Dijon : Fêtons la crue

Un appel à se rassembler le 1er juillet. La moutarde leur monterait-elle au nez ?

paru dans lundimatin#67, le 27 juin 2016

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Depuis quelque temps, une évidence a déballé son étalage : plus personne ne mord à l’hameçon. La France entière est devenue un souk où l’on s’interroge : Qui veut encore se faire cuisiner à petit feu ? Qui se rassasie de ces miettes maquillées en promesses de futurs festins ?

À vrai dire, il ne se trouve plus une âme pour régler l’addition.

On se figurait pouvoir nous étourdir de potions statistiques, de chiffres à virgules et d’algorithmes apothicaires. On s’imaginait nous voir beurrer des épinards et frire nos yeux de merlans pendant que d’autres se font graisser la patte en se bâfrant à tous les râteliers. Désormais, la coupe est pleine ! Et nous cuisinerons au piquant !

Depuis quelque temps on ne va plus en rang d’oignons. Les sardines ont fait serment d’en finir avec les maquereaux, et les citrons montent en pression. Les vagues successives de ce raz-de-marée frémissant n’ont pas épargné Dijon. Avec ses airs d’altesse racornie, elle a dû poivrer sa réception.

La capitale des Ducs, engélatinée dans son marécage de bonnes manières, aurait-elle à craindre de devenir ce « labyrinthe fangeux où l’humanité grouille en ferments orageux » ?

Excellant dans la boulimie de surface, elle sera bientôt intronisée étoile de la gastronomie par un collège de baveux gastéropodes. Récompense ou châtiment pour celle qui a fait de l’aménagement urbain un art cannibale, dévorant les humains pour les remplacer par des valets à touristes ? Une ville de domestiques pour des ogres en costards ; c’est ce qu’on propose au menu. Il n’y aura, dans cette anatomie de cauchemar, de place pour la fête et l’agitation que dans la colonne des régurgitations.

Alors, amis et alliés de tous bords, appétits de moineaux ou faims de loup, lies, sulfures ou vieilles barriques, rejoignons-nous à la table des instables, pour tenir la dragée haute à cette intoxication.

Provoquons dans les rues une indigestion. Prouvons que leurs emprunts ne sont pas encore assez nocifs et leur kir assez royal pour nous faire renoncer à toute joie. Assemblons-nous pour des libations de carottes cuites, une distillation des remouds présents, une inondation ornementale.

Ce dont il s’agissait jusqu’à maintenant n’était qu’une mise en bouche, il est temps que le vase reçoive sa goutte !

Rendez-vous le 1er juillet à 18h30, place du Bareuzai (Dijon) pour une visite de la ville suivi d’un BANQUET KILOMETRIQUE

Ils nous croient cuits,
Fêtons la crue !

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