Ombres rouges et amnistie

Sur l’acharnement à l’encontre des exilés italiens des années 1970
J.L. et Oreste Scalzone

paru dans lundimatin#308, le 11 octobre 2021

Le 28 avril dernier, la police française interpelait dix anciennes et anciens militants révolutionnaires italiens des années 1970 en vue de leur extradition et malgré les engagements passés de la France. Nous en avions rendu compte ici, sous la plume d’Alessandro Stella et avec Sophie Wahnich & Jacques Wajnsztejn. Pour mieux comprendre les enjeux politiques de cet acharnement vieux de 50 ans, nous renvoyons vers une série d’entretien avec Oreste Scalzone que nous avions publiée en 2016 et dans laquelle il revenait en 10 dates sur 10 années de soulèvements : Oreste contre la montre. Cette semaine, nous publions ces deux nouveaux textes, de J.L. et Oreste Scalzone, qui reviennent sur l’opération « ombres rouges » et sur les enjeux de l’amnistie.

L’opération Ombres Rouges,

spectacle meurtrier, mise en scène misérable d’États tellement mis à nu qu’il ne leur reste plus qu’à enfiler les oripeaux, pris dans la garde robe des populismes, de “punisseurs suprêmes”, à jamais vengeurs des victimes

Répondant à une demande de l’État italien, dans le cadre de ce que, en premier lieu son appareil policier, appelle « Opération Ombres Rouges », les dirigeants de l’État français ont déclenché une procédure d’extradition visant une poignée de militant.e.s du mouvement subversif qui a secoué l’Italie des années 70/80, mouvement qui est même allé jusqu’à l’apparition de plus d’une centaine de groupes et organisations ayant pris les armes de façons et dans des buts variés.

Ces personnes font partie des milliers d’autres ayant fui en France, la répression (dans le cadre d’une “guerre civile de basse intensité”, selon un ancien président – Giovanni Pellegrino – de la Commission parlementaire d’enquête de l’époque). Elles sont les seules que ces appareils d’État peuvent encore tenter d’écraser dans la mâchoire insatiable d’une vengeance sans fin. Toutes les autres, des milliers au début de l’exil, au fil des années, des centaines qui y échappent désormais en raison d’un principe fondamental du Droit formel : la prescription.

En effet, dans le droit italien même, lorsque le temps passé depuis le jugement excède le double de la peine encourue, ou est au-delà de 30 ans, les condamné.e.s “bénéficient” de la « prescription de l’exécution de la peine ». Le droit considère, à travers cette mesure, que ce temps passé fait que « l’intérêt de l’État à l’exécution de la peine n’existe plus ».

Ceux qui restent, ou bien ont subi de nouvelles poursuites par requalification des chefs d’imputation ou “découverte de ‘nouveaux’ délits et crimes” dans le cadre des faits anciens, ce qui permet de remettre à zéro le compteur de la prescription ; ou bien ces personnes ayant été condamnées à des peines d’emprisonnement à perpétuité, cela revient à une imprescriptibilité de fait : alors que ce traitement, dans l’« ordre juridique international », est exclusivement réservé aux « crimes contre l’humanité », qualificatif introduit après guerre en liaison avec la notion d’« État criminel ». Cela est en liaison avec la tendance croissante à poursuivre à l’infini des personnes, non pas seulement pour leurs actes, mais ’essentiellement’ en tant que « type d’auteur », ce que relève du même post-juridisme insatiable dévoreur de vies et de vie.

Dernier acte en date  : le 29 septembre, la Chambre de l’instruction a suivi la défense dans ses demandes de “compléments d’information” adressée à la partie italienne. Celle-ci a jusqu’au 5 décembre pour y répondre ; et la prochaine audience est fixée au 12 janvier. La menace de l’issue finale reste intacte, et on ferait preuve d’une dangereuse légèreté en se disant que les peines seront, en fait, “allégées”. Les condamnations à des années de “régime spécial” d’isolement sous garde incessante jour et nuit est bien réelle, et serait sans aucun doute effective.

Nous sommes donc aujourd’hui à un tournant de ce qui a été défini le « niveau de civilisation juridique » : désormais balayé qu’il est pour les besoins d’une communication politicienne d’un populisme minable. Un jeu de massacre entre Victimes, tenues de rester indéfiniment figées dans cette “nature victimaire”, et Criminels incompréhensibles, terrorisants donc terroristes.

Cette horreur, est un message qui nous est adressé : l’Histoire, c’est fini (souvenons-nous, le 1er mai, le Président de la République la réduisant à des « chamailleries ») ; les révoltes ne se verront plus jamais reconnaître une trace de sens (n’oublions pas la violence physique et injurieuse contre tout Gilet Jaune et tous actes de résistance sur tous les plans) : Attendez aux terrasses l’heure de la reprise du boulot ; apprenez dans les filières démocratisées de l’Enseignement le commerce et la gestion du système ; vous les inaptes, les “en trop”, ayez honte, restez tranquilles ; vous les fous, en asiles ; vous les vieux, en EHPads…

Il nous reste tout de même le choix, là où on n’a pas (encore ?) trouvé les forces de reprendre l’offensive, d’être vaincus “proprement”, d’au moins ne pas voir massacrer tout être humain qui, au fil de l’Histoire, s’y est risqués.

J. L.

À toute personne se demandant quelles pratiques de solidarité concrète sont en place je tiens à signaler que les membres du collectif14etdemi@gmail.com ont lancé une campagne de dons : le Pot Commun pour frais avocats, (Urgent !) “Solidarité financière avec les exilé.e.s”)

Édouard Manet, L’Évasion de R. Rochefort du bagne de Nouméa en 1864, 1880
* * *

L’Amnistie, encore

Une lettre d’Oreste Scalzone

Si, il y a des décennies, “nous”, c’est à dire une multitude, dont font partie ces femmes et ces hommes aujourd’hui promis par “La Justice” interétatique à finir leur jours dans des tombeaux d’êtres enterrés vivants mais aussi leurs anciens compagnons/nes de lutte – dont toujours nous – qui, au fil des années, se sont trouvés hors d’atteinte du “bras violent de la Loi”, accompagnés par (quelques, trop peu…) des témoins d’aujourd’hui atterrés par cela et tentant de les arracher à ce destin ;

Si nous inscrivions nos vies, ensemble avec d’autres, entraînés/entraînant d’autres, toujours plus nombreux, dans un mouvement tumultueux qui se révoltait, s’insurgeait contre tout pouvoir social constitué, faisant irruption, c’était notre tour, sur la scène du “Grand Théâtre du Monde” (Théâtre d’une machine/monde, déroulant le fil d’une Histoire mise au fer et à sang par les Palais s’employant sans répit à écraser jusqu’aux dernières et derniers, humanité en souffrance réduite en bouillie d’individus séparés des autres et d’eux-mêmes (ou même pas), de “sous-citoyens”, pire, des êtres/non êtres au bord de la “sous-humanité”… simples outils et déchets irrecyclables à presser et à jeter) ;

Si, à la suite de cela, ceux– tel nous – qui n’avaient pas laissé leur peau dans ces combats, ont été promis à consommer des tranches de sa vie restante, ou même le reste entier jusqu’à l’agonie finale, dans des murailles, grilles, barbelés concentriques ;

Si un certain nombre de “camarades” – dont “nous” – , parmi les “réfugiés en France” par un réflexe de “fuite du danger” propre à toute forme de vie, et par un jeu du hasard, des occasions et de la chance, y ont échappé en se lançant dans une errance à travers le[s] monde[s], par routes, villes, villages, langues, mœurs… , et qu’on a pu se “recombiner” dans un “radeau de la Méduse”, reconstruire une vie “ordinaire”, d’êtres du commun…

Il est bien loin de nous , du moins en général, le fait de nous prendre et proposer comme des Anges, Anges de lumière…, anciens héros et héroïnes, Anges Vindicatifs ou alors Agneaux sacrificiels/sacrificateurs, incarnation de l’Innocence ou du “sel de la Terre”.

Si l’on s’est pris pour des « Nouveaux Partisans », promis à pouvoir subir et/ou infliger souffrances y compris jusqu’à la mort, cela certes constitue une coresponsabilité, mais l’on refuse de la considérer, rétrospectivement et rétroactivement, comme quelque chose “d’abject”.

Cela avait un objet, du sens s’y trouvait indéniablement. « Le mal s’ajoutant au mal » dans une “éternelle” spirale vicieuse, dans une vis sans fin…, certes nous aussi avons secrété, produit de la souffrance : on se réfère notamment à des êtres, des personnes – les enfants d’abord – qui à l’époque ne pouvaient évidemment pas incarner des rôles, des fonctions, et donc endosser de responsabilité quelconque. Donc la seule “ligne de fuite” d’un écheveau infernal de “dilemmes moraux” est de s’en tenir à eux, à elles, sujets auxquels on ne saurait appliquer des doubles, voir multiples, “standards”.

Un exemple : on s’est trouvé dans des situations, dans lesquelles il était question de traitements à appliquer à des êtres, qui pouvaient être parmi le plus “monstrueux” – Masques&Visages – parmi les “fonctionnaires et officiers” du “Moloch misanthrope”, voir “miso-toute forme de vie, miso-la vie même”.

Eh bien, il n’aurait su et il ne saurait être question de se muer en “sujets-dispositifs” traduisant la même logique que celle des concrètement “tortionnaires absolus” : fachôs, démocrates, hybrides les plus divers…Pourrions-nous imaginer un seul instant un Sante Caserio embringué dans une campagne réclamant la mise de Sadi Carnot dans des bagnes à perpétuité réelle ?

Voila. La seule voie pour nous, c’est de ne pas même savoir, de ne pas vouloir lointainement savoir “qui e[s]t qui”, de “qui” est question, pouvant se faire qu’il se trouve s’agir de notre propre tortionnaire ou, pire, tortionnaire d’autrui et des “autrui” les plus proches !

Cela dit, posé, tant que nous garderons, tant que nous restera une marge de “liberté” mentale, sentimentale – éthique enfin ; une marge qui nous fasse rester, singulièrement et en commun, “compos sui”, nous ne saurions, aucunement, accepter que – voire pour nous accabler jusqu’à l’annihilation, voire dans la “bonne intention” de nous déresponsabiliser, de nous absoudre, pour obtenir clémence–…, nous ne pourrions donc tolérer que nous soit ôtée toute indépendance, toute marge d’autodétermination et d’autonomie. C’est cet “assassinat de l’âme” qui perpètrent de conserve tous les “complotismes”, les “conspirationnismes” de tout poil et bord unis dans un “négationnisme” capital : la négation de la possibilité – l’impensable ! – de la révolte, de la puissance de la résistance, de l’insurgence indépendante. Alors que nous étions “astralement” loin, dans une extranéité totale face à toutes les gesticulations manipulatrices criminelles des appareils/“loges”/commandos d’État/maffia, où certains s’acharnent à nous emprisonner jusqu’à bien au delà de la mort.

Les contextes, certes... : l’état du Monde, “Cosmo-Machine”, le fleuve ininterrompu de destructions, de sang,de cruautés qu’a été l’y être de cette espèce, avec les intensifications et accélérations à partir de “l’Ère Moderne”, “Modernité-Monde”, de l’allure entropique – volition et tendance – à la capitalisation-étatisation-numérisation intégrale, totale, avec une néfaste maïeusis, donc une spécularité entre “par en Haut” et “par en Bas”, tissée de concurrences mimétiques, outillée par des moyens de plus en plus sophistiqués et performants jusqu’à ces temps présents de “transhumanisme”, effort de substitution intégrale de la vie par l’artifice…

Les “Vulgata”, certes, les dispositifs et effets d’une immense “usine des usines à Mémoire”, tissée d’« Anges de lumière et d’idoles de boue »… Les dénégations, les Vérités déconstruisant toute “parrhèsia’, véridiction, véridicité ; les mitopoësis de tout bord, les vertiges identitaires et les Idéologies, les diverses “économies politiques”, celle au sens strict de l’utilitarisme et celles “élargies’ des divers « bénéfices secondaires » jusqu’à la Schadenfreude, au goût macabre de la cruauté sans fin et sans fins…

Les “transmissions”, certes, les magistères, la fabrication d’Opinion, les “mauvais délires”…

Tout cela peut avoir joué entre autres dans l’auto-illusionisme de “rêves de Grandeur”, d’héroïsme et martyre, de gloire de maïeutes d’un Nouveau Monde, Âge d’or et Paradis sur Terre…

Mais tout cela s’inscrit dans la consistance de successifs “plans d’immanence”, de puissance comme persistance de luttes, de révoltes, d’insurgences, tant qu’elles restent telles et ne se transforment pas en leur contraire… Il y a du sens dans tout cela…

Si maintenant nous élevons nos voix et nos gestes pas seulement pour pouvoir se dire « Je me révolte, donc nous sommes » (et aussi « on se révolte, donc je suis »), mais avec quand même une “étincelle d’espoir qui conforte le pari, c’est aussi en considérant que jusqu’à il y a un quart de siècle avait pleinement cours l’idée d’un oubli aussi nécessaire à la vie que la mémoire, pour “tout-un-chacun”, toute personne singulière, tout “corps social”, tout ensemble humain.

(“Cours légale” y compris : comme le rappelle l’historienne Sophie Wahnich, après la séquence “Terreur-Thermidor” la République elle-même avait voté une Loi sur l’oubli).

Il existait bien, « en doctrine, en norme, en jurisprudence », dans les Constitutions et dans les annales des décisions législatives, des “instituts’ tel les « prescriptions », le « renoncement à la peine » autrement dit « oubli judiciaire », l’amnistie et l’indulto [1].

Ce qui paraît certain, une évidence, c’est que les Grands, les Puissants de la Terre, leurs Cours, les chaînes de vassalisation dans les formes les plus “modernes” et ultramodernes, autant qu’ils le peuvent, s’amnistient tous les jours, tout en continuant dans leur production à productivité élevée de souffrances de tout type, et de cruauté pour la cruauté, sans fin et même sans fins : la destruction devenant de plus en plus un télos en soi. Mais “quand même”, ces dispositifs “légaux”…cela voulait dire que l’on pouvait penser, vouloir, du moins au niveau des énoncés formels, mettre un terme à la géométrie symétrique des Vengeances dans lesquelles Responsables à tout niveau des Châteaux d’en haut et multitudes d’en bas – très souvent se reflétant en miroir – contraints, condamnés à piétiner la même terre respirer le même air, sans que personne ne doit avoir, en aucune façon, aucune « réconciliation » (d’ailleurs, même pas avec soi-même…), il en découle une « guerre [plus ou moins latente] entre tous et tous » en même temps que le Léviathan. Ceci dit, il pourrait se donner dans ce qu’est censé constituer “nôtre camp”, un entremêlement entre formes d’entraide et concurrence à mort, entre tendresses de communance et entretueries…

Or, envoyer des gens dans des tombeaux pour morts vivants, ne sauvera personne, ne donnera à personne – comme dans toute addiction – même pas un instant de plaisir, déjà chevauché par le spasme du manque. La faim de vengeance est en fait insatiable, elle s’engraisse monstrueusement de son auto dévoration, comme l’Ogre des contes dévorant ses enfants.

Certes, nous nous rendons compte qu’aujourd’hui, sur le plan anthropologique, c’est encore plus difficile qu’à l’époque des “Frères Soledad”, des George et Jonathan Jackson, de prêter attention à cette “idée simple”, confirmée par l’observation, que “corriger le Mal par le Mal” est un cercle vicieux, absurde. “Se rendre à l’évidence” de la simple observation lucide est devenu l’expérience la plus difficile, il faut à l’humanité d’aujourd’hui, pour y accéder, passer par des dédales sonores abrutissants et paniquants, dont il lui faut s’arracher souvent solitairement.

Notre point de vue au sujet du “fait-prison” est résolument abolitionniste – et ce n’est pas là l’illusion d’une “réformette” dans le “Système”, dans le maintien de tous contextes, ni l’utopie d’une palingénèse bien plus radicale, totale, qu’une “simple” révolution politique ou sociale : il s’agit –pour le dire avec Michel Foucault – d’une «  idée directrice ». Les prisons sont en effet, de toute évidence, au delà de tout, des “usines à crime”, et comme, je ne sais pas, les maladies iatrogènes et nosocomiales sont des multiplicateurs d’une réplication infinie de ce qu’elles étaient censées d’être extirpés. L’abolition du mal par ce type de mal c’est une idée assez perverse, saugrenue.

Certes, nous voyons tous les jours que le spectacle social nous sert des crimes et des auteurs souvent spécialement odieux, ne ressortant pas nécessairement des “damnés de la terre”, mais plutôt des “upper-class’ jusqu’aux sommets et produisant des crimes d’autant plus odieux qu’ils écrasent les plus faibles, physiquement, mentalement et jusqu’au respect de soi, diffusant des relations d’esclavage, de servitude “volontaire’. Les complexes opérations mentales nécessaires à écarter toute mise en comparaison entre… que sais-je ?, des crimes y compris odieux et traduisant une hubris avec le code génétique des pires tyrannies et possessions, et les “crimes de punition” (ceux que l’ordre social/mental considère comme des antidotes), semblent être de plus en plus inatteignables. Cependant, il ne faut pas lâcher prise sur le fait que certains dispositifs sont à refuser en absolu, en soi, sans dérogation quelconque.

Pour ce qui reste en deçà de la mort lente agonique, ce qu’on peut dire est que l’amnistie a toujours été une voie maîtresse Voila : ce que nous hurlons, et continuerons à agiter, si possible dans une campagne “transnationale”, c’est un thème : Amnistie.

Paris, le 2-3 Octobre 2021

* * *
Édouard Manet, Vive l’amnistie, 1880
Ni coupables ni innocents, communard[e]s

VIVE LA COMMUNE !
VIVE L’AMNISTIE !

• Blog Oreste Scalzone & Complici
• Dans le pourtant détestable FaceBeurk : Oreste Scalzone & Complici

[1En ce qui concerne la faculté, le « pouvoir régalien » de gracier, cela reste, mais comme affirmation d’un arbitraire en principe absolu, soulignant les discriminations les plus criantes, à peine tempéré par la “contresignature” requise du Garde des Sceaux, qui à son tour – longa manus du Gouvernement et par là du Politique, du Législatif, donc du « marché politique » – plus encore qu’un maquillage mystifiant c’est une expression de ce que Clistène à l’époque de Péricles appelait l’ « oclocratie », exercée en duo comme dialectique entre ‘dictateur [démocratique]’ se muant toujours en Despote, Tyran, et ‘’le Peuple’’ comme foule… Cela, avec un constant présupposé “timocratique” : le kratos de l’argent, la différenciation “classiste”.

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