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(nouvelles de l’Italie – 2)
Serge Quadruppani
Au début du siècle, nous fûmes quelques-un.e.s, révolté.e.s par le cynique acquittement du meurtrier d’un jeune racisé abattu d’une balle dans le dos à un barrage policier, à fonder un « Réseau contre la fabrique de la haine », qui produisit un important petit livre et quelques interventions. L’initiative fut en peu d’années dissoute par les concurrences militantes et académiques, mais l’intitulé sous lequel elle se constitua paraît toujours une excellente trouvaille, bien à même de désigner une réalité d’aujourd’hui. Partout, du trumpisme au poutinisme, de l’Israël de Netanyahou à l’Angleterre de Reform UK et à la France des lois spéciales anti-immigrés, anti-pauvres et anti-musulmans, l’essor d’une extrême-droite mondiale (que les puristes, forts de leur savoir, tiennent absolument à ne pas appeler « fascisme ») prend appui sur une machinerie idéologique produisant de la haine. Depuis plus d’une décennie, en France la fabrique de la haine est activée pour prendre le pouvoir (Le Pen-Bardella et leurs clones républicains) ou le conserver en singeant les challengers (Hollande et ses lois spéciales ; Macron et sa loi antiséparatisme). L’Italie de Meloni n’échappe pas à la règle. Depuis bien avant elle, une cruauté revancharde et baveuse y détermine la conduite à l’égard des vaincus des révoltes des années 70.
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