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Modèle, mon beau modèle
[Qu’est-ce que la cybernétique ? 9/9]
Dans Démocratie ! Manifeste, Barbara Stiegler raconte que c’est en lisant les travaux de Michel Foucault sur la biopolitique et le néolibéralisme qu’elle a compris le phénomène de retournement du sens de termes tels qu’« autonomie », en effet, dans un régime néolibéral, l’utilisation qui en est faite conduit à l’« impossibilité d’une autonomie démocratique. » En poursuivant ses recherches sur les fondements d’une telle dérive du sens, Stiegler a montré, dans Il faut s’adapter, comment le néolibéralisme s’est donné pour mission de « transformer l’espèce humaine ».
Cette série d’articles [1], qui s’achève aujourd’hui, aura constitué une sorte de plongée dans les éléments les plus concrets et quotidiens de cette tentative d’adapter l’espèce humaine. Le modèle cyber-systémique y est déterminant, il a été décrit tel qu’il s’applique dans le monde du travail et de la gouvernance, il se devait, pour conclure, d’être abordé depuis les lieux où il est défini. C’est donc un rapide passage en revue de ce qui fonde sa légitimité scientifique qui est l’objet de ce dernier article. La question que ce modèle nous pose est celle des choix politiques.
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