À voir lundi 24 novembre à partir de 20h :
Nous avons engagé, il y a maintenant quelques temps, une conversation générale sur Lundimatin consacrée au fascisme et à ses variantes [2]. Nous n’avions pas évoqué le concept de « totalitarisme » pour de multiples raisons [3]. L’une de ces raisons est que si nous avons vu – avec Alpa Sha – les pratiques fascistes des tenants de l’Hindutva, du RSS et de Modi en Inde (dont la tonalité est d’inspiration nazie et fasciste italien) –, nous n’avions pas étudié le « fascisme » à travers l’histoire russe ou chinoise. Nous avons perçu ce qu’était la guerre en Ukraine grâce à de brillants entretiens, mais n’avions pas encore essayé de comprendre les spécificités « eurasiatiques » et asiatiques du fascisme (Russie, Chine, Japon).
Avec Penser en résistance dans la Chine d’aujourd’hui, le saut est fait. Car depuis 2012, de profondes tendances totalitaires – dont certaines viennent du Légisme antique, d’autres de l’exemple soviétique et du stalinisme, d’autres encore des délires spécifiques du Mao d’après 1957 – font retour en Chine, après une parenthèse complexe. « On assiste », comme l’écrit Chloé Froissart dans son introduction, « à une résurgence des traits fondamentaux du totalitarisme » (18). Résurgence qui s’accompagne de ce que le philosophe du groupe Socialisme et Barbarie, Claude Lefort appelait le « fantasme de l’Un ». Très concrètement la « pensée de Xi Jinping » est inscrite directement dans les statuts du Parti en 2017, la loi de sécurité nationale de 2015 a fait basculer le régime de l’exigence de « stabilité » à celle de « sécurité nationale » engendrant une « criminalisation des protestations et des dissensions » (19). Après avoir absorbé juridiquement et policièrement Hong Kong dans un long et pénible processus de résistance allant du mouvement des Parapluies en 2014 à la lutte que nous avions suivi de très près en 2019 contre la loi d’extradition, la Chine a proclamé la « loi sur la sécurité des données » de 2021 grâce à laquelle la société est intégralement « siphonnée » et rendue « transparente ». La rééducation et répression des populations ethniques minoritaires comme les Ouïghours (dont une grande partie de la population se retrouve dans de nouveaux laogaï qui feraient pâlir d’envie un stalinien) et les Kazakhes au Xinjiang ou les tibétains, n’en est que renforcée.
Comme son titre l’indique (Penser en résistance), l’ouvrage dirigé par Cheng et Froissart ne porte pas sur les militants, les activistes, les ouvriers grévistes ou en lutte, ni sur la jeunesse insurrectionnelle, mais sur celles et ceux qui contribuent à continuer de « penser » - au sens de produire du travail intellectuel - dans un État répressif. L’intérêt du livre, pour nous, est peut-être précisément cela : à travers une série d’articles d’universitaires, d’écrivains, de juristes et de constitutionnalistes dont les auteurs vivent en Chine ou à Hong Kong, sont en prison ou en sursis, ou mis en retraite forcée, on perçoit d’une manière extrêmement fine les effets du totalitarisme, de la censure, de la pression sociale, du contrôle que tentent de déjouer des « stratégies d’écriture et les formes d’expression » (36) qui permettent de continuer à critiquer, de résister, directement ou indirectement. Tantôt on dissimule une critique du pouvoir sous l’abstraction d’une réflexion formelle et juridique, tantôt on a recours au comparatisme, on parle du Japon pour parler de la Chine, on se présente comme conseiller du prince, on passe par l’utopie ou l’uchronie (très classique). « Ainsi, parler de totalitarisme à propos de l’Allemagne nazie peut être recevable car, selon le PCC, la Chine est un pays démocratique. » (37) Du coup, on se retrouve avec une analyse du totalitarisme allemand et des théories de Hannah Arendt sur la « banalité du mal » par Liu Yu, une politologue en vue qui exerce à Pékin, mais tout l’art de la réception est de comprendre que lorsque l’on parle de l’Allemagne, on parle peut-être aussi de la Chine. Avec ce texte, on peut citer celui de Xu Jilin, qui emprunte aussi à Arendt à travers la philosophie du japonais Maruyama Masao. Car Maruyama analyse le militarisme et le fascisme japonais de la période 1926-1945 comme automatisation conformiste des attitudes, absence de pensée, dissolution de l’intériorité et de la subjectivité, perte de souci pour les idées ou les valeurs transcendantes auxquelles être fidèle dans l’action en même temps que négligence pour les perpétuelles transformations du devenir qui refusent de croire en une quelconque essence figée. Or, c’est, en même temps la restitution par Xu Jilin d’une analyse-masque qui lui sert d’adresse à ses concitoyens et camarades. Pour le philosophe japonais, masque du philosophe chinois donc, parlant des soldats japonais qui participèrent au massacre de Nankin :
« Au pays, ces hommes étaient tous des citoyens de bas étage. Mais une fois arrivés sur le champ de bataille et devenus soldats de l’armée impériale – une armée associée aux plus hauts honneurs dans le système impérial –, ils se virent soudain élevés à une position privilégiée. Leurs désirs ordinairement réprimés purent se déverser avec violence sur les civils ennemis plus faibles (…). » (102)
Ce qui me paraît essentiel, à la lecture de ce livre, c’est cette articulation entre la critique et la stratégie indirecte, l’existence de la censure et de la dénonciation étant monnaie courante. Si nos universités sont attaquées sous le vocable « islamo-gauchisme » ou « wokisme », ou encore « politiquement correct » ; en Chine, un historien qui cherche à établir des faits est un « nihiliste historique ». Pour s’assurer que personne ne sombre dans ce dangereux nihilisme,
« le PCC peut s’appuyer sur une surveillance à trois pieds : outre celle exercée par les cadres du Parti, la surveillance numérique a fait son entrée dans les universités en 2013, et se double, depuis 2014, de la surveillance exercée par des informateurs recrutés – désormais ouvertement – parmi les étudiants qui sont payés pour dénoncer tout manquement aux règles. » Enfin, last but not least, « ce sont souvent plusieurs caméras, enregistrant aussi bien l’image que le son, qui sont installées dans les salles de classe et les amphithéâtres, permettant ainsi un contrôle panoptique de ses occupants, même s’il arrive que certaines petites salles en soient encore dépourvues. » (23)
Nous qui, à Lundimatin, sommes depuis toujours de dangereux « nihilistes historiques », nous terminerons cette présentation en rappelant que si Penser en résistance en Chine d’aujourd’hui nous permet de parler de Chinois qui parlent de Japonais qui lisent Hannah Arendt pour parler de la Chine, n’oublions pas que nous sommes des Européens qui parlons des Chinois (qui parlent des Japonais qui lisent Hannah Arendt) pour parler des Européens qui lisent des Chinois qui parlent des Japonais pour se comprendre eux-mêmes.
Et pour finir, un exemple de « nihilisme historique » :
« En Chine, chacun connaît à peu près ces vers de Wen Tianxiang : « Au pays de Qi, le Grand Scribe avait donné sa vie pour l’histoire… » Le poème fait allusion à un historien de l’époque des Royaumes combattants (V°-VI° siècle av. J.-C.), connu pour s’être montré inflexible et ne pas avoir transigé avec la vérité historique. Ce dernier, qui occupait la fonction de Grand Scribe de l’État de Qi, avait justement eu recours au caractère shi [caractère qui veut dire « tuer » mais en un sens injuste et félon, par différence avec zhu qui veut dire « tuer » mais comme pour réparer une injustice] pour consigner dans sa chronique le fait que le conseiller Cui Zhu avait manigancé l’assassinat du duc Zhuang, qu’il était pourtant censé servir, mais qu’il savait avoir eu une liaison secrète avec sa femme. Cui Zhu exigea du Grand Scribe qu’il amendât son texte en supprimant le caractère en question, qui lui collait, il l’avait compris, l’étiquette de régicide ; l’historien s’y refusant, il le fit exécuter. Les deux frères cadets de ce dernier, qui héritèrent l’un après l’autre de la charge de poursuivre l’œuvre de leur aîné, connurent le même sort, lorsqu’ils persistèrent, à leur tour, à maintenir la version initiale du texte de leur défunt frère. Le temps passant, Cui Zhu, de guerre lasse, finit par jeter l’éponge et reconnaître les faits. » (Penser en résistance, cf. Zi Zhongyun, « Réformer la conception traditionnelle de l’histoire en Chine », p. 56).
Sommaire de l’interview :
00:00 Intro et présentation
02:20 « Penser en résistance » et refuser les catégories du pouvoir
05:33 L’écriture autonome de l’Histoire pour contrôler et réguler l’activité politique
07:58 Le courage de la vérité (jusqu’à la mort)
11:29 Les évolutions de la Chine depuis l’arrive de Xi Jinping au pouvoir en 2012
18:08 Comment le totalitarisme s’accommode de la constitution
20:45 L’abandon des principes libéraux par Xi Jinping
28:20 Qu’elle est la nature de ce totalitarisme et comment cela se traduit dans la loi et les pratiques
33:30 « Maoïsme et paradis terrestre »
38:49 De Mao à Xi Jinping, 50 nuances de totalitarisme
42:03 La « rééducation » des Ouïghours par et hors la loi
43:51 L’évolution de Hong-Kong depuis Xi Jinping
50:13 Les manières détournées et indirectes de parler en résistance
56:53 Le langage crypté de la résistance
1:00:14 La résistance constitutionnaliste
1:03:06 Le rapport entre liberté et égalité
1:07:58 La résistance est-elle une conception occidentale ?
1:11:58 La subversion au cœur de la culture chinoise
1:14:20 Comment le Parti communiste chinois récupère la pensée décoloniale
1:18:14 Colonialisme et patriotisme du Parti communiste chinois
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Comme tout un chacune, notre rédaction passe beaucoup trop de temps à glaner des vidéos plus ou moins intelligentes sur les internets. Aussi c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous avons décidé de nous jeter dans cette nouvelle arène. D’exaltations de comptoirs en propos magistraux, fourbis des semaines à l’avance ou improvisés dans la joie et l’ivresse, en tête à tête ou en bande organisée, il sera facile pour ce nouveau show hebdomadaire de tenir toutes ses promesses : il en fait très peu. Sinon de vous proposer ce que nous aimerions regarder et ce qui nous semble manquer. Grâce à lundisoir, lundimatin vous suivra jusqu’au crépuscule. « Action ! », comme on dit dans le milieu.






