Nouveau lundimatin papier débarque

Cauchemars et facéties #57

Quelques nouvelles tirées des internets.

Cauchemardos - paru dans lundimatin#99, le 3 avril 2017

Fuite

Dans le Parisien on apprend cette semaine que les contrôleurs RATP avaient renoncé à agir à la gare du Nord depuis 2007. Mais que cette gratuité de fait, acquise à la suite de l’émeute qui avait eu lieu cette année-là dans l’enceinte de la gare, est malheureusement terminée :

"Nous voulons reprendre la maîtrise de notre territoire", résume Hélène Fèvre, nouvelle directrice de la sureté à Paris-Nord.

Pour cela Madame fait appel aux ruses de Mourad Fridi, chargé de « l’animation de la lutte contre la fraude », à Paris-Nord. Un « ninja en chef », selon le Parisien, qui a une drôle d’interprétation de la "force de vente" :

« En changeant de technique tous les jours, on espère décourager les fraudeurs calculateurs et les convaincre de s’abonner.

C’est donc lui qui a pensé la plupart des nouvelles méthodes de contrôle désormais appliqués par les 120 contrôleurs de Paris-Nord

Le Parisien décrit une intervention :

Le gros des troupes se poste dans le tunnel qui relie les différents quais, tandis que Mourad et un agent de la Suge se mettent en position d’éclaireurs au milieu des escaliers menant vers les portiques, de manière à voir sans être vu... Il repère ceux qui passent derrière quelqu’un, ceux qui font demi-tour en l’apercevant (trop tard), les interpelle et court même les chercher, quand c’est nécessaire.
[...]
Il attrape d’ailleurs dans la foulée un jeune qui non seulement doit payer une amende de 50€ car il n’avait pas de ticket, mais aussi une autre, de 150€, parce qu’en voyant Mourad, il s’est retourné et a dit à sa copine « y’a les contrôleurs »...

Mourad a plus d’un tour dans son sac :

La méthode est légèrement différente à la gare de la Courneuve/Aubervilliers. Ici les contrôleurs sont massés sur le quai principal, à la sortie de l’escalier qui y mène. Deux autres se trouvent eux à mi-hauteur, collés à un mur à l’abri du regard de ceux qui montent. Ils laissent passer les gens, à moins qu’une fois en haut de l’escalier, voyant tous les autres contrôleurs, ils ne rebroussent chemin... Dans cette gare, la plus « fraudeuse » du RER B, d’après la direction de Paris-Nord, la technique de la « nasse » est très efficace.

L’après-midi aura été productif : les agents ont dressé plus de 430 PV et réalisé près de 5 000€ d’encaissements directs, bien au-delà du « rendement »

Le Parisien en profite pour détailler d’autres techniques qui commencent à être utilisés par les contrôleurs du RER B. Il s’agit d’agir massivement et avec acharnement :

Dès le lendemain de notre reportage, les contrôleurs montaient une nouvelle opération d’envergure, mobilisant 200 agents de sureté et contrôleurs pour « boucler » toutes les gares, sur le RER B Nord. Cette méthode demande des moyens conséquents, comme le « bouclage » de la gare du Nord, qui lui nécessite 500 agents, mais elle est très efficace : en trois heures de temps, ils ont récolté 12 600 € d’amendes et dressé 1493 PV !

Mais ça n’est qu’une des nombreuses techniques mises en place par les contrôleurs de Paris-Nord. Ils nous en racontent quelques autres, qui sont redoutablement efficaces...

« L’abordage » : une centaine de contrôleurs se positionnent à toutes les entrées d’un même train, fermant ainsi toutes les issues.

Le « parcours fraudeur » : en collaboration avec les compagnies de bus, analyse des itinéraires alternatifs reliant les gares et les bus empruntés par les fraudeurs, qui s’ils échappent aux contrôleurs SNCF, tomberont sur ceux des bus.

Le « rasoir à 3 lames » : Contrôle trois jours de suite au même endroit pour décourager les fraudeurs calculateurs et leur faire acheter leur abonnement.

« Du premier au dernier train » : contrôle de l’ensemble des trains d’une ligne pendant toute une journée .

Finissons donc, en vous livrant une vidéo qui peut se révéler inspirante pour les temps qui viennent :

Collaboration

Après chaque attentat, on peut entendre la même rengaine sur le chiffrement des communications. Le Figaro raconte ainsi :

Quatre jours après l’attentat au Parlement de Londres, la ministre britannique de l’Intérieur a appelé aujourd’hui les services de messagerie sécurisée comme WhatsApp à collaborer avec les autorités pour ne pas fournir de "cachette aux terroristes". Amber Rudd a jugé "totalement inacceptable", sur la BBC, le fait que des communications entre suspects d’actes de terrorisme puissent échapper aux services de renseignement parce qu’elles sont encryptées.

"Nous devons nous assurer que nos services de renseignement aient la capacité d’accéder à des échanges comme ceux cryptés sur WhatsApp", a-t-elle fait valoir, annonçant qu’elle devait rencontrer jeudi plusieurs responsables d’entreprises compétentes dans ce domaine, sans les nommer, pour les convaincre de collaborer avec les autorités. "Il y a des enquêtes en cours concernant des terroristes", "ils doivent être de notre côté et je vais essayer de les convaincre", a-t-elle dit sur Sky News.

(Flop) Avenir

Le rêve (américain) ! C’est le Figaro qui nous décrit cet effrayant projet immobilier :

Les voitures y roulent sans chauffeur, devant des maisons construites selon les dernières normes écologiques, un restaurant de produits locaux ou une ferme utilisant l’énergie solaire : bienvenue à Babcock Ranch, en Floride (sud-est des États-Unis), première ville verte des Etats-Unis, qui cherche désormais des habitants. Les bulldozers sont toujours à pied d’oeuvre et de nombreux espaces restent vides dans cette nouvelle ville qui sort de terre, où les entreprises travaillent à construire les habitations qui doivent accueillir une communauté de quelque 50.000 personnes dans les vingt prochaines années.

En matière de transports en commun, c’est la navette électrique sans chauffeur EasyMile, qui peut transporter jusqu’à 12 personnes, qui est testée. « Certaines personnes sont nerveuses, d’autres sont enthousiastes », a déclaré Neal Hemenover, chef de l’information de la navette TransDev pour l’Amérique du Nord. La navette ne se déplace que par portion de 800 mètres et à moins de 16 km/h. Si quelqu’un passe devant, elle s’arrête automatiquement.
Dans un pays où la voiture est reine, Babcock Ranch propose aujourd’hui une dizaine de kilomètres de sentiers pédestres sur les 80 prévus à terme. L’eau irriguée dans les cultures de la région sera par ailleurs recyclée. En revanche, pas de terrain de golf au programme. Cet emblème de la Floride pourra néanmoins être envisagé si des golfeurs viennent habiter dans la ville. De futurs golfs « aux normes les plus élevées de la durabilité », précise Lisa Hall

Violence par tweet

C’est une nouvelle importante. L’annonce de la première inculpation pour violence, via l’usage de... twitter. C’estle Monde qui nous explique :

Le journaliste Kurt Eichenwald n’a jamais caché, pendant la campagne présidentielle américaine, son antipathie pour Donald Trump. Dans ses articles et ses enquêtes pour Newsweek et Vanity Fair et, de façon souvent plus personnelle et agressive, sur son compte Twitter.
A la fin de décembre 2016, lors d’un de ses interminables débats qui aimantent les trolls du réseau, Kurt Eichenwald, qui n’a jamais caché non plus le fait de souffrir d’épilepsie, a reçu une image stroboscopique avec la phrase : « Tu mérites une crise d’épilepsie à cause de tes posts. » Sa femme a rapporté l’avoir retrouvé « incohérent » après avoir fait « une crise épileptique partielle ».

Après trois mois d’une enquête menée par le ministère de la justice et le FBI, l’homme qui utilisait le compte Twitter @jew_goldstein a été interpellé dans le Maryland. Notons le chef d’inculpation sous lequel M. Rivello est poursuivi : « coups et blessures volontaires », avec un tweet.

Fait inédit pour quelqu’un accusé sous la loi fédérale couvrant le harcèlement en ligne, John Rayne Rivello, 29 ans, a été inculpé « pour coups et blessures volontaires avec une arme mortelle », celle arme étant « un tweet un graphic interchange format (GIF), un objet électronique et ses mains », selon les documents rendus publics par le FBI. S’il est reconnu coupable de ce crime, il risque jusqu’à dix ans de prison, d’après le procureur de Dallas, où il sera jugé.

Steven Lieberman, avocat du plaignant, compare l’image stroboscopique « à une bombe envoyée par la Poste ou à de l’anthrax dans une enveloppe », car l’accusé savait pertinemment qu’elle « provoquerait un effet physique ».

Anonymat et internet

L’affaire Eichenwald montre le type d’investigations que la police peut mener pour retrouver quelqu’un qui utilise un téléphone « anonyme » :

Comment le FBI a-t-il réussi à retrouver l’homme derrière le compte anonyme @jew_goldstein, effacé immédiatement après que l’affaire a été rendue publique ? Un document diffusé au cours du week-end des 18 et 19 mars revient sur cette enquête qui aurait pu facilement ne pas aboutir.
- Ils ont d’abord cité Twitter à comparaître. L’entreprise a accepté de fournir toutes les données sur le compte @jew_goldstein, mais cela n’a pas du tout fait avancer l’enquête : la personne twittait depuis une carte SIM prépayée avec un téléphone jetable de type Tracfone. L’appareil avait été acheté en espèces. L’adresse e-mail était bidon.
- Le « coup de chance », comme dit The Verge, viendra de la compagnie téléphonique AT&T, dont Tracfone utilise le réseau. Sans avoir accès aux données de la carte SIM, AT&T a découvert qu’elle avait été utilisée dans un iPhone 6. Et cela a conduit les enquêteurs au compte iCloud de John Rivello, ouvert il y a cinq ans.
- Les enquêteurs ont alors cité Apple à comparaître pour récupérer les données du compte iCloud. Ils y ont trouvé des preuves laissant entendre que l’acte d’envoyer l’image stroboscopique sur le compte Twitter d’Eichenwald avait été prémédité.

La police fédérale américaine est donc en mesure, grâce à la collaboration des opérateurs téléphoniques, de lier un numéro de ligne téléphonique (fourni ici par Twitter) aux appareils téléphoniques ayant servi à son utilisation (grâce à At&T), et à partir de ces informations, retrouver certaines de ses données personnelles (notamment ici des photos) stockées dans le cloud.

Ah, ils sont forts ces américains… Mais quelle est la situation en France ?
Dans un vieil article (de 2012) Numerama rappelait l’étendu des demandes aux opérateurs téléphoniques « qui peuvent être effectuées par la police judiciaire ou l’administration pour mener ses enquêtes ».

On peut noter à partir de cette liste, que la police/justice peut à partir d’un numéro d’appel, retrouver ces indices, concernant l’usager :

Identification d’un abonné à partir de son numéro d’appel, avec les caractéristiques techniques de la ligne ou du numéro de sa carte SIM

Recherche de numéros d’appel et identification d’un abonné à partir d’un numéro IMEI

Identification des numéros d’appel et des abonnés associés à partir des moyens de paiement utilisés

Recherche d’un point de vente à partir d’un numéro d’appel, d’un numéro de carte SIM, d’un identifiant d’abonné (IMSI) ou d’un identifiant de téléphone (IMEI)

Identification d’un point de vente à partir d’une carte prépayée.

En somme, ce qu’a réalisé AT&T pour le FBI, un opérateur français devrait être en mesure de le faire aussi. Dans l’exemple que nous avons cité, le compte iCloud de M. Rivello a évidemment permis une accélération de l’enquête, en offrant à la police quantité d’informations personnelles (et de preuves de la préméditation de son acte). Mais si la police ne trouve ni d’identité (réelle), ni d’identité virtuelle, associée à une ligne/un téléphone, elle procède généralement par l’étude de l’activité téléphonique passée. Pour rappel toujours, voici ce que la police française est en mesure de demander à un opérateur téléphonique :

Détail des trafics avec localisation des équipements terminaux d’un abonné ou d’un terminal, accompagné de l’adresse du relais téléphonique (cellule) par lequel les communications ont débuté, sur une période indivisible de 31 jours.

Recherche de cellule à partir d’un lieu géographique (couverture optimale théorique).

Détail des trafics écoulés dans un relais téléphonique (cellule) sur une période de 4 heures au cours des douze derniers mois. L’identification des abonnés est en sus

Pour rendre la situation plus parlante, rassemblons toutes ces informations en un seul exemple (fictif) : un malfaiteur s’est cru malin en effectuant ses activités illégales à partir d’une carte sim enregistrée sous un faux nom. Il crédite celle-ci avec des cartes prépayées qu’il achète dans un tabac qui ne possède pas de caméras de surveillances et il a acheté son téléphone d’occasion (bon point pour lui, la police ne trouve rien en s’intéressant aux « point de vente »). Mais malheureusement pour lui, il utilise aussi ce téléphone avec d’autres cartes sim. L’une de ces cartes sim (elle aussi « sans nom ») lui sert à appeler régulièrement sa môman, il l’utilise d’ailleurs pour téléphoner régulièrement depuis son appartement. Notre malfaiteur a évidemment détruit son téléphone et toutes ses sims, quand ça a commencé sentir le roussi pour lui. Mais la PJ est déjà en train d’éplucher les listings téléphoniques du mois écoulé, pour chacune de ces lignes (chacune des cartes sims ayant été utilisées dans ce téléphone). Elle se frotte les mains.

Exploitation

Le journal le Monde a réalisé et publié une interview d’Antonio Casilli,
enseignant-chercheur à Télécom ParisTech et à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Ce dernier revient sur la notion de Digital Labor, « 
c’est-à-dire un travail du clic, composé de plusieurs petites tâches, réalisé sur des plates-formes, qui ne demande pas de qualification et dont le principal intérêt est de produire des données. »

Quelles sont ces plates-formes, et comment nous font-elles travailler ?

Il en existe quatre types.
- Le premier type, ce sont les plates-formes à la demande, comme Uber ou Airbnb, qui sous couvert d’une autre activité (transport, location, etc.) font de la production de données, enregistrent nos destinations, notre localisation, nos commentaires, notre réputation, nos évaluations, et qui revendent ensuite ces données.
Du côté des chauffeurs du VTC, à lire : Uber crée « une nouvelle population de travailleurs pauvres et mal couverts »
- Le deuxième type, ce sont les plates-formes de microtravail comme Amazon Mechanical Turk, Upwork, l’application mCent… Des sites sur lesquels des millions de personnes dans le monde réalisent des tâches extrêmement simples [chercher sur Internet l’adresse d’un magasin, numériser les informations d’une carte de visite, décrire les éléments d’une image…] pour des rémunérations extrêmement faibles, de l’ordre de quelques centimes d’euros par minute.
- Le troisième type, ce sont les plates-formes de gestion de l’Internet des objets. Nos smartphones, nos montres connectées, mais aussi nos télévisions, nos ampoules ou nos thermostats connectés produisent de la donnée qui est ensuite exploitée. Nos maisons se transforment en usine à données, et cette production converge vers les immenses serveurs de Google ou d’Amazon.
- Le dernier type, enfin, ce sont les plates-formes sociales. Ecrire un post, formuler un tweet, filmer une vidéo pour la partager, mais aussi faire circuler des contenus, signaler ceux qui sont choquants ou inappropriés, c’est du travail, même s’il y a un côté jeu, un côté qui procure du plaisir.

Il précise que, notamment pour le 4e type de plateforme, ce travail n’est parfois pas conçu comme tel (comme exploitation) :

Parce que ces entreprises font appel à des ruses pour nous convaincre de travailler pour elles. Pour commencer, la production de données est la plus simple possible. En 2011, Mark Zuckerberg affirmait qu’un partage sur Facebook devait se faire « sans aucune résistance ». On cherche à fluidifier la production de données.
La seconde ruse, qui rend le travail invisible à nos yeux, c’est la « ludification » ; on fait de la production un jeu, ce qui permet aux gens de tirer un plaisir du fait de passer des heures et des heures connectés à des systèmes qui, pourtant, ne cessent de leur adresser des injonctions : clique ici, « like » cette vidéo, commente ton expérience, etc.

Cette « ludification » du travail (dont la pénibilité est invisibilisée) empêche par ailleurs la prise de conscience par les travailleurs de leur qualité de travailleurs :

En faisant de la production un jeu, et donc en la sortant de la transaction économique, on minimise le risque que les gens s’organisent, prennent conscience qu’ils sont en train de travailler et, finalement, demandent de l’argent.

Or, derrière le travail « ludique », se cache aussi l’exploitation de millions de travailleurs du clic. Dans ce domaine aussi on a « délocalisé la pénibilité » :

Nous faisons l’impasse sur des dizaines de millions de personnes en Inde, en Chine ou ailleurs qui nous permettent de profiter d’Internet pour un salaire de la faim.
Une plate-forme comme Upwork affiche 12 millions de travailleurs enregistrés, autant pour les Chinois de Witmart. Les microtâches réalisées sur ces plates-formes servent à améliorer les intelligences artificielles et les algorithmes des services que nous utilisons, à filtrer les contenus que nous ne voulons pas voir. Un travail invisible, une économie du clic, faite de travailleurs exploités à l’autre bout du monde.

D’autres que nous se tapent les tâches pénibles, les visionnages de contenus méprisables, affreux, terribles, et font marcher le trafic organique dans Facebook. Les personnes qui filtrent les vidéos des égorgements de l’organisation Etat islamique sont aux Philippines, au Mexique, ailleurs.

Poisson

Le Figaro rapporte une agression au poisson, qu’auraient subi des candidats aux législatives LR, à Rennes :

Une quinzaine de personnes qui participaient hier soir dans un bar à Rennes, à une réunion politique autour du programme de François Fillon ont été aspergées d’urine et de soupe de poisson par cinq activistes, rapporte aujourd’hui Ouest-France. Amélie Dhalluin et Bertrand Plouvier, deux candidats LR aux législatives à Rennes, faisaient partie des personnes touchées. Ils vont porter plainte.
"À 21 h, cinq individus sont entrés dans le bar et sont venus dans la salle de réunion munis de bouteilles, explique Bertrand Plouvier. Ils nous ont alors aspergés d’urine et de soupe de poisson en criant fachos. Ça a duré à peine une minute et ils sont partis. C’est scandaleux".
Les deux élus LR accusent "des activistes d’ultra-gauche". Ils ont annoncé qu’ils allaient porter plainte dans la matinée. Ils tiendront une conférence de presse ce jeudi à 17.

Cage de verre

Le Figaro nous explique que la Tour Eiffel va être bientôt mise en bocal :

Le Conseil de Paris a voté aujourd’hui, à l’unanimité, le projet de sécurisation de la tour Eiffel qui comprend notamment une "paroi en verre pare-balles" sur deux côtés.
La sécurisation du monument, rendue nécessaire par une "menace terroriste particulièrement élevée", devrait être achevée au deuxième trimestre 2018 et coûter 20 millions d’euros.
Le projet prévoit une paroi en verre sur deux côtés, côté Seine et côté avenue Gustave-Eiffel. Les deux autres côtés, sur lesquels se feront les entrées et les sorties avec plusieurs points de contrôle, seront fermés par des grilles métalliques "reproduisant le profil de la tour Eiffel".
Un "dispositif plus large de protection anti véhicule-bélier" sera réalisé avec l’implantation de bornes le long du quai Branly et côté avenue Gustave-Eiffel et la mise en place d’un "dispositif de vidéo-protection", sur le parvis et dans la tour.

Données personnelles

Selon le Monde, "le Sénat américain veut que les fournisseurs d’accès à Internet puissent revendre l’historique de navigation des internautes sans leur demander la permission." :

Jeudi 23 mars, les sénateurs sont revenus sur des règles mises en place, mais pas encore appliquées, peu avant la fin du mandat de Barack Obama par la Federal Communications Commission (FCC – « Commission fédérale des communications »), le régulateur américain des télécoms, qui obligeait ces entreprises à obtenir le consentement des utilisateurs avant de revendre certaines de leurs données personnelles.

Mais le texte approuvé par les sénateurs ne se limite pas à cela. Il interdit à la FCC d’établir à nouveau ce type de règles dans le futur. Le texte doit encore être approuvé par la Chambre des représentants avant de pouvoir entrer en vigueur.

Crash

Le Monde rapporte un nouvel accident impliquant une voiture autonome (sans chauffeur), de marque Uber :

Uber a annoncé le 25 mars qu’elle suspendait jusqu’à nouvel ordre ses tests autour des véhicules autonomes. Une mesure prise après qu’un accident eut impliqué l’un d’entre eux la veille à Tempe, dans l’Arizona. La collision entre trois voitures, qui n’a fait aucune victime, s’est produite alors que le quatre-roues d’Uber était en pilotage automatique. Deux chauffeurs dits « de sécurité » étaient toutefois présents à bord.

Si la suspension devait valoir jusqu’à la fin de l’enquête dans les deux villes américaines où avaient lieu les tests jusqu’alors, à savoir Tempe et Pittsburgh, en Pennsylvanie, elle n’aura finalement duré que deux jours. La police locale a en effet affirmé que la voiture d’Uber n’était pas responsable de la collision.

Ce n’est pas la première fois qu’un véhicule autonome est mis en cause dans un accident. L’un d’entre eux, développé par Alphabet (maison-mère de Google), avait ainsi manqué un feu rouge avant de heurter un van il y a un peu plus d’un an. A l’été 2016 ensuite, les capteurs d’une voiture Tesla n’avaient pas détecté la remorque blanche d’un camion en raison des conditions météorologiques. Le conducteur présent sur le siège avant, qui n’avait pas réagi car il regardait un film sur son lecteur DVD, était mort sur le coup.

Territoire inconnu

Le Monde titrait récemment « Climat : 2016 bat un record de chaleur, la planète entre en « territoire inconnu » » :

Le réchauffement a affecté tous les compartiments du climat, de la hausse du mercure à l’élévation des océans en passant par la chute des surfaces de banquise.

Le réchauffement en cours a affecté, comme jamais auparavant, tous les compartiments du système climatique – de la hausse du mercure à l’élévation des océans, en passant par la chute des surfaces de banquise.

Les chiffres officiels traditionnellement présentés fin mars par l’OMM sont ceux qui feront autorité : ils proviennent de l’ensemble des données collectées par les principaux laboratoires de climatologie au cours de l’année écoulée.

Indicateur le plus frappant : celui de la température moyenne de la planète. Celle-ci a été supérieure de 1,1 °C à la moyenne de l’époque préindustrielle, battant ainsi le record établi par l’année précédente (1,04 °C).

Dans certaines régions de l’Arctique, la température moyenne annuelle a excédé de plus de 3 °C la moyenne 1961-1990 : c’est le cas le long de la côte de l’Arctique russe, en Alaska ou encore dans le nord-ouest du Canada.

Très loin au nord, au sommet du monde, le nombre de degrés Celsius en excès semble irréel. La température enregistrée tout au long de l’année sur la station météorologique de l’aéroport de Svalbard, dans l’archipel norvégien du Spitzberg, excède de 6,5 °C la moyenne 1961-1990.

« A lire ce rapport, comme de nombreux autres, il est évident que la perspective de stabiliser le réchauffement en dessous de 1,5 °C s’éloigne, déclare le climatologue Michael Mann, directeur du Earth System Science Center de l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis). »

Mais encore ?

« Cette augmentation de la température mondiale est cohérente avec les autres changements perceptibles dans le système climatique, a déclaré Petteri Taalas, le secrétaire général de l’OMM. Les températures moyennes de l’océan ont également été les plus élevées jamais relevées, le niveau marin a continué à s’élever et l’étendue de la banquise arctique a été très en deçà de la moyenne pendant la plus grande partie de l’année. »

Une note d’espoir ?

« Même sans un puissant El Niño en 2017, nous voyons des changements remarquables s’opérer partout sur la planète, et qui interrogent les limites de notre connaissance du système climatique, selon David Carlson, directeur du programme mondial de recherche sur le climat de l’OMM. Nous sommes désormais en territoire inconnu. »

Rhinos

Selon LCI, le zoo de Prague a décidé d’amputer ses rhinocéros de leurs cornes :

Leurs cornes valent plus que de l’or : elles se négocient entre 25.000 et 200.000 euros sur le marché noir. Pour protéger ses rhinocéros, le zoo de Prague a décidé de raccourcir leur corne. "La décision a été loin d’être facile", a expliqué le directeur, Premysl Rabas. "Un rhinocéros décorné est sans nul doute une meilleure option qu’un rhinocéros mort", a-t-il ajouté.

Cette mesure a été prise après qu’un des spécimens du zoo de Thoiry, dans les Yvelines, a été tué de trois balles dans la tête dans la nuit du 6 au 7 mars.

Platitudes

C’est Kyrie Irving, meneur des Cleveland Cavaliers, champion NBA (c’est du basket) en titre, qui parle :

« La Terre est-elle plate ou ronde ? Je pense que tu dois faire tes propres recherches sur ça. C’est juste sous vos nez. Je vous l’assure. Ils vous mentent (…) Il n’y a pas d’informations concrètes à ce sujet, à part l’information qu’ils nous donnent. Ils nous poussent précisément vers ce en quoi on doit croire ou pas, alors que la vérité est là. Il faut juste aller à sa recherche. »

Selon le Monde :

Parmi les prétendues « preuves » citées par Irving, qui est né en Australie et qui en tant que sportif professionnel passe une certaine partie de sa vie dans des avions :

« On m’a appris que la Terre est ronde, mais si vous réfléchissez un peu au paysage et à la façon dont on voyage, à la façon dont on bouge et le fait que… vous pouvez vraiment croire qu’on tourne autour du Soleil et que les planètes s’alignent, tournent à des dates spécifiques ? »

Vu le flot de reprises et de sarcasmes qui ont suivi, le commissionnaire de la NBA, Adam Silver, a tenté de rassurer tout le monde en disant que ce n’était que de la provocation, une façon de participer à l’actuel « débat sur les prétendues fake news ».

D’autres basketteurs américains semblent pourtant penser qu’Irving a raison, au sens où toute vérité se vaut :

Pour le légendaire LeBron James, si son « petit frère » Kyrie « veut que la Terre soit plate, alors ainsi soit-il ». Draymond Green, ailier des Golden State Warriors, meilleure équipe actuelle de la NBA, a dit « ne pas savoir » si la Terre était ronde, car il « n’a pas assez étudié la question ». Il n’est pas du tout convaincu par les photos de la NASA car lui aussi peut faire des photos arrondies avec l’option panorama de l’appareil photo de son iPhone.

L’astrophysicien Neil Degrasse Tyson a un autre avis sur la question. On peut bien affirmer ce qu’on veut tant que cela reste sans conséquence :

« Nous sommes dans un pays libre, vous devez avoir le droit de penser et dire ce que vous voulez. S’il veut croire que la Terre est plate, allons-y. Tant qu’il continue à jouer au basket-ball et n’aille pas vers la NASA. Ce que je veux dire c’est que si vous avez du mal à comprendre le monde naturel, restez éloignés des métiers pour lesquels c’est nécessaire. »

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25 avr. 17 Mouvement 2 min
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