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#509 | 16 février
 
 
 
Relever la (jeune) garde
 

« Tenir l’exigence historique de la lutte contre le fascisme »



Depuis la mort de Quentin Deranque à la suite d’un affrontement ayant opposé militants fascistes et antifascistes, une vague de récupération et d’instrumentalisation politicienne propage le plus grand degré de confusion. Un point semble néanmoins faire l’unanimité : condamner l’antifascisme de rue pour l’assimiler à son contraire, le fascisme. L’article qui suit propose de défaire cette opération et d’être aussi courageux dans la critique que dans le soutien que la situation appelle.

 
 
 
 
 
Pouvons-nous compter sur le quinze du coq ?
 

(Question de sport 6)
Fred Bozzi



Première du classement avec dix points, l’équipe de France de rugby a fait une entrée très prometteuse dans le tournoi des Six Nations. Certains espèrent même que la cruelle défaite de 2023, en quart de finale de la Coupe du monde, sera bientôt cicatrisée. D’autres, plus circonspects, effectuent des calculs de probabilité au sujet de la victoire finale, histoire de bien préparer leurs paris en ligne. Les derniers considèrent les joutes rugbystiques du moment comme une énième opération de divertissement, et qui fait oublier la réalité des guerres actuelles. Comme si Pascal le croyant, Pascal le mathématicien et Pascal le philosophe ne s’entendaient plus. Comme s’ils n’apercevaient pas qu’ils se posent tous les trois la même question : pouvons-nous compter sur le quinze du coq ?

 
 
 
 
 
Temps & radicalité de persistance
 

Ne sert à rien. N’est pas rien
(Pourquoi les écritures visibles sont-elles rarement radicales ?)



Pourquoi les écritures visibles sont-elles rarement radicales ? Pourquoi celles qui persistent sans garantie restent-elles illisibles ? Hypothèse : le temps n’est pas neutre. Sa distribution façonne qui écrit - et ce qui peut être pensé.

 
 
 
 
 
Siamo pas vraiment tutti antifascisti
 

(de l’hygiène minimale)



« Siamo tutti antifascisti  », le slogan résonne dans les cortèges de nombreuses villes européennes depuis des années. Au donner de la voix, il faudrait préférer donner du corps pour casser cette épiphanie politique assez partagée – même hégémonique et trans partisan – de l’acte de décès de l’antifascisme avec la fin de la seconde guerre mondiale.

 
 
 
 
 
Fast habitat et nomadisme enchanté
 

coliving, nouvelle frontière de la gentrification marseillaise



Discipline fascinante qui joue avec les nerfs de son public, la magie tourne parfois à la désillusion. À coups de procès contre quelques multipropriétaires Airbnb, on a bien failli faire avaler aux Marseillais la fin de la crise du logement. Mais elle ne disparaît pas : elle mute. Baux mobilité, reconversions de bureaux, colivings — les dispositifs se multiplient, sans débat à la hauteur des enjeux. Sous couvert d’innovation, une ville plus sélective se fabrique : rentable pour les nouveaux (par)venus, toujours plus difficile à habiter pour ses habitants permanents.

 
 
 
 
 
Travail du sexe, entre féminisme prohibitionniste et conservatisme sénile
 

À propos de deux projets de loi



Dans la continuité d’un premier article intitulé Travail du sexe, entre prohibition et féminisme libéral, des travailleuses du sexe nous ont transmis cette « suite » qui propose d’examiner la rhétorique et la logique à l’oeuvre dans deux projets de loi récemment présentée au Sénat par Marie Mercier (LR) et Laurence Rossignol (PS). Comme souvent lorsque des politiciens appréhendent le travail du sexe, la volonté de protéger voire de « sauver », dissimule mal les affects les plus conservateurs et la précarisation la plus violente.

 
 
 
 
 
Avis à notre camp : la mort n’éblouit pas les yeux des partisans
 

Suite à la mort de Quentin Deranque, il semble que tout le monde se rappelle soudainement l’existence de l’extrême gauche. Qu’il existe en France, et ailleurs, des personnes qui estiment que la politique ne doit pas se limiter à des logorrhées attentistes, mais qu’il est du devoir de chacun de lutter pour une société meilleure. C’est ce que font quotidiennement les militantes antifascistes. Alors que toute la gauche se met d’accord pour dire que le péril fasciste est imminent, voilà qu’elle (…)



Suite à la mort de Quentin Deranque, il semble que tout le monde se rappelle soudainement l’existence de l’extrême gauche. Qu’il existe en France, et ailleurs, des personnes qui estiment que la politique ne doit pas se limiter à des logorrhées attentistes, mais qu’il est du devoir de chacun de lutter pour une société meilleure. C’est ce que font quotidiennement les militantes antifascistes. Alors que toute la gauche se met d’accord pour dire que le péril fasciste est imminent, voilà qu’elle condamne sans hésitation les agissements de celles et ceux qui affrontent la peste brune sans relâche depuis ce que certains ont eu la naïveté d’appeler son extinction.

 
 
 
 
 
Agir l’intolérable
 

(Architecture du régime de l’intolérable
Hypothèses pour un cinéma au temps de l’intolérable)
Sylvain George



« Par la brèche, j’entre.
Par la faille, je me faufile.
Je suis le maître du Frêle. » [1]

Quelque chose, dans la texture des jours, se resserre, non sous la forme d’un choc unique et éclatant, mais comme une sorte de condensation lente qui alourdit l’air, épaissit les gestes et entame la parole. Il ne s’agit pas de l’effroi, cette pointe brève de sidération qui suspend l’esprit, mais d’une contrainte sourde et persistante qui organise peu à peu la fatigue, ronge la disponibilité, fabrique de l’impuissance, tout en attisant, en contrebas, des colères difficiles à formuler. La gorge se serre, les mains sont moites, le regard se perd, au loin des nuages, des éclairs, tandis que les rues chavirent, et que la tête cogne des pavés de fer, sans la moindre étincelle. Et pourtant, au cœur même de ce régime d’étouffement, subsistent des plages de joie, des attachements, des yeux qui se touchent, des élans, qui indiquent qu’autre chose demeure possible, ou, plus exactement, qu’autre chose demeure requis [2].

 
 
 
 
 
De la subjectivation fasciste
 

« Le fascisme est une manière de respirer le pouvoir »



S’intéresser au fascisme, c’est sentir une correspondance avec un passé dans l’imminence d’un futur menaçant. Ce passé n’est pas simplement un ancien présent : c’est un passé contemporain de notre présent, qui le nourrit activement. Ce n’est pas un passé qui détermine notre présent, qui en serait le prélude, ou qui serait la première occurrence d’une séquence d’événements voués à se répéter tels quels. C’est un ensemble de gestes, de matérialités, d’affects, d’idées, de subjectivités qui hante notre présent : la hantise est à la fois une présence qui s’impose et un signe qui nous attire, tout en demeurant étrange, différent, hétérogène.

 
 
 
 
 
Tempête Nils - Dernières recommandations
 

« Ne pas se fâcher pour rien »



J’ai atteint le Périgord malgré la tempête et ses inondations 

J’ai compris quelques trucs sur ma jeunesse

Quelques trucs sur la terre où j’ai grandi,

Où je suis née,

Entre la tempête Lothar et la tempête Martin

 
 
 
 
 
 
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