Tous les jours

Il y a eu ces jours où certains ont compris qu’il y avait des responsables
A cette vie et à ces jours
De tous les jours
Toujours pareils

paru dans lundimatin#67, le 27 juin 2016

Il y a ces jours de tous les jours
Que tu connais déjà par coeur
Il y a ces jours de peur
Il y a ces jours de fête
Il y a ces jours toujours pareils
Le soir c’est le matin un peu plus tard
Les mots toujours les mêmes
Parler parler pour ne rien dire
Et tous les jours tu ne sais pas
Ce que veut dire un jour de plus
Mais il faut bien le vivre

Il y a ces jours de tous les jours
Mais il faut bien vivre dedans
Il faut bien gagner une croûte
Pour y tartiner ton vide
Il faut bien remplir ces journées
Il y a ces jours de peur
Et ces jours de fierté
Et tout ça mélangé

Il y a des jours
Où tu ne sais pas si vivre
C’est travailler
Ou si travailler
C’est vivre
Il y a peut-être un jour
Où tu as une seconde devant toi
Et tu l’attrapes et te demande ce que c’est que la vie sans travail
Ce que c’est que la vie juste ce qu’il faut
Il y a des jours où il te faut le monde entier à toi tout seul
Il y a des jours où il te faut tout acheter
Mais
Il y a peut-être un jour
Où avec peu on se surprend à se suffire
Et à trier
Eliminer
On se reprend
On réapprend
A faire soi-même
Et à faire sans

Il y a eu des jours
Ces jours où
Tu l’as peut-être senti
Est passé un vent salvateur
Dans les rues
Dans les gens
Dans les bouches
Il y a quelques brèches de jour qui se sont ouvertes entre les murs des villes
Entre les mains des gens
Il y a eu ces jours où certains ont compris qu’il y avait des responsables
A cette vie et à ces jours
De tous les jours
Toujours pareils
Et qu’il arrivait un jour où ce n’était plus supportable
Ce vieux long jour comme une gigantesque nuit
Avec tous les jours les mêmes jours
Et puis au bout
On ouvrirait timidement les yeux
Juste pour se voir crever d’ennui
Il y a des responsables à ça
Et même
On les élit pour ça

Il y a ces jours de tous les jours
Où tu t’enlises
Il y a ces jours de tous les jours
Où tu t’enterres
Où tu t’interdis toi-même
Tu te censures
Tu obtempères
Tu acceptes
De t’amuser dans les clous
De t’exprimer dans les clous
Dans les urnes
Tu acceptes de vivre
Entre les limites qu’ils ont fixées
Là en bas
Sous nos pieds
Les rats en costume gris qui nous pompent le jus
Qui délimitent et qui barricadent
Qui tracent au sol les lignes qu’on ne dépasse pas

Et moi ici
J’attends ce jour
Où tu bascules
Où tu gesticules
Tu pètes un câble en somme
Et ton voisin aussi
Et peut-être que finalement c’est tout le pont qui s’écroule
Tous les jours qui s’arrêtent
Et on peut enjamber des lignes
Pas toutes
Mais celles qu’on veut
Celles qu’on choisit

Choisir
Il y a des jours où tu choisis ?
J’aimerais te voir choisir
J’aimerais te voir faire
J’aimerais que tu m’apprennes
Tout ce que je n’ai pas
J’aimerais qu’on réapprenne
Tout ce qu’on ne soupçonne pas

Il y a ces jours de tous les jours
Qu’on n’effacera pas
Mais qui sont de la force et puis de la colère
Pour les jours où des brèches s’ouvrent
Et laissent passer le jour
Jusqu’à qu’on ne le lâche plus
Et puis on choisirait ce qu’on y fait dedans
On jetterait les clous
Les rats et les costumes
On réapprendrait à parler
Tu sais
J’aimerais t’entendre parler
Parler parler pas pour rien dire
Mais pour tous les jours s’apprendre
Ce qu’on est
Et s’en rappeler
Arrêter de se forcer
A oublier
Mais plutôt se forcer
A choisir
A réfléchir

Il y a ces jours de tous les jours
Où on s’empêche de penser
Et ce sont ces jours là
Qu’il faut enterrer

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