- Pouvez-vous nous expliquer les conditions dans lesquelles El Mahdi Lyoubi a été arrêté puis incarcéré au Maroc ?
- Me Aïnoha Pascual et Damia Taharraoui : El Mahdi Lyoubi, alias Mehdi Blackwind MBW a été interpellé à l’aéroport de Rabat alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Marseille. Les policiers lui ont remis une convocation pour la police judiciaire et l’ont informé qu’il faisait l’objet d’une interdiction de quitter le territoire. A l’issue de son audition, à laquelle il s’est rendu spontanément, il a été présenté au procureur et incarcéré à la prison d’Oukacha près de Casablanca. En raison de la grève des avocats marocains contre un projet de loi qui menace leur indépendance, El Mahdi Lyoubi n’a pas pu bénéficier de l’assistance d’un avocat ni en garde à vue ni lors de sa première présentation devant le tribunal de première instance de Casablanca.
- Savez-vous ce qui lui est reproché précisément ?
- Personne n’a eu accès au dossier et le ministère de la justice n’a pas communiqué sur les motifs de son arrestation. Les éléments qui ont été dévoilés dans la presse mentionnent une violation de l’article 179 du code de procédure pénale qui punit les outrages aux autorités constitutionnelles i.e au roi et à la royauté de manière générale. Il y a toutes les raisons de penser que El Mahdi Lyoubi est poursuivi pour les paroles de l’une de ses chansons. Si tel était bien le cas, la liberté d’expression et de création artistique s’en trouverait d’autant bafouées. L’interpellation de Mehdi s’inscrit dans une vague plus générale de criminalisation des militants marocains et des rappeurs qui sont des figures pour la jeunesse du Maroc.
- Comment s’est déroulée l’audience de ce mercredi 22 juillet ?
- Nous avons assisté à l’audience en tant « qu’observateurs » pour assurer notre soutien à El Mahdi Lyoubi, ses proches et à nos confrères locaux en grève. Mehdi a demandé un renvoi de l’audience afin de pouvoir bénéficier de l’assistance d’un avocat. Malgré les solides garanties de représentation dont il dispose et la possibilité évidente pour la justice de confisquer son passeport pour éviter tout risque de départ, le tribunal a refusé de le remettre en liberté.
- Quelles sont les prochaines étapes de la procédure judiciaire ?
- La prochaine audience aura lieu vendredi 31 juillet. Si la grève des avocats est reconduite un nouveau renvoi pourra être prononcé. Nous serons présents lors de l’audience de jugement aux côtés de nos confrères marocains et suisse ainsi que de l’association marocaine des droits de l’homme qui est mobilisée afin d’obtenir la libération de Mehdi.
De très nombreux comités de soutien s’organisent un peu partout, suivre Free El Mahdi sur Instagram.






