Du consensus indigné à l’antiracisme politique - Par Ivan Segré

À propos de Valeurs actuelles et de L’Occident, les indigènes et nous

paru dans lundimatin#253, le 8 septembre 2020

« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. »

Nicolas Sarkosy, Discours de Dakar, juillet 2007

Un article paru dans Valeurs actuelles a imaginé la députée de La France insoumise Danièle Obono en victime de l’infâme Traite dans l’Afrique du XVIIIe siècle, mais d’une Traite dont les maîtres sont Africains et non Européens, « Noirs » et non « Blancs ». Ainsi la militante décoloniale, selon Valeurs actuelles, « expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l’esclavage ». La réaction des médias et de la classe politique a été unanime : l’article est « raciste » et à ce titre il est une injure aux valeurs de la République Française et une infraction à la loi.

Il existerait donc en France au sujet du racisme une ligne rouge à ne pas franchir. Le magazine Valeurs actuelles l’a franchie et se voit pointé du doigt, méprisé, minable. Il faut s’en réjouir, sans cependant être naïf : si l’article est paru, c’est parce que la rédaction du magazine d’extrême-droite a estimé que le rapport de force idéologique était favorable, que le « coup » pouvait être gagnant. Et il y aurait à cela notamment deux raisons :

La première, c’est qu’il est en général de bon ton de dénigrer La France insoumise, parti « populiste » dont il importe de disqualifier les prétentions à constituer une alternative de « gauche » aux partis de gouvernement, PS et PR, que la création d’Emmanuel Macron, La République en marche, a avalés sans pourtant prendre la moindre épaisseur, telle la vache maigre du rêve de Pharaon dans la Bible. La rédaction de Valeurs actuelles a pensé que s’agissant d’une députée de La France insoumise, tous les coups sont permis. Et elle s’est trompée.

La seconde raison touche au mouvement « Black lives matter » aux Etats-Unis : la tournure insurrectionnelle qu’y a prise l’indignation a suffisamment effrayé la bourgeoisie « blanche » pour que Valeurs actuelles considère que la voie était libre et qu’une sorte de rappel à l’ordre racial serait considéré comme fondamentalement bienvenu. Là encore, leur appréciation s’est avérée très approximative : y compris aux Etats-Unis, les forces de l’ordre sont contraintes d’afficher ostensiblement le slogan « Black lives matter », au moins pour tenter de sauver la face.

S’il convient donc de se réjouir de la déconvenue de Valeurs actuelles, il serait toutefois illusoire de s’en tenir là, car la question posée par le magazine a encore de l’avenir : quelles furent les causes et les mécanismes de la Traite négrière, et quel fut le rôle des Africains dans cette histoire ? Et à ce sujet, il me paraît intéressant de comparer le scandale suscité par l’article de Valeurs actuelles avec le silence qui a accompagné la sortie de L’Occident, les indigènes et nous aux éditions Amsterdam en février 2020. Il se trouve en effet qu’une bonne partie du livre de plus de 600 pages est consacré à la question dont traite l’article de Valeurs actuelles. Je vais donc résumer pour les lecteurs de Lundimatin les principales articulations de la troisième partie de L’Occident, les indigènes et nous, intitulée « La Traite atlantique ». Ce sera ma contribution au consensus indigné.

* * *

La question de l’auteur est la suivante : pourquoi la Traite esclavagiste, après la découverte du Nouveau Monde, a-t-elle consisté à déporter des Africains en Amérique ? La question se pose puisque ce fait massif, la déportation d’entre dix et vingt millions d’hommes, femmes et enfants de 1500 à 1800, la plus massive des migrations (en l’occurrence forcée) jamais observée dans l’histoire de l’humanité, n’a de prime abord rien de logique. En effet, il était bien plus logique d’asservir les indigènes d’Amérique plutôt que d’aller ponctionner une force de travail en Afrique et de la déporter dans le Nouveau Monde. Pourquoi donc asservir des Africains plutôt que des Amérindiens, ou des Asiatiques, ou des Européens ?

La première réponse qui risque de venir à l’esprit est le racisme. Or c’est une mauvaise réponse, car le racisme est une conséquence relativement tardive de « l’esclavage des nègres » et non sa cause. Et il faut y insister : il n’y a nul préjugé raciste au départ de la traite négrière. C’est l’esclavagisme arabo-musulman puis européen qui a produit le préjugé raciste dans un second temps, afin de légitimer la condition servile du « nègre ». Aux yeux des premiers négriers portugais, espagnols, anglais, hollandais ou français, la couleur de peau ne signifiait absolument rien. En ce sens ils étaient cruels, mais pas stupides. Aussi, pourquoi aller asservir spécifiquement des Africains ? On sait la réponse de Montesquieu dans « De l’esclavage des nègres », texte incontournable du baccalauréat de français, et c’est une gloire de l’Education Nationale :

« Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres. Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé, qu’il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. »

En quelques phrases, Montesquieu restitue le mécanisme de la traite négrière : l’extermination des Amérindiens engendre un manque de main d’œuvre que les conquérants européens vont chercher à combler en Afrique ; or la logique économique commande d’asservir la main d’œuvre non seulement pour réduire les coûts, mais également pour déporter en Amérique une population qui se trouvait très bien en Afrique ; enfin le préjugé raciste intervient, après coup, en vue de justifier l’injustifiable : « Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens ».

Le problème que pose toutefois l’interprétation de Montesquieu est que l’extermination des Amérindiens, due principalement au « choc microbien », laissa près de dix millions de survivants, ce qui constituait une réserve de main d’œuvre telle qu’elle rend inintelligible le processus qui, très tôt, esquisse le circuit et la structure de la traite atlantique. Si la disparition soudaine (à l’échelle de l’Histoire) d’entre 50 et 70 millions d’âmes rend certainement raison de l’intérêt qu’ont porté à l’Afrique les conquérants européens, elle ne suffit cependant pas à l’expliquer entièrement, et donc à clore la question : pourquoi aller chercher des Africains ? Il est compréhensible qu’il ne pût guère s’agir d’asservir et de déporter massivement des paysans européens, requis sur place, en Europe, ni d’asservir et de déporter massivement des paysans asiatiques, géographiquement plus distants encore que les Africains, mais pourquoi asservir et déporter des Africains plutôt que des Amérindiens ? Les principales explications avancées par les historiens consultés par l’auteur sont les suivantes :

1. Il existait d’ores et déjà une traite négrière multiséculaire, l’esclavagisme arabo-musulman ayant frayé les circuits de la Traite négrière depuis le Xe siècle, sinon avant, si bien que les Européens ont d’abord, en quelque sorte, pris en Afrique un train déjà en marche. L’article de Valeurs actuelles s’en fait volontiers l’écho, la députée de La France insoumise étant vendue à un pacha arabe. Et il ne s’agit pas d’en faire un argument de l’extrême-droite européenne, puisque c’est un fait historique incontournable : la civilisation arabo-musulmane, comme la civilisation gréco-romaine, a été esclavagiste, et c’est elle qui la première a frayé les voies de la traite négrière.

Le problème que pose cette explication est qu’elle rend éventuellement raison du choix des esclavagistes de se tourner vers l’Afrique plutôt que vers l’Europe ou l’Asie, mais non du choix de se tourner vers l’Afrique plutôt que d’asservir la main d’œuvre indigène présente sur place, en Amérique ; d’où une seconde explication, qui modifie substantiellement le tableau :

2. Les conquérants européens ne se sont pas d’abord précipités pour asservir les Africains, mais bien les Amérindiens, la traite esclavagiste ayant concerné en premier lieu les indigènes du Nouveau Monde avant que, peu à peu, la traite négrière ne lui succède. Dès lors, la question est d’identifier et d’analyser les causes de ce passage progressif d’une traite amérindienne à une traite négrière. Et à ce sujet, les études consultées par l’auteur avancent principalement l’explication suivante, finalement celle de Montesquieu :

3. La main d’œuvre amérindienne disparaissant à vue d’œil, du fait des conditions de capture, de déportation et de travail, il fallut chercher d’autres sources d’approvisionnement, et c’est l’Afrique qui apparaissait être le candidat idéal, du fait des densités de population et d’un circuit esclavagiste préexistant.

La question n’est cependant pas close. L’auteur montre en effet que la substitution d’une traite à une autre n’est pas seulement la conséquence de l’extermination massive des Amérindiens, dont la population reste importante au regard du nombre d’esclaves africains déportés aux XVIe et XVIIe siècles, c’est aussi, et peut-être principalement la résultante d’un choix : les autorités théologico-politiques ont délibérément choisi d‘une part d’interdire la traite amérindienne et d’autre part de permettre et d’encourager la traite négrière. Et la question est dès lors de comprendre la raison de ce choix.

Consultant les études historiographiques, l’auteur observe un faisceau d’explications, attesté depuis Max Weber jusqu’à nos jours sous la plume de différents historiens : a) les esclaves africains étaient « moins réfractaires » que les Amérindiens, ou « plus dociles » ; b) ils étaient physiquement plus « résistants » ; c) issus de sociétés agricoles, ils étaient plus « productifs » ; d) les densités démographiques étant importantes en Afrique et une traite esclavagiste préexistant, il aurait été finalement plus pratique, rentable, efficace, d’un point de vue strictement économique et stratégique, d’acheter des esclaves en Afrique plutôt que d’en capturer en Amérique.

L’auteur s’emploie alors à réfuter les explications avancées. Il montre que dans le Nouveau Monde, depuis les premières insurrections d’esclaves africains au début du XVIe siècle jusqu’au free jazz, bien loin qu’ils aient été « dociles », les « nègres » ont partout semé l’insoumission, le marronage et la liberté ; qu’ils n’étaient ni plus ni moins « résistants » que les Amérindiens ; ni plus ni moins « productifs » ; enfin qu’il était plus rentable économiquement d’asservir des Amérindiens plutôt que de déporter des Africains. Mais alors pourquoi favoriser la traite négrière plutôt que la traite amérindienne ?

La thèse de l’auteur est que la conquête du Nouveau Monde exigeait de convertir au christianisme les indigènes, puisque tel était le mandat octroyé par le pape aux puissances théologico-politiques ibériques, et qu’en conséquence il fallait assurer la survie d’un « reste » auquel accorder le statut de sujet du royaume chrétien. La légitimité de la conquête en dépendait. Et c’est la raison pour laquelle les papes successifs, du XVe au XIXe siècle, ont donné leur bénédiction à la Traite négrière : il convenait d’interdire la réduction en esclavage des indigènes du Nouveau Monde sans toutefois compromettre les intérêts économiques des puissances chrétiennes.

A cela s’ajoute une seconde raison, complémentaire : il était possible de combattre d’une main l’esclavage des Amérindiens, d’encourager de l’autre la déportation d’esclaves africains, sans pour autant paraître se contredire, puisque l’esclave déporté, africain, n’étant pas un autochtone mais un étranger, n’avait pas vocation à devenir sujet de l’autorité théologico-politique conquérante. Par différence avec l’Amérindien, l’esclave « nègre » était la propriété privée d’un maître européen qui l’avait légalement acquis sur le marché international des biens (le fameux « commerce triangulaire ») et l’avait introduit sous cette forme dans le Nouveau Monde.

Se trouvent ainsi noués deux des principaux fils que suit l’auteur dans son ouvrage, celui de l’Empire et celui de l’avènement d’une logique marchande prédatrice et esclavagiste qui ne serait autre, in fine, que la métamorphose « moderne » de la Rome antique.

* * *

Dans le récit de Valeurs actuelles, Danièle Obono, asservie par un Africain, vendue à un Arabe, est finalement affranchie par un missionnaire. Une telle trajectoire n’est pas improbable. De fait, les esclaves africains n’étaient pas tant capturés par des Arabes ou des Européens que vendus ; ils avaient donc été asservis au préalable par des Africains. Mais la véritable histoire de la Traite n’en présente pas moins un tout autre visage : les civilisations arabo-musulmanes et européo-chrétiennes, dans la continuité de la civilisation gréco-romaine, ont été massivement esclavagistes et, comme l’écrit Marx dans Le Capital, elles ont transformé l’Afrique « en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires ». La logique prédatrice fut en effet introduite en Afrique par les conquérants arabo-musulmans puis européo-chrétiens. L’Africain qui asservit Danièle Obono dans la fable de Valeurs actuelles est donc un produit exogène et non endogène, une conséquence de la pratique esclavagiste des conquérants, et non sa cause. Appelons cela un mensonge par omission. Et n’en commettons pas un nous-mêmes : Marx, dans Le Capital, ne s’intéresse pas aux origines arabo-musulmanes de la Traite négrière mais au capitalisme « à son aurore » :

« La découverte des contrées aurifères et argentifères de l’Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l’Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà les procédés idylliques d’accumulation primitive qui signalent l’ère capitaliste à son aurore ».

Y-a-t-il une rupture entre l’esclavagisme arabo-musulman encore empreint des mécanismes antiques et la traite atlantique à l’ère du capitalisme marchand ? Autrement dit, les deux traites négrières sont-elles de même nature, l’Afrique étant pareillement transformée « en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires », ou non ?

Un certain courant indigéniste est ici confronté à un singulier paradoxe : pour penser une différence de nature entre les deux traites négrières, il conviendrait de s’en remettre aux analyses du Capital, lesquelles ce courant s’évertue à mépriser ; et sans différence de nature, une certaine alliance décoloniale entre « Noirs » et « Arabes » doit impérativement taire un millénaire de Traite transsaharienne. La rédaction de Valeurs actuelles s’est donc glissée dans ce silence : Danièle Obono, après avoir été vendue à un Arabe, est finalement affranchie par un missionnaire « blanc », européen et chrétien. Mais au passage, le magazine d’extrême-droite aura donc épinglé une certaine bourgeoisie non moins « blanche », puisque le pacha arabe s’appelle « Bal al Adur », comme si sous les traits du pacha oriental étaient esquissés ceux du bourgeois gentilhomme. L’indignation consensuelle, avec l’inénarrable mascarade juridique qui va s’ensuivre, doit donc être doublée d’une question, sans quoi elle est vaine : quelle histoire opposée à celle de l’article indigne et, en outre, anonyme ?

A en croire le site Là-bas si j’y suis, le journaliste de Valeurs actuelles qui se cache derrière un pseudonyme serait toutefois identifié, de même qu’a été identifié l’auteur du « Discours de Dakar », Henri Guaino, avec lequel Jean-Luc Mélenchon reconnaît partager, par ailleurs, certaines valeurs… [1] :

[…] selon nos informations, l’auteur de l’article sur Danièle Obono est en fait Laurent Dandrieu qui n’est pas un simple inconnu, comme veut le faire croire Geoffroy Lejeune. Il est le rédacteur en chef des pages culture du magazine. Et il suffit de quelques recherches pour découvrir les apparitions de M. Dandrieu dans différents médias d’extrême-droite, Radio Courtoisie, L’incorrect ou encore Boulevard Voltaire. M. Dandrieu a également été invité à deux reprises dans l’émission « Répliques » d’Alain Finkielkraut sur France Culture. Sur YouTube, on peut le voir donner une conférence à l’Academia Christiana, une « formation politique » de « catholiques et enracinés ». Dans cette conférence d’une quinzaine de minutes, nommée « La théologie du migrant », Laurent Dandrieu accuse le Pape François de « migranto-centrisme ». [2] 

La réponse de l’auteur de L’Occident, les indigènes et nous à Valeurs actuelles apparaît alors avec une particulière netteté dans les pages qu’il consacre au rôle de l’Eglise catholique, notamment en la personne de ses papes successifs, dans le développement de la Traite négrière du XVe au XIXe siècle, et au silence qui entoure cette question, comme il entoure le livre en question. Tout finit donc par se recouper. Mais les lecteurs curieux, plutôt qu’indignés, s’y reporteront.

Résumons : l’esclavagisme interafricain qui permit d’approvisionner en marchandises humaines les négriers arabo-musulmans puis européo-chrétiens était un produit, une conséquence, un effet de l’échange inégal imposé par ces derniers, et cette ponction démographique prédatrice a handicapé le développement des forces productives en Afrique, préparant d’un même pas la saignée coloniale ; la traite négrière arabe a été plus ancienne et plus constante que la traite négrière européenne, mais moins intensive, ne bénéficiant pas d’une infrastructure et d’une logique économique comparables, et il y a en ce sens continuité et rupture, rupture et continuité entre les deux traités négrières, arabo-musulmane d’une part, européo-chrétienne d’autre part ; enfin la liberté de l’ancien esclave « noir » n’est certainement pas un cadeau de l’homme « blanc », missionnaire chrétien, à l’Africain ; pas même un cadeau du révolutionnaire européen. A tout prendre, ce serait plutôt l’inverse, comme le fait dire l’écrivain cubain Alejo Carpentier à un personnage de son roman Le Siècle des Lumières : « Tout ce qu’a fait la révolution française en Amérique a été de légaliser un grand marronage qui ne cesse pas depuis le XVIe siècle. Les nègres ne vous ont pas attendus pour proclamer leur liberté un nombre incalculable de fois ». C’est bien là, en effet, dans ce « nombre incalculable de fois », que s’enracine la haine du journaliste de Valeurs actuelles, comme celle du « flic » américain, et non dans la couleur de peau. Concluons dès lors, quant à nous : Black history matters.

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