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Une lettre de Cesare Battisti
L’Italie comme laboratoire de l’Occident, c’est une banalité de base qui se vérifie encore et toujours. On l’a constaté autrefois, de l’invention du fascisme historique au début du XXe siècle, à la décennie de la Horde d’or du long 68, immédiatement suivie de la « guerre au terrorisme » comme justification de toutes les lois liberticides, et de la reconversion enthousiaste de la gauche institutionnelle à l’ultra-libéralisme. On a vu encore le laboratoire fonctionner quand cette post-gauche prétendait avoir la peau, par les voies judiciaires, d’un Berlusconi, qui n’était après tout que l’extrémisation de ce qu’elle était : erreur fatale qu’auraient dû méditer les démocrates étatsuniens s’essayant à barrer la route à un retour de Trump par la même méthode, alors qu’aussi bien Berlusconi que Trump étaient aimés de leur base non pas malgré leurs turpitudes mais, entre autres, grâce à elles. Après plus de quatre années de gouvernement melonien, on peut commencer à dresser les contours d’un avenir qui pourrait être aussi bientôt celui du canton français. Dans cet esprit, on publiera ici, en plusieurs livraisons, des documents susceptibles d’éclairer la question. Pour commencer, il me semblait s’imposer de prendre des nouvelles d’un représentant d’une génération qui a voulu renverser la table du festin capitaliste voilà plus d’un demi-siècle.
S.Q.
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