« Un État », se dit-il, « qui élimine le reportage, bombarde les voix extérieures, alors que s’est presque tu sa dissidence ? »
« Qui sature son destin colonial », précise-t-il, « comme si aucune vague anticoloniale ne l’avait touché, jamais, au futur sec et purement seul ? »
Il pense : « Un État de fusion théo-fasciste, où la récalcitrance est rare ? »
Il ajoute : « Où le seul intérêt semble pour soi, pour le soi-« otage de l’autre », tordant la philosophie d’Emmanuel Levinas ? Où il n’y a plus d’autre, si ce n’est—paranoïa opportune—
un autre qui nous veut le Mal qu’on a portant appelé ? »
Il se dit, hésitant : « Un État-mort survivant comme corps-de-guerre, une nécrommunauté…
Qui attire la vie dans son gouffre. Qui fait de la mort le bouche-trou de sa béance éthique ».
Il ajoute, cherchant ses mots : « Et qui devrait être … aboli, aboli pour que justice soit faite.
Non pas détruit, ni ensanglanté car le sang versé appelle le sang versé, mais entièrement reconstitué—une fois reconnues ses pulsions de mort ».
Il continue : « Une fois entreprise comme une psychanalyse de masse, où les adultes s’excuseraient à genoux devant les enfants sacrifiés, leurs propres enfants et les enfants de l’autre côté ; une fois donné de quoi rendre viable et pérenne la terre de l’autre ».
Et cherche la suite : « Abolie la nécrommunauté, terme laid comme sa réalité,
pourrait venir la société des étrangères qui interdirait le meurtre du lointain, et la torture du prochain ».
Et revient sur l’histoire : « Pourrait venir une société qui ne serait plus l’effet du rejet Européen,
ni des projections évangéliques états-uniennes ».
Et il lève la tête, enfin : « Finirait alors le calvaire des Palestiniens et des Palestiniennes,
désiré.es et non plus au mieux toléré.es, vivant.es là où ielles sont ».
Il songe, la tête haute, presque levée vers le ciel : « Chacune, chacun serait libéré(e) de la nécrommunauté, Israëlien.nes et Palestinien.nes ».
Et regarde devant lui : « Viendrait l’alliance nouvelle des personnes qui résident et de celles qui passent ».
« Un exil sans menace », imagine-t-il, « calme et habité, dans ce pays encore inconnu que rivière, désert, et mer non pas démarquent mais cultivent ».
Atom de Seth, septembre 2025 – mars 2026






