Voir en ligne
   
 
 
 
#265 | 30 novembre
 
 
 
Gouvernance, pandémie et auto-contrôle
 

Une lecture foucaldienne du confinement par Dimitri M’Bama



Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les références à Michel Foucault se sont répandues presque aussi rapidement que le virus lui-même. Pour le meilleur et souvent par les pires, le philosophe et sa biopolitique ont été convoqués à tout-va pour comprendre ce qu’il était en train de nous arriver. Les mauvaises lectures de Foucault consistent le plus souvent à régurgiter maladroitement quelques cadres analytiques alors que toute la puissance de son travail aura au contraire consisté à dynamiter les cadres. C’est donc en tirant le meilleur du philosophe que Dimitri M’Bama formule la question qui selon lui nous fait face : il ne s’agit pas de se demander « ce que nous pourrions faire d’autre » mais « comment pouvons-nous continuer comme ça ? ».

 
 
 
 
 
Le Bureau des Retouches
 

Maîtriser les images pour calibrer les perceptions



Dans cet article, Jérémy Rubenstein et Johan Sébastien nous proposent de penser le débat autour de la loi Sécurité Globale et de son article 24 depuis la fiction et à partir de l’histoire de la guerre psychologique. Ou comment la maîtrise des image, le travail sur le sensible et les perceptions, ont toujours été au cœur des stratégies de contre-insurrection.

 
 
 
 
 
Suicide critique
 

[Sumbolon]



Il y a ceux qui, croyant encore en ce monde, s’enthousiasment à l’idée de le sauver. En face, d’autres ont fermement décidé d’abréger ses souffrances. Les deux s’arment de critique, mais à des fins opposées. Contre les premiers qui refusent d’admettre la sentence, nous objectons ce fait si retors qu’il en devient odieux : la critique collabore. Achevons-la ! [1]

 
 
 
 
 
Libertés, casse et communication politique
 

à quoi joue la coordination contre la sécurité globale ?



Nous avons reçu plusieurs témoignages concernant la première marche des libertés qui s’est tenue ce samedi. Pèle-mèle ils pointaient les retournements de veste d’une partie de la gauche (aujourd’hui à l’unisson sur la question de la loi), s’offusquaient des discours de dissociation qui ont accompagné les affrontements de fin de parcours, ou pointaient l’absence de recul critique quant aux pratiques mises en oeuvres (de la casse au « smartphone levé »). Le texte que nous avons choisi a à la fois le mérite de traiter de l’ensemble de ces sujets, et de ne pas partir de la marche parisienne qui a concentré toutes les attentions. Plus qu’une critique d’un communiqué que l’on pourrait juger anecdotique il faut le voir comme une amorce de réflexion sur les stratégies de luttes et de divisions.

 
 
 
 
 
Bordeaux : Une étincelle dans le brouillard
 

Retour sur la manifestation contre la loi sécurité globale



Au cours d’une année 2020 particulièrement morose, au milieu d’un confinement qui favorise le travail, mais interdit aux gens de se divertir, une soirée est venue réchauffer les cœurs de quelques milliers de bordelais et de bordelaises. Mardi 24 novembre, à l’appel de nombreuses organisations et en présence du Gilet Jaune Jérôme Rodriguez, un rassemblement était prévu Place de la Comédie en début de soirée, afin de protester contre la loi dite de Sécurité Globale.

 
 
 
 
 
Les Jeux Olympiques n’auront pas lieu
 

Ni à Tokyo, ni à Paris - par Natsuko Sasaki



 
 
 
 
 
Visite guidée de la maison d’arrêt de Lyon-Corbas : L’angoisse
 

Kamel Daoudi



Comme nous l’avions annoncé dans nos pages, Kamel Daoudi, assigné à résidence depuis plus de 12 ans, a écopé d’une peine de 12 mois de prison ferme à la suite d’un retard de 30 minutes sur son couvre-feu quotidien. Plutôt que de s’indigner du traitement judiciaire et extrajudiciaire ahurissant que M. Daoudi et sa famille subissent depuis bientôt 20 ans, il nous apparaît plus opportun de laisser place au témoignage et à l’enquête. Après nous avoir fait visiter sa cellule, la promenade, évoqué ce temps qui ne passe pas, et fait goûter la gamelle, M. Daoudi nous raconte cette semaine « l’angoisse ».

 
 
 
 
 
Hold Up Reloaded, Now Handcuffed
 

Contre histoire « conspirationniste » de la biopolitique du confinement
Par Jacques Fradin



Un pastiche
Je propose une parodie de thèses complotistes, afin d’analyser ce qu’est le conspirationnisme, si généralement méprisé.
Je distinguerais trois formes (du complot ou de la conspiration) :
Le complotisme, le conspirationnisme subjectif et le conspirationnisme objectif.

 
 
 
 
 
Règle numéro 1312 : ne pas se laisser fourrer la matraque dans l’œil !
 

(Le journal impossible)
Emmanuel Thomazo



Tout détruire, tout reconstruire. (Mais avec quels outils ?)

 
 
 
 
 
Ni honte, ni indignation, ni pardon, ni… :
 

Quand est commis le meurtre des mots…
Philippe Tancelin



Il n’est pas ici question d’un mouvement d’expression « sous coup d’émotion » bien que l’émotion, face à la répression contre le total démuni, puisse rencontrer une fois encore le juste motif de recouvrer tout son sens.

En effet comment ne pas être mû hors de la quiétude d’une « raison gardée » lorsqu’on « visionne » ou on entend par maints témoignages ce qui du seul fait des forces de l’ordre, s’est déroulé place de la République à Paris, le soir du mardi 23 novembre 2020, à l’encontre d’hommes, femmes, enfants à la rue.

 
 
 
 
 
La fabrique d’irréalité
 

« Dans l’éthos esthétisé du spectacle, le Qui vive aujourd’hui est trop souvent identique au Qui meurt »



La période est irréelle. Il en va toujours plus ou moins ainsi depuis que nos sociétés se sont particulièrement spécialisées dans la fabrique d’irréalité. Mais nous gravissons des sommets, un à un, et celui sur lequel nous sommes perchés en ce moment en impose par sa hauteur.

 
 
 
 
 
C’est peut-être la nuit la plus longue
 

[Nouvelle]
Walter Azril



Je vais prendre l’air, je me pose sur le muret encore tiède au-dessus du parking souterrain près de la Saône. Le ciel noir est vide, pas de place pour les étoiles en tyrannie. Je tente d’évacuer la chaleur de mon corps. Je pense à ce qui va se passer. Je pense à celles et ceux qui m’entourent. Partout nous avons tapissé la ville des affiches du GOST : Groupe d’Occupation des SouTerrains « Sortez masqué.e.s ! ». Nos petits fantômes s’affairent depuis 2 jours maintenant pour préparer ce festival clandestin d’outre-tombe.

 
 
 
 
 
Il est minuit moins deux, dans le siècle !
 

Carnets de réclusion #5
Jean-Marc Royer



Indéniablement, ça frappe à la porte,
Depuis un moment.
Ça cogne même de plus en plus fort,
À la porte de l’Histoire

 
 
 
 
 
Les Damnées de la mer. Femmes et frontières en Méditerranée
 

de Camille Schmoll
[notes de lecture]



Camille Schmoll est géographe et elle travaille avec des équipes de recherches sur les migrations au sein d’institutions académiques et du Groupe international d’experts sur les migrations (GIEM) dont elle est cofondatrice. Dans son annexe méthodologique intitulée « L’ethnographie au temps de la frontière », elle dit d’abord qu’elle a commencé le travail de terrain qui a abouti à ce livre en 2010 et qu’elle l’a interrompu en 2018. « Durant cette enquête au long cours, dit-elle, qui peut être vue comme une enquête “dans” et “sur” la frontière, j’ai articulé trois stratégies de recherche : des observations de “lieux-frontières”, le recueil des récits de trajectoires, des suivis de femmes migrantes. » [2]

 
 
 
 
 
Bandits et brigands
 

[Notes de lecture]



Huit figures du « banditisme social » racontées par huit auteurs. Classique ou contemporain, solitaire ou en bande, sur tous les continents, chacun-e à sa manière s’est érigé-e en justicier-ère. [3]

 
 
 
 
 
 
m'inscrire / me désinscrire