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#527 | 6 juillet
 
 
 
Lundimatin ruiné
 

(Maintenant, il faut nous aider !)



Chères lectrices, chers lecteurs,
Nous venons d’apprendre que lundimatin était ruiné, nous avons donc urgemment besoin de vous.

 
 
 
 
 
Passage au rythme estival...
 

Comme chaque été, nous passons au rythme estival. Des articles seront régulièrement publiés mais pas nécessairement le lundi. Une prochaine salve est d’ailleurs en préparation et sera en ligne d’ici deux ou trois jours. Bonne lecture, bon été et n’hésitez pas à vous restreindre d’une ou deux glaces pour nous soutenir.
lm



Comme chaque été, nous passons au rythme estival. Des articles seront régulièrement publiés mais pas nécessairement le lundi. Une prochaine salve est d’ailleurs en préparation et sera en ligne d’ici deux ou trois jours. Bonne lecture, bon été et n’hésitez pas à vous restreindre d’une ou deux glaces pour nous soutenir.
lm

 
 
 
 
 
Hamza, ennemi public numéro un : fragilité adulte et terreur aquatique
 

Sébastien Charbonnier



La couverture médiatique des farces aquatiques du jeune « Hamza la douane » sur le canal Saint-Martin a été beaucoup commentée, notamment son substrat raciste. Sébastien Charbonnier, philosophe de l’éducation et auteur de La Fabrique de l’enfance, anthropologie de la comédie adulte (éd. lundimatin) propose de passer cette bouffonnerie au tamis d’une analyse matérialiste de la domination adulte. On s’aperçoit alors que les rappels à l’autorité de droite sont solidaires des revendications d’une innocence supposée de gauche et partagent au fond la même terreur adulte de tout ce que l’enfance contient d’irréductible à l’ordre du monde.

 
 
 
 
 
Les extrêmes droites iranienne et française main dans la main
 

Somayeh Rostampour



À peines les bombardements états-uniens et israéliens sur l’Iran avaient-il commencé qu’apparaissait médiatiquement et politiquement la figure de Reza Pahlavi, fils du Shah et possible incarnation d’un retour à la monarchie en lieu et place d’une République islamique en passe d’être démantelée. Force est de constater que ce scénario n’a pas pris ou en tous cas pas fonctionné. La chercheuse Somayeh Rostampour analyse ici la manière dont le parti Pahlaviste s’est positionné vis-à-vis des régimes occidentaux jusqu’à se lier à son extrême droite y compris groupusculaire. En vis-à-vis, une partie de la gauche décoloniale et campiste juge utile de fricoter avec l’extrême droite antisémite et complotiste au nom d’un anti-impérialisme à la petite semaine. L’autrice propose à rebours de tenir une position émancipatrice à partir d’un triple refus : « refus de la République islamique et de ses crimes ; refus de la guerre impériale par les génocidaires présentée comme libération ; refus de l’alternative pahlaviste autoritaire, suprémaciste et fascisante. »

 
 
 
 
 
La mort n’existe pas
 

Entretien avec le réalisateur Félix Dufour-Laperrière
[Visionnage conseillé avant lecture]



Il reste des objets culturels si singuliers qu’on ne sait pas bien si l’on est en droit de les apprécier ou si, pétries de conceptions retardataires ou bornées, nous ne devrions pas nous résoudre à les évincer simplement. Il existe encore quelques œuvres de cette nature, qui nous rebutent et nous fascinent, nous attirent par leur beauté, nous intriguent puis nous lassent, nous promettent un spectacle qu’elles ne font que trahir. Trahir nos attentes, comme trahie par une camarade dans le feu d’une action. La figure du traître qu’on souhaiterait condamner, mais qui revient d’une scène hanter la conscience. Quelque chose de pénible, d’obsédant et d’unique, qui traverse la rétine pour gagner la mémoire.

 
 
 
 
 
Enquête sur la mort de Walter Benjamin
 

On peut donc en conclure, avec plus de certitude qu’avant, qu’il est mort ce jour-là et non le jour suivant.
Finn Iunker



Nous publions cette semaine une enquête absolument géniale - aussi maniaque que minutieuse - sur les dernières heures de Walter Benjamin. Nous savons qu’il est « mort à Port-bou (Espagne) en 1940 sur le chemin de la liberté » comme écrira, en guise d’épitaphe, son ami Gershom Scholem en exergue de son livre sur Les grands courants de la mystique juive [1] . Soufflé depuis des années par un désespoir aussi irrespirable que l’air de son temps, Benjamin ne survivra pas au Pacte germano-soviétique qui alignera Staline sur la politique hitlérienne et reléguera la possibilité du communisme à une pensée qui ne réémergera qu’à partir des années 1970 et deviendra la source des courants politiques les plus fins et les plus sérieux de notre temps. Il s’agit de la traduction d’un long texte de l’écrivain norvégien Finn Iunker.

 
 
 
 
 
L’enfant-canicule
 

Hamza la douane, le canal Saint-Martin et l’ordre racial de l’enfance
Sylvain George



Pendant quelques jours de canicule [2], les berges du canal Saint-Martin ont cessé de répondre tout à fait à leur ordre habituel, sans cesser pour autant d’être ce lieu immédiatement reconnaissable d’un Paris qui se gentrifie à marche forcée [3], avec ses célèbres passerelles, ses terrasses, ses restaurants, ses façades, ses riverains, ses promeneurs, ses usages réglés par la consommation, la résidence, le voisinage et cette discrétion des corps qui définit souvent, sous des apparences de civilité, la manière dont une ville devenue extrêmement chère décide qui peut y être visible ou non, quelles présences seraient légitimes ou non.

 
 
 
 
 
De vaisselle #1
 

Un podcast pour les tâches ménagères et penser l’état du monde



Ces dernières décennies, — disons depuis la fin des années 90, les premiers contre-sommets, la fin de la fin de l’histoire, —, une génération s’est rencontrée et a lutté. Des lieux, des rendez-vous, des coups d’éclats, de l’audace, des théories, des stratégies, des tentatives, des échecs, de l’amertume, de la joie, etc. Depuis cette expérience, à la fois éclatée et dispersée mais d’une rare densité, un ami a décidé de faire un podcast. Il ne s’agit pas de constituer une histoire officielle de l’autonomie des 25 ou 30 dernières années, personne ne s’y entendrait, mais d’explorer les idées, les représentations et les gestes qui en ont fait le substrat. Dans ce premier épisode, il est question d’une époque qui change et de tout ce que cela implique quant aux cadres stratégiques et théoriques développés dans la séquence précédente.

 
 
 
 
 
Caniculalypse
 

Emmanuel Thomazo



 
 
 
 
 
Obsession : quand la misogynie cartonne au cinéma
 

J’écris sur Obsession de Curry Barker, parce que je pense qu’il en va de la survie des femmes, des enfants et de toutes les personnes non-masculines dans un monde en guerre contre elles, de questionner les objets culturels qui perpétuent (intentionnellement ou non) un ordre meurtrier.
Attention, cet article parle en détails de violences sexistes et sexuelles, de féminicides, suicides, maltraitance animale, et de leur imagerie au cinéma.
J’inclus dans mon usage du mot femmes toutes les (…)



J’écris sur Obsession de Curry Barker, parce que je pense qu’il en va de la survie des femmes, des enfants et de toutes les personnes non-masculines dans un monde en guerre contre elles, de questionner les objets culturels qui perpétuent (intentionnellement ou non) un ordre meurtrier.

 
 
 
 
 
Contre la « souveraineté numérique »
 

Collectif STopMicro



Peut-on imaginer une IA locale, responsable, bio et sous-contrôle ? Le collectif STopMicro qui lutte contre l’extension d’usines de semi-conducteurs (et de tout le monde qui va avec), se penche ici sur la question de la « souveraineté numérique », soit de la capacité d’un État de contenir et réguler une technologie qui ne connaît par essence pas les frontières.

 
 
 
 
 
Années après années
 

« Ils les ont pris les ont cramés »
Nassera Tamer



Années après années
Dénis après dénis
Gouvernements après gouvernements
Législatures après législatures
Ils nous ont pris nos printemps
Nos étés
Ils les ont pris
Les ont cramés

 
 
 
 
 
Discours d’adieu à la violence inerte
 

« Le lieu privilégié de la violence inerte, c’est l’école. »



Après dix années à enseigner en Seine-Saint-Denis, dont six dans le même établissement, classe REP, monsieur Ubac quitte l’académie. Voici ce qu’il a tenu à dire à ses collègues, lors de son discours d’au revoir.

 
 
 
 
 
l’homme qui n’avait pas de nombril (hitchcock et ses doubles)
 

(mélanges 19)
Saad Chakali & Alexia Roux



l’homme qui n’avait pas de nombril (hitchcock et ses doubles)
des avant-dernières choses

 
 
 
 
 
Apocalypse bébé
 

Elliptik
[Chanson française]



Le tube de l’été chantera-t-il l’apocalypse ? C’est en tous cas la proposition caniculaire d’Elliptik.

 
 
 
 
 
QUI ?
 

D’un nouvel antisémitisme de Luc Ferry et de Guillaume Erner



On ne compte plus les travaux et recherches sur l’antisémitisme classique, sa genèse, ses structures, ses horreurs autant que sa bétise. Le texte qui suit propose d’en déceler la dernière mutation qui en serait aussi une nouvelle forme . À travers les déclarations polémiques de trois figures intellectuelles, Luc Ferry, Guillaume Erner et Jean-Claude Milner, l’auteur soutient que la réduction de tout débat politique à l’accusation ou au soupçon d’antisémitisme relève... d’un nouvel antisémitisme, qui n’annule pas les formes antérieures mais au contraire s’en nourrit.

 
 
 
 
 
Une vie de fêlé de Jonathan Boismard
 

Heurs et malheurs d’un patient ordinaire
En librairie
[Éditions lundimatin]



En France, 20% de la population présentent un trouble psychique et plus de 8 millions de personnes sont prises en charge pour une maladie psychiatrique ou un traitement chronique par psychotropes. Notre effondrement intérieur est massif, documenté, administré mais toujours désemparé.
Jonathan Boismard, diagnostiqué bipolaire, nous plonge dans le quotidien léthargique et violent d’un patient ordinaire en désaffiliation psychique d’avec l’ordre des choses. Le récit explosif et éclaté d’une vie cernée par la psychiatrie, les molécules et les injonctions à être — à peu près — fonctionnel.

 
 
 
 
 
Taf, à la recherche du prolétariat perdu - Paul Martel
 

En librairie
[Vidéo de présentation]



Taf, à la recherche du prolétariat perduvient de paraître, le livre est désormais disponible dans toutes les bonnes librairies et directement sur https://lundi.am/livres. Imaginez L’établi de Linhart mélangé à l’humour caustique de Fabcaro, la littérature prolétarienne de Joseph Ponthus propulsée dans les backstage de défilés de mode absurdes autant que dans l’univers impitoyable des missions dans le BTP. Une enquête sociologique sur travail écrite comme un roman d’aventure, un pamphlet drôle et ludique pour survivre dans l’univers impitoyable des boulots de merde, un manifeste pour tous les ouvriers et taffeurs qui rêvent d’abolir le travail. Taf, c’est un peu tout cela à la fois.

 
 
 
 
 
L’optatif du subjectile
 

(Pardon : le subjonctif optatif)
André Bernold



Tout justifierait que se produisît un soulèvement général de la population. Il serait regrettable qu’il n’eût pas lieu. Il serait à craindre que les sorts n’échussent de la sorte, n’eût été, ces jours-ci & à jamais, l’afflux constant de très mauvaises nouvelles ; suivies, peu après, d’effroyables catastrophes ; elles-mêmes relayées par des menaces d’anéantissement. Il serait donc également à redouter, et que ce fût, et que ce ne fût pas : tout contre tout. Comme dit Pascal : il nous faut parier, car nous sommes embarqués.

 
 
 
 
 
 
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