« Le vote n’est pas une parole. En aucun sens. »

Entretien avec le philosophe Jean-Luc Nancy

paru dans lundimatin#87, le 4 janvier 2017

L’élection présidentielle de 2017 s’annonçant particulièrement pathétique, nous tenterons tout au long de ces prochaines semaines de donner la parole à ceux qui situent le politique sur un tout autre plan. À l’occasion de la parution de son dernier livre « Que Faire ? », nous avons décidé d’interviewer Jean-Luc Nancy.

Lundimatin : Par le passé, vous distinguiez la politique (au sens de politique-politicienne) et le politique (comme sphère intégrée à la vie). Il semble que vous soyez récemment revenu sur cette distinction. Par quelle chemin proposez-vous de sortir de cette alternative ?
Jean-Luc Nancy : Pourquoi ? d’abord parce qu’il m’avait semblé, comme à beaucoup et avec de nombreux camarades , nécessaire d’utiliser le masculin « le politique » pour désigner une essence ou une vérité de l’existence commune. Or dans le même temps (il y a environ 40 ans) il devenait toujours plus clair que l’action politique, quels que fussent ses acteurs, devenait inconsistante, de plus en plus enserrée dans un ordre techno-économique qui lui enlevait sa portée. La langue inventait l’expression ahurissante de « politique politicienne ». Dirait-on la « cuisine cuisinicienne » pour désigner ce qu’on mange dans un fast-food ?

Je ne propose pas de sortir de l’alternative, mais de mettre à plat la question : entre une idée de la cité (polis) et une technique de gouvernement (archie ou cratie) faut-il évacuer les deux ? une seule ? laquelle ? ou bien changer complètement de registre ?

LM : Vous dites aussi qu’il y a encore besoin de la politique, qu’entendez-vous par là ? N’est-ce pas revenir à une définition trop restreinte et non-critique de la politique comme simple sphère de la justice et du pouvoir ?
JLN : Oui, la sphère de la justice et du pouvoir – le « et » fortement conjonctif autant que possible – car cette sphère au moins a un sens précis : elle doit endiguer la mafia, qu’on pourrait aussi nommer le féodalisme (mais sans serment ni allégeance de nature sacrée) ou bien le règne des bandes.
LM : Cette question est à relier avec les élections. De nombreuses voix s’élèvent pour contester la politique qui se fait par le vote et sur la scène du spectacle médiatique, séparés. Mais comment ne pas tomber dans la fétichisation inverse, celle d’une sphère du politique comme sphère du propre, de l’authentique par opposition au jeu de dupes que représente le cirque électoral ?
JLN : Excellente question ! Oui, le politique (vous l’employez au masculin, pour le coup !) est projeté comme l’authenticité de la communauté… Heidegger écrit dans un de ses Cahiers ; « je suis meilleur politique que tous les politiques ». Il veut dire qu’il sait ce qu’est ou doit être l’appropriation authentique de l’étant à l’être. Ce qui est remarquable, c’est qu’il contredit ainsi une autre de ses affirmations (dans Etre et temps) selon laquelle l’authentique n’est jamais qu’une saisie modifiée de l’inauthentique. Toutes les archi-politiques, de droite ou de gauche, donnent dans ce travers. Et comme Heidegger prétendent savoir ce que serait l’authentique.

Et quand on dit « séparé », comme vous le faites, on repend la critique marxienne de l’aliénation politique. Mais qu’est-ce que le non-séparé ? le tout-en-un ? où y en a-t-il ? c’est une hantise de l’Un qui nous fourvoie… Il faut du séparé, la tête n’est pas le pied et on peut couper le pied s’il le faut. La peinture n’est pas la musique. L’un n’est pas l’autre…

LM : Votre dernier ouvrage s’intitule « Que faire ? ». Vous dites que cette question s’est posée, chez Kant puis Lénine, à la veille d’une révolution. Comme si, au fond, elle était le signe d’une impuissance théorique mais quelle serait néanmoins annonciatrice de changements, de commencements. Pensez-vous que nous soyons aujourd’hui à la veille d’une nouvelle révolution ? Y a-t-il, selon vous, des choses à faire, des formes à trouver, afin que le frémissement de révolte qui se laisse percevoir entre les lignes de l’histoire se déploie plus largement ?
JLN : Je suis de plus en plus tenté de voir dans les révolutions – toutes – des phénomènes du développement technique au sens le plus large du mot : technique bancaire, commerce, bourgeoisie (avec autres techniques, maritimes, manufacturières, militaires) – technique industrielle, démocratie, lutte des classes – enfin, électricité (retard de la Russie) + soviets (avancée politique théorique immédiatement contournée…c’est un des « bons choix » de Lénine…) – et on peut poursuivre avec la Chine et une part non négligeable des libérations coloniales. Il n’y a pas eu de « révolution » authentique (nous y revoilà !) mais il y a eu de puissantes mutations socio-techniques. Qu’est-ce qui a créé puis développé les « bourgs » ? voilà la seule vraie question, sur la vraie révolution…

Le frémissement de révolte dont vous parlez, d’abord il faut noter son lien avec l’histoire moderne (et pré-moderne, sans doute, si on pense aux révoltes d’esclaves des fins d’empires pré-grecs, puis à Rome où ont aussi eu lieu des mouvements de la plèbe, puis les révoltes paysannes du XIIIe au XVIe siècles). Mais le devenir mondial de la révolte (communismes, socialismes, libérations coloniales) semble avoir détourné le mouvement : il y a bien ici et là des révoltes, mais il semble y avoir surtout des formes diverses de contournement plutôt que d’affrontement – des mafias, des circuits parallèles, des mélanges entre désir d’identité et manipulation de ce désir lui-même mêlé à la révolte de la pauvreté et du malheur. On est très loin de pouvoir clamer « Proletarier aller Länder, vereinigt euch ! ». L’injustice la plus flagrante est dénoncée inlassablement par des cohortes d’intellectuels, de religieux, mais ils ne font pas résonner des voix de peuples… Au contraire, on a ce qu’on nomme des « populismes ».
Et le frémissement des pays européens – quel est-il vraiment ? N’est-il pas pour une bonne part celui d’une classe moyenne irritée de ne plus profiter d’un calme et confortable progrès ? Classe moyenne excitée par un discours moyen – socio-psycho-idéo-logique – qui se repaît de dénonciations de tout (Etat, politique, progrès, régression, mode, consommation, jouissance, urbanisation, béton, pharmacie, illettrisme, etc., etc... ) Puisque nous critiquons tout, il n’est pas étonnant que la critique devienne le premier produit de consommation.

Juste un exemple : pourquoi tant de scandales sexuels et financiers des gouvernants ? Réponse : parce qu’il est plaisant de les vilipender, tandis que jadis il n’était pas du tout aussi jouissif de se plaindre des débauches et du luxe des princes. Je ne vais pas maintenant analyser ça plus avant, mais cela me paraît évident. Et j’en dirais autant de bien des critiques des mœurs bobo, des magazines, de la télé, de la littérature « autofictionnelle », etc… Je ne dis pas que ces critiques sont erronées : je dis qu’elles se dégustent elles-mêmes, sans autre horizon.

LM : Dans un entretien récent, vous affirmez que la pensée n’a plus d’espace qui lui soit propre. Que l’université n’est plus l’espace adéquat au développement de la pensée et qu’il faudrait donc chercher un autre lieu. Vous rejetez la notions de communauté, au profit de quelque chose que vous nommez « la commune ». Qu’entendez-vous par "commune" et pourquoi avoir abandonné le concept de "communauté" ?
JLN : J’ai délaissé le mot « communauté » car il ne cesse pas de faire surgir des malentendus ou des trop bienentendus (on peut les voir des deux façons). Je l’avais reçu de Bataille et de Bailly mais il a soudain connu une vogue de plus en plus douteuse- et donc aussi une contestation parfois juste et parfois elle aussi douteuse. L’important pour moi est que le commun est ontologiquement présent dans l’individuel. Il n’y a pas d’individuation sans communication, communisation, comme on voudra. C’est un axiome indispensable. Parler de « la commune » (j’oublie où je l’ai fait) a dû être un moyen 1) de garder le « com-« 2) de rendre hommage à celle de Paris (qui cependant ne fait pas un modèle politique, mais raconte une très belle histoire) – 3) de désigner un lieu institué, le réseau des communications entre tous les esprits, les désirs, les attentes de notre monde qui se sait tellement dépourvu de « bien commun »… c’est-à-dire aussi de « bien particulier »…

LM : À la question « Que faire ? », vous répondez dans votre dernier livre, entre autres, que le ’’faire’’ se situe au présent, non au futur, qu’il faut donc plutôt se tourner vers ce qui se fait déjà, sous nos yeux : « je dis simplement que nous faisons déjà  », « c’est en train de se faire » écrivez-vous. Mais qu’est-ce qui se fait, selon vous ? À la fin du texte, vous citez Henry Miller : « on ne peut appliquer de solutions aujourd’hui, on doit laisser les choses se résoudre ; et l’individu vraiment conscient de notre condition le sait bien », « un vieux mode de vie s’est épuisé pour ne plus jamais renaître et un nouveau s’élabore précisément tandis que l’ancien se défait. ». On retrouve l’idée que les choses se font et se défont avec en plus l’intuition qu’il vaut mieux « laisser être », « laisser les choses se résoudre », presque naturellement, nécessairement. Comment ne pas tomber dans une forme de paresse ou de confiance absolue dans le destin historique nécessaire ou naturel de l’humanité ?
JLN : Non justement on ne peut pas car avec tout ce qui nous semble perdu est aussi perdu le « destin », la « nécessité » ou la « nature » - si ces trois mots disent la même chose. Justement ! Nous voici dans la contingence (on pourrait montrer comment elle travaille depuis longtemps dans la philosophie, depuis Kant au moins), dans la non-téléologie, dans la « destinerrance » (Derrida) ou dans « la nécessité du hasard »(Deleuze), en même temps que dans un monde sans outre-monde et plus capable de se détruire que de se construire. N’y a-t-il pas de quoi nous fouetter les sangs et nous faire travailler ?

La Rome impériale s’est trouvée dans un état comparable : un monde, un droit, de grandes capacités techniques – et un désarroi complet, une agitation religieuse et philosophique brouillonne… d’où a fini par sortir ce qu’on appelle le christianisme, c’est-à-dire un profond déplacement de toutes les sphères ou de tous les aspects de la romanité. Personne ne l’a prévu, personne ne l’a organisé avant qu’il ait commencé à se former… Mais en fait beaucoup de réalités, de transformations, de pensées – stoïciennes, épicuriennes, cyniques, sceptiques, techniciennes, médicales, urbanistiques, agricoles, juridiques, administratives, etc. (on oublie à quel point Rome fut technicienne !). A un moment donné, tout commence à se bouleverser…

LM : Vous parlez souvent de la fin de l’idéal d’émancipation qui constitue selon vous une erreur car il amène toujours à remettre la question du sens à demain et non au présent. Comment est-il possible à vos yeux de se défaire de l’idée d’un projet révolutionnaire tout en maintenant une radicalité politique ? la révolution comme processus ? Le sens de l’action véritable est-il seulement contenu dans l’action elle-même ?
JLN : Je ne veux pas dire le vrai : mais le vrai sur ce que nous disons « véritable ». Il y a une action qui certes est toujours « véritable » et que nous méprisons souvent : c’est l’action d’exister, simplement de sortir de l’eau, de la terre ou du ventre, simplement de vivre d’une vie disons plus que végétative (mais le végétal lui-même vit en sortant de sa propre immédiateté, de sa graine ou de son spore). Tous les humains le savent et le désirent. Tous veulent trouver pour chacun et tous non pas la signification mais la saveur (le « sens ») d’exister. Qui comporte essentiellement un élan, une tension, une avancée – bien sûr vers des saveurs, senteurs, sentiments qui peuvent être d’une extraordinaire complexité et dont toujours s’éloigne ce qui serait un état, une satisfaction (« assez », c’est fini, c’est fait). Nous savons très bien cela, sans quoi nous ne vivrions même pas. Nous ne dépasserions pas quelques mois, une année au plus. Car déjà pour marcher, puis pour parler – et je ne prends que des manifestations très visibles – il faut un désir et un effort, il faut s’ex-poser, exister.

Ça, ça se passe tout le temps. Et toujours à plusieurs. Et ces plusieurs sont eux-mêmes toujours déjà dans un ensemble plus vaste, dans une ou plusieurs « communes » : ils ont des représentations, des sensations, des émotions toujours au moins en partie partagées. Et des idées, des visées, des modèles. Là-dedans, il y a de tout. Il peut y avoir du destructeur, du crédule, du borné autant que de l’aimant, du désirant, du pensant. Si nous tentions de repartir delà ? qu’est-ce donc qui donne « sens » aux vies sans avoir forme de Dieu, de Savoir ou de Gloire ? Et pourquoi, et comment tant d’existences existent sans exiger de grandes et grosses références ? Ce n’est pas absence d’ambition, c’est aussi bien absence d’illusion.

Si on travaillait un peu à partir de là ?

LM : On dirait parfois en vous lisant que vous cherchez à faire passer le politique dans le domaine éthique (On voit ça par exemple dans les dernières lignes de votre livre : « Mieux qu’une révolution : une résolution. ») En quoi selon vous nos «  existences fissurent le fonctionnement global ? » Est-ce que ce niveau micro politique suffit vraiment ? Ne faut-il pas penser aussi à une autre échelle ?
JLN : Sans doute, mais je ne sais pas ce que « macro » voudrait dire, aujourd’hui. J’aimerais bien pouvoir proposer une monarchie ou un empire dont la tête gouvernerait moins qu’elle symboliserait. Mais cette symbolique-là est obsolète. Pourtant je ne propose pas de se rabattre sur l’éthique. Ou plutôt je dirais que l’éthique est forcément bien plus ample que la politique et que celle-ci ne peut être totalement détachée de celle-là. Car l’ethos, c’est la conduite et le séjour du familier-vivable-doué de sens ; et la cité devrait au moins rendre possible un tel séjour, empêcher qu’il soit dévasté… Si j’ai dit « résolution » c’était pour jouer avec « révolution », d’abord, et ensuite pour sortir du projet et de la vision/visée au profit d’une décision, toujours prise dans l’indécidable comme dit Derrida. Que faire ? dire bonjour ou non ? casser ou non ? employer ce mot ou un autre ? Par exemple « sens » ou « signification » ? et à qui je parle ? à qui je veux parler, ou non ? à qui je peux ? Au fond, je dirais : ni éthique, ni politique, laissons ces mots. Occupons-nous de tous les mots, du langage. Que disons-nous avec tels et tels mots ? que taisons-nous ? Le langage est en difficulté aujourd’hui, pourquoi ? On bute sur le moindre mot : homme, femme, valeur, travail, sens, sexe, idée, animal, nature, technique, etc. On ne peut presque pas parler. Il faut travailler à ça – c’est la philosophie, voilà au moins le sens minimal de ce mot. Ca se voit chez chaque philosophe, il se fait une langue…
LM : Vous revenez à plusieurs reprises sur l’idée que notre civilisation est en train de se nier elle-même. « Elle s’est longtemps projeté comme la production d’un futur glorieux ; elle commence à se rejeter elle-même ». Comment se manifeste selon vous, ce reniement ? Par le terrorisme ? Par la destruction engendrée par le progrès ? Que faire de ce reniement ? Faut-il l’accompagner en tant qu’il est un mouvement de sortie de la civilisation ou bien est-il lui-même ce dont il faut sortir, un enfoncement dans la barbarie dont il faut accélérer le dépassement ?
JLN : Les deux… plus un autre mouvement, qui est d’accompagner aussi le « progrès ». Il faut à la fois saluer l’apparition du world wide web et accompagner sa destruction de certaines formes (le livre ? je ne sais pas) et dénoncer ce qu’il a d’informe, de monstrueux ou de pervers et s’en servir tant qu’on peut tout en agissant sur lui. Exemple : un gros défaut du net, à mon sens, est sa dissimulation presque permanente des dates : la plupart des sites et des pages ne sont pas datés. Pourquoi ? On a le sentiment qu’on ne veut pas afficher son obsolescence… C’est comme sur les DVD : cherchez l’année de sortie du film, très souvent elle n’y est pas (c’est moins fréquent sur les CD, à méditer). On veut nous faire penser que les films n’ont pas d’histoire… Il serait bien de réfléchir aux moyens d’agir là-dessus. C’est un exemple mineur (en apparence). Il y en a mille autres : pourquoi n’y a-t-il à l’école aucun enseignement des images, de touts les formes et fonctions des images ? Et comment cela pourrait-il se faire ? ou bien : on aime bien aujourd’hui dénoncer le « biopouvoir » - qui a toujours existé dans toutes les sociétés (on exposait bien à Athènes les enfants dont on ne voulait pas ; Aristote interdit bien de nourrir les infirmes). Mais quand on est devant un recours nécessaire à une greffe, à un médicament rare et délicat à manier, à une maladie nouvelle et rebelle – que fait-on ? on refuse tout et on souffre ou on meurt avec des tisanes douces, ou bien on essaie quand même ? Je ne dis pas qu’il faut toujours essayer ni, surtout pas, suivre toutes les indications de la médecine telle qu’elle est : mais comment réfléchir aux conduites à tenir ? à leurs aspects sociaux, économiques, etc ?

Cela suppose autre chose que d’attaquer les profits de l’industrie pharmaceutique. Tout autre chose : une pensée de la santé, de la vieillesse, etc.

Il y a des milliers de chantiers comme ceux-là. Et ils demandent des énergies de toutes sortes…

LM : L’autonomie est souvent présentée comme la seule alternative sérieuse lorsqu’on recherche une autre manière de faire de la politique. Or, vous faites une critique intéressante de l’autonomie ou plutôt de l’autosuffisance à partir de l’idée que rien ne se détermine à partir de soi : ni la matière inerte, ni le sujet. Donc l’autosuffisance ne peut être qu’un problème car « la vie ne procède pas d’une certitude de soi ». Est-ce à dire que l’idéal d’autonomie doit être dépassé ? Comment ? Juste par une ontologie de ce qui dépasse le soi (la « mêlée des corps, des désirs, des terroirs, des langues, des goûts, etc... ») ?
JLN : Par une ontologie si vous voulez qui cesse de s’occuper de « l’être » et qui mette en avant « l’ étant », toute forme d’existence, comme cela qui est tandis que l’ "être" n’est pas. C’est quand même ça la leçon de Heidegger (à laquelle il a lui-même été infidèle). Être alors, le verbe, le verbe seul, être revient à exister et exister est d’emblée hors de soi : « soi » veut dire hors de soi ; car « soi » est un cas-régime (comme « toi » , « autrui », « lui »). Le cas-sujet c’est « je » et « je » n’a lieu que dans et comme une parole – adressée, forcément. Pas d’ »autonomie » possible, Spinoza l’a bien vu. Le seul « auto » c’est le tout, sa " substance", tout et rien… le tout et l’infini… Mais une hétéronomie (il serait plus cohérent de dire " allonomie ") : non pas une dépendance mais une essentielle relation à du non-soi, du dehors, de l’incommensurable, de l’intouchable…

Notre problème, c’est que Dieu n’est pas assez mort. Nietzsche l’a dit : l’ombre de Bouddha reste mille ans devant sa caverne après sa mort. Il y a encore trop d’ombre ou d’ombres de Dieu : savoir, pouvoir, homme, autonomie…

LM : Que feriez-vous si les élections de 2017 n’avaient pas lieu ?
JLN : Pas lieu de quelle manière ? par blocage de l’Etat ? par abstention totale des électeurs ? par prise du pouvoir – et par qui ou quoi ? chaque événement attend ses effets et ses réponses…

Mais surtout : je ne suis guère un électeur. Jusqu’ici j’ai voté, parce que je trouve intéressante la symbolique de la chose, mais elle se dégrade avec l’abstention… Sa réalité, en revanche, est désolante : ce sont des réflexes conditionnés en réponse à des propos eux-mêmes préconditionnés. De ce fait la symbolique de l’abstention devient forte à son tour.

Mon travail et mon élan ne sont pas là. Le vote n’est pas une parole. En aucun sens.

hot
La farine et la gifle

Du bon usage des circonstances aggravantes

22 janv. 17 - Terreur - 7 min
au hasard
Heidegger, Gagarine et l’esprit de la zad

Par rabbi Charles Atlan

8 févr. 16 - Positions - 18 min
lundimatin c'est tous les lundi matin, et si vous le voulez,
Vous avez aimé? Ces articles pourraient vous plaire :