Le désordre était tel

Daniel Pozner

paru dans lundimatin#487, le 9 septembre 2025

Je n’ai pas fait de détour le lendemain matin
Mots empilés contradictoires simultanés
Le désordre était tel

Ça sent les grands mots
Mélange un peu les cartes

Rien ne vaut l’heure de la sieste

Les piles vacillent

La nuit n’a pas commencé
Il fallait faire des petits pas
Sur la falaise ou le trottoir
Les sirènes ont foutu le camp
Et quoi ?
Et puis ?
Tu sais compter ?
Les tuyaux sont bouchés
Pas une métaphore ni un radeau
La merde envahissait la cave
Je m’endors la tête dans le seau
Une serpillière comme héritage
On verra demain

J’arrache encore une page

Je ne caresse plus dans le sens du poil
Que faire de ce voyage ?

J’aimais bien ce mot
Foutraque
À présent je pleure
Pas du tout
Sur le fil des

Si même les morceaux
Semblent reconnaissables
Pas s’y fier
Coupants railleurs biaisés

On fait les comptes
Oublie les retenues
Les doigts gourds
Tu as les jetons
Crèves pas l’écran

Ne te retournes pas dans ta

Peur de fermer les yeux
Je ne dormirai pas

On a les siècles qu’on mérite ?
Et puis quoi encore !

Les proverbes font les poubelles

On fait le tour des ruines

Les machines à broyer
Hésitent parfois
La pluie n’en finit pas

L’usine recommence

Dis bonjour à ta grand-mère

Petite frappe
Comme la queue du lézard
Traîne-ruisseau
Tire-laine
Ne tire pas un
Mot du bec vide
Autruche bricolée
Ô temps suspens ton
Vol maladroit
Ou outarde
Ou aède quasi bègue
Dans le désert
Empli de
Chiures de gomme

Marche encore sur
Manifestation de la
Meilleure part
Bord du monde
Incertain

Plus ou moins
L’impatience
Se fige
Autre temps autre clin autre
Chose passée à la
Ligne trappe moulinette

On apprend à faire
Répété
J’adore ton rire
Geste de rien
Comme de
Pickpocket
J’aurais pu te reconnaître

Il est trop tard
Pour tremper ses ailes dans la boue liquide et presque blanche
Du bord de la route inexistante
Dans la marge massicotée des magazines
Dans le révélateur des laborantins du siècle
Les éclaboussures excusez du peu des baigneuses
– Sans y penser sur le bord –
De ce reflet tremblé vif absent diapré marrant ailleurs
Qui n’a de mémoire que le nom
Demain il sera trop tôt
Il faut que je répare mon vélo

C’est dans le vide que le désordre est le plus grand ?
Projet page blanche liste des hésitations
Lunettes noires
Fausse monnaie
Talons-aiguille
Billes en poche
Astrophysique en pointillés
Sans méthode
À la porte du château démonté

Regardez-moi ça !
Il continue à fouiller dans ses cartons
Comme si le grenier était sans fond !

Poudre des vieilles perruques
Les pieds dans l’eau fraîche

Les rues sont vides
Paraît-il
Je n’ai pas quitté mon lit
La fenêtre est ouverte
J’entends les cris

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