— 13h45 : C’est la folie !! le cortège entoure la plateforme, dans laquelle sont retranchés une dizaine de vigiles. TOUTES les grilles tombent, se tordent au sol, les plots en béton partent en éclats, les barbelés sont cisellés, sous les slogans de « ANDRA DEGAGE SABOTAGE ET AFFOUAGES », que les habitants de Mandres ont coutume d’exercer historiquement sur ce bois. Une tentative de contenir les vigiles dans un rond de barbelés les font s’écarter du groupe de 250 personnes maintenant. Le pic nique peut commencer.

— 15h30 : Les flics on rendu visite, précisant qu’ils n’interviendraient pas tant qu’il n’y aura pas de violences physiques adressées aux vigiles, mais on peut quand même ordonner aux vigiles de s’en aller ! Pendant ce temps là, dans les bois, plusieurs ateliers se montent : une centaine de personne s’affaire a se réaproprier la plateforme, une autre cinquantaine prend le temps de démonter toutes les clôtures du bois, et d’autres se balladent. Le pic nique est et sera interminable.

— 15h45 : Nouvel atelier barricade à l’entrée de la forêt, avec de nombreux habitants, à partir du démontage général. Les clôtures continuent d’être assaillies.

— 17h30 : TOUT L’APRÈS-MIDI UN PRÉAU / PRÉSIDIO S’EST CONSTRUIT SUR L’EMPLACEMENT DE LA PLATEFORME, ON RESTE LÀ !!!

— 17h45 : UN APPEL À OCCUPATION EST LANCÉ , BESOIN DE MONDE À VENIR SOUTENIR, RISQUE D’EXPULSION. La nuit va être longue jusqu’au petit matin, un groupe à d’ores et déjà prévu de rester, il faut du soutien !! (voir l’appel du 19 juin occupylameuse)

— 19h20 : besoin de relais pour soutenir l’occupation en cours, surveillance rapprochée des flics en hélico.

— 20h30  : Seuls 5 flics sont postés avant l’entrée du bois près de la grande antenne en venant de Mandres, toujours possible de passer. On fini la charpente du présidio, l’apéro débute et bientôt se lance une discussion générale.

#EteDurgence #OCCUPYLAMEUSE

À Bure, appel à blocages et occupations tout l’été contre le début des travaux de la poubelle nucléaire CIGEO !

Aujourd’hui, dimanche 19 juin, nous avons temporairement libéré le bois communal de Mandres-en-Barrois du joug de l’ANDRA et sa poubelle nucléaire CIGEO. Devant notre grand préau de bois érigé là où les premiers déboisements ont eu lieu, nous, habitant-e-s en résistance d’ici et ailleurs, associations, collectifs, déclarons la forêt de Mandres occupée !

Nous engageons un nouveau pas dans la résistance : face aux débuts des travaux, nous opposons notre joie et notre espoir tenace. Nous ne voulons pas d’une « zone des puits » branchée sur des milliers de tonnes de déchets remisés à l’oubli dans les entrailles de la terre : nous allons défendre physiquement cette forêt qui appartient à toutes et tous. Ce qui se joue derrière ces taillis de charmes et de hêtres, c’est le symbole de la lutte contre l’arrogance et la violence de l’ANDRA. Sous la canopée des grands chênes, notre volonté, herbe folle, ne se laissera pas bétonner.

En 2013, l’agence a agité ses millions et ses promesses d’emploi pour faire main basse sur ce bois : lors d’une consultation, la majorité des habitant-e-s de Mandres a dit non. Car dans cette forêt on fait les affouages pour le bois de chauffe, on flâne, on chasse, on se promène, on cueille : elle fait partie de la vie. Les habitant-e-s ont dit non car il y a là 300 ans de souvenirs, d’usages et de secrets qui ne peuvent être échangés ou compensés. À la manne financière nous préférons les chemins de terre, aux fausses promesses d’emplois celles d’un chêne qui vieillit.

À l’été 2015 l’ANDRA est revenue à la charge. À 6h du matin, le conseil municipal a voté l’échange du bois par 7 voix pour et 4 contre. Cette fois, pas d’illusion de démocratie ou de « consultation », mais deux vigiles pour barricader l’entrée de la mairie.

Depuis presque un an, les habitant-e-s ont multiplié les recours pour récupérer ce bois et empêcher le début de la décharge atomique. Réunions publiques, recours gracieux et recours au tribunal administratif contre l’échange du bois ont fait renaître une résistance locale, mais n’ont pas empêché le début des travaux. Nous ne sommes pas dupes : ce n’est pas uniquement devant les tribunaux qu’on enterrera un projet aussi vital et stratégique pour l’Etat et sa filière nucléaire.

#OCCUPYLAMEUSE

Aujourd’hui, nous occupons cette forêt pour nous opposer physiquement à l’annexion de ce bois par l’ANDRA. Nous l’occupons car le craquement des arbres qu’on arrache nous est insupportable, car leurs barbelés-rasoirs, leurs vigiles mercenaires et leurs gros chiens ne nous arrêterons pas. Nous l’occupons pour empêcher le vol du territoire par les mains voraces de l’industrie nucléaire.

Nous occupons cette forêt pour bloquer le début des travaux de CIGEO. Nous savons que rien n’arrêtera l’avancée de la poubelle dans les couloirs feutrés du Parlement, sinon le rapport de force sur le terrain. De gauche à droite, les politiciens applaudissent à tout rompre au son du clairon atomique, plus encore quand il s’agit de « rendre service aux générations futures ». Occuper maintenant, c’est reprendre la main sur un projet refusé depuis plus de 20 ans, c’est tenter d’avoir une prise sur un ennemi qui, partout ailleurs, s’est rendu insaisissable.

Nous occupons cette forêt d’une autre vie, joyeuse, inventive, collective, contre la société nucléaire et son monde de militaires et de vigiles, d’experts souriants et de dosimètres, d’exploitation des terres et des peuples. Là où ils veulent déboiser, nous construisons des refuges. Là où ils érigent des barbelés nous ouvrons des chemins. Là où ils fabriquent leur désert de solitude et de résignation, nous affirmons notre joie d’être ensemble, en résistance.

Maintenant, tout l’été, toutes et tous à Bure pour bloquer CIGEO !

Sous les piliers de notre préau il y a, sédimentée, toute l’épaisseur de 30 ans de lutte contre la colonisation du territoire, ici et ailleurs, par l’ANDRA. Les cabanes d’aujourd’hui et de demain sont les complices de nos patates rebelles qui squattent les terres de l’agence, les alliées des grandes marches populaires contre la poubelle, les camarades des campements de résistance à CIGEO et son monde.

Ce début d’occupation ne doit pas être le point d’orgue de deux semaines d’actions mais le prélude d’un été déterminé. Notre préau, c’est l’invitation à un pic nique interminable, un nouveau lieu de rencontre et de passage contre la fabrique du désert de l’ANDRA. Notre préau, c’est un appel en bois massif à converger largement vers Bure dès maintenant pour soutenir l’occupation et empêcher, par tous les moyens nécessaires, la destruction de ce bois et le début des travaux de CIGEO. Nous pensons pic niques, actions directes, manifestations populaires. Nous imaginons blocages, balades et actions décentralisées.

Des peuples spoliés par les mines d’uranium d’Arlit aux bocages rebelles de Notre-Dame-des-Landes, en passant par les reliefs escarpés du Val de Suse et le campement anti-nucléaire de Pyhajöki en Finlande, nous nous tenons sur une seule et même chaîne de résistance contre ceux qui prétendent aménager nos vies !

ON NE NOUS ATOMISERA JAMAIS ! ANDRA, DEGAGE !

Contact  : sauvonslaforet@riseup.net // 0758654889

Infos : vmc.camp

Infos sur le projet CIGEO : burestop.eu ; pandor.at ; burezonelibre.noblogs.org

Le 26 juin aura lieu la fête de la libération du bois de Mandres.

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