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Sylvain George
« Qu’est-ce qui va nous arriver ? » La question revient inlassablement, sous des formes à peine différentes, lorsque l’on retourne à Ceuta après notre premier séjour en août 2026. Ceux que l’on avait rencontrés quelques semaines plus tôt sont toujours là pour beaucoup d’entre eux, mais le temps a travaillé les corps. Les visages sont plus tirés, certains ont beaucoup maigri, la nervosité affleure dans les gestes, l’épuisement se laisse voir dans une manière de s’asseoir, d’attendre, de guetter une information qui pourrait modifier le cours des jours. D’autres semblent avoir conservé la même tranquillité, la même attention, la même disponibilité aux autres. Rien n’autorise à réunir ces expériences sous un affect unique, mais quelque chose s’est produit. L’attente a cessé d’être un intervalle entre deux événements pour devenir une condition durable, une forme imposée du présent.
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