|
Quand les sciences sociales font le service marketing de l’IA
Nicolas Bonanni
Cher Franck Cochoy, bonjour.
La revue en ligne AOC a publié en juin 2025 votre tribune intitulée « Pour l’antiluddisme. Du bon accueil de l’IA parmi les humains » [1]. Dans celle-ci, vous défendez l’idée selon laquelle le refus d’attribuer aux IA une intelligence de même nature que celle des êtres humains relèverait d’une forme d’anthropocentrisme. Vous en déduisez que le rejet des IA, le « luddisme », serait à mettre sur le même plan que d’autres discriminations, comme le racisme, le sexisme ou le spécisme. Les luddites, ceux qui critiquent l’IA, seraient comparables à ceux qui professent des idées racistes, sexistes ou hostiles à la notion d’intelligence animale. Au nom de l’émancipation, il faudrait donc rejeter radicalement le luddisme et accueillir les IA « parmi les humains » — il ne reste plus qu’à définir les termes et les modalités de cet accueil. Voilà ce que vous racontez.
|