La CGT énergie en Haute-Loire renoue avec le sabotage [MàJ]

Couic, couic, allô, allô ? Deux fils coupés, 9 heures de « dérangement »

paru dans lundimatin#60, le 9 mai 2016

Pour la méthode, retenons du sabotage le principe suivant : un minimum de risque dans l’action, un minimum de temps, un maximum de dommages. Pour la stratégie, on se souviendra qu’un obstacle renversé mais non submergé – un espace libéré mais non habité – est aisément remplacé par un autre obstacle, plus résistant et moins attaquable.

Inutile de s’appesantir sur les trois types de sabotage ouvrier : ralentir le travail, du « va-y mollo » à la grève du zèle ; casser les machines, ou en entraver la marche ; ébruiter les secrets de l’entreprise. Élargis aux dimensions de l’usine sociale, les principes du sabotage se généralisent de la production à la circulation. L’infrastructure technique de la métropole est vulnérable : ses flux ne sont pas seulement transports de personnes et de marchandises, informations et énergie circulent à travers des réseaux de fils, de fibres et de canalisations, qu’il est possible d’attaquer. Saboter avec quelque conséquence la machine sociale implique aujourd’hui de reconquérir et réinventer les moyens d’interrompre ses réseaux. Comment rendre inutilisable une ligne de TGV, un réseau électrique ? Comment trouver les points faibles des réseaux informatiques, comment brouiller des ondes radios et rendre à la neige le petit écran ?Comité Invisible, L’insurrection qui vient, 2007

Mardi 3 mai à Brives-Charensac, deux fils de fibre optique ont été coupés par la commission exécutive du syndicat CGT énergie de Haute-Loire. Pendant 9 heures, les clients SFR et Bouygues ont été coupés du réseau, des banques ont dû fermer, les distributeurs de billets automatiques étaient hors service, l’usine sociale tournait localement au ralenti. Cet acte de sabotage qui s’inscrit dans une tradition aussi vieille que la machine et très souvent auréolée de gloire en France, a été revendiqué dans un communiqué : « Depuis huit semaines, nous agissons contre la Loi travail et depuis des mois contre la privatisation et le démantèlement de nos entreprises de service public. Le dialogue social n’a jamais été aussi inexistant. Nous n’avons plus de solution pour nous faire entendre ».

La police scientifique a été dépêchée sur les lieux du crime et le parquet a demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire. Pendant ce temps, la direction locale et nationale de la CGT semble se dissocier de ces deux fils coupés, nous n’avons donc pas été en mesure de nous procurer la revendication originale. Si elle parvenait jusqu’à notre boîte mail, nous serions ravis de la publier dans son intégralité.

Mise à jour :

Suite à la publication de cet article ce matin, on nous a fait parvenir le communiqué de revendication à lire ci-dessous :


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