Cauchemars et facéties - en attendant avril.

Repos, macdo ; #nuitdebout et #loitravail

Cauchemardos - paru dans lundimatin#58, le 25 avril 2016

En avant, vers le 28 et au-delà.

LILLE

Le 14 avril :

le local du ps de Lille, ainsi que la permanence parlementaire de bernard roman, élu du ps, ont été peinturlurés et taggés en soutien à la lutte contre la loi "travaille".
Par cet acte, nous attaquons le parti socialiste dans son entièreté, que ça soit sa majorité ou son aile gauche représentée en partie par aubry. Le ps comme tous les politicards ne sont que les gestionnaires de notre misère. Qu’ils dégagent tous !


Le 20 avril :

Aujourd’hui, une nouvelle mobilisation contre la loi El Khomri a eu lieu à Lille. Suite à cette manifestation, un petit cortège, voulant aller se réunir pour l’ag de lutte à l’insoumise, s’est fait chargée par la BAC. Plusieurs personnes ont réussi à se réfugier dans les locaux de la CNT qui se trouvent à proximité. C’est alors qu’une centaine de keufs a bloqué l’entrée du quartier moulins, puis est rentré en fracturant la porte de la CNT, saccageant l’intérieur, et a arrêté deux personnes arbitrairement, en n’oubliant pas de gazer les gens du quartier.

Nous prenons acte et esquissons un début de réponse à la répression que nous subissons et à la violence de la police. La façade d’un commissariat de lille a été redécorée avec de l’huile usagé et quelques messages explicites ont été inscrits.

NANTES

Extraits d’un récit de la manifestation du 20 avril à Nantes :

La journée de lutte du 20 avril devait avoir la couleur des uniformes. En amont, le préfet de Nantes et les médias avaient fait monter la pression, annonçant un siège policier de la ville pour empêcher la manifestation de se tenir. Mais rien n’y fait, ni les arrêtés préfectoraux abjects, ni les policiers cagoulés, ni les grenades de désencerclement envoyées sur des lycéennes : Nantes connaît un soulèvement depuis le 9 mars dernier, et il n’est pas prêt de s’arrêter

Les étudiants bloquent la fac et le périph.

Dès l’aube, plusieurs bâtiments du campus de l’université de Nantes sont bloqués, signe que le mouvement ne s’essouffle pas à la fac. Mieux, en milieu de matinée, une centaine d’étudiant-e-s partent bloquer le périphérique non loin de l’université. Le rond point qui sert d’entrée nord à l’agglomération se recouvre de barricades, provoquant immédiatement un important bouchon. Alors que les appels à tout bloquer prennent de l’ampleur, c’est la démonstration qu’il est relativement simple de paralyser les flux.

Cortège

Il y aura plus de 2000 personnes dans la rue au plus fort de l’après-midi. L’ambiance dynamique des premières manifestations n’est pas tarie, des taggs fleurissent et des fumigènes crépitent. Un cortège féministe et déter’ se forme derrière une banderole « Les femmes c’est comme les pavés, à force de marcher dessus, on les prend dans la gueule ». Ce sont autant de petites victoires, alors que la préfecture avait tout mis en place pour rendre le cortège inoffensif, fade et discipliné. Arrivé devant la préfecture, des litres de peinture rouge aspergent la façade, alors que des CRS en panique, dans les jardins du préfet, peinent à activer une lance à eau, pris sous les projectiles divers. Un tagg « Rémi, Zyed, Bouna, on n’oublie pas » est posé sur le bâtiment, alors que le cortège repart pour éviter une proximité malsaine avec un essaim de BACeux. Les locaux du parti Socialiste quelques centaines de mètres plus loin sont également repeints, comme c’est désormais la coutume hebdomadaire. Mais l’étau policier se resserre : le cortège ne peut pas emprunter le parcours prévu. (...) Le défilé termine finalement sur l’île de Nantes.

"Assemblée" sur une île

Il n’échappe à personne qu’une île est facile à isoler, et constitue une prison naturelle idéale pour des centaines de policiers – appuyés par une surveillance aérienne – qui veulent briser un mouvement. (...) La foule est bloquée, mais l’assemblée continue comme si de rien n’était. Pendant que des centaines de manifestants, les plus fougueux, se font charger et gazer, d’autres continuent à disserter paisiblement, quelques mètres plus loin, sur les prochaines journées d’action. Ambiance. Alors que la nasse se referme, les matraqueurs en moto sont systématiquement repoussés par un service d’ordre improvisé, efficace et mobile, en survêt’ et capuches.

Les gaz commencent à saturer l’île, la panique se répand. On cherche une solution collective. Une fois, deux fois, trois fois, des centaines de personnes s’avancent vers le pont, bras en l’air, en suppliant les policiers de laisser les manifestants repartir. A chaque fois, des dizaines de grenades lacrymogènes, de grenades de désencerclement et de balles en caoutchouc sont tirés sur une foule totalement vulnérable, sans aucune raison. Une ribambelle de journalistes, appareils photos et caméras en mains, assiste à cette scène assez ahurissante, qui ne sera pourtant jamais mentionnée dans les médias. Lors d’une salve particulièrement dosée de gaz, la BAC profite de la confusion pour lancer à revers une charge d’une violence inouïe. Une meute noire, surarmée court vers la foule en brandissant le canon de leurs armes, et tirant à d’innombrables reprises des grenades et des balles en caoutchouc sur les manifestants. Une lycéenne est alors sérieusement blessée par plusieurs impacts d’une grenade envoyée dans ses jambes. En état de choc, incapable de marcher, elle sera hospitalisée. Un homme est également touché à la tête. Un autre est tabassé puis embarqué après avoir trébuché dans le mouvement de panique. Les blessés sont nombreux, souvent mineurs. Ambiance lourde.

(...) Au niveau de la maison des syndicats, toutes les portes viennent d’être fermées à double tour, pour éviter que les manifestants puissent venir s’y réfugier. Un syndicaliste se justifie en disant vouloir éviter l’entrée de « casseurs ». « C’est tous ensemble qu’il faut lutter » chanteront-ils aux prochaines manifestations.

Le cortège qui compte encore des centaines de personnes parvient tout de même, sous très lourde escorte policière, à retraverser la Loire par le Pont du Général Audibert. Retour dans l’hyper-centre, où une grande partie des manifestants, soulagés, se disperse. Un noyau dur de 300 personnes est déterminé à continuer à tenir la rue, malgré les moments éprouvants qui viennent de s’écouler. Des barricades sont enflammées après de nouvelles salves de gaz. La police cible tout ce qui remue encore, sans aucune distinction. La Place du Bouffay est noyée sous les gaz. Les affrontements dureront jusqu’à 19H.
(...)

Le 28 avril prochain sera une journée de lutte décisive, d’autant plus que les appels à la grève reconductible et aux blocages se multiplient. Nous pouvons mettre le gouvernement en échec. Ensemble, nous sommes invincibles !

LYON

Le 20 avril, environ cent-cinquante personnes ont pris l’initiative de partir en manifestation sauvage depuis la Nuit Debout place Guichard. Le cortège a pris la direction de l’Est, et a fait une première halte devant les locaux de la Police aux Frontières, qui ont été tagués et dégradés, ainsi qu’une voiture de fonction stationnée devant. Suite à cela, une partie des manifestants a fait demi-tour, laissant environ soixante-quinze personnes se diriger ensuite vers le Crédit Foncier se trouvant rue Servient, qui a également été tagué. Enfin, après une dernière halte à la BNP Paribas proche de la place Guichard, le cortège s’est réintégré à la Nuit Debout.

L’Agora de la Nuit Debout Lyon a réagi (notamment face à la menace d’interdiction de rassemblement par le préfet), le 21 avril 2016 :

Dans la nuit du 20 au 21 avril 2016 une manifestation spontanée est partie de la Place Guichard, visant les locaux de la PAF, le TGI, le Crédit Foncier et la BNP Paribas, et a abouti à des dégradations sur ces bâtiments.

Face à l’injonction de la préfecture et des médias qui nous est faite de nous exprimer sur ces violences, nous condamnons avec la plus grande fermeté :

Les violences policières commises lors de chaque manifestation et chaque jour, notamment celles de la PAF qui traque et expulse les sans papiers
La violence judiciaire plus prompte à condamner les manifestants que les délinquants en col blanc
La violence de ceux des patrons qui acculent à la misère
La violence d’un système financier fondé sur l’évasion fiscale
La violence étatique qui stigmatise et discrimine des pans entiers de la population !
Ce sont ces violences faites pour nous diviser que nous condamnons.

RENNES

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GRENOBLE

PARIS

Etienne, CRS visionnaire, tente par ailleurs de nous faire prendre des oeufs pour des bouteilles

"Étienne, participe au maintien de l’ordre aux abords de la place de la République."

les gens veulent faire une ZAD sur la place. Ils demandent des pissotières, et puis après ce sera des tentes, des mecs monteront des cabanes... Il y en a déjà qui ont arraché les dalles en granit pour faire pousser des trucs

Les CRS et policiers sont écœurés car on ne fait plus rien et quand on le fait on nous fait des reproches. Le collègue qui a mis un coup de poing à un lycéen (le 24 mars dernier lors d’une manifestation lycéenne contre la loi Travail, ndlr), c’est parce qu’il avait pris des bouteilles juste avant. Et le jeune qui a pris un coup de poing il avait jeté des bouteilles sur les policiers. Mais qui jette des bouteilles sur les policiers à 15 ans ? Moi, personnellement, je ne l’ai jamais fait

#nuitdebout, vendredi 22 avril et samedi 23 avril

Une vidéo de Docduréel :

#nuitdebout : l’apéro chez Valls, ses suites, la question de la "violence" ; et maintenant ?

Voici quelques extraits d’un article que l’on nous a envoyé (mais que l’on retrouve aussi en intégralité sur Paris-Luttes), qui revient sur les Nuits Debout parisiennes, sur l’apéro chez valls, les AGs, la suite, la grève :

Sur place, les AGs suivant le 9 avril ont exprimé à la fois des positions idéologiques non-violentes, mais également des discours très affirmés en faveur de la diversité des pratiques et de la réflexion stratégique sur les formes d’action : « je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas brûler une Autolib, avec tout ce qu’ils nous répriment, franchement ça fait de mal à personne ! » affirmait avec toute la candeur du monde une jeune fille le dimanche, déclenchant une certaine hilarité.
(...)
Toutefois, la semaine du 11 au 18 avril a vu les communiquant autoproclamés de Nuit Debout (groupe presse, agence de communication Raiz tenue par des communicants professionnels ou d’anciens de la Coordination Étudiante et de la CFDT), tenter de reprendre « l’image citoyenne » en main en distillant des éléments de dissociation-extériorisation des manifestations incontrôlées : « ce sont des casseurs/des personnes alcoolisées non politisées », « ils n’ont rien à voir avec la Nuit Debout » a-t-on pu lire dans Libé et ailleurs. Puis avec une offensive de communication autour d’actions désobéissantes scénarisées lancées notamment par Julien Bayou, porte-parole d’EELV et désobéissant multicarte, histoire de ramener les actions incontrôlées dans la veine de la désobéissance civile non-violente, sa communication hyper-contrôlée et ses idéologues. Fort heureusement, il semblerait que de nombreuses personnes sur place soient écœurées de ces tentatives de prise de pouvoir et commencent à le soulever en AG, ou par des articles interposés.
(...)
Car enfin, ce qu’il se passe sur la place de la République et sans doute dans beaucoup de places en France et ailleurs, c’est que soudain il est devenu plus désirable pour des milliers de gens d’aller converger ensemble sous cette bannière fourre-tout de la « Nuit Debout » et d’un ras-le-bol instinctif, plus désirable de se retrouver que de passer sa soirée chez soi, en terrasse ou partout ailleurs. Il y a quelque chose de bouleversant à voir l’attention collective lors des AG de près de 6h où la parole se libère. « Je suis contente d’avoir vue ça avant de mourir », dit une vieille dame. « Jamais je n’aurais pensé voir ça un jour » renchérit quelqu’un d’autre. « C’est la première fois que je parle devant autant de gens, je l’ai fait ! ». Où de multiples déplacements s’opèrent.
(...)
À voir la place de République investie de cabanes, de châteaux de palettes, de potagers dépavés, avec tout l’imaginaire des ZADs. À sentir l’atmosphère de discussion décomplexée et diffuse jusqu’à 5h du matin. À voir la place se parer de tags proclamant « Vive la Commune ! » « A mort Valls »... qui coexistent avec des « Démocratie partout ». À entendre le bruit de vitres brisées et les rougeoiements de bagnoles brûlées, tandis que d’autres commissionnent pour « rédiger un manifeste ».
C’est cette beauté des corps incontrôlés, cette grande beauté des feux de joies sur les artères parisiennes redonnées à l’usage commun, qu’il faut répandre partout. Le désir, le pur enthousiasme que tout cela continue, que toutes les rues s’embrasent avec ou sans la loi « Travaille ! ». C’est comme cela que cela va grandir, non pas par la « convergence des luttes » assénées à l’envie dans des tribunes politiciennes, mais par la consistance des existences et des résistances. Ce n’est pas en mettant bout à bout d’une tribune des spectres qui ne parlent que « d’image » ou « d’opinion publique » que la révolte va s’étendre mais en multipliant les occasions de se rencontrer pratiquement et sensiblement.
(...)
Pour autant de nombreux écueils stratégiques se profilent :
==> Le premier serait d’adopter uniquement une perspective radicale et d’imaginer que c’est seulement l’accumulation d’actions incontrôlées et l’extension dans la rue de pratiques subversives et de complicités affinitaires qui porterait en soi un déplacement de la lutte. Sans même parler de l’idéalisation de l’émeute ou du pétage de vitrine en soi.

==> Le deuxième serait d’envisager la « grève générale » dans la sphère de la production comme l’alpha et l’oméga, le climax du mouvement, alors que ce que les occupations de place soulignent, comme les mouvements Occupy (et notamment la Commune d’Oakland ), c’est que la question de la reproduction (des conditions d’existence, de la réappropriation de sa vie quoi) est devenue tout aussi centrale que la question de la production. En d’autres termes, avec 5 millions de chômeurs et des millions de personnes précaires ou vouées à l’être, avec des gains de productivité qui rendent le travail humain majoritairement superflu ou tellement inutile qu’infaisable sans calmants et pression managériale énorme, la question est de trouver des manières d’étendre l’autonomisation et la saisie collective de nos besoins et conditions d’existence.
C’est cela qui est dit derrière « abolition de l’économie ». C’est cela qui, derrière les tentes des cantines, les cabanes, les équipes médicales, les groupes de défense juridiques, l’imaginaire de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou de la Commune, est en puissance dans ce mouvement : la réappropriation auto-organisée de nos vies au-delà des catégories de la production capitaliste. Pour le dire simplement l’auto-organisation de la grève humaine doit sous-tendre la recherche de la grève générale. Qui, si elle est un peu sérieuse, porte en elle le blocage de l’économie, la réappropriation des moyens de production, la mise à nue collective de l’être de besoin et le processus de transformation associé (organisations et occupations collectives des secteurs productifs), un processus de communisation, l’abandon progressif du salariat et du mode de production capitaliste. Bref, à terme toute grève générale doit être une grève humaine, sinon elle devient un outil pour la négociation des bureaucrates syndicaux et autres.

VIOLENCES

FIN ?

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