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#497 | 17 novembre
 

Très grosse édition à venir cette semaine donc un peu de retard. Tout devrait être en ligne dans le journée. Bonne lecture et bonne semaine. lm

 
 
Vivre sans police
 

Du long été au crépuscule d’Exarchia : un lundisoir avec Victor Collet



A partir de 2008 le quartier athénien d’Exarchia, à dix minutes à pied du Parlement grec, a été le territoire d’une expérimentation sociale sans équivalent dans notre époque. Délivré de la présence policière suite aux émeutes consécutives à l’assassinat du jeune Alexandros Grigoropoulos par la police, il l’est resté pendant près de douze ans. Cette situation de territoire sans police, base arrière d’innombrables manifs et émeutes contre les politiques d’austérité imposées par l’ultralibéralisme de l’Union Européenne, lieu de vie collective à travers de très nombreux squats et lieux d’accueil de migrants, a aimanté toute une population de jeunes et moins jeunes d’Europe et d’ailleurs en quête d’une vie hors du modèle dominant.

 
 
 
 
 
Les États-Unis et le « capitalisme fasciste »
 

Maurizio Lazzarato



Poursuivant les réflexions entamées dans Pourquoi la guerre ?, Les conditions politique d’un nouvel ordre mondial et Les impasses de la pensée critique occidentales, le philosophe Maurizio Lazzarato soutient que la phase historique qui s’ouvre ne sera pas déterminée par l’ordre économique et ses échanges contractuels mais par les forces politiques qui seront à même d’assumer le plan stratégique ami/ennemi. Pour clarifier les enjeux d’une telle décision, Lazzarato revient sur le processus sanglant qui a mené à l’imposition du néo-libéralisme à l’échelle globale et plus spécifiquement en Amérique latine. De là, s’estompe l’opposition superficielle entre démocratie et fascisme.

 
 
 
 
 
À qui profite le BBL ?
 

Théodora : traîtresse pop au service du capital ou nouvelle icône révolutionnaire afro-queer



Si vous n’avez jamais entendu parler de Théodora, l’icône des jeunes d’aujourd’hui ou que vous n’avez pas la moindre idée de ce que signifie BBL [1], cet article est pour vous (mais vous donnera un coup de vieux). Si au contraire, vous dansez sur son Bouyon tout en vous interrogeant sur la charge subversive de l’image qu’elle incarne, cet article est aussi pour vous.

 
 
 
 
 
Le corps sensible, terrain de résistance
 

Dojos autogérés, génération écoféministe et Aïkido



Il est entendu que la séparation nature/culture qui fonde l’occident autorise le ravage d’à peu près tout, renfrogne l’expérience et lamine les intériorités. Mais qu’est-ce que cela pourrait bien vouloir dire que de s’extraire de ses représentations et de son emprise ? Il existe évidemment tout un marché des breloques New Age qui se réchauffent au micro-onde mais la parodie ne fait jamais que reconduire l’artificialité. Manon Soavi enseigne les arts martiaux, elle est l’autrice de Le maître anarchiste Itsuo Tsuda. Depuis sa pratique et sa fréquentation de dojos autogérés qu’elle assimile davantage à des ZAD urbaines qu’à des centre de bien-être, elle propose de renouer avec le sensible et les forces vitales, soit ce qui est écrasé par le capitalisme mais qui peut justement permettre d’y résister.

 
 
 
 
 
Migrer pour vivre, pas pour mourir
 

Les oubliés de la migration : une caravane à travers le Sénégal à la rencontre des familles de disparus



En 2024, 43000 personnes sont arrivées aux îles Canaries par la voie maritime. Mais l’ONG Caminado fronteras estime à plus de 10000 les personnes disparues lors des traversées. Voilà maintenant des années que l’on entend ces chiffres terrifiants, qui ne viennent que s’ajouter à des statistiques impuissantes. On se demande à quoi ils servent s’ils ne permettent pas que la situation change et que les naufrages cessent ? L’association Boza Fii au Sénégal lutte pour la liberté de circulation, et pour la dignité des personnes disparues. Chaque année elle organise une caravane à travers le pays pour rencontrer les familles de migrant.es décédé.es ou disparu.es sur la route de l’Europe.

 
 
 
 
 
À nu
 

« Le chemin se sépare, il faut choisir »
Natanaële Chatelain



Le temps crevé pèse à nos épaules.
Dans nos veines, nos cheveux, nos cellules,
la marchandise et ses déchets s’accumulent –
poussière à l’encolure. Chaque figurant
prend place sur la ligne de départ du rêve organisé ;
les visages sont devenus standards.

 
 
 
 
 
Quatre nouveaux livres aux éditions lundimatin
 

Loading rooms - Justine Lextrait
La fabrique de l’enfance - Sébastien Charbonnier
La Société réticulaire - Ian Alan Paul
Dix sports pour trouver l’ouverture - Fred Bozzi



En plus de nos éditions en ligne hebdomadaires et de la revue papier, lundimatin publie désormais des livres disponibles dans toutes les bonnes librairies et en ligne sur cette page.

 
 
 
 
 
Il y a 42 ans, naissait l’Armée zapatiste de libération nationale »
 

« ¡Viva EZLN ! »



Le 17 novembre 1983, un petit groupe de gueriller@s issues des Forces de Libération Nationale (FLN) se retrouve dans les montagnes du Sud-est mexicain, dans l’État du Chiapas, pour former l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN). Au contact des communautés mayas qui résistent depuis plus de 500 ans, l’EZLN se transforme peu à peu. D’un groupe d’avant-garde, de type guévariste, elle devient, en quelques années et en toute clandestinité, une vaste armée essentiellement indigène, mêlant les traditions de lutte et d’organisation des peuples du Chiapas à l’héritage des luttes politiques et armées du XXe siècle. Dès 1993, l’EZLN promulgue ses premières déclarations, dont la Loi Révolutionnaire des Femmes qui permet la pleine et entière participation de celles-ci à la lutte zapatiste.

 
 
 
 
 
« À propos de semis et de récoltes »
 

Du Chiapas à la Palestine



À l’occasion de l’anniversaire de la formation politico-militaire de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) ce 17 novembre 2025, et en complément de l’article « À 42 ans de se formation : ¡Viva EZLN ! », nous proposons quelques considérations croisées depuis la situation passée et présente de la Palestine et du mouvement zapatiste au Chiapas, relatives à la « question du génocide ».

 
 
 
 
 
Make American Eugenics Great Again
 

Brèves remarques sur la race et l’eugénisme dans le mouvement MAGA



Si de ce côté de l’atlantique tout le monde connait le mouvement MAGA de Trump (Make America Great Again), certaines de ses branches ou de ses divisions nous sont beaucoup moins familières. C’est notamment le cas de la tendance MAHA, pour Make America Hot Again qui souhaite d’abord s’adresser aux femmes conservatrices. Ce que cet article révèle, c’est que malgré « les lignes de fractures qui traversent la coalition hétéroclite, l’attelage baroque, qui entoure le président Trump », ce qui tient ce mouvement MAGA c’est une pratique de la race, des références explicites à l’hérédité et une hiérarchisation des corps.

 
 
 
 
 
La philosophie sur un bateau
 

« L’histoire de la philosophie est enterrée à Gaza mais la philosophie vit dans le geste de la Global Sumud Flottilla. »
Luca Salza



Dans cet article, l’historien et philosophe Luca Salza [2] revient sur l’évènement politique, philosophique et stratégique que représente selon lui la flottille pour Gaza : « Qu’ont-ils trahi ? Ils ont trahi la réalité imposée par le pouvoir : l’économie avant tout, même au détriment du génocide (...), la démocratie comme forme de gouvernement insurpassable, le racisme endémique en Occident, la beauté et la justesse de la guerre pour la domination, et tous les autres simulacres sur lesquels reposent la politique et le mode de vie dans le Nord du monde ».

 
 
 
 
 
« Je pue la pisse »
 

Sainte-Soline : Flashback et contre-champs 2



J’avais l’idée que les bassines étaient un moyen de voler l’eau. Elles auraient aussi permis à une mauvaise agriculture de pousser encore, une habitation agressive de la terre se serait accrue. Je suis donc allé à Sainte Soline avec l’idée qu’il fallait manifester contre cette pente écocidaire. Je n’en avais pas envie, mais j’y suis allé par devoir. La peur au ventre, comme toujours.

J’ai fréquenté les marges de notre société de confort et de croissance. Il y avait la pluie, le froid, le bruit, la boue. Et puis un parfum d’ailleurs. C’est là où les Puissants tracent les limites du territoire citoyen. Là où ils ordonnent aux Forces de défendre leurs intérêts propres. En l’occurrence elles devaient défendre un trou.

 
 
 
 
 
« Souveraineté de la grève », Jean Baudrillard et le mouvement social de 1995
 

Pierre-Ulysse Barranque



Dans cet article, l’auteur déterre une vieille chronique de Jean Baudrillard rédigée pendant le grand mouvement de grève qui avait bloqué la France pendant six semaines en 1995. La thèse défendue ici, c’est que le philosophe décelait déjà à l’époque les nouvelles formes qu’allait prendre la politique autonome lorsqu’elle surgit publiquement à l’occasion du mouvement contre la loi travail : face à un pouvoir devenu vide, s’effacer sous des cagoules et des K-way.

 
 
 
 
 
 
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