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#487 | 8 septembre
 
 
 
Deux plaintes en diffamation contre lundimatin
 

Et pourquoi on compte sur vous pour nous soutenir et gagner



Et ce qui devait arriver... arriva. La police, les juges, le tribunal et tout le tralala. On va pas vous mentir, si nous avons toujours anticipé quelques éventuelles difficultés avec la justice, nous n’avions pas imaginé que ce serait à cause d’un article sur l’architecture et le greenwashing ou pour avoir publié le droit de réponse d’un collectif féministe. On en est pourtant là, on vous explique tout cela !

 
 
 
 
 
Quelque chose de différent
 

Une vidéo qui dépote et trois conseils sur le dix septembre



La spontanéité d’un mouvement ne signifie pas que ce mouvement agit spontanément. Chacun sait qu’un mouvement spontané est tout aussi préparé qu’un mouvement médiatisé. Spontané ne signifie qu’une chose : le mouvement n’est pas organisé par en haut. Il est bottom-up. Il se forme d’en bas pour remonter vers la lumière. Autrement dit : plus les participants au mouvement ont une conscience claire de leurs rapports aux autres participants, de ce sur quoi ils peuvent compter, de là où ils peuvent se retrouver et de ce qui a été envisagé ensemble, plus les participants ont de chance de construire un mouvement solide. Cela n’est pas en contradiction avec les surprises, les improvisations, les découvertes ou l’inattendu : tout au contraire, pouvoir être surpris implique d’avoir anticipé et prévu quelque chose. Il faut donc anticiper à fond et accepter de se laisser surprendre ou déborder, voilà le minimum.

 
 
 
 
 
Créer l’évènement
 

Réflexions critiques sur le mouvement qui vient



Les commentateurs de tous bords ont déjà beaucoup glosé sur ce qu’était le mouvement du 10 septembre dont personne ne sait pourtant encore, s’il existe déjà. Il a été dit et écrit, qu’il était au départ confus et souverainiste, puis qu’il s’avérait finalement de gauche voire d’extrême gauche. Chacun voit midi à 14h, il n’en est pas moins que tout à sa virtualité, ce mouvement est dans ses formes même d’organisation, anarchiste ; soit horizontal, acéphale et enclin à l’action directe. Qu’en pensent celles et ceux qui en-deça ou par-delà cette réalité se disent anarchistes. C’est le propos et la signature de cet article que nous avons reçu.

 
 
 
 
 
10 septembre : la veille de la terreur
 

À nos amis fossoyeurs de possible...



Ces dernières semaines et encore davantage ces derniers jours, lundimatin a reçu un très grands nombre d’appels et ou d’analyses autour de la date du 10 septembre. Certains débordent d’enthousiasme, d’autres rivalisent de prudence. Pour notre part, nous nous garderons bien de faire des pronostics (ou en tous cas de les transformer en mots d’ordre), quoi que donne cette bulle spéculative, elle servira pour la suite de boussole. La seconde partie du texte qui suit nous est apparue intéressante, en tant qu’elle essaie de circonscrire tout ce qui, en nous et autour de nous, est déjà en place pour retenir l’évènement.

 
 
 
 
 
Appels des sans-roi
 

Alea jacta est



Lundimatin n’a pas vocation à bégayer. Notre but général : accroître l’intelligence collective par l’amplification de l’imagination collective. À l’analyse prophétique, défaitiste ou exaltée, formulée dans le style de Nostradamus, nous préférons l’élargissement de la fantaisie tactique. Alors nous organisons un grand jeu : envoyez-nous, avant le 9 au soir, vos plus subtiles hypothèses sur l’événement du 10. Le but n’est pas d’éteindre le mouvement dans son anticipation parfaite mais de construire, par contraste, la surprise la plus surprenante. On verra, le 10, qui aura été le ou la plus malin•e, le ou la plus précis•e, le ou la plus fin•e. Les devenirs révolutionnaires exigent encore un peu de science-fiction stratégique. En guise d’exemple, un appel bien réel et serein à encercler la capitale

 
 
 
 
 
Alexandre Georges : du nom propre à l’œil blessé
 

Anatomie de la monocularité d’État
(Souveraineté visuelle • Chronopolitique de la plainte • Économie des preuves)



Nahel et aly, deux noms contre l’effacement. Cet article est à lire en tant que post-scriptum à celui paru dans notre dernière édition : Après Nahel Merzouk : du nom propre au coup de feu - anatomie d’une impunité et Aly : du nom propre à la relégation silencieuse - anatomie d’un effacement, l’écrivain et réalisateur Sylvain George clôt ce triptyque en revenant sur l’éborgnement d’Alexandre Georges, militant LGBTQIA+, à Marseille.
Il s’agit de montrer comment l’État impose un point de vue unique, une « monocularité du visible », qui décide de ce qui peut être vu et cru.

 
 
 
 
 
Le désordre était tel
 

Daniel Pozner



Je n’ai pas fait de détour le lendemain matin
Mots empilés contradictoires simultanés
Le désordre était tel

 
 
 
 
 
Era(t)diquez
 

« Boum ! Boum ! Boum ! Ouf, on va pouvoir respirer »



« Il faut un détournement de la parole. Créer a toujours été autre chose que communiquer. »

En guerre. Nous sommes en guerre, en guerre, en guerre. Ça résonne partout, ça se répercute contre tout, les murs, ça enfle dans les tunnels, en guerre, ça se déploie au creux du ciel, ça déborde le contour des nuages. Nous sommes en guerre, vous et moi, mes frères et moi. En guerre. Et dans les guerres, il y a des morts, des morts partout, des morts par milliers. Vous êtes en guerre. Contre tout. Contre tous. Contre nous, évidemment, mais contre vous-même.

 
 
 
 
 
Garance et Chido, états de calamité coloniale
 

Depuis Lafroséanie, comment les crises écologiques renforcent le pouvoir impérial



Cet article rédigé depuis La Réunion analyse le traitement colonial des cyclones Chido à Maoré et Garance à La Réunion, à travers les discours médiatiques, les décisions politiques et les réponses institutionnelles qui en ont découlé.

Plus spécifiquement, il met en lumière les mécanismes du pouvoir colonial à l’œuvre dans la première vague d’expropriations suivant le passage des cyclones. Ces mesures interviennent alors que la médiatisation nationale, et donc l’attention de la métropole, s’est déjà estompée. L’étude du cas de la Colline révèle comment, à la faveur de chaque crise cyclonique, le colonialisme parvient à se réaffirmer, se présentant à la fois comme nécessaire et sauveur, tout en renforçant son emprise. Les désastres climatiques deviennent ainsi des opportunités pour une politique coloniale toujours avide de terres.

 
 
 
 
 
Pouvoir et puissance
 

Refuser de parvenir : une joie pure
Sébastien Charbonnier



Le philosophe Sébastien Charbonnier vient de publier cet épatant Pouvoir et puissance (Vrin), il y ouvre et déplie une question absolument cruciale et décisive : comment réfuter le pouvoir et les dominations tout en déployant notre puissance d’agir ? Nous en discuterons avec lui dans le prochain lundisoir, en attendant et comme avant-goût, quelques bonnes feuilles.

 
 
 
 
 
Les Cathares, ennemis de l’intérieur d’Arnaud Fossier
 

Cathares, vous avez dit cathares ? comme c’est étrange…



Curieux titre que celui-là. Il nous fait immanquablement penser à d’autres, par exemple L’Ennemi intérieur de Mathieu Rigouste [1]. « Dans ce livre, écrivait celui-ci, nous tentons […] d’analyser à la fois la construction imaginaire de la menace dans l’institution militaire, la production de doctrines de surveillance et de répression et l’évolution des institutions chargées du contrôle intérieur depuis la fin de l’Empire français [2]. » Il étudiait « l’évolution des figures de “l’ennemi intérieur” », depuis celle de l’indigène insurgé des guerres coloniales jusqu’à celles de l’immigré postcolonial puis du musulman (forcément islamiste donc terroriste) des années 2000. Les cathares et le catharisme auraient-ils été des « constructions imaginaires », inquiétantes « figures de l’ennemi » prétextes à la répression féroce de toute déviance par rapport au dogme catholique et à l’Église romaine ?

 
 
 
 
 
La poésie ouvrière face au culte du travail
 

Relire Le journal d’un manœuvre de Thierry Metz



Travailler plus, supprimer des jours fériés, traquer les fainéants : voilà l’horizon indépassable de François Bayrou. Refrain d’un ordre à bout de souffle, et contre lequel on a forcément hâte de crier “Bloquons tout !”. Alors, en attendant la chute du gouvernement et le 10 septembre, peut-être faut-il relire Thierry Metz, poète ouvrier, comme le prélude d’un manifeste à l’émancipation.

 
 
 
 
 
Focus Blocus 1 - Gaza
 

Arthémis Johnson



Ce matin, j’ai essayé d’envoyer 500 balles à Gaza. Je suis passée par Western Union basé à Abu Dhabi pour que l’argent transite sur le compte de quelqu’un qui a un « double compte ». Un « double compte », je ne sais pas si ça s’appelle comme ça, mais nous, on appelle « double compte », des gens qui ont un compte dehors et un compte dedans. Un compte dedans Gaza et un compte dehors Gaza.

 
 
 
 
 
Mes voisins
 

Frédéric Bisson



Mes voisins ne m’aiment pas.
Malgré tous mes efforts pour me fondre dans le quartier depuis déjà plusieurs années, ils semblent devoir indéfiniment persister à me percevoir comme une sorte d’anomalie parmi eux.

 
 
 
 
 
Jérôme Cler, entre musique et poésie sur les plateaux d’Anatolie
 

À propos de : Ritournelles de l’arrière-pays, musique et ethnographie en Turquie rurale



« Nous étions ensemble, plusieurs, mais en même temps ‘‘eux’’ et ‘‘moi’’. Eux, les auteurs, moi la plume ?
Tel était mon vœu le plus cher, quand je transcrivais leur musique ou tentais de décrire
comme elle était fabriquée, à travers nos dialogues. } »  [3]

Toute personne qui a étudié ou visité la Turquie a compris quel carrefour constituait ce territoire où l’Afrique avait déjà croisé l’Asie quand l’Ouest y mettait tout juste son nez. Entre Anatolie et Caucase, Georges Dumézil vécut dans cette mosaïque de langues et de traditions, assez pour en extraire la matière de ses riches études, nombreux essais. Et c’est tout récemment que le chercheur Jérôme Cler a étudié la musique issue de là-bas, où il est allé investiguer, étudier, recueillir, apprendre, dans une région du monde fort peu documentée  [4], la Turquie rurale.

 
 
 
 
 
 
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