Pour réduire en cannelle la campagne pestilentielle, appel à l’entartage fripon de tous les candidats

(Suivi des recommandations de base de Noël Godin)

paru dans lundimatin#79, le 30 octobre 2016

On nous impose depuis quelques mois un spectacle plus dégradant encore qu’une émission de Morandini : la campagne présidentielle.
Sur les tréteaux de la planète, alors qu’aux States une représentante lugubre de Wall Street est d’ores et déjà présentée comme le seul rempart contre une incarnation paléolithique du racisme et du sexisme new look, en Hexagonie, c’est la parade pathétique des prétendants au trône, des prétendants à la prétendance, des candidats à la candidature en marche serrée vers le clou de la performance intitulée « Qui affrontera la facho ? » A droite, on rivalise de froide imagination pour jouer les gros bras poilus sécuritaires, faire risette à l’islamophobie (la version postmoderne de la haine de l’Arabe), neutraliser le syndicalisme contestataire, applaudir les charges de flics et spolier les plus démunis. A gauche, on nous propose de choisir entre les gnomes verts toujours prêts à vendre leur âme secouriste pour un plat de lentilles vegan, un président qui ne suscite plus que le mépris même quand il lui arrive d’aventure de dire la vérité (sur les magistrats), un Premier ministre en concurrence avec l’extrême droite sur le terrain de l’autoritarisme arrogant et du racisme d’Etat, un candidat « insoumis » qui ne veut pas que les étrangers viennent voler le travail des Français, un ersatz de Lecanuet s’affichant comme une nouveauté et quelques dindons de complément.

Cette farce gluante niguedouillement destroy ne nous fait, hélas, pas rire. Sauf, grandiose nouvelle, qu’il vous est néanmoins loisible de la rendre comique, très très comique. Comment ? En déclarant sur le champ la guerre pâtissière à l’ensemble des candidats. En veillant à ce qu’aucun d’entre eux ne parvienne plus à formuler la moindre couillonnade sans qu’une tarte à la crème justicière ne s’écrase sur ses lèvres de faux-cul. En ensevelissant systématiquement les meetings de la campagne sous la chantilly. En faisant bien comprendre aux épluchures politiciennes devant bien se montrer à tout-va s’ils veulent vous gouverner sous peu qu’en tout lieux et à tout moment, ils sont à la merci de vos gâteaux, et que leur vie va donc devenir un véritable enfer.
Autrement dit, à vous de jouer, les larrons !, à vous de foutre cocassement en l’air le Bouglione présidentiel en multipliant les attentats loufoques contre lui. A vous de rendre le grotesque électoral plus grotesque encore en le prenant à la lettre à coups de spratcheuses clowneries.

L’offensive pâtissière carabinée à laquelle nous vous convions n’est évidemment pas notre objectif final, mille bombardes !, mais ça peut être un des signaux ludiques enflammant des nouvelles mutineries pimentées qui s’annoncent.

Entartons, entartons les pompeux cornichons !
Votre présidentielle, vous l’aurez dans le fion !

George Le Gloupier, Internationale Pâtissière
Andrea Gandolfo, Réseau Contre le Crétinisme Electoral
Jean Voglio, Deposition Party


Entartage de Nicolas Sarkozy par gloup-gloup

Recommandations de base aux vaillants entarteurs

par Noël Godin

1.

Viser en toute priorité les crapoteux candidats aux présidentielles.

2.

Utiliser au choix des tartes immaculées (Chantilly pur jus pur sucre) ou métissées (acoquinées à du coulis de fruits, du chocolat fondu, du pâté ou n’importe quel croquembouche moelleux).

3.

Prévoir impérativement plusieurs tartes d’assaut de rechange.

4.

Si vous devez renoncer à manier des pâtisseries somptueuses mais bien peu discrètes face aux dispositifs de sécurité dressés sur votre route, franchir innocemment ceux-ci avec, dissimulés sur vous, des fonds de tartes (ou de pizzas) et des bombes aérosol de crème légère.

5.

Formez des noyaux de combat sucré minimum avec en tout cas un bras frappeur et un bras filmeur. Un corps franc idéal de tueurs à gags comprend aussi bien sûr un ou deux auxiliaires pour transporter l’artillerie, un second preneur d’images, des guetteurs, des protecteurs et, surtout, des entarteurs de renfort résolus.

6.

Bien mijoter votre plan d’attaque mais si c’est le couac, être prêt à improviser gredinement.

7.

Dès que la proie est en vue, go ahead ! Droit dans le lard ! Lanterner quelques secondes de trop peut vous être fatal.

8.

Pour être sûr de ne pas rater le tir, ne pas propulser la tarte burlesque sur la cible mais la déposer directement sur son groin.

9.

Ponctuer l’entartement de « Gloup, gloup, gloup ! » victorieux et de cris de guerre lyriques (si possible en alexandrins) éclairant vos motivations du style « Entartons, entartons, les puantes élections ! »

10.

Sitôt le crime crémier commis, évacuer dare-dare son reflet images. Personne ne sait que Bruno Le Maire a été gloupinisé il y a quelques mois par des étudiants excédés à l’université libre de Bruxelles parce qu’ils ont loupé le filmage de l’exploit.

11.

Bien propager via le web et les agences de presse, par exemple, les infortunes de l’entarté du jour en annonçant à sons de trompe que l’hécatombe pâtissière en milieu présidentiable ne fait que commencer.

A vos tartes !, les gustaves, et chaud devant ! Soyons le cauchemar onctueux des cracks de la politique !

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