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#496 | 10 novembre
 
 
 
La fabrique de l’enfance
 

(Anthropologie de la comédie adulte)
Un lundisoir avec Sébastien Charbonnier



Partons d’un postulat simple : l’âge est le rapport de pouvoir à la fois le plus commun et le plus tu. Or nous sommes tous des enfants en passe de devenir adultes, des adultes anciennement enfant, voire des parents en charge d’enfants ; quelle que soit notre place dans la hiérarchie des âges, nous croyons à l’innocence et à l’incomplétude de l’enfance autant qu’à la nécessité inéluctable de devenir adulte. Avec La fabrique de l’enfance, anthropologie de la comédie adulte, Sébastien Charbonnier vient dynamiter nos catégories et nos certitudes. En décortiquant les dispositifs et représentations qui produisent l’enfant autant que l’adulte, le philosophe met à nu l’un des mécanismes essentiel à notre conformation au capitalisme : il faut fabriquer de l’enfant pour perpétuer la comédie adulte.

 
 
 
 
 
Loading rooms de Justine Lextrait
 

« Nous sommes x dans ma chambre. »
En librairie à partir du 14 novembre



Et voici le 4e livre que nous publions en cette rentrée avec les éditions lundimatin. Si vous habitez Paris, une lecture chorale aura lieu samedi 15 à partir de 18h à la librairie Centrale (161 rue Saint-Martin). Dans toutes les bonnes librairies à partir du 14 novembre, vous pouvez aussi le commander directement auprès de lundimatin sur notre page livres.

« Nous sommes x dans ma chambre. » C’est ainsi que Justine Lextrait nous introduit dans chacun des 200 fragments qui composent Loading rooms. Alors que les images pornographiques saturent nos imaginaires autant que la bande passante mondiale, c’est à partir d’une expérimentation littéraire du camsex que l’autrice nous entraîne dans l’envers du décor — de l’autre côté de l’écran, donc, mais aussi hors de la sexualité standardisée, à travers le bricolage foutraque et désordonné d’autres formes de sensualité.

 
 
 
 
 
La Révolution est un processus, le mouvement des Gilets jaunes en fut une glorieuse étape
 

Ritchy Thibault



Il y a sept ans, le mouvement des Gilets jaunes faisait irruption sur les ronds-points pulvérisant simultanément l’image d’un macronisme triomphant et les certitudes surannées d’une gauche impuissante. Pour cet anniversaire, Ritchy Thibault revient sur son expérience des ronds-points et des manifestations qu’il a rejoins à 14 ans. Il ne s’agit pas de commémorer l’évènement avec triomphalisme, défaitisme ou nostalgie mais de récapituler pour mieux le restaurer, ce qu’il a contenu de vérité et d’expériences pour des centaines de milliers de personnes qui se pensaient avant lui assignés à l’apolitisme.

 
 
 
 
 
À propos de Sainte-Soline et des images révélées par Mediapart
 

« Pourquoi les gendarmes sont-ils tous des bâtards ? »



La semaine dernière, nos confrères de Mediapart et Libération publiaient les enregistrements des caméras-piétons portées par les gendarmes lors de la « bataille de Sainte-Soline ». Depuis, le scandale ne cesse d’enfler, comment est-il possible que les forces de l’ordre républicain puissent s’affranchir en masse de toute déontologie ? Peut-on raisonnablement déléguer le monopole de la violence à des gens qui semblent si ostensiblement jouir de son exercice ? Est-il nécessaire d’être à ce point bête et méchant pour exercer le métier de gendarme ?
Une question tout aussi légitime reste néanmoins absente du débat public : pourrait-il en être autrement ? Pour ouvrir le débat, nous avons décidé de republier cet excellent article de Serge Quadruppani et Jérôme Floch paru en 2023 [1]. Nous avons cependant tenu à l’actualiser en remplaçant dans le titre le mot « policier » par « gendarme ». Vice éditorial, les plus fins connaisseurs objecteront de différences éthiques considérables entre les deux métiers. Voir aussi dans l’édition de cette semaine ce second contre-champs à ces révélations vidéos.

 
 
 
 
 
Les impasses de la pensée critique occidentale
 

Maurizio Lazzarato



Prenant la suite de Pourquoi la guerre ? et Les conditions politiques d’un nouvel ordre mondial, ce troisième texte d’une série de quatre, a été écrit après la publication de trois livres sur la guerre (« Guerre ou révolution » - 2023, « Guerre et monnaie » - 2023 et « Guerre civile mondiale ? » -2024). Il s’agit ici de clarifier un certain nombre de concepts, notamment ceux d’impérialisme, de monopole et de guerre, traités rapidement dans ces trois volumes sous la pression de l’actualité.

 
 
 
 
 
Le spectre d’Oussama ben Laden et le pouvoir destituant
 

Entretien posthume avec Paolo Virno



Participant actif à l’autonomie italienne, notamment au sein de Potere Operaio (ce qui lui valu de passer trois ans derrière les barreaux de 1979 à 1982), philosophe et communiste, Paolo Virno est décédé ce 7 novembre 2025 En France, il est généralement connu pour sa Grammaire de la multitude parue aux éditions de L’éclat. À la veille des mobilisations du 10 septembre, nous avions jugé très utile de publier un très beau chapitre de Miracle, virtuosité et « déjà vu ». Trois essais sur l’idée de « monde » intitulé Virtuosité et Révolution. En guise d’hommage posthume nous publions ce passionnant entretien paru dans le volume Pouvoir destituant. Thèmes, Figures, Généalogies, sous la direction de Pierandrea Amato, Melinda Palombi, Luca Salza [2].

 
 
 
 
 
La faille commune aux images qui restent
 

(Jean-Luc et Gilles, Ici et ailleurs, la femme oubliée et l’infâme dialectique)



« Godard n’est pas dialecticien », c’est Gilles Deleuze qui le dit à l’époque de Six fois deux en 1976. Plus généralement, la dialectique, en lecteur intense et fidèle de Spinoza et Nietzsche qu’il était, il ne l’aimait pas, allant même jusqu’à la qualifier d’infâme. L’infamie n’est pas loin, cependant, de s’apparenter au ressentiment nourri contre la dialectique par le philosophe de la vie. Surtout, c’est rater la singularité de l’art de Jean-Luc Godard que d’en mutiler les puissances dont ses montages dialectiques sont l’exercitation interminable. En revoyant Ici et ailleurs (1976) coréalisé avec Anne-Marie Miéville, on ne comprendra rien à sa fameuse séquence polémique si ne s’y instruit pas ce qui divise les images, qu’il faut démonter pour les remonter comme le montage élève les images qu’il émancipe de leurs chaînes pour les relever et révéler ce qui en elles aura été capturé et réprimé, tu et oublié. Alors que l’indiscernable règne aujourd’hui, on a grand désir d’être remonté-e-s contre des temps démontés pour nous y orienter dans l’éclat des constellations et des courts-circuits dialectiques. Jean-Luc et Anne-Marie y aident depuis la faillite historique du cinéma et la faille commune aux images qui restent. Et tant pis si Gilles a manqué d’amitié pour le dialecticien qu’il a été avec elle.

 
 
 
 
 
« Lui, si je le chope, je le tue »
 

Sainte-Soline : Flashback et contre-champs



Le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, l’État a démontré tout ce dont il est capable pour défendre un trou. 1500 gendarmes, plus de 5000 grenades en tous genres, des centaines de blessés et un ministre de l’Intérieur qui annonce la veille que les images de violences vont être terribles. Nous pensions avoir tout lu, tout vu et tout dit sur l’évènement jusqu’à ce que Mediapart et Libération rendent publics cette semaine les enregistrements des caméras embarquées sur les forces de l’ordre. Force est de constater que ce contre-camps manquait pour comprendre ce qui s’est passé ce jour-là. On entend souvent à gauche la compassion des bonnes âmes qui imaginent des forces de l’ordre épuisées qui obéissent aux ordres malgré elles, parfois dérapent mais dans le fond servent la République et le peuple [3]. Ils en sont pour leurs frais. Dans cet article, Meadows reprend ses souvenirs de cette journée en les éclairants des éructations enthousiastes et joyeuses de ceux qui ont mutilés pour préserver l’ordre et le trou.

 
 
 
 
 
Massacre à Rio de Janeiro
 

De Jacarezinhio à Penha : le narco-gouvernement à son apogée



Ce texte a été écrit le 30 octobre [4], deux jours après l’opération policière la plus vaste et la plus meurtrière de toute l’histoire de Rio de Janeiro, à laquelle ont participé 2500 policiers, contre le Comando Vermelho, qui contrôle diverses favelas de la "cité merveilleuse". Cette “Operación Contención” qui s’est déployée sur les favelas de Penha y Alemão, a causé la mort d’au moins 121 personnes, ce qui en fait le massacre d’État le plus sanglant qui ait jamais eu lieu dans les périphéries du Brésil. Traduit par Alèssi Dell’Umbria à partir de la version castillane publiée par les camarades chiliens de Pensamiento & Batalla.

 
 
 
 
 
La Volante Rossa : de la réalité au mythe
 

Sur La Volante Rossa. Histoire et mythe « d’un groupe de braves garçons », de Cesare Bermani



Entre 1945 et 1949 opéra, aux marges du parti communiste italien, un groupe semi-clandestin, adepte de l’action directe, la Volante Rossa, qui constitua un mythe, influençant les groupes de lutte armée en Italie dans les années 1970.

 
 
 
 
 
Logiciel libre et économie de l’ubique
 

Ubique, une enquête [5/5]



On appellera « ubique » tout ce que l’on désigne tantôt par le signifiant « informatique », tantôt – et de plus en plus – par celui de « numérique ».

L’ubique est le nom et l’objet d’une enquête. Celle-ci a pour objectif de déterminer le caractère révolutionnaire ou contre-révolutionnaire de l’ubique. Peut-on se fier et prendre appui sur l’ubique dans une visée émancipatrice ? Ou, au contraire, l’ubique doit-elle être combattue en raison des incomparables moyens de contrôle et de domination qu’elle fournit ?

 
 
 
 
 
 
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