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#151 | 25 juin
 

Édition en cours...

 
 
« Avec Bure, nous sommes toutes et tous des malfaiteurs ! »
 

Chercheurs, écrivains, chanteurs, poètes, militants, comiques, philosophes, acteurs, réalisateurs, dénoncent l’opération répressive contre les chouettes et les hiboux de Bure



Dénonçant une opération d’intimidation contre les opposant·e·s au projet d’enfouissement nucléaire, des intellectuel·le·s affirment leur solidarité avec les militant·e·s antinucléaires : « Si les chouettes et les hiboux de Bure devaient constituer une association de malfaiteurs, nous en ferions partie. » Parmi ces personnalités : Guillaume Meurice, Clothilde Hesme, Elsa Dorlin, Cyril Dion ou encore Frédéric Lordon. 

[Cet appel a été publié simultanément sur Mediapart, Bastamag, Politis, Reporterre et lundimatin.
Plus d’informations et d’articles à venir ce lundi sur lundimatin.]

 
 
 
 
 
Après perquisition, je me décline : exilé de l’Etat
 

Témoignage à chaud de l’une des personnes arrêtés à Bure le 20 juin 2018



Mercredi 20 juin à 7 heure du matin, des centaines de policiers et de gendarmes ont perquisitionné 11 lieux d’habitation et d’organisation à Bure et interpellé 10 personnes pour association de malfaiteurs. C’est la plus grosse opération répressive contre le mouvement anti-nucléaire depuis des années. Il s’agit évidemment d’intimider celles et ceux qui luttent contre le projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires de l’Andra. Nous publions ici le témoignage de l’une des personnes arrêtée ce jour-là, il a d’abord été publié sur le site d’information du mouvement www.vmc.camp.

 
 
 
 
 
« Excusez-nous pour le McDo »
 

L’1consolable produit la nouvelle chanson d’un groupe de rap qui compte pas moins de 1200 membres !



Le 2 mai 2018, le lendemain du 1er et la veille du 3, j’étais chez moi tranquille en train d’enregistrer comme chaque jour une chanson à la gloire de la police lorsqu’on sonna à ma porte. Lorsque j’ai ouvert, il y avait 1200 personnes qui attendaient de pouvoir entrer. C’était amusant car elles étaient toutes vêtues d’un k-way à cause des risques d’orage ce jour-là. Elles m’ont dit d’une seule voix qu’elles se nommaient Les Casseurs. Au début, j’ai eu un peu peur, mais lorsque j’ai vu qu’elles portaient des lunettes de piscine j’ai finalement décidé de les faire entrer.

Bien que nous étions quelque peu serrés à 1200 dans mes 46m2, elles m’ont expliqué autour d’un jus de citron qu’elles souhaitaient enregistrer une chanson afin de s’expliquer sur leurs agissements de la veille. Elles avaient en effet sans faire exprès cassé un McDo à Austerlitz lors de la manifestation du 1er mai, et tenaient à s’en excuser ainsi qu’à relater les faits dans leur exactitude afin de dissiper tout malentendu. Comme je n’aime pas qu’on casse des choses moi non plus (une fois j’avais cassé mon téléphone et j’étais bien embêté pour envoyer des vidéos de chats rigolottes à mes amis), j’ai jugé important qu’elles puissent s’exprimer à ce sujet et leur ai donc composé une instru sur mesure, sur laquelle elles pourraient ensuite scander le texte qu’elles avaient écrit.

 
 
 
 
 
Sociologie vs zoologie - Des défenses contre l’éléphant
 

Extrait de la nouvelle revue Parades



Parades est une nouvelle revue qui paraît en ce début d’été. Le premier numéro, intitulé Trancher la ville se propose "d’ausculter l’état des Métropoles et des résistances transversales qui s’y dessinent. Croisement de textes « d’actualité » et de republications, d’entretiens et de photographies, la revue part de Nantes pour se faufiler dans les interstices d’autres Métropoles – on se retrouve dans le métro de Lyon, dans les rues de Rennes, dans le centre-ville de Caen...".

Nous reproduisons ici l’entretien de Pierre Douillard-Lefevre, publiée sur papier dans Parades. Le sociologue y retrace les stratégies politiques, urbanistiques, économiques et culturelles de la ville de Nantes ces 30 dernières années.

« Dans le cadre du Voyage à Nantes, une installation particulièrement cynique a été proposée : un immense drapeau noir flottant au vent à l’intérieur du théâtre Graslin, en référence à l’anarchisme de la fin du 19e et à ses poseurs de bombes.
C’est génial, c’est la ville orwellienne par excellence, c’est un double discours permanent, ce qui permet de garder un électorat socialiste qui fréquente ces expos-là, qui lit L’Insurrection qui vient mais qui ne vient jamais dans la rue et ne se rend pas compte à quel point est en train de s’installer un ethos sécuritaire et répressif. »

 
 
 
 
 
Le noir vote blanc
 

La Kanaky est une Zone À Défendre



Bienvenue en Nouvelle Calédonie. Paradis tropical où les fonctionnaires français s’extasient de la beauté des lagons qu’ils sillonnent en planche à voile, tout en installant des usines sidérurgiques sur ses côtes. Paradis tropical où les fonctionnaires français s’extasient de la saisissante courbe des montagnes où ils font du trek, tout en poussant toujours plus loin l’extraction minière. Plus les fonctionnaires français blancs s’extasient bruyamment de la beauté de ce pays, plus ils semblent vouloir lui arracher jusqu’à ses entrailles, avec le sourire, parfois même avec un collier de fleurs autour du cou.
Ce petit bout de rocher émergeant des océans fait actuellement parler de lui car s’y joue un de ces moments que l’homme blanc dit « historique » : la consultation référendaire du 4 novembre 2018, demandant aux habitants de l’île s’ils désirent rester Français ou accéder à l’indépendance Kanak. Organiser un tel scrutin dans un pays colonisé où le peuple autochtone Kanak représente désormais moins de 40% de l’électorat passerait pour une arnaque à n’importe quel enfant à qui l’ont expliquerait les choses simplement, et pourtant… la démocratie chirurgicale française, partis « indépendantistes » en tête, s’apprête à rejouer une scène dont personne n’est dupe.

Nous avons reçu une vidéo accompagnée d’un texte invitant « LE NOIR A VOTER BLANC » lors du référendum du 4 novembre 2018 ( les images de la vidéo ont été filmées lors du passage d’Emmanuel Macron sur l’île du 3 au 5 mai 2018). Cet appel a été produit par le « Collectif des Subrogés Tuteurs », regroupant des juristes Kanaks indépendantistes « indépendants » (c’est à dire hors du FLNKS, le parti historique de la lutte des années 80, aujourd’hui considéré comme un parti corrompu). Leur appel est précédé d’une rapide mise en contexte produite par nos soins.

 
 
 
 
 
Justice et Vérité pour Jérôme Laronze
 

Parce que l’histoire des impunités policières doit cesser, dans les « quartiers populaires », tout comme dans les « zones rurales ».



Le 20 mai 2017, Jérôme Laronze, éleveur en Saône-et-Loire, était tué par les tirs d’un gendarme. Il était alors en fuite après avoir refusé de se soumettre à un énième contrôle vétérinaire. Le récit détaillé de cette affaire est à lire sur Reporterre. Nous publions cette semaine un texte signé de sa soeur, Marie-Pierre Laronze et de l’auteur Guillaume Cayet.

Une pièce de théâtre intitulée « Neuf mouvements pour une cavale » et inspirée de l’histoire de Jérôme Laronze est en préparation pour la rentrée.

 
 
 
 
 
Beaucoup de bruit pour tout
 

À nos fans - Par Les intermittents du désordre



« Les Intermittent.es du désordre surgissent de la moiteur silencieuse des salles comme le black bloc sort des foules : pour questionner la parole et le silence, l’ombre et la lumière. »

Fiers de leurs succès et suite à leur communiqué de la semaine passée, les Intermittent.es du Désordre accèdent à la notoriété et publient, à l’approche des festivités traditionnelles du théâtre en chemise blanche et panamas, leur édito d’été.

Retour sur les temps forts d’un début de saison prometteur et projection des perspectives avignonnaises.

 
 
 
 
 
Homard en raviolo et puissance du lepénisme
 

Compte-rendu d’une conversation de 2017 établissant un accord secret entre la tendance lepéniste de l’Etat profond et Emmanuel Macron



Le (relativement) jeune homme qui nous a proposé ce texte n’est pas un ami, ni même un camarade. Comme il tient à garder l’anonymat, on signalera simplement qu’après avoir servi sous Hollande dans divers cabinets ministériels, il a participé à la campagne d’Emmanuel Macron dans le but, prétend-il, de l’influencer à gauche. Il assure que le dîner qu’il évoque ici a bien eu lieu, que le contenu des conversations était celui-là, et que, s’il a dissimulé l’identité des participants en introduisant certaines fausses informations dans leurs biographies, il s’agissait bien de personnages issus des très hautes sphères de l’administration et du monde des affaires. Après avoir tenté vainement de faire paraître son texte dans divers journaux, il s’est résolu à nous le proposer en arguant que « si nous avions publié Campion, nous pouvions bien le publier lui ». Comme nous le pressions de nous donner des preuves de la véracité de son compte-rendu, il nous a rétorqué qu’il ne nous en fournirait aucune parce que ce serait trop compromettant pour lui, mais qu’il suffisait de voir la politique actuelle de l’Etat français ainsi que le comportement de sa police et de cette partie de la magistrature qui n’a rien à refuser aux gouvernants du jour, pour admettre que ce qu’il rapporte est pour le moins plausible. Ajoutons qu’au cours de la seule conversation que nous avons eue avec lui, il nous a déclaré qu’à la suite du repas qu’il évoque ici, il s’est mis à l’écart de la campagne d’Emmanuel Macron. Avant de couper tout contact avec nous, il a conclu : « Prenez-le comme une fiction, si vous voulez, mais comme une fiction qui en dit plus sur l’état du pays que tout ce que nous racontent les journaux depuis la prise du pouvoir par Emmanuel Macron ». Tout ce que nous avons pu apprendre par la suite, c’est que notre interlocuteur n’a pas menti sur son propre parcours, et qu’il occupe aujourd’hui des fonctions importantes dans la diplomatie française, loin de Paris.

Lundimatin n’a pas les moyens de mener une enquête approfondie mais compte sur ses confrères pour vérifier le degré de véracité de ce récit que, en attendant mieux, nous présentons donc comme une (presque) fiction.

 
 
 
 
 
Poétique du texte macroniste
 

Nettoyage du style et nettoyage du sens chez Mathieu Larnaudie



Passer la serpillère pour que ça brille, ça s’apprend empiriquement. Mathieu Larnaudie, auteur de Les Jeunes Gens, une « enquête » sur la promotion de l’ENA d’où est sorti le président Macron, est passé maître en la matière. Comme souvent les textes vraiment agiles, Les Jeunes gens a été écrit sur commande. La première, la commande d’un article par Vanity fair. La seconde, au lendemain de l’élection présidentielle, celle des éditions Grasset pour une version longue de l’article. Genèse d’un journalisme de complaisance institué ouvrage littéraire. Le bandeau de Grasset : « Promotion Macron » est un double sens éloquent : nos trois compères (Vanity, Grasset, Larnaudie) se donnent l’air d’analyser une promotion de l’ENA dont ils font en réalité l’éloge vendeur. L’auteur affirme ainsi « aborder l’histoire et les parcours des membres d’une promotion de l’ENA (…) pour explorer la manière dont le pouvoir se constitue, s’exerce et se dit en France ». A cette fin, il se met lui-même en scène, en rendez-vous avec lesdits membres de la promotion Senghor, ou marchant dans Paris en méditant sur « Le Pouvoir » – selon lui, un ensemble de signes, dont les signifiés et les effets resteront pourtant à jamais absents du texte.

 
 
 
 
 
(G)rêve, Général(E) : Chant de guerre pour l’armée d’Instin [4/4]
 

Par Eric Darsan



Nous publions cette semaine, en collaboration avec la revue littéraire Remue.net, le quatrième et dernier épisode de G)rêve, Général(E) : Chant de guerre pour l’armée d’Instin d’Eric Darsan. [Nous vous conseillons de commencer par le premier épisode si ce n’est déjà fait]

Général Instin (GI), nébuleuse artistique interdisciplinaire, utilise depuis 1997 une figure trou, soldat issu d’un cimetière parisien, autorité fantomatique essaimant sous de multiples formes selon les contextes. Il est depuis 2007 un feuilleton sur remue.net, a fait paraître 3 livres chez le Nouvel Attila, apparaît aussi sous forme de festivals à Belleville, dans une campagne mondiale d’affichage street-art, etc. Il compte à ce jour 200 contributeurs.

 
 
 
 
 
Chroniques de frontières alpines
 

2 – Violer sans entrave les droits des étranger-es : la frontière, fabrique d’exclusion politique



L’été dernier, nous publiions une série d’articles qui retraçait le parcours de deux étudiantes en géographie qui avaient décidé de remonter la route migratoire des Balkans, de Calais au Liban.

Ces Chroniques de frontières alpines s’inscrivent dans la continuité de ce travail. À rebours de la superficialité et du sensationnalisme médiatiques habituels, les auteurs ont entrepris un travail de terrain sur un temps long. Depuis Briançon, à la frontière avc l’Italie, elles racontent l’accueil des migrants et la militarisation de la frontière, les méthodes policières, leurs effets et les solidarités qui toujours, s’y opposent. Vous pouvez retrouver tous leurs articles sur leur blog Derootées.

 
 
 
 
 
Une liberté de plus en moins
 

« Parmi les grands mythes français, il y a celui de l’école... Ha ! l’école... gratuite, laïque, et obligatoire. »



L’école n’est pas obligatoire et il est parfois bon de s’en rappeler un instant. L’instruction est obligatoire, mais pas l’école. Jusqu’à maintenant, cela faisait une différence importante : il était et il est encore possible de ne pas scolariser ses enfants dans l’école républicaine, celle-là même qui a lavé au savon la bouche des Bretons, et de bien d’autres encore, pour qu’ils parlent en bon français. D’autres modes d’instructions sont possibles et la mise au pas souvent violente accomplie à l’école n’est pas une fatalité. Sauf qu’elle est en passe de le devenir, comme le renseigne en détail cet article sur l’évolution de l’encadrement de « l’école à la maison ». Surtout, le prisme à travers lequel l’État encadre la possibilité d’une instruction différente démontre clairement, comme par contraste, le rôle de l’école : la délinquance ou le terrorisme sont autant de raisons qui poussent à restreindre toujours plus la marge de liberté hors de celle-ci. S’extraire de l’enceinte de l’école est d’emblée « louche » voire dangereux.

Cet article que nous avons reçu et que nous publions, retrace les dispositions législatives qui visent à encadrer tous ceux qui cherchent justement à sortir du cadre et en ont théoriquement le droit. Notons qu’il a suscité beaucoup de débats au sein de notre rédaction : s’il n’y a aucun doute à avoir quant au rôle social de l’école républicaine : former, normer, formater, évaluer, trier ; « l’école à la maison » nous paraît loin de constituer une issue miraculeuse. Si l’école est comme elle est, c’est parce qu’elle est cohérente avec notre monde : avec le monde du travail, de la sélection, de la concurrence, de la police et de l’État. Or, l’école à la maison n’abolit pas ce monde. Peut-être que la bulle familiale n’est que le revers de la castration insitutionnelle.

 
 
 
 
 
Menacés d’expulsion, les exilés de Paris 8 ont décidé de rester
 

Mise à jour [Vidéo]



MàJ : Les exilés n’ont toujours pas été expulsés à ce jour mais des rumeurs insistantes d’une évacuation dans la nuit de dimanche à lundi circulent. Nous venons d’ajouter une seconde vidéo.

Depuis le 30 janvier 2018, l’université de Paris 8 est occupée par des exilés. Comme nous le rapportions la semaine dernière, les occupants sont menacés d’expulsion à partir de ce lundi 18 juin. Alors qu’ils risquent d’être arrêtés par la police, placés en rétention et expulsés, ils ont choisi de rester et de continuer à s’organiser. Nous publions cette vidéo, deux autres suivront au cours de la semaine, qui relève autant du témoignage que de l’appel à soutien. Ci-dessous, le dernier communiqué des exilés.

 
 
 
 
 
 
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