Cessez de jouer la mouche du coche, soyez la coche !
D’humour noir à humour noirci, noircissez-vous vraiment, au jus de nihilisme, pas cher en ce moment, vous en trouverez chez Auchan à gogo au rayon bio, vous irez en trottinette, car le réel du prix à la pompe vous tient coi.
N’attisez pas la haine chez les enfants au collège, saisissez vous-mêmes le couteau, et tuez, lardez de sang froid de rire chaud le corps d’un gamin de 13 ans, mieux que ne le fait son copain de classe du même âge.
Foncez en bagnole avec ce qui vous reste de carburant de merde, shootés au gaz hilarant, c’est-à-dire au verbe sans conséquence sauf pour les autres, médusés, vos épigones.
Soyez de vrais influenceurs-ceuses à la bonne sauce, avec des fausses miches, de faux culs bimbo, une barbe en paillasson et les couilles sur la table, bref soyez enfin des accélérationnistes en uniforme cathodique, et qui sait, peut-être au final, chrétiens évangélistes. Ne restez pas à la traîne, vos mentors courent encore loin devant.
Votre invisibilité date un peu, beaucoup, passionnément. Quittez l’angle obscur d’un fond de vieux troquet miteux, paradez dans le Fouquet’s parmi les pourceaux capitaux aux cris de « Viva la muerte », sans rougir ni débander, faites péter le champagne en pleine gueule de Brigitte, Emmanuel, Sébastien, Rachida, Aurore, Gérald and co., and so on.
Posez pour la photo torse nu, en short et en tongs, avec le casque colonial, sur le pont d’un pétrolier en train de couler.
Déployez votre prodigieuse énergie en écrasant, à genoux, l’herbe des prés à coups de marteau.
Conjurez la déprime qui vous hante en imitant Diogène, sur son tonneau, qui se branlait sur la place publique d’Athènes, lui un authentique cynique, une école de pensée.
Ou bien chantez en chœur Marinetti :
« Le grand balai de la folie nous arracha à nous-mêmes et nous poussa à travers les rues escarpées et profondes comme des torrents desséchés. Çà et là, des lampes malheureuses, aux fenêtres, nous enseignaient à mépriser nos yeux mathématiques. – Le flair, criai-je, le flair suffit aux fauves ! Sortons de la Sagesse comme d’une gangue hideuse et entrons, comme des fruits pimentés d’orgueil, dans la bouche immense et torse du vent !... Donnons-nous à manger à l’Inconnu, non par désespoir, mais simplement pour enrichir les insondables réservoirs de l’Absurde ! »
… et écrivez l’article 12 qui se fait attendre, suite à celui-ci, le dernier du Manifeste, qui a pris bien du retard :
« 11. Nous chanterons les grandes foules agitées par le travail, le plaisir ou la révolte ; les ressacs multicolores et polyphoniques des révolutions dans les capitales modernes ; la vibration nocturne des arsenaux et des chantiers sous leurs violentes lunes électriques ; les gares gloutonnes avaleuses de serpents qui fument ; les usines suspendues aux nuages par les ficelles de leurs fumées ; les ponts aux bonds de gymnastes lancés sur la coutellerie diabolique des fleuves ensoleillés ; les paquebots aventureux flairant l’horizon ; les locomotives au grand poitrail qui piaffent sur les rails, tels d’énormes chevaux d’acier bridés de longs tuyaux et le vol glissant des aéroplanes, dont l’hélice a des claquements de drapeaux et des applaudissements de foule enthousiaste ».
Au boulot les cocos, n’est pas salaud qui veut. Rien ne sert de pourrir, il faut mûrir à point.
Jean-Charles-Édouard-Hugues de la Pétaudière





