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Manifester contre l’état d’urgence à Lille le 30 septembre

paru dans lundimatin#115, le 30 septembre 2017

C’est comme un conte cruel de l’état d’urgence.

Il était une fois à Lille un gros facho, ancien parachutiste passé à la DGSE et qui, du « service action » de l’État, était passé comme tant d’autres au « service action » du FN, tant et si bien qu’au terme d’une action mal menée, il avait fini en prison en Afrique. Le gros facho s’appelait Claude Hermant. Comme il avait plein de copains dans les différents services, il n’eut jamais trop de mal, en rentrant d’Afrique, à trouver des gens pour l’employer comme indic ou pour toutes sortes de basses besognes.

Gouverner c’est détruire : détruire les parasites, détruire ses propres forces, détruire l’ennemi. Qui réalise deux de ces objectifs sera fort, tous, régnera sur le monde.
Shang Yang, Le livre du prince Shang

C’est comme un conte cruel de l’état d’urgence.

Il était une fois à Lille un gros facho, ancien parachutiste passé à la DGSE et qui, du « service action » de l’État, était passé comme tant d’autres au « service action » du FN, tant et si bien qu’au terme d’une action mal menée, il avait fini en prison en Afrique. Le gros facho s’appelait Claude Hermant. Comme il avait plein de copains dans les différents services, il n’eut jamais trop de mal, en rentrant d’Afrique, à trouver des gens pour l’employer comme indic ou pour toutes sortes de basses besognes. Comme il s’ennuyait un peu et trouvait qu’on ne parlait pas assez de lui, il finit par ouvrir une « maison de l’identité flamande », dans la banlieue de Lille, où il pouvait faire la fête avec tous ses amis fachos et ses amis flics. Pour arrondir ses fins de mois et aussi pour faire plaisir à ses amis flics, il se lança dans la contrebande d’armes. S’étant déjà fait lâcher un fois en Afrique par ses amis barbouzes, il gardait précieusement toutes les preuves que ses supérieurs étaient informés de ses activités, et ne pourraient pas si facilement le lâcher à nouveau. Et puis patatras, il se retrouve à fournir – lui, le facho - les armes des attaques de janvier 2015. Et le voilà de nouveau au trou, tout ça à cause d’Amedy Coulibaly. Et comme vingt ans plus tôt en Afrique, personne pour le couvrir. Alors, il parle, comme il avait fait vingt ans plus tôt, pour montrer qu’il peut nuire, et même nuire beaucoup.

Puisqu’un malheur ne vient jamais seul, l’un de ses amis fachos qui travaillait pour lui et la police, et lui servait de « fusible » pour les aspects de ses affaires qu’il ne pouvait exécuter lui-même, se révèle être à la tête d’une bande d’abrutis qui s’amusent à se faire du pédé, du punk ou du gauchiste à Lille, si possible bourré et en fin de soirée. Ça remonte à 2011, cette curieuse distraction. Notamment le 11 novembre 2011, ils tuent et jettent Hervé Rybarczyk, un guitariste punk, dans la Deûle. C’est le dernier des « noyés de la Deûle », qui seront au nombre de six en 2010-2011. « Suicide », disent les amis policiers, en perdant les dossiers et les autopsies, jusqu’à ce que, des années plus tard, d’autres amis fachos et d’autres amis flics, finissent par balancer la bande d’excités qui s’étaient trop vantés.

Apprenant cela, des gens qui n’aiment pas les fachos et pas les flics non plus, qui aimaient Hervé et considèrent que tout cela est un peu fort de café, décident en mai dernier de porter l’affaire sur la Grand Place, publique, à Lille. Ils trouvaient sans doute que quelques articles confus dans la presse n’étaient pas une réaction suffisante. Et là, alors que les gens arrivent pour le rassemblement sur la Grand Place, les amis flics des amis fachos nassent tout le monde, arrêtent le moindre gauchiste ou apparenté à la ronde et interdisent le rassemblement… au nom de l’état d’urgence, justifié par des attentats réalisés avec les armes que les fachos rémunérés par les flics ont fournies à Amedy Coulibaly. Donc, en résumé : à Lille, l’état d’urgence sert à protéger les secrets de ceux qui ont fourni les armes des attentats au nom desquels celui-ci a été instauré. Il sert aussi évidemment à proscrire toute manifestation publique de rejet de l’état d’urgence, comme des gouvernements qui s’appuient sur lui.

C’est dans ces singulières circonstances qu’une plateforme contre l’état d’urgence s’est constituée à Lille. Dans une tribune parue dans la presse, de nombreux militants et syndicalistes appellent à se rassembler et à manifester le 30 septembre prochain.

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25 avr. 17 Mouvement 6 min
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