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#164 | 5 novembre
 
 
 
Le retour des valeurs - Éléments pour une critique des droites (pas si) nouvelles
 

« Après l’élection de Bolsonaro au Brésil, une analyse du mouvement de fond qui mène les grands États aux portes du fascisme s’impose »



Alors que l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil consigne une nouvelle victoire du populisme dans les arènes démocratiques, une analyse des mouvements de fond qui mène les grands États aux portes du fascisme s’impose. Nous publions ici la traduction d’un article écrit au mois de mars par nos amis chiliens du collectif Vitrina Dystópica et du Groupe d’études expérimentales Paul K. Feyerabend. Ce texte permet de prendre un certain recule vis-à-vis de l’immédiateté de l’information et permet de tracer les contours d’une démocratie dystopique à venir. On saluera, par ailleurs, la clairvoyance des auteurs et l’acuité de leurs analyses.

 
 
 
 
 
Marseille : lettres de la Plaine
 

Un mur de béton de 2m50 protège désormais le chantier tant contesté.
« Ce mur Gérard, il tombera. »



Depuis le 11 octobre, le quartier de la plaine à Marseille est engagé dans une séquence décisive de sa bataille pour un quartier vivant et populaire. Une bataille contre la soleam (société locale d’équipement et d’aménagement de l’aire métropolitaine) qui veut s’approprier la place. La plus grande place de la ville. Dans le projet de la soleam la place sera tissée de caméras de vidéosurveillance et de commerces pour une autre population que celle du quartier. C’est que la soleam rêve d’une autre ville avec d’autres habitants.

[Alors que nous nous apprêtions à boucler l’édition de ce lundi, on nous informait qu’enfin, le mur infâme avait commencé à s’effondrer, le mistral aidant. Nous vous invitons donc à lire cette dernière lettre aux élus publiée in extremis. Pour davantage de contextualisation sur la lutte en cours autour du quartier de la Plaine, relire notre article du 15 octobre : Le vol noir des corbeaux sur la Plaine et écouter les lettres précédentes de la Plaine ici et .]

 
 
 
 
 
Marseille : lettres de la Plaine
 

Coup de mistral : le mur est tombé



Alors que nous nous apprêtions à boucler l’édition de ce lundi, édition dans laquelle une lettre de la Plaine annonçait aux pouvoirs publiques que le mur de béton de 2m50 construit à la hâte pour protéger la destruction de l’une des dernières place populaire de Marseille, ne manquerait pas de tomber, nous recevons cette nouvelle missive. Le mur est donc partiellement tombé et éclaté sur le sol. Cela valait évidemment une nouvelle lettre aux élus.

 
 
 
 
 
Salon du livre jeunesse de Montreuil : le Centre national du livre se réjouit de sa collaboration avec McDonald’s
 

Par L. L. de Mars



Le culture-washing permet déjà depuis des années de dézinguer des quartiers vivants qui font obstacle à l’expansion des centres villes bourgeois et d’en chasser les pauvres sans heurt, sans protestation journalistique, sans remou social : les centres d’art, avec la complicité d’artistes aussi collabos qu’aveugles à leur propre fin, forment les éperons du Bien Irréfutable avant que toute gentrification n’entame son carnage urbain. Sous chaque Centre Culturel, un sédiment de clodos. Certaines villes, comme Nantes, sont devenues les concrétions aberrantes de ce ravage souriant dont plus rien ne semble pouvoir stopper l’expansion tumorale. Les habitants de la ville ne sont plus que les hommes sandwiches d’un projet culturel sans fin.

Et voici maintenant que le Centre National du Livre, éminence peu contournable du Ministère de la Culture et de la Communication, accompagne McDonald’s dans le culture-washing pour que son poison alimentaire et social soit auréolé à son tour du Bien, pour que le Grand Bien Culturel et ses fétiches s’invitent entre la piscine à bulles et la fontaine de Coke ; et le livre est encore l’archonte de toute la féticherie nationale même quand tous les signes de société invitent à le sceller à jamais et à s’asseoir dessus.

 
 
 
 
 
Pavés sans plage - par Olivier Long
 

« Les fantômes ne doivent pas nous faire peur, ce sont nos amis. »



Depuis la crise de 2008, il n’y a plus rien à négocier : qu’on vote à droite ou qu’on vote à gauche, les réformes tombent d’en haut, comme on bombarde une ville, à l’aveugle. À l’aube du nouveau millénaire, des prophètes du virtuel avaient annoncé un monde nouveau, libéré de toute contrainte. Un cyberespace délocalisé devait permettre l’accès immédiat à la totalité des biens de ce monde. Aujourd’hui, loin de ce Pays de Cocagne, l’obligation de productivité, la tension des flux, la rapidité des mouvements de capitaux, les profits éclairs, le trading à la milliseconde, le stress et le burn out généralisé consacrent une formidable accélération des consciences. De progrès qu’elle était, l’immédiateté s’est faite contrainte. Il n’y a plus d’issue de secours, l’omniprésence du calculable a fini par prendre la place de la réalité elle-même.

 
 
 
 
 
La pensée décoloniale est-elle soluble dans l’État Vénézuelien ?
 

« Après la création du Ministère des Mines Écologiques, le Gouvernement-des-oxymores a annoncé la création d’un “Institut National de la Décolonisation du Venezuela” »



Du 22 au 26 octobre, s’est tenu à la Bibliothèque Nationale du Venezuela un colloque ayant pour sujet «  la IIIe école de la pensée décoloniale critique : processus étatiques et constitutifs  ». Ramon Grosfoguel, Enrique Dussel et Houria Bouteldja y étaient notamment présents. Profitant de la présence d’intellectuels et de militants décoloniaux venus de différents pays, Nicolas Maduro, a reçu les différents participants au Palais présidentiel pour inaugurer le nouvel «  Institut de la pensée décoloniale  ». Si le projet est porté de longue date par des penseurs comme Ramon Grosfoguel et Enrique Dussel, le responsable de cet Institut, à savoir Ernesto Villegas, ministre de la Culture, a été désigné par le président Maduro, «  afin de donner cohérence, articulation et pouvoir avancer dans l’ensemble de ce processus pour consolider une indépendance absolue du pays. »

 
 
 
 
 
À Romainville, au nom de l’écologie on massacre
 

[Reportage audio]



À deux kilomètres à l’est de Paris, en contre-bas de la cité Gagarine, il existe une forêt de 27 hectares : la Forêt de la Corniches des Forts, à Romainville.
La Région Ile-de-France a prévue d’en défricher 8 hectares pour la transformer en Ile-de-Loisirs, un non-sens dans le contexte de crise écologique actuelle. Depuis le lundi 8 octobre, les machines ont été lancées à l’assaut de cette forêt.
La destruction a commencée.

Le 16 octobre dernier, nous publiions un texte intitulé « Risque d’effondrement à Romainville » dans lequel l’historien Sylvain Piron racontait la destruction imminente de cette forêt sauvage en bordure de Paris. Nous publions cette semaine ce reportage audio.

 
 
 
 
 
Bure : malfaiteurs ? Alors j’en suis !
 

« Si nous sommes malfaiteurs, alors soyons innombrables à l’être »



Depuis plusieurs années, les opposants au projet de construction d’une poubelle nucléaire à Bure connaissent une répression judiciaire hors norme. Le 20 juin dernier, un juge d’instruction ordonnait 14 perquisitions simultanées chez les militants, 8 d’entre eux sont alors placés en garde à vue pour « association de malfaiteurs ». Nous reproduisons ici un texte initialement paru sur le site d’informations alternatives Manif.est. Il revient en détails sur la manière dont la justice tente de mettre un coup d’arrêt à la contestation anti-nucléaire dans la Meuse.

On nous signale aussi qu’une vingtaine de bals de soutien sont organisés dans toutes la France ces prochaines semaines. Pour plus d’infos c’est par ici.

Aussi, un séminaire de recherche intitulé Penser-lutter avec Bure se tiendra tout au long de l’année à l’Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris. La première séance aura lieu le 14 novembre.

 
 
 
 
 
Fascisme ou économisme ultra ? Nous voulons les deux
 

Par Jacques Fradin



 [1]

Les républicains qui se disent « progressistes », en marche ! mais vers où ? tentent d’en appeler à une nouvelle sorte (bien avariée) de « front républicain » (« progressiste ») pour essayer de rejouer en boucle le second tour, pipé, de la présidentielle : « progressistes », mais de droite ou de centre droit, contre « fascistes », mais qu’il vaut mieux définir comme des « économistes ultras » à la Trump Bolsonaro et tous les autres autocrates avec leurs milices du capital.

 
 
 
 
 
Le prolétariat brésilien n’a pas été vaincu par la dictature mais par la démocratie
 

« Chaque fois que l’extrême droite est arrivée au pouvoir, c’est parce que la classe ouvrière avait été préalablement vaincue. »



Alors que l’élection de l’infâme Bolsonaro au Brésil suscite toutes sortes d’indignations médiatiques ou sincères, nous sommes tombés, presque par hasard, sur cette tribune chilienne. Par-delà le vocable marxiste et une conclusion que nous sommes très loin de partager, cette analyse historico-politique vise à démontrer une certaine continuité entre la gouvernementalité de gauche et la racaille fasciste. Il faut parfois faire un détour par le Brésil pour mieux comprendre notre situation française.

 
 
 
 
 
De Riace à Rio, la voie légaliste du fascisme
 

Serge Quadruppani



Si le réformisme social-démocrate avait eu encore le moindre avenir, le « modèle Riace » aurait été promu par la « gauche » partout en Europe, en particulier en Europe du Sud. Pour qui l’ignorerait encore, Riace est un village de Calabre où, en échange des 35 euros journaliers alloués par l’Etat pour chaque migrant et utilisés (et détournés) partout ailleurs pour créer des camps et casernements infâme, le maire et l’association créée pour l’occasion ont fait revivre un village déserté en rénovant les appartements et créé un moulin, des ateliers coopératifs travaillant le verre, le papier, la broderie… l’afflux de la nouvelle population a entraîné la création d’une crèche, une école, des dispensaires, un restaurant, une bourse du travail, les bars ont rouvert et la population ancienne et la nouvelle se sont mêlées, certes non sans heurts mais la plupart du temps avec un plaisir visible. Poursuivi pour des délits qui relèvent tous d’une certaine inattention aux procédures et en aucun cas d’un enrichissement personnel, Mimì Lucano, le maire, est maintenant interdit de séjour dans son propre village.

 
 
 
 
 
Forza No TAP !
 

Italie du Sud : un an et demi de lutte contre le gazoduc transadriatique



Le TGV Lyon-Turin va-t-il être abandonné par l’État italien ? Jamais l’hypothèse n’est apparue aussi crédible depuis que la métropole turinoise s’est explicitement prononcée pour l’arrêt de l’infrastructure, la semaine dernière. Stopper tous les GPII, c’était un pan important du programme du mouvement Cinq Étoiles. Quelques mois après être arrivé à la tête de l’État grâce à ses charmants partenaires de la Ligue du Nord, l’application de celui-ci semble pour le moins compromise. Car si le sort du TAV est encore en suspens, celui du TAP, le Trans Adriatic Pipeline, ne l’est plus. « L’opera si farà » vient de trancher le chef du Conseil. À peine quelques heures après l’annonce, les travaux reprenaient dans le Salento, l’aride péninsule qui forme le talon de la botte italienne.

 
 
 
 
 
Serge Quadruppani - Sur l’île de lucifer
 

[Bonnes feuilles]



Serge Quadruppani est un écrivain multicarte. S’il est essentiellement connu de nos lecteurs pour ses ouvrages « politiques », ses tribunes subversives et ses débats houleux avec la Police nationale, il est aussi auteur de romans noirs. Son dernier livre, Sur l’île de lucifer vient de paraître aux éditions Snag, on y croise d’inquiétants zadistes, une sorcière qui fait parler les morts, un curé haïtien, une exilée chilienne... Tout cela sur fond de meurtres aussi mystérieux qu’inquiétants.

Nous en publions ici quelques bonnes feuilles.

 
 
 
 
 
Nom d’un chien !
 

Notes autour de Laïka



Bonjour,
je ne sais pas si vous êtes des adeptes du Théâtre du Rond Point, sans doute que lundimatin n’a pas vocation a se faire agenda culturel…

Cependant, j’y ai vu dimanche dernier une pièce qui m’a beaucoup plu et dont un texte est sorti que vous trouverez ci-joint.

Bien à vous,

Elias Preszow

 
 
 
 
 
Habiter
 

[Vidéo]



 
 
 
 
 
 
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