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#286 | 3 mai
 

Addendum à l’édition du 3 mai. Nous venons d’y ajouter trois articles. Quelques considérations autour de la « bagarre » entre manifestants et SO de la CGT ce 1er Mai. Un retour balasacien sur cette même manifestation par Olivier Long et une petite histoire de cases avec Juliette Weber. Bonne lecture et bonne semaine,
lm

 
 
« CGT, collabos »
 

« Ce que la surexposition médiatique et politique de cette bagarre permet d’occulter, c’est le déroulé réel de ce 1er mai. »



Premier Mai 2021, on s’ennuie en France. Les infos s’inquiètent de ces « festnozs », « rave party » et « free party » qui se sont tenus ces derniers soirs. Les journalistes sont indignés, les citoyens jouent aux fayots, les préfets tiennent des conseils de crise et les tribunaux sont saisis pour enquêtes pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Mais le commentariat est aux aguets : la manifestation du 1er mai à Paris devrait offrir l’occasion de faire chauffer les claviers. Banco : les camions de la CGT se sont fait agresser. Qui, pourquoi ? Les différentes chapelles construisent l’ennemi qui les arrange.

 
 
 
 
 
Toujours la rage
 

Sur la manifestation du 1er mai
Olivier Long



Depuis 2016 [1], les manifestations nassées du 1er mai sont une tradition que l’amoureux des boulevards ne manque jamais. L’impeccable ballet du nassage, du flanquement et des percussions policières sur les cortèges démontrent aux populations à quoi servent leurs impôts. Il y aura toujours des troufions confinés pour vous promettre un petit coup d’État de derrière les fagots, cela affolera forcément les médias, mais le spectacle d’une belle émeute vous redonne parfois cet irrésistible goût d’une réalité qu’on croit finie quand on est confinée.

 
 
 
 
 
Le gendarme poète
 

« Il nous faudrait nous définir en fonction de cases préétablies mais où se mettre quand on aime habiter entre les cases, au carrefour, en plein mouvement ? »
Juliette Weber



J’en ai marre.
Les interdictions pleuvent : interdiction de se déplacer, interdiction de travailler, interdiction de se réunir, interdiction d’aller à l’école ou de se former, interdiction de faire garder ses enfants.
Ca c’est la partie explicite de l’affaire, concrète. J’ai aussi l’impression que, de plus en plus, on nous interdit de penser, parce qu’on nous en empêche.
On avait inventé le prêt à porter, on a désormais le prêt à penser.

 
 
 
 
 
Le rêve du dernier homme
 

Olivier Cheval



Depuis quelques mois je fais beaucoup de cauchemars [2].

 
 
 
 
 
La psychiatrie en temps de covid
 

Entretien avec Mathieu Bellahsen



En mai 2020, à la sortie du premier confinement, nous publiions un entretien avec Mathieu Bellahsen, psychiatre dans le service public et auteur de La santé mentale (La Fabrique) et La révolte de la psychiatrie avec Rachel Knaebel (La Découverte). Un an plus tard, il refait le point sur l’état de la psychiatrie, des patients, des collectifs de soin et des institutions qui les encadrent. Alors qu’on parle beaucoup de la « santé mentale » des étudiants et de la vague de dépression engendrée par l’épidémie et sa gestion gouvernementale, Mathieu Bellahsen déconstruit patiemment les éléments du discours dominant afin d’arracher ces enjeux à la psychologisation et l’individualisation pour les remettre au centre de luttes politiques.

 
 
 
 
 
Amnistie pour tous les réfugiés politiques italiens
 

Sophie Wahnich & Jacques Wajnsztejn



L’arrestation les 28 et 29 avril derniers de neuf réfugiés politiques italiens, couverts pourtant par la « doctrine Mitterrand [3] » marque une inflexion supplémentaire vers une coopération juridique et policière entre États, au moins au niveau européen. Le gouvernement français sous pression des attentats islamistes qui le visent particulièrement veut sans doute aussi donner des gages à l’organisation d’une sécurité européanisée. Son absence de toute connaissance et référence politique au contexte italien des années 1970 et 1980 ainsi qu’à la législation encore quasiment fasciste de ce pays (cf. le Code pénal Rocco de 1930 sous Mussolini toujours en vigueur à l’époque) ne lui pose apparemment aucun problème de principe, comme le dit crûment Dupont-Moretti (il est « sans état d’âme »).

 
 
 
 
 
Ombres Rouges
 

À propos de l’arrestation de dix anciennes et anciens militants italiens des années 1970.
Alessandro Stella



Lapsus de l’inconscient flicard ou blague perverse des représentants d’un Etat italien qui n’en finira jamais de faire payer la peur que lui fit éprouver une partie de sa population au sortir de l’après-guerre ? L’opération conjointe des polices françaises et transalpines, qui visait dix réfugiés politiques italiens avait pour nom de code : « Ombres rouges ». Soit, au pluriel près, le titre exact en français du deuxième polar de Cesare Battisti, paru en 1994 [4] , qui avait pour toile de fond la situation de ces rescapés de la guerre civile larvée des années 60-70. Au besoin de gesticulations « antiterroristes » inhérent à un Etat français bien incapable de s’attaquer aux raisons systémiques du terrorisme individuel djihadiste est venue s’ajouter, comme l’explique ci-après Alessandro Stella, la nécessité toujours renouvelée pour l’Etat italien, d’effacer la trace rouge du plus vaste et durable mouvement social de l’après-guerre en Occident. La guerre de la mémoire n’est jamais qu’un épisode de la guerre sociale. Comme le montre le beau cortège combattif et applaudi à la manif parisienne du 1er mai, le combat pour la liberté de nos camarades ne fait que commencer.

 
 
 
 
 
Italie : comprendre le soulèvement des années 1970
 

Oreste Scalzone contre la montre



Les 28 et 29 avril dernier, neuf anciennes et anciens militants italiens exilés en France depuis 40 ans étaient interpelés par la Sous-direction antiterroriste. Il s’agit de les livrer à l’Italie pour qu’ils y finissent leurs jours en prison. Ce que cette affaire vient nous rappeler, c’est évidemment le ressentiment des vainqueurs, leur soif mesquine et inétanchable de vengeance. Mais ce qui crève tout autant les yeux, c’est à quel point l’histoire de ces « années de plomb » italiennes est méconnue en France, à commencer parmi celles et ceux dont le travail consiste à nous informer. Et comme ils n’en connaissent rien, nos journalistes copient/collent l’histoire officielle frelatée que le gouvernement et la presse dominante transalpine tiennent à leur disposition. Il s’agit de réduire un soulèvement populaire insurrectionnel qui a duré plus de dix années à quelques coups d’éclats menés par une poignée de militants fanatisés.
Nous republions aujourd’hui une série d’entretiens réalisée en 2016 avec Oreste Scalzone, mémoire vivante de ces années de lutte, d’expérimentations et d’euphorie révolutionnaire, finalement écrasées.

 
 
 
 
 
Internet, année zéro- Jonathan Bourguignon
 

De la Silicon Valley à la Chine, naissance et mutations du réseau
[Entretien Vidéo]



Nous nous étions déjà entretenus avec Jonathan Bourguignon à propos de son livre Internet, année zéro - De la Silicon Valley à la Chine, naissance et mutations du réseau. Dans cet entretien vidéo, il revient sur le rapport de force qui oppose États et GAFAM, en passant par les enjeux autour des cryptomonnaies et de la Blockchain, le mythe de la complexité technologique et l’évolution de l’usage d’Internet en Chine et en occident.

 
 
 
 
 
Ponce Pilate et l’origine du monde
 

Ivan Segré
[Notes de lecture]



Quel lien peut-il y avoir entre un livre sur Piero Della Francesca, la traduction française d’un écrit cabalistique du XIIIe siècle, deux essais sur l’apprentissage du chinois, un roman de Pascal Bacqué intitulé La Guerre et un écrit du ministre de l’Intérieur sur le « séparatisme islamiste » ? Ce sont en tout cas les parutions récentes dont Ivan Segré propose ici ses « notes de lecture »…

 
 
 
 
 
Désertion sans transition
 

Entretien avec Romain Boucher, ingénieur déserteur



Romain Boucher est un ingénieur diplômé de l’École des Mines et d’un master en maths appliquées et statistiques. Il s’est spécialisé en sciences des données avant de rejoindre le cabinet Sia Partners comme data scientist. En 2018, dans son bureau à proximité des Champs-Élysées, les assauts des Gilets Jaunes furent « comme l’onde sismique » qui l’incita à rompre avec ce monde. Après 3 ans de missions dans l’énergie et le secteur public, il démissionne pour mieux dénoncer le rôle du numérique, du big data et de l’IA dans le ravage écologique et social. Il est l’auteur d’un rapport sur les ravages du techno-libéralisme et participe à l’association « Vous n’êtes pas seuls ».

 
 
 
 
 
La Flèche, 2021
 

Image et politique 3
Jérôme avraham Benarroch



Jérôme Avraham Benarroch est philosophe et photographe. Il a notamment publié Deux, un, l’amour aux éditions NOUS. Ce troisième volet de Image et politique [5] nous amène dans les rue de La Flèche, ville anonyme de la Sarthe où il tente de « tirer une signification émancipatrice de ces lieux peu signifiants ».

 
 
 
 
 
Démolir la culture de droite
 

Entretien avec Andréa Cavalletti



Enfant prodige de la mythologie, de l’égyptologie et de la philosophie, Furio Jesi écrit son premier ouvrage à 15 ans. Véritable héritier de Walter Benjamin, il met son son immense érudition au service de l’analyse des révoltes. À l’occasion de la parution en français de Spartakus, Symbolique de la révolte, nous nous étions déjà entretenus avec le philosophe Andréa Cavalletti à propos de l’oeuvre de Jesi dont il est l’éditeur en Italie. Cette semaine, nous avons discuté avec lui de Culture de droite, autre livre incontournable de Furio Jesi tout juste publié là encore aux éditions la Tempête. Il s’agit d’analyser les racines du fascisme et du nazisme pour en comprendre pleinement les manifestations contemporaines.

 
 
 
 
 
Une attaque contre-insurrectionnelle en règle
 

À propos de la récente tribune des généraux
Jérémy Rubenstein



Ici, je vais analyser trois documents récents, deux textes publiés sur des sites liées à des militaires, l’un signé par des généraux –“lettre des généraux” désormais- et republié par l’hebdomadaire Valeurs Actuelles le 21 avril, l’autre par des colonels –“réponse des colonels”- et signalé par la revue Regards, et une intervention télévisée de Mme Maréchal Le Pen le 29 avril. Les contenus de ces trois documents dialoguent entre eux et se comprennent sous le prisme d’une idéologie particulière, celle de la contre-insurrection (que nous évoquerons à travers certains de ses auteurs de référence, les colonels Charles Lacheroy et David Galula).

 
 
 
 
 
Fond d’oeil- Caroline Cranskens
 

« Ce qui s’éloigne
Hors du monde vieillard
Ouvrira le feu
En partant »



Dans Fond d’œil (éd. Les Étaques), Caroline Cranskens, en trois volets, Soif, Fragments d’œil, Boîtes noires, tente de dynamiter le langage dominant si bien vissé au crâne et aux lèvres. Écrire pour sortir de l’ombre et exister. Écrire pour « en finir avec le miroir blanc » qui nous empêche de voir de l’autre côté. Dans la lignée du « dérèglement de tous les sens » (Rimbaud, Lettres du voyant, 1871), l’autrice mène une lutte au corps à corps avec la langue et ses geôliers. Face aux ordres de tous poils, masculins et sécuritaires, sa poésie déserte le terrain labouré des joutes sémantiques et puise dans les visions fantastiques logées au fond de l’oeil, là où toutes les couleurs explosent en un noir phosphorescent. Lundimatin, en lien avec les éditions Les Étaques, publie ici le premier volet de ce recueil débordant.

 
 
 
 
 
Quelques considérations sur l’enseignement des sciences naturelles, dans les écoles, au début du XXIe siècle
 

Frédéric Metz



Quelques considérations sur l’enseignement des sciences naturelles, dans les écoles, au début du XXIe siècle de Frédéric Metz paraît ce mois-ci aux éditions Pontcerq. Nous en livrons ici les premières pages auxquelles succèdera la semaine prochaine une « Tapisserie des programmes » un peu brutale.

 
 
 
 
 
Flora Bonfanti III : les régions volcaniques
 

« …mais la région volcanique n’est pas de ce monde. »



Ce monde : celui où la pluralité des êtres implique la pluralité des consciences et, conséquemment, la nécessité du transport de l’une à l’autre. Le transport de quoi ? De la seule denrée mentale comestible : le sens. La région volcanique, elle, « est une seule conscience ». C’est ainsi qu’elle n’est pas de ce monde : parce qu’elle est une, elle n’a pas à transporter le sens. Alors que nous, en ce monde, nous avons à le porter tout fragmenté, de tête en tête, poussière éparpillée d’échanges. La région volcanique ne se pose pas ce problème, qui est un problème de fret, de port ou de douane : un problème de communication. [6]

 
 
 
 
 
Bure : c’est qui les « malfaiteurs » ? Relaxe pour les inculpé.e.s !
 

1,2 et 3 juin à Bar-le-Duc contre Cigéo, le nucléaire et la criminalisation des luttes



Après 4 années d’instruction pour « association de malfaiteurs », des milliers d’heures d’écoutes par la gendarmerie, un dossier de 15.000 pages, des mètres cubes de matériel saisi, un harcèlement policier omniprésent dénoncé par la Ligue des Droits de l’Homme, l’heure de la mascarade judiciaire a sonné. Les 1er, 2 et 3 juin au Tribunal de Bar-le-Duc se tiendra le procès des sept « malfaiteurs » de la lutte à Bure. Voici un appel à se rassembler pour cette occasion ainsi qu’une lettre ouverte et lyrique qui revient sur plus de 25 années de souvenirs et de lutte contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires.

 
 
 
 
 
Dominant Report
 

Épisode 4 – Le Conseil des Ministres



Résumé des épisodes précédents :

Un logiciel de police prédictive instauré pour enfermer massivement de petits délinquants a, suite à une actualisation, changé de cible criminelle et fait enfermer des milliers de chefs d’entreprises, banquiers et politiciens, sans compter la totalité des milliardaires. C’est dans ce contexte lourd de menaces que les plus hauts dirigeants de l’État doivent se réunir.

 
 
 
 
 
 
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