Gilets jaunes, colère noire - L’1consolable

[Chanson]

paru dans lundimatin#178, le 11 février 2019

Couplet 1 :

Les rues de Paris se préparent, ils ont tout barricadé,
parient sur le fait que ceux venant par ici finissent par y canner,
y’a des blindés avec des gaz incapacitants,
des LBD 40 pour faire céder les récalcitrants,
les rues sont quadrillées, la foule éparpillée,
ils nous ont torpillé et ils ont cru qu’on finirait par plier,
dans tous les quartiers des cars de kissedés barrent vite les
avenues et boulevards, sidérant des yeux écarquillés !
La BAC y est comme devant chaque lycée,
donne sans s’affliger des coups sans savoir qui c’est
l’homme qu’ils frappent, matraquent, y’a des mâchoires brisées,
des vies aussi, les civils craquent, les visages sont visés,
les gilets jaunes avisés qu’ils doivent vider les rond-points,
ne plus tourner en rond dans les rues, ne plus traîner dans le coin,
la Police distribue les coups, et Macron les bons points,
on est loin de s’imaginer à quel point les beaux jours sont loin !

Refrain :

Gilets jaunes verts de rage, et colère noire,
blancs comme un linge à l’idée de nourrir de faux-espoirs,
rouges de colère face à la terreur du terroir,
aux hommes en bleu qui laissent pour trace une peur bleue dans nos mémoires !

Gilets jaunes, matière grise qui nous sépare
du sommet de la Tour de Pise qui voit rouge comme elle part
à la renverse, on versera le sang des puissants et de leurs clébards,
une sortie de crise via le Grand Débat ? Franchement, des barres !

Couplet 2 :

Les rues de Paris s’enflamment, la Bourse est incendiée,
sans cramer leur QG tu sais que leur pouvoir reste entier,
les vitrines sont brisées, les berlines carbonisées,
les flics visés comme on voit déjà des gens agoniser,
pendant que les uns se voient maîtrisés, et les magasins pillés,
des gamins emportent le butin, de quoi se faire un billet !
Putain ! Dépassés par ce qui se passe les bourgeois sont indignés,
pendant qu’on voit dans les yeux de ceux qui observent des étoiles briller,
les puissants se mettent à prier, va savoir où ils se terrent,
un transpalette fera plier l’immense porte d’un Ministère,
Benjamin Griveaux se tire sans demander son reste, petit père !
En aurait-on fait un martyr ? On ne saura pas, mystère !
Pas une manif qui se termine sans un nouvel éborgné,
sans l’un d’entre nous à terre que des bacqueux viennent tout de même cogner !
Faut-il s’étonner, derrière, lorsqu’un flic se fait boxer,
que la foule tranche en faveur du boxeur sans autre forme de procès ?

Refrain :

Gilets jaunes verts de rage, et colère noire,
blancs comme un linge à l’idée de nourrir de faux-espoirs,
rouges de colère face à la terreur du terroir,
aux hommes en bleu qui laissent pour trace une peur bleue dans nos mémoires !

Gilets jaunes, matière grise qui nous sépare
du sommet de la Tour de Pise qui voit rouge comme elle part
à la renverse, on versera le sang des puissants et de leurs clébards,
une sortie de crise via le Grand Débat ? Franchement, des barres !

Couplet 3 :

Les rues de Paris s’remplissent, la police semble hys-
térique, très vite je sens qu’ils s’organisent pour nous nasser,
mais le mot est passé, le projet s’ébruite et on s’est déplacés
par petits groupes dispersés et les flics sont dépassés !
Tous ceux qui se font serrer par les CRS sont tabassés,
après le décès de Zineb, ils ne savent plus quel cap passer,
des gueules cassées, vu que c’est en force qu’ils veulent passer,
pas d’équivalent de violence avant loin par le passé,
17 y ont laissé un oeil, mais je vois pas les tirs cesser,
2000 blessés, je suis stressé, y’a de quoi craindre le pire : le décès !
Les street medics arrêtés, par les flics agressés,
par LBD, GLI, ou bien d’autres joujous à l’essai,
4 mains arrachées, pas moins, et combien de traumatisés
qui ont bien trimé ? Et trop de malheureux dans le coma ! Qui sait
comment se terminera tout ça, quand brûlera l’Elysée,
quand le « premier de cordée », épuisé, se sentira dévisser ?

Refrain :

Gilets jaunes verts de rage, et colère noire,
blancs comme un linge à l’idée de nourrir de faux-espoirs,
rouges de colère face à la terreur du terroir,
aux hommes en bleu qui laissent pour trace une peur bleue dans nos mémoires !

Gilets jaunes, matière grise qui nous sépare
du sommet de la Tour de Pise qui voit rouge comme elle part
à la renverse, on versera le sang des puissants et de leurs clébards,
une sortie de crise via le Grand Débat ? Franchement, des barres !

Gilets jaunes verts de rage, et colère noire,
blancs comme un linge à l’idée de nourrir de faux-espoirs,
rouges de colère face à la terreur du terroir,
aux hommes en bleu qui laissent pour trace une peur bleue dans nos mémoires !

Gilets jaunes, matière grise qui nous sépare
du sommet de la Tour de Pise qui voit rouge comme elle part
à la renverse, on versera le sang des puissants et de leurs clébards,
une sortie de crise via le Grand Débat ? Franchement, des barres !

crédits :
paru le 6 février 2019
Paroles et musique : L’1consolable
Mixé par L’1consolable @ Paris.
Dessin : Maïlys Vallade.

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