« A partir du 28, on reste sur la place toute la nuit. »

#Ramènetaplanche #OnOccupeMieuxQueCa

paru dans lundimatin#58, le 25 avril 2016

Nous avons reçu deux appels à occuper/réoccuper/mieux occuper, en somme à ne plus rester seulement une nuit, debout, sur la place de la République. Nous les reproduisons ici, à la suite l’un de l’autre.

EDIT : l’initiative est relayée depuis peu via un compte Facebook, et un autre Twitter, sur lesquels on trouvera certainement les dernières informations.

Jeudi 28 avril, après la manif, on reste en place à République. Grève reconductible, occupation reconductible, c’est ça qu’il nous faut. Le 31 mars, on se disait #OnNeRentrePasChezNous, on passe la #NuitDebout. Et pourtant on est rentré chez nous chaque soir, après avoir tout démonté, quand la police sifflait la fin de la récré. Et on a beaucoup trop été assis sur cette place, et pas assez debout, à s’activer, à construire, à danser, à transformer l’endroit en terrain de jeu, en place fortifiée, en petite ville dans la ville.

Alors ramène ta planche, ta palette, ton bout de bois. Prend des clous, des vis, un marteau, une scie, tout ce que tu peux pour bâtir quelques structures pour s’abriter, quelques bancs, quelques palissades. Plus on construira, plus de gens auront envie de s’y mettre et de rester, plus nous dégager deviendra difficile.

Et il faudra aussi mettre l’ambiance, se poser, se mettre bien. Ramène du son, de la peinture, ramène ton frère, ta sœur, tes potes. Si tu as un camion, ramasse un canapé, des meubles, ce que tu trouveras pour faire de l’endroit un spot où se caler. Des braseros pour faire du feu, des bâches s’il pleut. C’est le moment de fouiller dans les greniers et les garages et de ramener tous un petit truc en plus pour mettre en musique République, ou la place de la Commune, comme l’appellent déjà certains.

Et puis n’oublions pas qu’’il va falloir la défendre cette place, alors pense à tout ce que tu peux, à tes amis, si tu peux te protéger toi-même avec des genouillères, avec des coudières, poto ; prends un casque, prends un truc pour protéger ton menton, ta mâchoire, ton pif. Du sérum phy, du maalox, des citrons, des lunettes de plongée, des masques de ski, tout ce qu’il faut pour ne pas devoir fuir sous les gaz s’ils veulent nous expulser.

Enfin, plus que tout ça, ce qui nous permettra de rester, de tenir la place, de tenir debout jusqu’au petit matin, jusqu’à ce qu’une relève arrive pour le 29, puis pour le 30 et ainsi de suite, c’est le nombre de gens déterminés à rester, à tenir le plus longtemps possible, à ne pas lâcher ce petit radeau qu’on va commencer à construire. On est nombreux, on fait ce qu’on veut, chantaient les lycéens à Lyon la semaine dernière. Alors c’est le moment d’appeler tout le monde et d’y croire, se dire enfin qu’on peut rester jusqu’à ce que nous (et pas la police) décidions de partir. Dis-le à tous ceux qui ne sont encore jamais venus, ceux qui partent avec le dernier métro, ceux qui écoutent l’assemblée mais ne regardent pas ce qui se passe autour, ceux qui boivent un dernier coup avant d’aller se coucher, ceux qui ont essayé de rester les autres soirs et ont toussé sous les lacrymos. Cette fois, pour de vrai, #OnReste, #OnOccupeMieuxQueÇa.

#28Avril #59mars
#RamèneTaPlanche

— -

« Ça a commencé le soir du 28 avril 2016.
Sur la place, comme les AG étaient chaque jour plus mornes, personne ne s’attendait à ce que ça parte comme ça. C’est allé hyper vite. Après la manif, on est tous allés sur la place et là plein de gens se sont mis à construire des cabanes, un château, et autres paillottes. Il y avait aussi un grand banquet et plusieurs sons. C’était taré, en deux-deux on a vu naitre sous nos yeux une ville dans la ville.

Il pleuvait mais on restait tous. On restait parce que y’avait plein de choses à construire, et puis on faisait la fête et puis j’en ai marre de walking dead. On restait aussi parce que y’a plus que ça à faire si on veut que ça bouge.

Avec tout ça la nuit est passée vite. Vers huit heures au moment du café et des tartines, en regardant débouler les premiers passants on a compris qu’on venait de tenir notre première nuit d’occupation. »

A PARTIR DU 28, ON RESTE SUR LA PLACE TOUTE LA NUIT.

RAMENEZ DE QUOI CONSTRUI1RE, DE QUOI OCCUPER, TENIR.

#OnOccupeMieuxQueCa

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