Voir en ligne
   
 
 
 
#183 | 18 mars
 

Pardonnez-nous pour cette 3e salve cette semaine mais nous avons reçu deux nouveaux articles qu’il nous semblait important de publier à la veille tu tour de vis annoncé par le gouvernement.

Nous ajoutons que d’ici demain, l’interface collaborative mediamanif.com qui permet à tout un chacun d’éviter les rassemblements dangereux, permettra aussi de localiser tous les « lieux de pouvoir » répertoriés par nos confrères du Monde Diplomatique.

Aussi, après 4 ans d’activités, nous venons enfin de recevoir notre première réquisition judiciaire. Le motif invoqué est plutôt loufoque, nous vous en reparlerons lundi.
Bon week-end et faites attention à vous.

LM

 
 
350 universitaires se déclarent « complices » des gilets jaunes
 

« Prenant acte de cette aggravation exponentielle des tendances autoritaires du pouvoir et des institutions, nous enjoignons toutes et tous les ami.es de la liberté à ne pas céder un pouce de terrain face à la répression et à s’organiser pour y faire face. »



Universitaires, nous nous déclarons « complices » des gilets jaunes face aux dérives autoritaires du pouvoir

Le 18 mars 2019, au moment où 65 personnalités intellectuelles participaient à un simulacre de débat avec le président de la République, et après avoir limogé un préfet de Paris jugé encore trop avare en LBD et grenades (malgré de nombreux blessés dont un nouvel éborgné ce jour-là), le Premier ministre annonçait une série de mesures répressives sans précédent. Non content d’interdire administrativement de manifestation des individus supposés dangereux, le gouvernement entend maintenant empêcher les rassemblements dans des zones entières, créer des "unités anticasseurs" aux pouvoirs renforcés et utiliser des drones et des moyens de marquage chimique des manifestants.

 
 
 
 
 
Des intellectuels causant dans le salon de l’Elysée et au balcon quand passe le mouvement social
 

Alessandro Stella



Chères et Chers Collègues,

Je suis heureux que Fréderic Lordon et d’autres universitaires sollicités aient décliné l’invitation au « Grand débat avec les intellectuels », organisé par le Président Macron, le lundi 18 mars dernier. Deux jours après le 16 mars 2019, journée qui restera historique, quand les pauvres, les laissées pour compte, les « gueux », les méprisés par les élites financières, politiques et sociologiques, ont occupé les Champs Elysées et détruit tous les symboles du capitalisme triomphant.

 
 
 
 
 
Occupation du lycée Arago : les élèves fichés pour atteinte à la sûreté de l’État
 

Leurs avocats dénoncent un usage illégal des « fiches S »



On s’en souvient, le 22 mai 2018 alors qu’une manifestation du service public se termine à Paris, le lycée Arago est occupé par des lycéens et des grévistes afin de tenir une assemblée générale contre le dispositif Parcoursup. Immédiatement la police intervient dans l’établissement pour interpeler et placer en garde à vue 102 occupants dont 40 mineurs.

Parqués pendant des heures dans des bus de la police, puis dans les cellules de différents commissariats parisiens, fouillés des dizaines de fois, empêchés de boire ou d’aller aux toilettes, les conditions de leur privation de liberté, —qui a duré jusqu’à 79 heures pour certains—, sont alors largement dénoncées et critiquées [1]

 
 
 
 
 
65 intellectuels invités à débattre à l’Élysée
 

La réponse de Frédéric Lordon à Emmanuel Macron



Pour clore en beauté le grand débat national, 65 « intellectuels » ont été conviés à l’Élysée ce lundi 18 mars, auprès du président en personne. Une rencontre qui sera retransmise en direct sur France Culture. Parmi les invités, nous pourrons écouter l’historien Marcel Gauchet, le sociologue Michel Wieviorka ou encore le psychiatre Boris Cyrulnik mais pas l’économiste et philosophe Frédéric Lordon. Alors que ce dernier était dûment invité par M. Macron, il a préféré décliner. Rompu aux usages de la bonne société, M. Lordon n’a cependant pas manqué de s’en excuser publiquement à l’occasion d’une assemblée extraordinaire qui se tenait à la Bourse du travail jeudi 14 [2]. Nous publions ici sa réponse au président ainsi que la vidéo de son intervention.

 
 
 
 
 
Remarques complices sur l’Acte 18 et la suite possible
 

Serge Quadruppani



Samedi 16 mars, il y avait donc plusieurs cortèges et rassemblements dans Paris. Celui contre les violences policières était constitué en grande partie de porteurs des gilets jaunes, le comité Adama et les autres y étaient aussi en force et la présence nombreuse des sans-papiers organisés était remarquable. Ces milliers et ces milliers de gens représentaient sans doute le maximum de fusion entre les différents combats qui s’exprimaient au même moment dans la capitale.

 
 
 
 
 
Le Prince incapacitant - (Sur le fascisme à l’état gazeux)
 

Olivier Long



« Dans le coin, balai ! balai ! que cela finisse, car le vieux maître ne vous anime que pour vous faire servir a ses desseins. » (Goethe, L’apprenti Sorcier)

Imaginons un instant que pour complaire au prince, un maître-fou propose à notre souverain une nouvelle potion magique afin de cryogéniser les super-méchants. Imaginons qu’il fasse valoir que cette poudre ait pour effet de geler la foule sur place, avant même que celle-ci ne puisse approcher une quelconque vitrine (shopping du samedi oblige). Comme le froid, cette poudre enchanteresse aurait pour vertu dit le maître, de percer les parois et les masques les plus étanches (norme FFP2 ou FFP3), ainsi que de faire tomber comme mouches les plus robustes barricadiers de nos contrées, tout en malmenant sans distinction la maman de province comme le manant parisien.

 
 
 
 
 
Depuis les rues d’Alger
 

« Le refus du système politique est total et les gens n’ont plus du tout confiance en cette classe politique. »



Au lendemain de la grande manifestation du 9 mars en Algérie, la revue internationale Liasons s’est entretenue avec un camarade marocain présent dans les rues d’Alger. Dans cet entretien, il raconte l’ambiance sur place et restitue les évènements dans l’histoire algérienne mais aussi dans le présent du Maghreb.

 
 
 
 
 
Vous en perdrez la tête...
 

« Ne sous-estimez jamais la puissance de l’anodin »



« Dans L’Homme des foules, Edgar Allan Poe imagine un homme qui en suit un autre en pensant percer à jour le secret de ses manigances. [...] Nous, qui avons marché hier du matin au soir, puis fêté sans fin du soir au matin, savons que ses nuits sont jaunes, et que la révolution n’a jamais sommeil. »

 
 
 
 
 
16 mars - Emeute sur la plus belle avenue du monde
 

[En images]



Dans l’attente d’un article qui revienne plus en détail sur les violences qui ont de nouveau secoué la capitale samedi 16 mars, nous avons compilé ici les traces les plus significatives laissées par les émeutiers.

 
 
 
 
 
Les sneakers de Jay-Z
 

Quand des photographes bien-pensants, prétendant questionner le « rapport au vêtement » des migrants, affichent leur propre attachement aux canons capitalistes de l’apparence...



Exposée lors des Rencontres d’Arles, la série « Des Sneakers comme Jay-Z » a été encensée par une partie de la presse, de France Inter à Konbini en passant par, vous l’aurez deviné, Nova, Telerama ou Arte. Celle-ci a visiblement apprécié l’engagement citoyen revendiqué de ses auteurs, sans noter que, malgré les intentions des deux artistes, c’est plutôt le rapport au corps et aux habits de l’occident que ces photos mettent en lumière...

 
 
 
 
 
FUYEZ, PAUVRES FOUS !
 

Reportage au grand débat de Gréoux-les-Bains



Le jeudi 7 mars 2019, dans une ambiance de G20, M. Macron se déplaçait à Gréoux-les-Bains, et déplaçait avec lui, dans le cadre de son « Grand Débat National », un impressionnant cortège militaire (CRS, gendarmes, hélicoptères) dont le déploiement, d’emblée, dénotait sérieusement par rapport au sujet annoncé de la Grand-Messe : la transition écologique. Bien qu’il se situe à une encablure du fief d’un des parrains du macronisme, récemment promu Maton en chef et Grand Manitou de la Castagne, le bien-nommé Castaner, le choix de ce village thermal de Provence peut sembler naïf. Mais rien n’est sans calcul dans les choix présidentiels

 
 
 
 
 
Innocentes questions… de lendemain troublant - Philippe Tancelin
 

« Sous quelle lumière noire, le théâtre politicien veut-il encore obstruer la nuit éclairante de la colère ? »



Si les colères populaires ne se comparent pas, elles n’en sont pas moins parentes au titre de l’arbre des droits de l’homme où chacune est cet oiseau de printemps posé sur sa plus fière branche.

 
 
 
 
 
ÉLÉMENTS DECIVILISATION
 

« L’économie est un compte à rebours pour l’extinction »



Le soulèvement des gilets jaunes est historique. Quand on dit qu’il vient de la classe moyenne, on ne le situe pas sociologiquement, tout au contraire on en relève le caractère quelconque et transversal. Cette fois ce ne sont pas des gens politisés qui en convainquent d’autres, ce sont de gens qui découvrent la politique par le seul enseignement de la colère. Quand l’ordinaire trouve les mots, quand la souffrance ordinaire parle et qu’on l’empoigne comme une arme, cela ne ressortit pas de l’histoire de la contestation, mais de l’histoire tout court.

 
 
 
 
 
Un tuto pour ta rédac : comment ne pas inviter un fasciste ?
 

« L’attentat islamophobe de Christchurch en Nouvelle-Zélande illustre tristement, une fois de plus, la totale irresponsabilité de ces gens du petit écran et du poste de radio. »



Brenton Tarrent, l’auteur de la tuerie de Christchurch qui a fait plus de 50 morts dans deux mosquées se revendique d’une certaine pensée française et de ce que l’on nomme la « théorie du grand remplacement » formulée par l’écrivain fasciste Renaud Camus et reprise à l’envie pas tout un parterre de réactionnaires évoluant tant dans la sphère politique que pseudo-philosophique. Un lecteur de lundimatin familier du monde des médias nous a envoyé ce tutoriel afin de venir en aide à toutes ses consoeurs et confrères qui aussi régulièrement qu’accidentellement tendent leurs micros aux plus infâmes pourvoyeurs de haine.

 
 
 
 
 
Les musculeuses mêlées - Estelle Coppolani
 

Réflexions à partir d’une lecture d’Un féminisme décolonial de Françoise Vergès



We are the ones we have been waiting for
June Jordan

On le devine : la vertu synthétique du titre du dernier livre de Françoise Vergrès en fera à coup sûr jaser quelques-un·e·s. Mais qu’importe, cet ouvrage paru chez La fabrique aplatit un certain nombre de questions auquel on est décidément fatigué·e·s de devoir répondre et c’est tant mieux.

 
 
 
 
 
Lundisoir - deux fois par mois au Théâtre de l’Échangeur
 

Lundi 25 mars - Rencontre avec le sociologue Michalis Lianos



Quelques jeunes amis parisiens nous ont proposé d’organiser deux fois par mois des discussions autour de textes parus sur lundimatin en partenariat avec le théâtre de l’Échangeur de Bagnolet. Ces rencontres s’intitulent lundisoir et la première aura lieu le lundi 25 mars de 19h à 22H en présence du sociologue Michalis Lianos à propos des deux entretiens que nous avons réalisés avec lui et que vous pouvez relire ici

 
 
 
 
 
 
m'inscrire / me désinscrire