Ludd ou le soixante huit transcendant

Par Anselm Jappe

paru dans lundimatin#180, le 26 février 2019

Nous publions ici la recension d’un livre sur le groupe Ludd, dont les documents viennent d’être rassemblés dans une publication papier pour la première fois en Italie (la recension est traduite de l’italien, l’original étant disponible ici). "Bien qu’il ait existé pendant à peine un an, de 69 à 70, qu’il n’ait comporté que quelques dizaines de personnes, surtout à Gênes et à Milan et qu’il en reste pour l’essentiel trois bulletins et quelques tracts, Ludd est devenu au cours du temps une « légende » pour les milieux de la critique sociale qui se revendiquent des idées situationnistes, aujourd’hui peut-être plus nombreux qu’il y a quarante ans." Il est notamment question ici de Giorgio Cesarano, théorien et poète, dont la prose et la puissance théorique demeurent parmis les plus singulières du vingtième siècle et dont les éditions La Tempête viennent de publier le Manuel de Survie.

Entre 1968 et 1978, l’Italie a vécu comme on le sait le plus long moment contestataire de tous les pays occidentaux à cette période, tandis qu’ailleurs « 68 » a été en général aussi intense que bref. C’était aussi le seul pays où les protestations connurent une importante participation ouvrière et populaire. En même temps, l’Italie a produit une élaboration théorique spécifique de ces événements et de leurs nouveautés : l’opéraïsme dont la propagation s’étend jusqu’à aujourd’hui. Rétrospectivement, l’opéraïsme et les organisations qu’il a influencées (Potere operaio, Lotta continua puis Autonomia operaia) semblait occuper tout l’espace à la gauche du PCI vu le peu d’importance qu’eurent les maoïstes et les trotskistes, contrairement aux autres pays européens. Il existe en effet désormais une riche littérature sur l’opéraïsme. À ces marges toutefois, existaient aussi d’autres courants qui se voulaient plus radicaux et qui s’inspiraient surtout des situationnistes français et de la tradition anti-léniniste des conseils ouvriers. Ce petit territoire de « communistes hérétiques » qui frappait plus par leur lucidité que par leur impact immédiat sur les luttes sociales, est désigné par le terme de « critique radicale ». Son regroupement le plus important fut Ludd. Bien qu’il ait existé pendant à peine un an, de 69 à 70, qu’il n’ait comporté que quelques dizaines de personnes, surtout à Gênes et à Milan et qu’il en reste pour l’essentiel trois bulletins et quelques tracts, Ludd est devenu au cours du temps une « légende » pour ces milieux de la critique sociale qui se revendique des idées situationnistes, aujourd’hui peut-être plus nombreux qu’il y a quarante ans.

Pour la première fois, une ample documentation sur Ludd et sur ses « précurseurs » est disponible en livre (le matériel était déjà disponible en ligne sur le site nelvento.net). Une introduction utile de Leonardo Lippolis explique le contexte historique. Presque la moitié du livre est occupée par un essai de 200 pages de Paolo Ranieri, ex-membre du groupe, qui mêle des souvenirs personnels à des commentaires sur l’état actuel du monde, tout en offrant des informations précieuses aussi bien que des dérapages regrettables [1]. L’intérêt principal réside dans la partie documentaire : des documents (surtout des tracts) du cercle Rosa Luxemburg, de la Lega degli operai et degli studenti et du Comitato d’azione di lettere, qui se sont succédés à Gênes, ainsi que les trois bulletins de Ludd et ses tracts avec également des documents internes.

Les origines de Ludd se situent dans ces cercles qui, à partir de 1960, se trouvaient à la gauche du PCI duquel ils se distanciaient de plus en plus nettement : tout d’abord les Quaderni rossi de Panzieri, puis Classe operaia où Antonio Negri et Mario Tronti jetaient les bases du futur opéraïsme. Face à ce qu’ils considéraient une rupture encore insuffisante avec le léninisme, certains collaborateurs de Classe operaia comme Gianfranco Faina et Riccardo d’Este, futur protagonistes de Ludd, en sortirent pour fonder le Circolo Rosa Luxembourg à Gênes. Ils découvraient la revue française Socialisme ou barbarie (qui avait à peine cessé de paraître) dont la figure centrale était Cornelius Castoriadis, et qui constituait la frange la plus avancée en Europe d’une critique du léninisme et du projet d’une « autonomie ouvrière » face aux partis et aux syndicats. À partir de la fin de 1967, la situation italienne se radicalise rapidement pour culminer dans « l’automne chaud » de 1969 : pas seulement dans les universités, mais aussi dans les usines. La gauche « extra-parlementaire », auparavant ultra-minoritaire, devint le courant le plus en symbiose avec des luttes échappant aux contrôle du PCI et de la CGIL [2] ainsi qu’aux catégories interprétatives traditionnelles. En même temps, le Mai français électrisa les esprits et suscita une plus grande diffusion des thèses situationnistes, en particulier celle de la « critique de la vie quotidienne ».

Des contacts divers et variés amenèrent à la fondation à l’été 1969 « Ludd – Consigli proletari » dans une réunion au Film Studio de Rome. Le groupe eut au moins quarante participants qui venaient de Turin, Gênes, Milan et Trente, dont on peut mentionner, outre Faina et D’Este, Giorgio Cesarano, Pier Paolo Poggo, Mario Lippolis, Piero Coppo, Eddi Ginosa, mais aussi Mario Perniola (tous des hommes, comme le rappelle Ranieri dans son introduction qui contient aussi de nombreuses réflexions auto-critiques). Une section italienne de l’Internationale Situationniste s’était déjà formée au début de cette année et maintint ses distances avec hautain. Dans la même année se formèrent aussi Potere Operaio et Lotta Continua – objet de fortes polémiques de la part de Ludd qui les accusait de vouloir diriger à nouveau de l’extérieur la spontanéité prolétaire, d’avoir des « chefs », et d’être disposés à une « modernisation » ou « démocratisation » du capitalisme. Ludd visait au contraire une « révolution totale » qui comprenait aussi une rupture existentielle au niveau individuel avec le mode de vie en vigueur : la révolution de la vie quotidienne. 

Le nom était tout un programme : le mouvement des luddites, les ouvriers anglais qui au début du 19e siècle détruisaient les métiers à tisser mécaniques, passait dans la tradition marxiste pour l’expression d’une tendance infantile ou réactionnaire du mouvement ouvrier naissant. Le livre de l’historien anglais E.P. Thompson sur la formation de la classe ouvrière anglaise, traduit en italien en 1969, avait révélé au contraire son importance. Il avait inspiré leur nom aux jeunes révolutionnaires italiens. En général leur horizon oscillait entre marxisme et anarchisme avec un intérêt prononcé pour le « conseillisme », cette tendance hérétique du mouvement ouvrier qui se réfère aux premiers soviets et aux conseils durant la révolution allemande de 1919, ainsi qu’aux organisations qui en ont prolongé le programme durant l’entre-deux-guerres, surtout en Allemagne et en Hollande. En Italie, cette tradition d’auto-organisation ouvrière, hors des partis et des syndicats, était tout à fait absente et on la découvrait à travers la France. Elle devint pour Ludd (comme pour l’IS) une ligne de partage dans la polémique contre l’opéraïsme naissant et ses volontés « politiciennes ». Ludd intervint avec des tracts souvent sarcastiques et influencés par le pamphlet situationniste « De la misère en milieu étudiant », dont un qui visait à organiser une contestation du festival de San Remo. Mais le tract le plus notoire fut « Bombes, sang, capital » distribué quelques semaines après le massacre de Piazza Fontana (12 décembre 1969 [3]) où Ludd désignait – ils étaient les premiers à le faire depuis le tract « Le Reichstag brûle » de la section italienne de l’IS – l’État comme commanditaire du massacre, à un moment où même à gauche régnait la plus grande confusion sur le sujet.

Mais ce qui peut intéresser davantage le lecteur d’aujourd’hui, parce qu’ils sont moins liés au climat de l’époque, ce sont certains aspects des articles les plus théoriques du bulletin. On y retrouve avant tout le refus du travail et de « l’idéologie ». Les auteurs, qui se revendiquent « extrémistes » constatent que le prolétariat est désormais une catégorie bien plus vaste que les seuls ouvriers : l’aliénation et la dépossession s’étendent à la vie tout entière, pas exclusivement au travail, sous la forme d’une « colonisation de la vie quotidienne ». Ils notent que désormais de nombreux ouvriers agissent de manière tout à fait divergente par rapport aux canons du mouvement ouvrier traditionnel. Ludd fait alors un éloge constant des « lutte anti-économiques » du nouveau prolétariat, du « sabotage », de la négation de l’économie aussi bien que de la politique, au nom du refus des « fétiches de la marchandise et du capital ». La lutte des classes reste un thème omniprésent, mais elle revêt les traits d’un affrontement généralisé entre ceux qui défendent la manière de vivre capitaliste et ceux qui veulent l’abolir. Ce n’est pas la transformation progressive de l’existant qui est à l’horizon, mais sa destruction sous la forme d’une insurrection en refusant toutes les médiations institutionnelles. Ludd polémique constamment contre le militantisme et l’esprit de sacrifice : dans l’action révolutionnaire, moyen et fin, vie personnelle et action collective doivent coïncider (naturellement, comme le rappelle l’introduction, les membres de Ludd rencontrent de grandes difficultés à vivre véritablement cette rupture, ce qui génère de fortes frustrations et tensions au sein du groupe).

Une autre préoccupation constante est celle du travail des « récupérateurs » (le « Mouvement étudiant » de Mario Capanna est l’une de leurs cibles préférées) qui veulent canaliser l’énergie négative du prolétariat vers des réformes tout en promouvant en même temps leur propre statut de leader – on ne saurait nier une grande valeur prophétique à ces attaques ! D’autrefois, les critiques semblent manquer de générosité par exemple lorsque, en parlant de la psychiatrie, ils mettent Franco Basaglia et Ronald Laing aux nombre des « révolutionnaires partiels » qui ne font que renforcer le système.

Tout en continuant de s’intéresser à l’ouvrier d’usine, Ludd fait l’éloge des nouvelles formes d’opposition au capitalisme : la révolte des noirs aux USA, le sabotage, les pillages, l’absentéisme, l’illégalité et même la criminalité, la maladie mentale, la marginalisation. Comme les situationnistes italiens, ils s’enthousiasment pour le soulèvement populaire de Battipaglia en avril 1969. Dans le bulletin numéro 3 (janvier 1970) Piero Coppo, futur anthropologue et ethnopsychiatre, expose une critique de la médecine et de la psychiatrie comme instruments de domination qui critique l’antipsychiatrie elle-même. Mais malgré le nom, on ne trouve dans Ludd qu’un début de critique approfondie de la science, de la technique et du règne des experts.

Plus surprenante, vue son évolution par la suite, est la participation de Mario Perniola (qui avait été en contact direct avec les situationnistes français entre 1966 et 1969) ; sa contribution sur la « créativité généralisé » anticipe son livre L’aliénation artistique

La figure de Giorgio Cesarano revêt quant à elle une importance toute particulière. Il avait déjà 40 ans en 68, il était poète et faisait partie du monde culturel milanais. Sa participation aux événements de 68 le marqua durablement (son élaboration littéraire de ces événements sous forme de journal, publiée la même année sous le titre I giorni del dissenso et La notte delle barricate, a été republiée en 2018 par l’éditeur Castelvechi qui a également publié une étude de Neil Novello sur Cesarano intitulé l’Oracolo senza enigma). Son essai intitulé « L’utopie capitaliste, tactique et stratégie du capitalisme avancé dans ses lignes de tendance » a paru dans le troisième bulletin. Dans un style parfois lourd (il faut dire qu’en général, Ludd manquait du style brillant, caustique et souvent amusant de l’IS), il y expose des idées qu’il a développées au cours des années suivantes dans Apocalypse et Révolution (1973), Manuel de Survie (1974) et l’inachevée Critica dell’Utopia Capitale (1993). Il y expose l’idée d’une « révolution biologique » qui part du corps pour s’opposer à toutes les aliénations, jusqu’au langage.

Dans l’essai publié dans le bulletin, Cesarano souligne le rôle du crédit : il est désormais socialisé, c’est-à-dire qu’il est concédé aux prolétaires et facilite l’invasion de la marchandise dans tout l’espace social. L’exploitation ne se limite dès lors plus à la vente de la force de travail mais envahit tout l’espace et toute la temporalité. À cause de la dette, le prolétaire est encore plus otage des dominants. Il écrit : « ce que l’individu consomme en réalité dans la société capitaliste est toujours et seulement marchandise, c’est-à-dire capital, travail mort, organisé de manière à se reproduire et à s’accroître, qui se reproduit et s’accroît précisément dans la mesure où il est consommé ». L’accent mis sur la marchandise comme catégorie centrale de la critique sociale était destiné à un avenir important. La lutte des classes ne se présente plus en effet dans les termes traditionnels : « le renversement idéologique opéré par les sociologues ’opéraïstes’ qui consiste à réduire la portée du processus de prolétarisation universelle a l’aspect d’une ’’opéraïsation’’ de nouvelles classes, qu’il s’agit de comprendre dans les termes d’une analyse sociologique de ’recomposition de classe’, se révèle désormais pour ce qu’il est : l’ultime combine, l’ultime mystification pour dissimuler le prolétariat à lui-même ». Devenir prolétaire ne signifie donc plus devenir ouvrier. En reprenant des accents situationnistes, Cesarano affirme que le « prolétariat n’est plus identifiable comme entités sociales parcellisées et statiques – mais, puisqu’il est ’’révolutionnaire ou rien’’, il est le mouvement qui tend vers la totalité ». (Une définition aussi « subjectiviste » du prolétariat comporte, il est clair, également des problèmes – mais elle avait une fonction importante à ce moment historique où l’ouvrier d’usine commençait d’une part à perdre sa centralité et de l’autre son aspect nécessairement révolutionnaire). Cesarano propose en effet d’abandonner « la personnification immobile du prolétariat » et de valoriser « l’hétérogénéité des masses qui remplissent les ghettos des inadaptés, les prisons, les asiles », c’est-à-dire de tous ceux qui ne supportent plus les conditions de vie qui leur sont imposées. Mais cela signifie – autre idée très importante – que « lorsque la classe tend à l’universel et que la prolétarisation imposée par le développement capitaliste se fait universelle, le front de la lutte des classes passe désormais à l’intérieur de la personne » : si (presque) chacun peut être un peu prolétaire, chacun participe en échange aussi à la domination et en reproduit les mécanismes (ce qui avait pour conséquence, dans les groupes radicaux, la recherche souvent obsessionnelle et dénonciatrice de comportements « bourgeois » en soi-même ou dans les autres membres du groupe).

Cesarano opère une critique de l’idéologie qui soustrait sa signification à chaque acte de la vie et du travail, mais il critique aussi la science qui perd de vue la totalité. Il faut faire tomber toute la division entre structure et superstructure (idéologie). Il oppose, de manière peu dialectique à vrai dire, la valeur d’usage comme aspect vivant, à revendiquer, à la valeur d’échange comme aspect mortifère de la production et il pousse très loin sa recherche des origines ultimes de l’aliénation, dans des termes qui rappellent parfois la Dialectique de la raison d’Horkeimer et de d’Adorno : il trouve ces origines dans la préhistoire, dans le langage et dans la nature. « Avant de se matérialiser dans l’argent, la valeur d’échange se matérialise, sacralisée, dans le sacrifice, dans le mythe, dans le langage comme accumulation sérielle de signifiés. » La colonisation des signifiés compte autant que l’exploitation économique : « toute forme d’esclavage, avant d’être mesurable en termes quantitatifs (terme économique), est toujours qualifiable en matière de subordination de l’activité humaine à l’état des choses ; de même que toute forme de domination, avant d’être quantifiable en matière d’accumulation de valeur, est qualifiable en matière de gestion des signifiés que régit l’état des choses. » C’est alors logique que pour Cesarano l’on doive arriver à la « destruction définitive du règne des choses » (quoi que cela puisse signifier) à partir d’une « spontanéité prolétaire » fortement louée.

Cette tentative de retracer les causes de la non-vie contemporaine jusqu’à sa dimension la plus profonde, biologique et linguistique, porte Cesarano à une fébrile activité d’écriture au cours des années suivantes mais aussi à son suicide tragique en 1975.

Au cours de l’été 1970, Ludd décide de se dissoudre, sans drame. L’incapacité de dépasser la théorie et de s’impliquer réellement dans les luttes collectives fait partie des motifs mis en avant. Ses membres les plus actifs continuent presque tous la critique sociale, chacun à sa manière, et évitent les compromissions avec le système capitaliste comme avec les organisations « récupératrices ».

Que peut-on en retenir aujourd’hui en dehors de la pièce qui complète un tableau historique ? Le 68 mondial, cette insurrection contre le « vieux monde », apparaît rétrospectivement bien différent de ce qu’étaient les intentions de ses protagonistes : il a produit non pas l’abolition de la société bourgeoise et capitaliste mais sa modernisation ; les contestataires ont aidé, bon gré mal gré, la société de la marchandise à se libérer d’une série d’anachronismes et d’une superstructure obsolète et rabougrie, là où ce gestionnaire lui-même n’était pas en mesure d’opérer une telle mise à jour. C’est un fait que chacun sait désormais. Beaucoup se sont contentés des changements – par ailleurs grands – que le « capitalisme progressiste » a introduits au cours des années 1970 dans toutes les sphères sociales. Mais comme dans toute révolution, il y eut ces moments « d’assaut du ciel » où il semblait possible de vouloir tout et non de se contenter des miettes. La poésie, mais aussi une partie de l’importance persistante de ces pics de l’histoire réside dans cette recherche de l’absolu, qu’il soit réalisable ou non. Ludd, quoique minoritaire, et dans toutes ses limites, faisait partie de ces « moments transcendants » de l’histoire dont peuvent se nourrir les rebelles encore pour plusieurs générations.

Paru aux éditions La Tempête en février 2019 :

[1Quels sont les dérapages présents dans l’introduction de Ranieri ? Le plus grave est la défense de Paul Rassinier qui aurait été « calomnié ». Il faut savoir que Paul Rassinier (1906-1967), soi-disant anarchiste, a été le « père » du négationnisme « de gauche » en France, c’est-à-dire de la négation de la réalité historique de la Shoah. Il a longtemps inspiré Robert Faurisson. A la lecture, dans la dernière page de l’introduction, de phrases sur l’attitude prétendument victimaire des Juifs, on se rend compte qu’une partie de l’ultragauche n’a jamais réglé ses comptes avec le négationnisme, auquel avaient participé plusieurs de ses représentants, ni avec l’antisémitisme qui en constituait la base. Si cela ne permet pas de jeter l’opprobre sur tout ce qu’a fait l’ultragauche française et italienne avant la fin des années soixante-dix, cela devrait cependant être l’objet d’une critique plus que vigilante.

Un autre dérapage, d’un tout autre genre, est la qualification de « Il Reichstag brucia », tract historique des situationnistes italiens distribué juste après les bombes de Piazza Fontana, comme ambigu et hypocrite ainsi que la qualification des positions qu’a prises par la suite Gianfranco Sanguinetti dans Du terrorisme et de l’état (1980) comme expression d’un « délire conspirationniste ». Tout cela sent trop le règlement de vieux comptes. [Note de Anselm Jappe]
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[2Syndicat contrôlé par le PCI

[3Cet attentat a fait 16 morts et 88 blessés. La polices procède à des arrestations massives dans les cercles anarchistes. Après de nombreux rebondissement, l’attentat est finalement unanimement reconnu comme le fait de l’extrême-droite, et marque le début de « la stratégie de la tension ». [NDT]

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