Je vous écris d’Oaxaca - Par Georges Lapierre

« Tenter d’analyser et de comprendre cette spirale de violence qui secoue le Mexique contemporain est un peu une gageure pour l’intelligence et surtout pour un esprit cartésien qui veut qu’une chose ne peut pas être à la fois elle-même et son contraire comme déclarer la guerre aux cartels tout en s’alliant avec eux... »

paru dans lundimatin#63, le 30 mai 2016

Georges Lapierre livre ici un récit passionnant ainsi qu’une analyse très fine de la situation politique mexicaine.

Il y a trois jours deux corps ont été découverts dans une camionnette abandonnée dans la banlieue de la ville, à Xoxocotlán, un corps était décapité et la tête mise en évidence sur le capot de la voiture, les gens ont reconnu un commerçant du quartier. Hier une amie originaire de l’isthme de Tehuantepec a reçu sur son téléphone portable un message invitant la population de l’Isthme — Juchitán, Tehuantepec, Matías Romero, Salina Cruz, Ixtepec, Jalapa, etc. — à ne pas sortir à partir de 9 heures du soir, la chasse contre la vermine allait commencer : Esto es un advertencia para que no anden en la calle a partir de las 9 de la noche dado que llego la casería de LACRAS venimos a limpiar la mugre que ha sido culpable de manchar y usar nuestro Cartel como la peor de la zona… (« Ceci est un avertissement afin que vous évitiez de vous trouver dans la rue à partir de 9 heures du soir car la chasse à la VERMINE a commencé, nous venons nettoyer la saleté qui a taché et usé notre Cartel de la pire façon… »). Venait ensuite la liste des noms de tous ceux qui avaient trahi leur confiance.

Ces deux événements récents, qui nourrissent l’actualité oaxaqueña, sont loin d’être exceptionnels dans le Mexique contemporain ; ils ont même acquis avec le temps une certaine banalité. Nous avions pu suivre depuis trois ou quatre ans la lente mais implacable pénétration de l’État d’Oaxaca par des bandes organisées de type mafieux extorquant la population, réclamant un droit de piso ou « impôt » de « protection » aux commerçants. Les cartels de la drogue se faisaient de plus en plus présents : des rumeurs couraient sur la présence des Zetas, organisations de tueurs issus de l’armée (les Gafe  [1]) liées au trafic de la drogue. Il était de notoriété publique que l’isthme de Tehuantepec était jusqu’à présent contrôlé par le Cartel du Golfe  [2]. Dans les bars de nuit du centre-ville d’Oaxaca, des personnages étranges avaient fait leur apparition (je dis « étrange » dans la mesure où ils ne constituaient pas la clientèle habituelle de ces bars et étaient l’objet d’une attention toute particulière de la part des tenanciers). Déjà dans certaines colonias ou quartiers pauvres d’Oaxaca, les habitants ne sortaient plus de chez eux à partir d’une certaine heure du soir ou de la nuit. L’Isthme, traversé par la Bestia (train de marchandises allant de Pochutla, qui se trouve à la frontière avec le Guatemala, à Veracruz, sur la côte du Golfe du Mexique) empruntée par les immigrés venant de l’Amérique centrale, était devenu le territoire que des bandes criminelles se partageaient avec la complicité des forces de la police et de l’immigration, et la disparition d’un « lot » d’immigrés enlevés par des hommes armés faisaient parfois le sujet d’un article dans certains journaux. Jusqu’alors cette rumeur persistante et qui grossissait peu à peu restait encore confinée dans le domaine du racontar, du bruit qui court ; avec ces deux événements, la menace diffuse se cristallise soudain et prend, du coup, une autre dimension.

Simples menaces ? Le lendemain, dimanche, cinq personnes ont été retrouvées assassinées à Juchitán, dont quatre dans la seule septième section (le quartier des pêcheurs mais aussi quartier bravo de Juchitán). Ces assassinats eurent lieu malgré un déploiement impressionnant des forces de l’ordre pour l’opération « Juchitán seguro » (Juchitán, ville sûre) : trois cents policiers (de la police municipale à la police fédérale) auxquels ont été ajoutés des éléments de l’armée et de la marine. Il semblerait qu’à la « loi » des cartels, les politiques ne puissent répondre que par des slogans, c’est que, pour eux, l’ennemi n’est pas tant constitué par l’ordre mafieux, auquel d’ailleurs ils appartiennent, mais bien plutôt par les peuples ou les gens qui cherchent à échapper à cet ordre mafieux. C’est ainsi que des habitants d’Alvaro Obregón (ex-agence municipale de Juchitán) qui passaient par la ville où se tenait un meeting des candidats au pouvoir (élections du 5 juin) ont essuyé le feu de la police municipale : bilan six blessés dont deux graves. Les forces de l’ordre ne se sont pas trompées d’ennemi, les habitants d’Alvaro Obregón sont bien de véritables dissidents : ils ont reconstruit leur autonomie politique en s’appuyant sur les institutions communautaires (l’assemblée populaire et souveraine, les autorités constituant le conseil désignées par cette même assemblée, la police communautaire), en outre, ils défendent l’entrée de la barre Santa Teresa sur la lagune pour y interdire la construction d’éoliennes. Juchitán seguro, pour qui ?

Tenter d’analyser et de comprendre cette spirale de violence qui secoue le Mexique contemporain est un peu une gageure pour l’intelligence et surtout pour un esprit cartésien qui veut qu’une chose ne peut pas être à la fois elle-même et son contraire comme déclarer la guerre aux cartels tout en s’alliant avec eux : faire la guerre aux Caballeros templarios en s’alliant au cartel de Jalisco nueva generación, par exemple ; être un général de l’armée se livrant à la chasse aux trafiquants de drogue tout en étant un général corrompu par ces mêmes trafiquants ; monter de toute pièce le spectacle d’une autodéfense populaire en créant un groupe paramilitaire dirigé par les membres d’un cartel pour, ensuite, l’institutionnaliser comme « Force rurale » placée sous le contrôle des militaires, etc. En outre nous sommes plongés dans le monde du non-dit, du mensonge, de la confusion, de l’obscurité, de l’opaque. Les fameux (et même trop fameux) Zetas que l’on dit déserteurs de l’armée et qui ont été formés pour une mission contre-insurrectionnelle sont-ils vraiment « déserteurs » ? Ne sont-ils pas justement en train d’accomplir la tâche pour laquelle ils ont été formés ? Ne seraient-ils pas plutôt des paramilitaires dans le sens stricte du mot ? Contribuant à faire de la société mexicaine une société « paramilitarisée » ? On dit qu’ils ont commencé à servir de tueurs au Cartel du Golfe pour, ensuite, prendre leur indépendance et disputer les territoires ou plazas aux autres cartels déchaînant une violence sans nom : « Qui sème le vent récolte la tempête. » La tempête, ce maelstrom, ce déchaînement de violence, avec ses morts innombrables, ses disparus, ses fosses clandestines, ne serait-elle pas le but recherché ? Mais par qui ?

Nous éprouvons quelques difficultés à saisir ce qui nous arrive, nous avons le sentiment de nous aventurer dans des sables mouvants, où nous nous enlisons à chaque pas. Et si c’était cela notre réalité : une réalité devenue insaisissable, une réalité anguille qui nous glisse entre les mains ? Nous n’avons plus qu’une représentation fausse de la réalité, une représentation « écran », dans le sens propre du terme, faite de clichés : l’image faussée, incertaine et changeante, inconsistante et capricieuse, de la réalité ; l’image que le pouvoir veut bien nous en donner et à laquelle nous adhérons par soumission et paresse, et je ne parle pas seulement de Tchernobyl ou de Fukushima, ni même de la Palestine ou de la Syrie, du Nigeria ou de l’Afghanistan, je parle de notre réalité, de la réalité de la femme et de l’homme d’aujourd’hui sur la Terre. Je pense d’ailleurs que le trouble des esprits dans lequel nous sommes tenus, ou maintenus, fait partie de cette guerre de basse intensité dite encore guerre psychologique dans laquelle nous sommes plongés, que nous le voulions ou non. Nous sommes des cibles qui s’ignorent.

À Oaxaca, nous vivons les conséquences de notre défaite de 2006, et une pensée étrangère et même opposée à l’esprit de la commune nous envahit et pénètre chaque recoin du territoire, poussant son avantage partout où existe encore une vie sociale digne de ce nom. Si nous lisons avec attention le communiqué envoyé aux gens de l’Isthme, nous remarquerons que « cartel » se confond avec la notion de « territoire » (culpable de manchar y usar nuestro Cartel como la peor de la zona). Le « cartel » est le territoire, l’espace, ou encore la plaza annexé et contrôlé par un groupe armé afin de s’y livrer à des trafics en tout genre, illégaux ou non. Le Cartel du Golfe est à la fois le nom d’une organisation mafieuse et le territoire qu’elle contrôle ou qu’elle entend contrôler. Nous avons affaire à une société anonyme se livrant à la production et à la commercialisation de marchandises en grande partie interdites sur un territoire ou espace public qu’elle aura annexé à son profit. Ainsi Carlos Fazio a pu écrire  [3] que le territoire national est vu comme l’espace ou la plaza qui peut être occupé et « pacifié », c’est-à-dire privatisé.

Pour l’esprit de la commune, le territoire est le lieu où se développe une vie communautaire selon ses usages et coutumes propres. Je dirai que c’est un espace public qui appartient en propre au public. L’État a cherché à s’emparer et à contrôler, c’est-à-dire à administrer cet espace public à travers ses propres institutions. Une sorte de dialogue, proche du rapport de force et d’un dialogue de sourds, s’est alors établi entre la société et l’État aboutissant à un pacte : la Constitution. Jusqu’alors le public avait encore des droits et pouvait espérer se faire entendre par l’État. Nous voyons par exemple le peuple chontal entreprendre des démarches sur le plan juridique — constitutionnel, donc — pour interdire l’exploitation minière sur son territoire. La situation est en train de changer très rapidement. L’État national n’est plus que l’instrument d’une volonté qui lui est supérieure. L’État a toujours été l’expression d’une volonté séparée, celle d’une classe sociale et, en ce qui nous concerne, celle d’une bourgeoisie nationale. Cette dimension nationale est en train de se diluer dans un marché international ou planétaire. L’esprit de corps existe toujours, la corporation des grands marchands, des entreprises transnationales ou multinationales, dictant sa loi existe toujours, mais les États nationaux ne sont plus désormais que les instruments de Sa volonté : fin du pacte social qui liait l’État à la société civile, fin du droit constitutionnel. Sous le prétexte de la guerre (guerre contre le terrorisme, d’un côté ; guerre contre les cartels de la drogue, de l’autre) des lois dites d’exception mettent fin aux libertés constitutionnelles. Nous vivons sous le régime de l’exception et cette exception devient la règle.

Les États-Unis sont devenus les centres névralgiques du capital international et de son impérialisme et la guerre fait rage consistant à soumettre à une volonté unique, à une pensée unique, celle des compagnies marchandes, l’ensemble de l’humanité. C’est une guerre de conquête ou de reconquête des territoires, c’est une guerre d’occupation, c’est une nouvelle guerre coloniale, qui n’est plus menée par des États nationaux au bénéfice d’une bourgeoisie nationale mais par un État supranational lié à des intérêts supranationaux. Dans les guerres coloniales d’hier comme dans celles d’aujourd’hui, l’ennemi est toute la population.

À partir du moment où Calderón, sous la suggestion des États-Unis, a déclaré la guerre aux cartels, l’armée mexicaine est devenue une armée d’occupation dans son propre pays, violant les lois, et même celles de la guerre (précise Carlos Fazio), ayant recours d’une manière systématique à la torture, la disparition forcée des personnes, l’exécution sommaire, hors justice, des suspects. Les meurtres d’enfants, de femmes ou d’étudiants sont alors assimilés, selon la rhétorique bien connue, à des « pertes collatérales », nous connaissons la chanson.

C’est la bataille d’Alger à l’échelle d’un pays, reposant sur une doctrine de contre-insurrection désormais classique appelée la « guerre moderne », issue de « l’École française », et assimilée à la perfection par le Pentagone et l’Agence centrale ou CIA, durant l’Opération Phénix au Vietnam. Dans cette affaire, le Mexique n’est pas une exception, nous sentons bien que cette mainmise de l’impérialisme marchand par le biais des États-Unis d’Amérique s’étend sur la planète. La réorganisation des États avec ce profil policier-militaire nous conduira, écrit Carlos Fazio  [4], à la construction de ce que Robinson Salazar appelle « la citoyenneté de la peur » et Naomi Klein « la démocratie Big Brother ».

Nous assistons à des déplacements massifs de populations et ce sont des personnes sans droit. Au milieu du droit ordinaire se multiplient ainsi des gens qui n’ont plus de droits, ou si peu : les exilés, les immigrés, les indigènes, les clandestins, les pauvres. Les droits universels de l’homme et du citoyen apparaissent alors pour ce qu’ils ont toujours été : les droits d’une corporation, celle des riches marchands. Ce fut toujours ainsi, le droit dans son expression séparée est toujours le droit de la classe dominante (féodale, bureaucratique, théocratique…), le droit bourgeois, défendant la propriété privée et la personne sous son aspect privé, l’homme en tant qu’individu, n’échappe pas à la règle — par contre, le droit dans son expression non séparée est seulement une éthique de vie, un art de vivre en société, un ensemble d’usages, qui ne sont pas toujours explicitent.

Ne nous faisons pas trop d’illusions, les dés sont en train de changer de main, et nous, qui avions des colonies, sommes en passe de devenir des pays colonisés par une pensée spéculative de haut vol imposant implacablement ses volontés et ses nécessités, tirant les ficelles d’une dette dite publique qui nous lie fatalement comme de vulgaires peones (mais sur une tout autre échelle) à nos nouveaux maîtres.

Actuellement, nous assistons au Mexique à une privatisation accélérée de l’espace communal, c’est un phénomène nouveau, du moins par l’ampleur qu’il prend : privatisation des terres ejidales et des terres communales facilitant la mainmise sur le territoire communal des entreprises nationales et internationales comme la construction de l’aéroport international à Atenco (Atenco est seulement un exemple auquel j’ajouterai l’exploitation minière, les barrages hydroélectriques, les éoliennes, l’exploitation intensive des forêts, les golfs, les monocultures, etc.). C’est à l’intérieur de ce mouvement général de privatisation de l’espace communal que s’inscrit la montée en puissance des cartels de la drogue. Ils se présentent comme la pointe avancée du capitalisme : le capitalisme sauvage soumettant la population par la terreur et ne s’embarrassant pas du droit. Il existe une complicité de fait entre le capitalisme avancé des entreprises multinationales, qui ne s’embarrassent pas non plus du droit des gens, et le capitalisme primitif, et plus risqué, de l’illégalité (des sociologues, en se référant à Marx, parlent à ce sujet d’« accumulation primitive du capital »).

Surtout cet enrichissement illicite et considérable donne du poids et de la consistance au point de vue du marchand sur le monde, pénétrant et tenant sous sa coupe toute une frange de la population qui était exclue des bénéfices (des bienfaits) de la civilisation marchande. Ce double aspect des cartels, à la fois figure du capitalisme primitif et celle de la délinquance, du marchand et du hors-la-loi, si elle correspond à la réalité n’est pas non plus pour déplaire car elle entretient la confusion entre délinquance et dissidence  [5]. Déclarer la guerre à la délinquance, ce n’est pas nécessairement déclarer la guerre au capitalisme sauvage, c’est plus clairement déclarer la guerre à tout ce qui trouble l’ordre public, à tous ceux qui ne se soumettent pas à l’ordre d’un monde, c’est faire la guerre à la dissidence.

L’État peut bien déclarer la guerre à la délinquance ou déclarer la guerre au terrorisme, il sait qu’il aura ainsi l’appui d’une grande partie de l’opinion (qui pourrait être pour les attentats, les enlèvements, les prises d’otages, les assassinats, les tortures ?). Il peut ainsi militariser le pays sans trop heurter le sentiment général et reconquérir par les armes et la terreur un espace public qui lui échappait ; mais, et c’est la nouveauté, pour en faire un espace privé, livré aux intérêts du capital transnational. Ce qui fait dire à un habitant de Ciudad Juarez qu’ils subissent désormais « la violence de trois cartels, celui des flics, celui des militaires et celui des narcos  [6] ».

La guerre est essentiellement une activité qui n’est pas soumise à des règles, excepté celles qui permettent d’obtenir la victoire, exit Clausewitz. Cette guerre est d’autant plus désastreuse que l’ennemi est vague ; il n’est pas politiquement défini, au point où l’on peut se demander s’il existe vraiment, ou alors quiconque peut se révéler l’ennemi à abattre, tous ceux qui ne sont pas, du fait de leur soumission et de leur complicité avec le pouvoir, à l’abri et intouchables, et encore faut-il qu’ils choisissent le « bon cheval » , si je puis dire…, ou le bon parti ; tous ceux, qui, en fait, ne font pas partie de l’ordre mafieux et paramilitaire qui s’érige et s’installe au Mexique. Un petit air stalinien, non ? Rien d’étonnant à cela, nous nous dirigeons peu à peu vers un pouvoir totalitaire, celui des cartels et, plus généralement, des grandes compagnies marchandes.

Comme le note Edgardo Buscaglia dans le livre de Paula Mónaco Ayotzinapa : horas eternas (Mexico, 2015), il y a des dizaines de milliers de disparitions dans ce pays comme il y en avait en Argentine ou au Chili, mais avec cette différence qu’il n’y a pas de junte militaire centralisée. Au Mexique, la décentralisation, l’atomisation du terrorisme d’État rend la situation encore plus terrifiante, chaque municipalité est comme une petite junte militaire argentine.

La propagande nous dit que le capitalisme est créateur de richesse (pour les capitalistes, sans doute), en fait il est surtout créateur de pauvreté et il doit continuellement se défendre des pauvres qu’il jette sur les routes. En tant qu’individu, en tant que personne isolée, le pauvre ne pose pas de problèmes, sa vie misérable n’inquiète pas outre mesure notre capitaliste, il est seulement le résultat attendu et desechable d’un système créateur de pauvreté. Il devient dangereux à partir du moment où il est encore attaché à une vie sociale, où il a encore la capacité de défendre, de construire ou de reconstruire une vie sociale, d’opposer à l’idéologie capitaliste, à la guerre de tous contre tous, l’esprit de la commune.

Oaxaca, le 22 mai 2016,
Georges Lapierre

Ce texte est extrait de l’excellent site "La voie du jaguar"

[1Gafe : Grupos Aeromóvil de Fuerzas Especiales (Groupes aéromobiles des forces spéciales), troupe d’élite de l’armée mexicaine entraînée aux États-Unis et en Israël dans le but de lutter contre l’insurrection zapatiste au Chiapas.

[2C’est une loi « sociologique » au Mexique et sans doute ailleurs : les cartels suivent l’avancée du « progrès » du nord au sud du pays et l’Isthme, avec ses éoliennes, est devenu un champ d’attraction pour eux. Ainsi l’État d’Oaxaca se trouve-t-il pris en tenailles entre l’État de Veracruz où les enlèvements, les assassinats et les disparitions font le quotidien des habitants et des journaux, et celui du Guerrero où les cartels se livrent à une guerre sans merci pour la conquête de territoires ou plazas comme à Acapulco.

[3Fazio (Carlos), Estado de emergencia, De la guerra de Calderón à la guerra de Peña Nieto, Grijalbo, México, 2016.

[4Carlos Fazio, 2016.

[5La délinquance repose sur une même idéologie, l’individualisme, que le monde marchand, seulement, elle rejette les chaînes de la soumission qu’on lui impose.
La dissidence ne repose pas sur la même idéologie que le monde marchand tout en rejetant les chaînes de la soumission à l’idéologie marchande qu’on lui impose.
De part et d’autre, du côté de la délinquance comme du côté de la dissidence, nous trouvons l’étincelle de révolte contre l’ordre établi et c’est bien cette révolte que craint l’État, mais il ne confond pas les deux et il saura s’allier à la délinquance (cf. Ayotzinapa ; cf. Ostula, etc.) pour combattre la dissidence.

[6Citation tirée du livre de Carlos Fazio Estado de emergencia.

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