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#473 | 28 avril
 
 
 
Perspectives terrestres
 

Scénario pour une émancipation écologiste
Un lundisoir avec Alessandro Pignocchi



Si vous ne savez pas que les mésanges conspirent secrètement pour abolir le capitalisme et qu’il est possible d’entrer dans la tête de Bruno Retailleau grâce à un rituel animiste douloureux, c’est que vous n’avez jamais lu les excellentes et hilarantes bandes-dessinées d’Alessandro Pignocchi. Après La recomposition des mondes et Ethnographies des mondes à venir avec Philippe Descola [1], l’ancien chercheur en sciences cognitives revient avec un projet peut-être encore plus ambitieux. Avec Perspectives terrestres, Scénario pour une émancipation écologiste, Alessandro Pignocchi propose une hypothèse politique hybride qui ne se satisfait ni d’une pureté révolutionnaire dépendante du « grand soir », ni des illusions réformistes auxquelles plus personne ne croit de toute façon. Il s’agirait de renouer avec les milieux de vie, de territorialiser les forces politiques et de nouer les alliances qui permettent à la fois prendre au sérieux la question de la subsistance et celle du démantèlement de ce qui détruit la vie, la planète et tout le reste. Il s’agirait en somme d’accueillir le devenir émeutier de Marine Tondelier et d’accepter que Jean-Luc Mélenchon puisse au moins diriger un potager. Programme vaste et audacieux qui vient nourrir les questionnements politico-stratégiques.

 
 
 
 
 
La fosse
 

Frédéric Bisson



Nous sommes maintenant si bien entrelacés et serrés les uns aux autres dans notre fosse que le mouvement nous est presque devenu impossible.
De la fosse on devrait entendre sortir un son constant de râle et de plainte, composé des milliers de râles et de plaintes solitaires qui émanent des corps enchevêtrés les uns dans les autres. Mais l’air y est si rare que le son, aussitôt émis, se trouve étouffé par la fosse, et que tout ce qui, de ce brouet, parvient à l’extérieur se réduit à un faible murmure auquel il faut tendre l’oreille.

 
 
 
 
 
L’impasse au départ, l’aporie pour passer - et penser
 

(le cinéma pour descendre, creuser un peu et faire le mur)
Saad Chakali & Alexia Roux



Partir de l’impasse, c’est tout ce qui nous oblige, nous y sommes forcé-e-s. Comment s’en sortir sans sortir, voilà encore dire ce qui nous arrive. Au départ de l’impasse, il n’y a pas seulement un état de fait, l’impossibilité de passer, de frayer un passage, de se faire les passagers du monde en dépit des forces qui conspirent à le clôturer en le rendant inhabitable. Il y a encore une impossibilité posée en condition de toutes les possibilités – de passer, de penser. Pas un seul passeur, ainsi en cinéma, qui n’ait pour départ le devoir d’endurer l’impasse avec le courage d’en dire la vérité – contre le principe de non-contradiction, l’aporie échapperait ainsi aux oppositions logiques au nom de l’irréductibilité sauvage des antinomies. Si tant de films passent, le cinéma demeure en aidant les regards à faire le mur de l’écran.

 
 
 
 
 
Marseille : ça passe ou ça claque ? Les parisiens dans la fuite en avant
 

Baptiste Thery-Guilbert



Dans le dernier Libé des écrivains, l’autrice Esther Teillard signait un article à propos des Parisiens qui débarquent à Marseille prennent leurs clics et une claque. Il a suscité beaucoup de critiques et un peu d’ironie. La mère d’un ami, marseillaise, y voit surtout du mauvais travail. [2]

 
 
 
 
 
Feu et flammes
 

Histoire de l’autonomie allemande



Si le mouvement autonome italien a connu, ces dernières années, un véritable regain d’intérêt en France, permettant d’en saisir toute la richesse et la complexité, force est de constater que rien de comparable ne s’est encore produit pour le mouvement autonome allemand. Pourtant, de cette scène de squats foisonnante, de ces journées d’émeutes magnifiques, de ce mouvement antinucléaire massif et offensif, du black bloc lui-même — pratique avant tout allemande —, mais également de cette impressionnante capacité à se constituer en force matérielle, offrant un contre-monde antagoniste à la société capitaliste, il y aurait bien des choses que les francophones devraient apprendre. Grâce aux éditions La Tempête, il est enfin possible de lire — et de voir, grâce aux très nombreuses photographies contenues dans l’ouvrage — une histoire de ce mouvement explosif, écrite par un militant de la première heure.
Feu et Flamme, de Geronimo, est un livre qui ne se satisfait pas d’un discours objectif et neutre, mais analyse de l’intérieur les forces et les faiblesses de l’un des mouvements révolutionnaires les plus radicaux d’Europe. Son titre est une reprise d’un slogan utilisé dans les manifestations autonomes de l’Allemagne de l’Ouest : Du Feu, des flammes pour cramer cet État et ses prisons.

 
 
 
 
 
France
 

je t’ai tout donné, et aujourd’hui, je ne suis rien.



France, je t’ai tout donné, et aujourd’hui, je ne suis rien.
Même pas les moyens de me payer une chambre de bonne.
Je n’en peux plus de tes amours Tinder.
Va te faire foutre avec ton Jupiter.
Mayotte sans eau, Martinique sous chlordécone, Kanaky suffoquant sous placage ventral,
Bravo l’innovation cocorico !

 
 
 
 
 
 
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