Voir en ligne
   
 
 
 
#266 | 7 décembre
 

L’édition de cette semaine est particulière chargée et nous avons donc un peu de retard. Tout sera mis en ligne au fil de la journée. Bonne lecture et bonne semaine. lm.

 
 
Mobilisations contre les « violences policières » :
 

Autant en emporte le vent réformiste
Gwenola Ricordeau



Gwenola Ricordeau est professeure de criminologie à l’université d’État de Californie (Chico). Elle travaille notamment sur le mouvement pour l’abolition de la police qui anime les rues et le débat public américain depuis la mort de George Floyd. Faut-il « couper les crédits » de la police [Defund the police], la « refonder » comme certains y appellent par chez nous ou plus simplement l’abolir ? Ces quelques réflexions depuis les États-Unis ne manqueront pas d’enrichir le débat français.

 
 
 
 
 
« Mon anniversaire sur Zoom® ? Des vacances nulles »
 

(Comment Macron fabrique le Burn out étudiant)
Par Olivier Long



Lors du deuxième confinement beaucoup de professeurs d’université ont décompensé le stress post-traumatique du premier confinement en multipliant les devoirs à rendre », dénoncent certains étudiants. Ce qu’a inventé Macron, c’est le burn out à vingt ans. Ces étudiants disent qu’ils ont été condamnés au télétravail : emploi du temps destructeur, salaire payé à la tâche et burn out au programme. Voilà toute une génération prévenue : travailler c’est se cramer.

 
 
 
 
 
Fragments
 

[Sumbolon]



Les fragments de Sumbolon se murmurent depuis un futur déjà accompli. Ce sont quelques êtres songeurs qui les chuchotent aux oreilles du Temps, et qui brûlent d’impatience que l’on s’en saisisse. [1]

 
 
 
 
 
Gazer, mutiler, soumettre
 

Politique de l’arme non létale
Paul Rocher



Manifester aujourd’hui en France expose à la violence des armes dites non létales. Paul Rocher montre que ce recours massif à une technologie supposée garantir un maintien de l’ordre plus humain, est la marque d’un étatisme autoritaire de plus en plus intolérant à toute contestation dans une période de recul social majeur. Il ne cherche pas seulement à susciter une indignation morale contre les violences policières mais à « dégager les mécanismes qui génèrent l’escalade de violence étatique à laquelle nous assistons ». [2]

 
 
 
 
 
Guantanamo en Calabre
 

« Comment j’ai été enlevé » par Cesare Battisti



Le texte qui suit, traduit par nos soins, est un document historique d’importance. Il a été écrit par Cesare Battisti en réponse à un questionnaire envoyé par deux journalistes accrédités auprès des bureaux de l’Onu à Genève. Il devrait intéresser aussi bien les historiens que toute personne éprise de liberté et/ou de vérité historique. Sur les circonstances de sa fuite du Brésil, sur la trahison du gouvernement d’Evo Moralès qui l’a livré aux agents des services italiens, sur sa correspondance avec Alberto Torreggiani [3], sur ses tentatives de reddition à la justice italienne, il fait de surprenantes révélations.

 
 
 
 
 
Au Wendy’s, à Atlanta, lors du soulèvement pour George Floyd
 

entre paranoïa et fatalisme



L’article qui suit analyse les événements qui se sont déroulés entre le 12 juin et le 14 juillet 2020 lors de l’occupation du parking d’un restaurant de la chaîne de fast-food Wendy’s à Atlanta, lieu du meurtre de Rayshard Brooks (dans la nuit du 12 juin), par la police locale [4]. Pendant cette occupation, une étrange réalité alternative s’est formée autour des restes brûlés du fast-food. Nous y avons vu l’un des exemples les plus combatifs de la lutte des Noirs dans le pays. Le caractère exemplaire de la lutte au Wendy’s a permis aux auteurs d’expérimenter quelques unes des actions politiques les plus puissantes – et certaines des limites les plus dangereuses – auxquelles la révolte est confrontée aujourd’hui. Dans ce qui suit, les auteurs se concentrent sur trois dimensions de ce conflit : l’effet du leadership noir (militant), le fatalisme et la paranoïa comme conditions constitutives de l’événement ainsi que la place des armes et de la force létale dans le déroulement du conflit en cours.

 
 
 
 
 
Le pneu au piquet
 

Yann Philippe Tastevin



Comment s’expliquer qu’aux quatre coins du monde, les pneus ne servent pas uniquement à rouler mais aussi à brûler ? C’est à cette question que tente de répondre cette petite histoire du pneu publiée dans le dernier numéro de la revue Techniques&Culture intitulé « Semer le trouble. Soulèvements, subversions, refuges ».

 
 
 
 
 
Shapeshifters
 

du pouvoir symbolique : nécessités et légitimités esthétiques



En effet, de quelque manière qu’une cause agisse, elle ne devient violence, au sens prégnant du terme, qu’à partir du moment où elle touche à des rapports moraux (« wenn sie in sittliche Verhältnisse eingreift »).

W. Benjamin, « Critique de la violence », 1921, tr. fr. M. De Gandillac, in OEuvres I , Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2000, p. 211.

 
 
 
 
 
Les inconséquences du délibératif
 

A la santé des épigones - par Alain Brossat



Alain Brossat s’attaque ici à un article de Jacques Rancière publié sur Mediapart, en montrant comment ce dernier se plie à la morale républicaine qui, au nom de la liberté d’expression et du régime "délibératif", retire la possibilité même de s’exprimer à ceux qui commettent des "crimes abominables" et qu’il désigne comme des « criminels fanatisés ». Brossat : "c’est toujours du même côté que tombe l’insulte : a-t-on jamais vu un Rancière traiter un flic auteur d’un tir de LBD fatal à une personne d’origine maghrébine de fanatique du maintien de l’ordre, auteur d’un crime abominable ?"

 
 
 
 
 
Récit organique d’une manifestation
 

« Qu’ils séparent le « casseur » du groupe ou bien qu’ils l’amalgament, ils dénoncent la violence « de part et d’autre », ils raillent la foule, ils se moquent de la colère. »



Oublier le conflit c’est oublier les mots, recouvrir de poussière les nuances du langage. L’unité nous encage. Nous préférons nos discordances à l’harmonie de leur système. L’accord de tous est une fiction qui ne sert que leurs intérêts.
Bien sûr, nous entendons déjà, et encore, et toujours, les commentaires au loin : « les slogans sont confus », « et d’abord, pourquoi ils manifestent ? »… qu’ils séparent le « casseur » du groupe ou bien qu’ils l’amalgament, ils dénoncent la violence « de part et d’autre », ils raillent la foule, ils se moquent de la colère.

 
 
 
 
 
Métamorphoses : Actéon, Giordano Bruno et nous
 

Pour ceux et celles qui lâchent une vie aisée. Celles et ceux qui partent sur les routes. Ceux et celles qui changent de vie.



De fidèles lecteurs de lundimatin nous ont transmis ce petit article sur l’interprétation du mythe d’Actéon de la part de Giordano Bruno et sur le sens de la métamorphose aujourd’hui. Il accompagne la publication d’un numéro sur Giordano Bruno de la revue K, qui se présente elle-même comme une « revue destituante de philosophie et arts entre l’Italie et la France ».

 
 
 
 
 
Les lignes de fracture de la guerre civile américaine
 

Sandro Moiso



Dans l’incertitude politique et les troubles idéologiques actuels entourant la question encore non résolue du départ de Trump de la Maison Blanche, il est nécessaire de remettre les pieds sur terre et d’essayer d’examiner d’un point de vue matérialiste les raisons de la confrontation en cours. Au-delà des personnalismes et des personnalités (Trump vs. Biden) qui semblent avoir dominé jusqu’à présent dans le débat américain et, peut-être, encore plus dans le débat italien et européen qui a accompagné la campagne électorale faite aux Etats-Unis et a suivi ses résultats actuels… [5]

 
 
 
 
 
Personnalité antiautoritaire
 

À l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort du théoricien du mouvement étudiant allemand, Hans-Jürgen Krahl



Par Emanuel Kapfinger et Julian Volz

« Après avoir été évincé de la classe dominante, je me résolus alors à la trahir définitivement et devint membre du SDS. » Cette phrase, Hans-Jürgen Krahl la jeta à la figure de son juge au cours d’une allocution de près d’une heure en octobre 1969.

 
 
 
 
 
La semaine en chanson
 

Les darmanines, Tovaritch, Keny Arkana, le feu sous la cendre



Pour égayer la semaine, trois chansons qui ne manqueront pas de devenir des tubes. Tout d’abord Les Petites Darmanines qui nous proposent a capella d’animer les manifestations, le rappeur franco-russe Tovaritch qui appelle mélodieusement à la révolution, le dernier morceau de keny Arkana que l’on ne présente plus et Le Feu sur la cendre.

 
 
 
 
 
 
m'inscrire / me désinscrire