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#529 | Été 2026 suite
 
 
 
Ceuta : la hogra et le monde qui brûle
 

Par Sylvain George



À Ceuta, en quelques heures, tout un ordre politique s’est découvert.
Le pouvoir marocain a laissé apparaître ce qu’il s’emploie ordinairement à contenir, à disperser ou à maintenir hors du champ visible : l’immensité du désir de départ qui traverse sa propre population. L’Europe a montré qu’elle pouvait voir des enfants, des femmes, des hommes jeunes et moins jeunes entrer dans la mer et ne reconnaître dans ces survivants qu’une menace contre ses frontières. Les extrêmes droites de Washington à Rome et de Madrid à Paris ont aussitôt arraché les images à celles et ceux qui les avaient produites pour les remonter en récit d’invasion : la projection d’une masse démographique réputée sans fin, sans visages ni histoires, indistincte et irrésistible, appelée à franchir toutes les frontières, à en annoncer la disparition et à submerger l’Europe. Quant aux gouvernements prétendument « modérés », ils se sont empressés de donner une consistance administrative, policière et militaire à cette fiction, en renforçant des contrôles à des frontières que personne n’avait atteintes.

 
 
 
 
 
Matcha latte pour la fin des temps
 

Yazan Alloujami



Henri Bles, peintre du XVIe siècle, avait imaginé l’enfer comme un paysage calciné peuplé de slops  : des écureuils-licornes, des hommes-entonnoirs, des œufs bipèdes transportant de l’argenterie. Henri Bles était peut-être une IA. Quoi qu’il en soit, son Enfer se distingue des autres tableaux similaires de la Renaissance flamande par un astre démesuré qui occupe le registre supérieur de la toile, mais qui ressemble à un objet posé dessus. Un mug contenant du beige mousseux.

 
 
 
 
 
Lundimatin ruiné
 

(Maintenant, il faut nous aider !)



Chères lectrices, chers lecteurs,
Nous venons d’apprendre que lundimatin était ruiné, nous avons donc urgemment besoin de vous.

 
 
 
 
 
Passage au rythme estival...
 

Comme chaque été, nous passons au rythme estival. Des articles seront régulièrement publiés mais pas nécessairement le lundi. Une prochaine salve est d’ailleurs en préparation et sera en ligne d’ici deux ou trois jours. Bonne lecture, bon été et n’hésitez pas à vous restreindre d’une ou deux glaces pour nous soutenir.
lm



Comme chaque été, nous passons au rythme estival. Des articles seront régulièrement publiés mais pas nécessairement le lundi. Une prochaine salve est d’ailleurs en préparation et sera en ligne d’ici deux ou trois jours. Bonne lecture, bon été et n’hésitez pas à vous restreindre d’une ou deux glaces pour nous soutenir.
lm

 
 
 
 
 
1793 aura-t-il lieu ?
 

Commentaires destituants sur l’insurrection chilienne et les Gilets jaunes



En proposant de commenter la fameuse Constitution de 1793 qui a tant parlé aux Gilets jaunes, le GRC (Groupe Révolutionnaire Charlatan) propose ici d’explorer le décalage entre le caractère destituant des moments insurrectionnels et révolutionnaires et leur conversionen une forme constituante. Pour le dire autrement, le tiraillement historique entre la volonté d’abolir les fondements même du pouvoir et la captation de ce désir par ce qu’il reste de ses formes squelettiques.

 
 
 
 
 
Cassandre
 

Entretien avec la réalisatrice Hélène Merlin
[Visionnage conseillé avant lecture]



Il convient peut-être avant toute chose de dissiper un malentendu. Les kinologues n’ont pas pour projet d’établir un palmarès de films politiquement exemplaires ni à distribuer des certificats de bonne conduite idéologique. Nous nous intéressons plutôt à des films qui, par leur forme autant que par leur propos, nous semblent ouvrir des espaces d’émancipation radicale.

 
 
 
 
 
Soumission et compromission : Moteur !
 

« 980 millions d’euros pour le cinéma, à condition qu’il ferme bien sa gueule »



Où en est le cinéma français depuis la tribune Zapper Bolloré et les menaces de Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+, de couper les financements de ses signataires ?
Les auteur.ice.s de cet article décortiquent les mécaniques et les logiques à l’œuvre tant du point de vue du groupe Canal + que de ceux qui seraient censés s’y opposer par exemple la Société des réalisatrices et réalisateurs de films, des faisceaux et des ombres.

 
 
 
 
 
Archéologie d’un vrai-faux silence : Michel Foucault, Israël et les Palestiniens [2/3]
 

Alain Brossat et Alain Naze



Inspirés de longue date par le travail de Michel Foucault [1], les philosophes Alain Brossat et Alain Naze ont enquêté sur le « vrai-faux silence » de l’intellectuel préféré des français autour de la Palestine et d’Israël. La première partie de ce travail est accessible ici.

 
 
 
 
 
Discrimination en travail
 

« Dans un style ampoulé et emphatique, une logorrhée diarrhéique qui dissimule à peine qu’ils te parlent comme à une merde »
Laura Montmory



Nous avons tendance à apprécier l’humiliation au travail en l’indexant sur le degré d’exploitation subi ou supposé (salaires, conditions de travail, types de contrats, etc.). On en déduirait presque et à tort que celles et ceux qui bénéficient d’un « bon poste » seraient épargnés, que le chantage qui veut que pour survivre il nous faut vendre l’essentiel de notre vie, serait presque acceptable avec une bonne clim’ et la fiche de paie qui va avec. Laura Montmory raconte ici avec humour l’histoire d’une humiliation parfaitement ordinaire. Un travail, une grossesse et -surprise !- la non reconduction de son contrat.

 
 
 
 
 
« Je désire la stérilité »
 

Pour un désarmement démographique



Alors que le gouvernement prétend organiser et promovoir le « réarmement démographique », certaines voient d’un mauvais œil ce discours martial d’un État qui prétend s’insinuer dans les corps autant que dans le désir même d’avoir ou non des enfants. Une lectrice nous a transmis ce texte qui relève de l’analyse autant que du témoignage dans lequel elle explique comment et pourquoi elle a fait le choix « radical » d’une salpingectomie totale bilatérale (une ligature des trompes). Ou comment appréhender une décision irréversible dans un monde où les choix se doivent d’être aussi flottants que malléables.

 
 
 
 
 
Dark Taoism
 

La dialectique peut-elle défaire des nœuds sans les toucher ?



Contre tous les Mencius de l’Empire des Lumières sombres, contre la fascination si sérieuse pour le CEO-papisme et toutes sortes de chefferie, voici une fable facétieuse qui puise son inspiration dans la tradition du dark taoism (taoïsme noir). Une tradition inventée pour un mouvement plein d’avenir. La dialectique peut-elle défaire des nœuds sans les toucher ? Peut-être, peut-être, si on l’abandonne enfin en suivant la voie du dark taoism.

 
 
 
 
 
Nos corps liés
 

« L’asymétrie inouïe, obscène, qui nous accorde le droit de circuler comme un privilège mérité dont sont privés tant d’autres »
Natacha Samuel



On est bouleversés à juste titre par les échos et images atroces qui nous arrivent ces derniers jours des comptoirs coloniaux au Maroc. On pleure la presque centaine de morts de tous âges, et on entend l’ampleur du long désespoir qu’elles racontent comme une tragédie. Mais on est là en territoire connu : longtemps qu’on s’émeut, périodiquement et par vagues, du durcissement des lois et pactes européens et nationaux, des naufrages en mer emportant des centaines, des corps retrouvés en montagne quand vient le dégel, des adolescents fauchés dans les tunnels frontaliers ou retrouvés gelés au cul des avions.

 
 
 
 
 
Les néons de l’incendie
 

Avec les évacués du Parc des expositions de Bordeaux



Éducatrice spécialisée de profession, Jeanne Jaeck fait partie des bénévoles qui ont assisté les nombreux évacués qui se sont entassés au Parc de expositions de Bordeaux. Elle raconte le chaos, l’anxiété diffuse et néanmoins, la solidarité.

 
 
 
 
 
Mémoires ensevelies
 

Un poème pour le docteur Hussam Abu Safiya, pour les morts et les vivants, pour les fantômes du génocide. Contre l’oubli.



Directeur de l’hôpital Kamal Adwan, dans le nord de Gaza, le pédiatre Hussam Abu Safiya a été arrêté en 2024 après avoir refusé d’évacuer l’établissement. Nous avions déjà évoqué l’ombre blanche de cette blouse blanche dans nos pages. Amnesty International a récemment alerté l’opinion quant aux tortures qu’il subit et aux risques qui pèsent sur sa vie même.
Ci-dessous un poème comme un hommage, pour les morts et les vivants, pour les fantômes du génocide. Contre l’oubli. Une tentative de faire d’un être qui soigne un symbole, comme un pansement à placer sur la mémoire d’un territoire, comme un peu de gaze pour Gaza.

 
 
 
 
 
Déambulation sur les pas de Rezvani
 

« Le monde conspire contre l’amour. »



La plupart d’entre nous connaissent au moins quelques airs composés par Serge Rezvani, de ceux que Jeanne Moreau ou Anna Karina chantaient chez Truffaut ou chez Godard. Peut-être sans savoir son nom ni son pseudonyme : Cyrus Bassiak. Soit son prénom initial et le mot russe pour dire « va-nu-pieds ».
Le propos est ici, à partir d’une approche biographique, faisant moins de cas de ses chansons ou de sa peinture (on ne peut tout aborder d’un coup !), d’explorer les livres, d’ouvrir des fenêtres sur certains d’entre eux, à travers des extraits où l’on découvrira un homme indépendant et sans retenue sur ses idées.

 
 
 
 
 
Le déni persistant du langage animal [1/6] : le syndrome Pépée
 

Les évadés de la planète des signes
Julian Aranguren



À travers une série de six articles portant sur des cas spécifiques et leurs développements, la question de la négation de toute possibilité d’utilisation de la langue par d’autres espèces, notamment d’espèces intelligentes dans le cadre d’une controverse plus grande sur leur captivité et leurs devenirs, sera abordée et analysée. Dans ce premier article, un paradoxe est exploré au niveau des “petits propriétaires” de corps non-humains. Pourquoi l’anarchiste Ferré n’a semble-t-il jamais appris à “son” singe, Pépée, un langage des signes pour exprimer ses désirs et émettre des demandes ? Cette curiosité nous permettra de pénétrer au sein d’un problème plus large dont les ramifications sont immenses et les conséquences encore très actuelles.

 
 
 
 
 
Une vie de fêlé de Jonathan Boismard
 

Heurs et malheurs d’un patient ordinaire
En librairie
[Éditions lundimatin]



En France, 20% de la population présentent un trouble psychique et plus de 8 millions de personnes sont prises en charge pour une maladie psychiatrique ou un traitement chronique par psychotropes. Notre effondrement intérieur est massif, documenté, administré mais toujours désemparé.
Jonathan Boismard, diagnostiqué bipolaire, nous plonge dans le quotidien léthargique et violent d’un patient ordinaire en désaffiliation psychique d’avec l’ordre des choses. Le récit explosif et éclaté d’une vie cernée par la psychiatrie, les molécules et les injonctions à être — à peu près — fonctionnel.

 
 
 
 
 
Taf, à la recherche du prolétariat perdu - Paul Martel
 

En librairie
[Vidéo de présentation]



Taf, à la recherche du prolétariat perduvient de paraître, le livre est désormais disponible dans toutes les bonnes librairies et directement sur https://lundi.am/livres. Imaginez L’établi de Linhart mélangé à l’humour caustique de Fabcaro, la littérature prolétarienne de Joseph Ponthus propulsée dans les backstage de défilés de mode absurdes autant que dans l’univers impitoyable des missions dans le BTP. Une enquête sociologique sur travail écrite comme un roman d’aventure, un pamphlet drôle et ludique pour survivre dans l’univers impitoyable des boulots de merde, un manifeste pour tous les ouvriers et taffeurs qui rêvent d’abolir le travail. Taf, c’est un peu tout cela à la fois.

 
 
 
 
 
Éditions lundimatin
 

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Comme de très nombreuses éditions indépendantes, lundimatin subit actuellement les conséquences de la faillite du distributeur Makassar. En attendant que nos livres soient transvasés vers un nouveau distributeur (Dod&cie), ils restent disponibles en ligne sur notre site. Ami.e.s libraires, nous assurons aussi comme nous pouvons les commandes en direct.

 
 
 
 
 
 
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