Jeter l’éponge et prendre les armes

La grève des femmes de chambre de l’Ibis Batignolles

paru dans lundimatin#240, le 1er mai 2020

Ceci est l’histoire d’un combat.
Un combat acharné, irrationnel, peut-être fou.
Dans cette histoire il n’y a ni bon ni méchant.
Il y a juste un système.
Un système économique, social, politique.
Un système où “sous-traitance” rime avec “maltraitance”.
C’est l’histoire de vingt femmes de chambre qui ont jeté l’éponge…
Et qui ont pris les armes.

L’histoire commence dans la chambre d’un hôtel Ibis du XVIIe arrondissement de Paris. Une chambre double à 69 euros la nuit, premier prix, ou une suite familiale à 189 euros, plus cosy. Ici des chambres, il y en a 607, ce qui fait de cet établissement le deuxième Ibis de France. On y vante la simplicité, la convivialité et bien sûr la literie. Visitez le site internet de l’hôtel Ibis Clichy-Batignolles et “vous l’aurez compris, l’efficacité au meilleur prix, c’est par ici !”

Cette chambre est propre. Au moment où vous y entrez, quelqu’un vient d’en sortir. Avant que vous ne déposiez votre valise et ne goûtiez au confort de votre lit, quelqu’un a éteint le chauffage, aéré la pièce, vérifié que le client précédent n’a rien oublié, informé sa hiérarchie en cas de détérioration, vidé vos tiroirs, débarrassé les détritus et le linge souillé, lavé le sol de votre salle de bain, nettoyé votre baignoire, votre lavabo, votre miroir et vos toilettes, frotté vos plinthes et l’encadrement de vos fenêtres, lavé vos vitres à l’intérieur, installé votre linge et vos produits d’accueils, refait votre lit, vérifié le fonctionnement de votre équipement, votre télé, vos ampoules, passé l’aspirateur sur votre moquette, votre fauteuil, vos rideaux, fermé la fenêtre et rallumé le chauffage. Le tout, en dix-sept minutes.

Vous ne l’avez probablement pas vue mais la femme de chambre n’est jamais loin. Elle s’appelle Rachel, Kadiddiata, Sylvie où Maryam, a entre 30 et 60 ans et est d’origine africaine. Aujourd’hui, elle répétera ces mêmes gestes dans 35 chambres supplémentaires, voire plus. Ce matin, elle est arrivée à 9 heures pour préparer son matériel mais ne sera payée qu’à partir de 9h30. Elle n’aura pas de ticket restaurant pour son repas de midi et devra acheter ses propres bouteilles d’eau. D’après son contrat, sa journée prendra fin à 15 heures mais si un groupe de touristes arrive à 14h45 sans prévenir, elle fera des heures supplémentaires qui ne seront ni comptabilisées, ni payées. Si elle refuse ? Si elle se plaint ? On lui rappellera que des centaines d’autres femmes sont prêtes à prendre son poste.

À l’Ibis Clichy-Batignolles, propriété du groupe Accor, certaines femmes de chambre sont là depuis 15 ans mais ne sont toujours pas salariées de l’hôtel. Comme souvent dans le secteur hôtelier, elles dépendent d’une société externe, en l’occurrence, l’entreprise de nettoyage STN. Ce recours à la sous-traitance permet à l’hôtel d’avoir accès à une main d’œuvre flexible, moins chère et encadrée par des conventions collectives moins protectrices que celles des employés réguliers. 

Le 17 juillet 2019, vingt-quatre d’entre-elles, (dont vingt-trois femmes et un homme), fatiguées de travailler dans des conditions qu’elles jugent indignes, décident de s’arrêter et entament une grève illimitée. Leur revendication tient en un mot : l’internalisation. Elles réclament le même statut social que les salariés de l’Ibis. Derrière ce statut se cachent d’une part, la reconnaissance du travail effectué mais également la garantie de ne pas être licenciées du jour au lendemain, d’être rémunérées en volume horaire plutôt qu’en nombre de chambres, d’avoir droit à des pauses et à un ticket restaurant pour le repas de midi.

Huit mois plus tard, elles tiennent encore le piquet de grève comme au premier jour. Soutenues par le syndicat CGT-HPE (Hôtels de prestige et économiques), elles vont de réunions en manifestations, multiplient les coups médiatiques, occupent des halls d’hôtels, distribuent des tracts. Chaque jour, elles se réunissent, s’encouragent, crient, chantent, dansent… Depuis huit mois leur vie n’est plus la même. Elles se battent. 

Qui sont-elles ? Comment supportent-elles pareil bras de fer ? Quelles sont leurs chances de victoire face à une multinationale dont le chiffre d’affaire dépasse les 3,5 milliards d’euros ? 
Le 11 mars 2020, elles se rendaient à Strasbourg pour porter leur message devant le Parlement européen. C’est lors de cette journée si particulière, troublée par les prémices d’une épidémie mondiale mais adoucie par un timide rayon de soleil, que je les ai rencontrées.

07h30 - Paris, Gare de l’Est - Départ pour Strasbourg



Dans le TGV pour Strasbourg, Sylvie, femme de chambre à l’Ibis depuis 2013, observe ses soeurs de lutte et évoque les débuts de la grève. Elle est formelle : rien ne les prédestinait à un tel combat.

D’après Carinne Eff, journaliste ayant couvert une grève similaire au début des années 2000, l’analphabétisme dans les entreprises de nettoyage serait même un critère d’embauche. Voici le témoignage qu’elle récoltait à l’époque : « Si vous vous présentez sans savoir lire ni écrire votre nom et votre adresse, si vous êtes un peu timide, (…), vous êtes embauchées, les autres, celles qui savent, qui posent trop de questions on ne les rappelle pas. »

11h00 - Parvis de la gare de Strasbourg
Aboubakar est le fils d’une des grévistes. Il est né pendant le mouvement et est présent à chaque occasion. On le surnomme « bébé grève ».

En face, il y a le fleuron français de l’hôtellerie, le groupe Accor. Numéro six mondial de son secteur avec une quarantaine de marques dont les hôtels Ibis, Novotel, Mercure ou encore Sofitel, Accor est présent dans 110 pays et emploie plus de 280 000 personnes à travers le monde. Accusé de violation du Code du Travail par les femmes de chambre et le syndicat, le groupe objecte qu’il n’a pas à répondre des conditions de travail de ses sous-traitants. De son côté, la société STN explique être dépendante des règles d’Accor qui dicte les cadences et les tarifs.

“Le recours à la sous-traitance est monnaie courante dans l’hôtellerie, cela permet non seulement d’avoir une main d’œuvre corvéable à merci mais également de se renvoyer mutuellement la balle en cas de problème” argue Claude Lévy, secrétaire général du syndicat CGT-HPE, présent aux côtés des « filles des Batignolles » depuis le début du mouvement.

D’après lui, ce n’est pas pour des raisons budgétaires qu’Accor refuse toute négociation mais parce que la moindre concession faite aux grévistes de l’Ibis ouvrirait immédiatement une brèche pour toutes les autres femmes de chambre, en France comme ailleurs.

“Accor a parfaitement les moyens d’embaucher directement ses travailleuses, il suffirait simplement d’utiliser une partie du milliard d’euro qu’il va verser à ses actionnaires l’année prochaine ! Oui, un milliard. Vous direz que c’est de la propagande de la CGT mais non, c’est le journal économique Les Échos qui l’a annoncé la semaine dernière ! » précise-t-il sur un ton ironique qui ne cache pas son indignation.


Occupation du hall de l’hôtel Ibis en face de la gare de Strasbourg

Un milliard.

Les gens s’imaginent souvent mal combien de fois un milliard est plus grand qu’un million. Par exemple, un million de secondes, c’est un peu plus de dix jours.

Un milliard de secondes, c’est 30 ans.

Et un milliard d’euros ? C’est la somme que le groupe Accor, va verser à ses actionnaires entre 2020 et 2021. En février dernier, le groupe annonce avoir enregistré un excédent brut d’exploitation (la marge entre les dépenses et les recettes) de 825 millions d’euros en 2019, soit une hausse de 14,8 % par rapport à 2018. Une performance record saluée par Les Echos et par le PDG du groupe, Sébastien Bazin, qui assure que « la croissance va se poursuivre ».

Le rapport de force est inégal, c’est évident. Cette grève est particulière car pour une fois, ce n’est pas le chantage à la main d’œuvre qui fera pencher la balance. En effet, si l’arrêt du travail de vingt-quatre femmes de chambre cause peut-être quelques soucis d’organisation à la direction de l’Ibis même, pour Accor et ses 5000 hôtels, ce n’est rien.

Non, la véritable arme des grévistes est symbolique. “Tant qu’ils ne nous écoutent pas, nous continuerons le tapage” martèle Sylvie. Le tapage dans le hall des hôtels envahis, dans les couloirs pendant que les clients dorment encore, sur les réseaux sociaux, dans la rue et même devant le Parlement européen… Tous ces tapages ont pour objectif d’en alimenter un : le tapage médiatique. En effet, le succès commercial d’une multinationale comme Accor repose en grande partie sur son image de marque. Si le “tapage” des vingt-quatre femmes de chambre arrive à ternir cette image, cela pourrait changer la donne.

"Avant de se lancer dans ce combat, on ne savait pas que dehors il y avait un monde qui se mobilisait pour les autres"

Elles n’avancent pas seules. Depuis le début du mouvement, les grévistes de l’Ibis Batignolles peuvent compter sur le soutien du syndicat CGT-HPE (Hôtels de prestige et économiques) et de son secrétaire général, Claude Lévy. En lutte pour le droit des travailleurs dans le secteur hôtelier depuis plus de 30 ans, le syndicaliste apporte son énergie et son expérience pour organiser la lutte. Avec Tiziri Kandi, jeune militante également salariée de la CGT-HPE, ils aident les grévistes à tenir dans la durée.

Leur soutien est moral, les deux militants sont présents à chaque rendez-vous ; logistique, ils apportent leur réseau humain et fournissent le matériel de manifestation ; et financier, car le syndicat contribue à hauteur d’un tiers au financement de la caisse de grève. Les deux tiers restant sont financés par des dons récoltés en ligne ou lors d’événements de soutien. Cette caisse a été mise en place pour permettre aux femmes de chambre de compenser la perte de revenus pendant la grève.

« Sans cette initiative de solidarité, une grève de sept mois serait impossible à tenir » souligne Sylvie. « Le soutien que nous apportent Claude et Tiziri est vraiment incroyable mais il y a également les gens de l’extérieur. Avant de se lancer dans ce combat, on ne savait pas que dehors il y avait un monde qui se mobilisait pour les autres. Même dans la rue certains passants nous voient et nous disent : « Allez-y les filles, ne lâchez rien ! »

Ça nous donne envie de continuer la guerre et d’aller jusqu’au bout pour la gagner. »

Une lutte féminine, une lutte féministe

Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, les grévistes de l’Ibis se rendent à la marche à Paris. Ce jour là, plus de 5000 euros sont récoltés en quelques heures pour la caisse de grève. “Vous vous rendez compte ? 5000 euros ! Rien que d’y penser ça me donne la chaire de poule” s’émeut Sylvie. La grève des femmes de chambre de l’Ibis Clichy-Batignolles est d’ailleurs largement soutenue par les groupes féministes comme Femmes Égalité ou le Collectif National du Droit des Femmes, qui y voient un symbole d’émancipation face au système patriarcal.

“Cette grève est féminine – à l’Ibis il y a 23 femmes et 1 homme – mais elle est également féministe car elle remet en cause ce à quoi on assigne les femmes, notamment le temps partiel imposé” ajoute Tiziri Kandi pour la revue Contretemps. D’après Clyde Plumauzille, historienne et chargée de recherches au CNRS, « ce combat, qui rejoint plusieurs luttes récentes dans le secteur hôtelier, est plus largement celui de toutes ces travailleuses invisibles – parce qu’invisibilisées – qui, quotidiennement, prennent soin de nous, quand la société, elle, se refuse à sécuriser leurs existences. (…) Symbole de la mondialisation du marché du service à la personne de ces dernières décennies, ces nouvelles prolétaires de la domesticité sont aussi les actrices de l’histoire longue de la division sexuée du travail qui fait peser sur les femmes l’essentiel du travail domestique qu’il soit gratuit ou rémunéré. »

12h30 - Le cortège progresse dans les rues de Strasbourg en direction du Parlement Européen
En raison du Covid-19, les rues sont anormalement vides ce qui ne décourage pas les grévistes qui scandent leur message sans relâche tout au long du parcours.

La voix des femmes de chambre est d’ailleurs arrivée jusqu’aux oreilles de la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Celle qui, le 23 juin 2019, faisait de la défense des salariés du secteur de la propreté son cheval de bataille et annonçait dans Le Parisien : « Ces femmes ne doivent plus être invisibles », se rend deux mois plus tard, le 12 septembre, devant l’hôtel Ibis-Batignolles pour ouvrir un dialogue avec les grévistes.

« Quand nous l’avons vue arriver, cela nous a donné beaucoup d’espoir, on croyait que le problème était résolu… mais on a vite compris qu’elle ne ferait rien » soupire Sylvie. En effet, après avoir écouté leur revendications, Marlène Schiappa leur explique que malgré sa sensibilité particulière à cette cause, son arrière-grand-mère était également femme de chambre, elle ne serait pas en mesure d’interpeller Accor sur sa stratégie économique. Aveu de faiblesse ou manque de volonté ? Peut-être un peu des deux.

Sans soutien politique à l’exception de quelques députés comme Danièle Obono ou François Ruffin (LFI), les femmes de chambre de l’Ibis ne peuvent compter que sur elles-même. Au déclenchement de la grève, elles étaient vingt-quatre mais à la mi-décembre, quatre d’entre-elles décident de reprendre le travail. Huit mois après le début du mouvement, les vingt grévistes restantes sont déterminées à aller jusqu’au bout. Comment s’organisent-elles ? Comment tiennent-elles le cap malgré les vents contraires et avec si peu d’alliés ?

Profession : combattantes

Elles l’ont compris dès le départ : cette guerre serait totale ou ne serait pas. Arrêter le travail ne suffirait pas. Il faudrait se montrer, il faudrait crier, il faudrait se battre.

Chaque jour, depuis huit mois, elles se retrouvent devant leur Ibis. De 9h à 15h30, elles sont là avec la positivité et la détermination comme seuls carburants. Chaque jour, elles distribuent des tracts aux clients de l’hôtel, parlent aux journalistes, s’organisent pour la suite. Chaque jour, elles chantent, dansent et scandent leur message. L’objectif est double : rester visible pour l’extérieur et garder la force de l’intérieur.

Thomas N’Kenzo est le fils de Sylvie. Quand il n’a pas école, il est aux côtés de sa mère et n’hésite pas à prendre les choses en main.
13h - Les grévistes font une pause devant “Moman”, (c’est ainsi que les strasbourgeois surnomment leur cathédrale). Aujourd’hui, elle est fermée pour cause d’épidémie.

Toutes comprennent l’enjeu de leur présence quotidienne sur le piquet de grève et quand l’une se décourage, les autres viennent en soutien. “Désormais nous sommes comme des soeurs, c’est une famille” confirme Sylvie. “On se met dans la tête que c’est comme si on travaillait. Ce n’est pas parce qu’on est en grève qu’on ne doit pas se lever le matin, au contraire ! De toute façon, si on ne reste pas en mouvement, on est mortes…” ajoute-t-elle d’un ton ferme. La plupart de ces femmes n’avaient jamais connu de tels conflits. Grâce à leur syndicat et aux différentes rencontres, elles découvrent le monde du militantisme, apprennent l’existence d’autres grèves dans l’hôtellerie et développent une culture de la lutte sociale. Avec le temps, elles ont même composé leurs propres chants.

“La grève est un moment d’émancipation et de libération de la parole. Elle leur permet de découvrir leurs droits. Elles mettent des mots sur des pratiques et comprennent qu’il y a du travail dissimulé. Finalement la lutte leur permet d’être envisagées différemment et certaines deviennent par la suite militantes” explique Tiziri Kandi.

"Si on arrête maintenant, on perd notre dignité"

Après huit mois, il est désormais inconcevable de faire marche arrière. "Le directeur m’a proposé un arrangement individuel mais maintenant que je suis lancée, je ne peux plus partir et abandonner les filles” affirme Valérie, coordinatrice des femmes de chambre à l’Ibis depuis plus de quinze ans. “Il faut comprendre que cette lutte est comme un bras de fer. Si on s’arrête maintenant, on perd notre dignité.” lance Rachel, une autre gréviste. La dignité. Le mot est fort. Il représente finalement tout l’enjeu de ce combat. En déclenchant cette grève, c’est leur dignité que sont parties retrouver les femmes de chambres de l’Ibis-Batignolles. Leur dignité en tant que femmes, en tant que travailleuses immigrées, en tant que rouages essentiels de la machine économique. Leur dignité face aux bénéficiaires réels de leur travail quotidien mais également face aux clients et aux autres travailleurs de l’hôtellerie.

Les grévistes arrivent aux abords du Parlement européen mais celui-ci est fermé pour raisons sanitaires. La délégation de députés européens ne pourra pas les recevoir.

Après avoir rencontré ces femmes, nous sommes finalement en droit de retourner la question et de nous demander : comment Accor peut-il tenir un tel bras de fer ? Combien de temps pourra-t-il se permettre de rester sourd aux revendications des grévistes ? Combien de jours de grève supplémentaires, combien d’occupations de halls d’hôtels, combien de tracts distribués et combien de nouvelles chansons faudra-t-il pour faire pencher la balance en faveur de ces vingt travailleuses.

Une première réponse à cette question est attendue au Conseil de prud’hommes. En effet la CGT-HPE a lancé une procédure à l’encontre d’Accor et de son sous-traitant STN pour délit de marchandage et prêt de main d’oeuvre illicite. En raison de l’épidémie du COVID-19, les plaidoiries initialement prévues le 12 mars ont été reportées à date ultérieure. Pendant la période de confinement, les grévistes ont obtenu de la STN d’être placées en chômage partiel, ce qui leur permet de toucher 84% de leur salaire. C’est également pour elles l’occasion de reprendre des forces avant de relancer la grève dès la fin du confinement.

Quelle que soit l’issue finale de ce combat, celui-ci restera marqué dans la mémoire de ces femmes. Comme l’écrit Alain Damasio, la qualité d’une lutte ne se mesure pas à ce qu’elle obtient, mais à ce qu’elle fait de nos vies et dans nos vies : un tissage, une fierté immanente, la noblesse de se tenir debout et d’avancer. Cela dit, les grévistes de l’hôtel Ibis Batignolles ne se contenteront pas de fierté ou de noblesse mais bien de l’amélioration concrète de leurs conditions de travail. Comme le résume Sylvie avant de descendre du train :

« Le pouvoir ça se demande pas. Ça s’arrache. »

Clément Dechamps

Clément Dechamps

Sources :

Contretemps, “Hôtel Ibis des Batignolles : une grève emblématique des femmes de chambre”, 7 janvier 2020
L’Humanité, “La grève des femmes de chambre est une lutte féministes”, 12 septembre 2019
Libération, “Et pourtant elles luttent”, 25 septembre 2019
Reporterre, “Femmes de chambre en grève à l’hôtel Ibis. La sous-traitance c’est la maltraitance”, 8 janvier 2020
Vacarme, "Journal d’une femme de chambre : la lutte improbable des salariées d’Arcade" , 2 janvier 2003
Socialter, Hors-Série "Imaginaires", Édito d’Alain Damasio, mars 2020.

Note de l’auteur :

Dans cet article j’ai pris la liberté orthographique de féminiser les accords malgré la présence d’un sujet masculin dans la phrase. En présence d’un groupe de 24 personnes composé de 23 femmes et d’un seul homme, il me semblait inapproprié, sexiste et même inexact de masculiniser le discours, n’en déplaise à l’Académie Française et aux autres. À l’avenir, j’utiliserai la règle de la majorité car elle semble être la plus juste. En cas d’égalité, j’alternerai au choix entre le masculin et le féminin, accorderai la phrase en fonction du dernier sujet cité ou utiliserai l’écriture inclusive.

Pour soutenir les grévistes de l’Ibis Clichy-Batignolles : suivre ce lien

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