Aux racines de la haine anti-flics

paru dans lundimatin#78, le 25 octobre 2016

Alors que les policiers continuent leurs manifestations sauvages au cri facile de « Pour les nôtres : Aou ! Aou ! Aou ! » ou « Francs-maçons en prison ! » ou encore « Syndicats corrompus ! » ; alors qu’ils réclament contradictoirement d’être à la fois mieux aimés et mieux armés ; alors qu’ils font part aux médias de la vertigineuse interrogation de qui va les protéger de cette haine anti-flic qui les cerne de toutes parts ; bref : alors que la sagesse de ce monde devient folle, Lundimatin est parvenu à identifier les plus féroces contempteurs des keufs, cognes, condés, roussins, bourres, shtars et autres argousins : les ancêtres de toute "racaille".

« S’il n’y a point de nation qui ne connaisse la grande utilité des services de police, il n’y en a pas non plus qui lui accorde beaucoup d’estime. » (Napoléon)

« Qu’on extermine surtout cette robe grise, cette police, l’inquisition de la France, le vil instrument de notre servitude, ces milliers de délateurs, ces inspecteurs, la lie du crime et le rebut des fripons mêmes !’ (Camille Desmoulins, La France libre, 17 juillet 1789)

« On reprochait à d’Argenson de recruter dans la police nombre de coquins et de fripons. « Trouvez-moi, répondit-il, d’honnêtes gens qui veuillent bien faire de métier. » (Marc-Pierre de Voyer d’Argenson 1696-1764)

« La police ne repose pas sur l’investigation, mais sur la délation. » (André Malraux)

« Il faut que ce que l’on appelle la police soit une chose bien terrible disait plaisamment Madame de ... puisque les Anglais aiment mieux les voleurs et que les Turcs aiment mieux la peste. » (S.R. Nicolas de Chamfort, Maximes, pensées, caractères et anecdotes, 1796)

« A mesure que les peuples montent en civilisation, les gouvernements descendent en police. » (Jules Barbey d’Aurevilly)

« Par le lieutenant de police à Paris, par les intendants et les lieutenants de police en province, l’administration monarchique est complétée : le Roi sait tout et peut agir avec sûreté et promptitude. » (Ernest Lavisse, Louis XIV, histoire d’un grand règne 1643-1715)

« Le ministre de la Police est un homme qui se mêle de ce qui le regarde, et ensuite de ce qui ne le regarde pas. » (Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord)

« Je croirai n’ajouter rien de superflu, messieurs, en vous faisant remarquer que [...] la police, par sa nature, est antipathique à toute liberté. » (Alphonse de Chateaubriand, Opinions et discours politiques, 1828)

« Comment dans un pays où tout doit marcher par les lois établir une administration dont la nature est de les violer toutes ? [...]. Récompenser le crime, punir la vertu, c’est toute la police.’ (Alphonse de Chateaubriand, De la monarchie constitutionnelle selon la Charte, 1816)

« Cette police dont les coupables sont le prétexte, et les innocents le but. » (Benjamin Constant, Le Cahier rouge, 1807)

« La meilleure raison qu’a le peuple de ne pas aimer la police est l’emploi abusif de certaines manoeuvres de force connues sous le nom de passage à tabac. » (Edmond Locard, La police, ce qu’elle est, ce qu’elle devrait être, 1919)

« On commence par vouloir la justice et on finit par organiser une police. » (Albert Camus, Les Justes, 1949)

« Il n’y a pas en France, de ministère aussi arriéré que le ministère de l’intérieur ; c’est un ministère de l’ancien régime. On y fait la police et surtout la police électorale. » (Edouard Herriot, député maire de Lyon, Congrès de l’Habitation, 9-12 octobre 1919)

« Ce qu’est notre police : un corps sans cohésion, sans hiérarchie, sans chef véritable, qui n’est au fond qu’un agrégat de petits groupes autonomes, agissant en un cercle restreint, sans solidarité, avec presque la haine du voisin. » (Albert Strauss, Des autorités investies d’attributions de police, 1898)

« La justice n’est pas faite pour autre chose que pour enregistrer au niveau officiel, légal, rituel l’activité de contrôle, de normalisation souveraine effectuée par la police. Les juges permettent à la police de fonctionner. La justice est au service de la police, et non l’inverse. » (Michel Foucault, 1977)

« Les paysans asturiens sont convaincus que dans toute portée de louve il y a un chien, lequel est tué par la mère, sans quoi en grandissant il dévorerait les autres petits. Donnez une face humaine à ce chien fils d’une louve, et ce sera Javert. » (Victor Hugo, Les Misérables)

« Et la police veillait. La police représente la première institution du despotisme. » (Eugène Pelletan, Décadence de la monarchie, 1861)

« Après tout, les voleurs et les assassins ne sont pas un danger pour l’ensemble de la société. Ils en sont le produit et la justification de son Code, de sa police et de sa magistrature. » (Jean Grave, Le mouvement libertaire sous la 3e République, 1930)

« Les lois sont des toiles d’araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites. » (Honoré de Balzac)

« Je crains moins de rencontrer un voleur qu’un homme de la police pendant la nuit. Le premier me prendra ma bourse, mais l’autre me prendra ma liberté. » (Louis Veuillot, 1884)

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