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#223 | 30 décembre
 
 
 
Pour débloquer et perdre
 

[Un tract]



Ce tract a circulé lors de la manifestation du 26 décembre qui se tenait devant la Gare de l’Est, à Paris.

 
 
 
 
 
Si la retraite à points passe... je rends mon tablier !
 

[Annonce]



La lutte contre la réforme des retaites est donc d’ores et déjà un événement important de l’histoire sociale récente. D’abord parce qu’elle devrait devenir, cette semaine, la plus longue grève de cheminots de l’histoire (coiffant au poteau celle de décembre 1986). Ensuite, si l’on accepte de croire à la dramaturgie qui l’accompagne, l’enjeu en cas de défaite est de taille : renoncement à l’exception que constituait le système de retraite français, fin de la mythologie de 1995 qui berce depuis 25 ans le mouvement social (la grève dans les services publics comme veto contre les réformes iniques), entrée dans la démocratie autoritaire (faiblesse des corps intermédiaires). Houlala, ça fait flipper...

Il semble qu’en ces temps de catastrophe climatique on ne puisse plus penser qu’en termes apocalyptiques. Si cette réforme devait marquer un point de non-retour, serait-il encore envisageable de lutter, donc de vivre après janvier 2020 ? Ou faudrait-il se conformer définitivement au macronisme, c’est-à-dire avancer d’un pas sûr vers l’abîme, en veillant bien à marcher sur le visage des autres ?

Nos lectrices ont du talent, l’une d’elle nous fait cette proposition lucide, que l’on pourrait résumer ainsi : il est toujours temps de déserter.

 
 
 
 
 
La décennie qui vainc
 

« Dès mercredi, les forêts brûleront, les vers de terre mourront, les villes phagocyteront les marges, les hommes s’engouffreront dans les mers, les fascistes prendront le pouvoir, les contestations seront écrasées... »



« Le chemin pour monter est le chemin pour descendre. »
Trois Stèles de Seth, VII, 5

Ce que cette décennie mit en lumière c’est l’hégémonie de la lumière. Nous vivons le calvaire d’une lumière absolue, où chaque ombre se change en reflet. Partout où nous nous sommes réfugiés nous avons amené l’ardeur dévoilée des rayons, nous avons répandu sur l’oasis le sable du désert resté dans nos chaussures. Il ne suffit pas de changer d’oasis tous les deux ans comme on consomme du cortège de tête, de l’occupation, du rond-point, de la grève. En tous lieux l’acédie l’a emporté.

 
 
 
 
 
Seulement nous : l’écologie-contre-l’État
 

par Frédéric Neyrat



 
 
 
 
 
2020, dans l’insomnie de William Shakespeare
 

On pourrait raconter l’histoire d’Hamlet ainsi...



Hamlet est l’héritier d’un royaume pourri, le prisonnier d’un spectacle morbide : fausses civilités, fausses amitiés, faux engagements, fausses promesses. Son oncle a tué son père pour se marier à sa mère, et l’odeur du mensonge se cache derrière un sourire colgate.

 
 
 
 
 
L’insurrection des « enfants de la Ddass » chiliens
 

« Le SéNaMé viole, le SéNaMé tue »



J’ai entendu le mot pour la première fois il y a quelques jours, dans une vidéo d’internet où un jeune homme, filmé sur une grande avenue de Santiago, crie : « Le SéNaMé viole, le SéNaMé maltraite, le SéNaMé tue … le SéNaMé est une merde ! ». Sé Na Mé, pour Servicio Nacional de Menores, soit l’équivalent chilien de la Ddass en France.

 
 
 
 
 
Colombie : le mouvement autochtone dans le « Blocage National »
 

« Nous privilégions à "Grève Nationale" l’expression de "Blocage National" »



Les périodes de fêtes ne sont pas toujours aussi calmes que nos gouvernements le souhaiteraient. Le Paro Nacional (ou « Blocage National ») dure désormais depuis plus d’un mois en Colombie en réaction à une serie de réformes que le gouvernement d’extrême droite de Ivan Duque a mis en avant ces mois-ci : réforme du travail, réforme fiscale (déjà votée) et réforme des retraites, toutes selon une orientation libérale et de manière brutale. Dans toutes les grandes villes : manifestations et blocages plusieurs fois par semaine, concerts de casseroles, danses, chants et rencontres au sein des cortèges, réunions avec des membres du gouvernement colombien pour tenter de mettre en place un véritable espace de négociation, etc. Voici quelques nouvelles du mouvement colombien et en particulier de la place qu’y occupent les populations autochtones ainsi que la traduction d’un communiqué du « bureau permanent de concertation avec les peuples et organisations autochtones », et de la « commission des droits de l’homme des peuples autochtones ».
Cet article nous a été transmis par un membre de l’association Igapo Project, proche de l’ONIC (Organisation Nationale des Peuples autochtones de Colombie) qui milite pour la défense des droits des peuples autochtones. Pour d’autres informations sur la situation des autochtones en Colombie, voir par exemple cet article dans Reporterre.

 
 
 
 
 
2019, année du tag
 

Quelques graffitis aperçus cette année sur les murs de quelques villes françaises.



Depuis 2016 et la loi travail sous état d’urgence, les français ont certes de moins en moins le droit de manifester comme ils le souhaitent (et sans être blessés), mais de plus en plus d’occasions de le faire. Cette année on marcha beaucoup en gilets jaunes, mais encore, on marcha climat, on marcha contre les violences policières, contre la réforme des retraites et patati et patata. Parce qu’il n’est pas toujours facile de crier avec un masque à gaz, et parce qu’on ne fait pas souvent confiance aux médias (même ceux des internets) pour reproduire ce qu’on a sur le coeur, hé bien ce sont les murs qui, depuis 3 ans, portent les paroles des manifestants. Cette année encore, à défaut de rétrospective (de l’année et de la décennie), nous livrons une non-sélection pas du tout exhaustive de tags de manifs, croisés ici et là. Si vous en avez d’autres en stock, ne nous les envoyez pas, car nous n’aurons pas le temps de les collecter cette semaine. Si vous les trouvez tout pourris, n’hésitez pas à faire mieux en 2020 : l’année commence le 9 janvier.

 
 
 
 
 
« This world is not conclusion »
 

L’étrange tactique d’Emily Dickinson



« Doux scepticisme du Cœur -
Qui sait – et ne sait pas -
Oscille comme une Flotte Balsamique -
Assaillie par la neige -
Invite et puis retarde la vérité
De crainte que le Sûr ne s’use
Comparé aux affres exquises
D’une extase que la Peur aiguise - (1438) »
Emily Dickinson (NRF, 323)

 
 
 
 
 
Le petit théâtre de Hannah Arendt
 

[chronique théâtre]



Sur l’affiche, un renard avec deux globes pour les yeux.
Deux mappemondes pour voir.
Il nous fixe, cet animal-là ?
Et qui est-il, au juste ? D’où sort-il comme ça ?
Avec le loup, il est l’un des personnage-clé du « Petit Théâtre de Hannah Arendt » qu’on jouait au Centre Culturel Jacques Franck, dans la commune de Saint-Gilles, en ce dernier week-end de décembre.

 
 
 
 
 
Les peuples veulent la chute des régimes 2.0 [nouvelle date]
 

Huit années après la vague de soulèvements de 2011, le Moyen-Orient et le Monde Arabe se retrouvent à nouveau agités par les secousses de la révolte.



Nous avions initialement publié cet appel début décembre. Cependant, du fait des grèves en cours, la rencontre a été annulée et reportée au 11 janvier de 16h30 à 21h30 (repas syrien servi à 20h) au 57 rue Étienne Marcel à Montreuil (93).

 
 
 
 
 
 
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