Ghost Dog : une forme-de-vie — Part I

Live by the code, die by the code

Vulture - paru dans lundimatin#129, le 15 janvier 2018

Ghost Dog est un film précieux. Il raconte l’histoire d’un assassin singulier (Ghost Dog), joué par Forest Whitaker, tentant de vivre et de mourir en samouraï dans une ville américaine où le crime se normalise. Tout samouraï a un maître : celui de Ghost Dog est un mafieux insignifiant qui le charge régulièrement d’exécuter des contrats pour le compte de la mafia. Ils ne communiquent que par pigeon voyageur. Un jour, un contrat se passe de façon légèrement imprévue, et tout dégénère : la mafia décide d’exécuter Ghost Dog, qui décide d’exécuter la mafia pour protéger son maître. Il est visiblement difficile de vivre en samouraï intègre dans une époque cynique et aplatie. Ghost Dog, qui ne renonce jamais, finit par accepter de mourir de la main de son maître pour ne pas trahir son code.

Le film est sous-titré : La Voie du Samouraï. Voie, c’est-à-dire forme-de-vie. Le destin de Ghost Dog est pris dans le grand mouvement d’aplatissement des formes-de-vie, la tempête qu’on appelle progrès. Lui, son maître, et même les mafieux, ne cessent de déplorer que les temps changent et rendent les old ways, les vieilles manières, les vieilles voies, les vieilles formes-de-vie, désuètes, obsolètes, encombrantes. Et pourtant, jamais Ghost Dog ne dévie de la sienne ; et son obstination est contagieuse, même au prix de la mort. Le film articule une réflexion assez profonde sur les formes-de-vie ; d’une part sur leur consistance interne ; de l’autre sur leurs rapports les unes avec les autres.

Ces deux problèmes se développent par la circulation parallèle de deux livres entre divers personnages. Le premier est le Hagakure. Il s’agit d’une compilation de citations d’un samouraï, qui codifie la forme-de-vie du guerrier et que s’efforce de suivre le héros. Il le transmettra à la fin du film à Pearline, une petite fille devenue son amie et promise, semble-t-il, à le suivre dans la pratique du bushido. Le second est la nouvelle Yabu No Naka, de l’écrivain japonais Ryunosuke Akutagawa, nouvelle qui fournit la trame du célébrissime Rashomon d’Akira Kurosawa. Au début du film, Ghost Dog assassine un mafieux qui couche avec la fille du chef de la mafia. Celle-ci est par hasard témoin du meurtre. Elle est en train de lire Yabu No Naka, et lui prête. Ghost Dog le lit, et le prête à Pearline, qui lui rend à la fin du film avant qu’il meure de la main de son maître ; la dernière volonté de Ghost Dog consistant à donner le livre à son maître, un mafieux de second rang, qui le montre à la fille du chef de la mafia, devenue en vérité chef à sa place après sa mort spectaculaire, de la main de Ghost Dog. Et la boucle est bouclée.

Le premier livre élabore une forme-de-vie singulière, celle du samouraï. Sa présence dans le récit pose le problème de la consistance interne, de l’autodéfinition d’une forme-de-vie. Le second théorise par le biais de sa narration la manière dont des formes-de-vie hétérogènes se rapportent les unes aux autres sans la médiation d’aucune instance qui garantirait leur compréhension mutuelle. La manière dont il circule parmi les personnages du film redouble le propos de la nouvelle, le remet en jeu. Notre but est de synthétiser les enseignements que le film tire de ces deux livres, qui sont comme la chaîne et la trame de sa narration.

Hagakure

Qu’est-ce qui donne à une forme-de-vie sa consistance, sa tenue, la solidité de sa forme ? (Qu’est-ce qui fait qu’une forme-de-vie est une forme ?)

Le concept de forme-de-vie est défini par Agamben à partir d’une inséparabilité que les tirets sont censés manifester : « Avec le terme forme-de-vie nous entendons, au contraire, une vie qui ne peut jamais être séparée de sa forme, une vie dont il n’est jamais possible d’isoler quelque chose comme une vie nue » (Moyens sans fins, p. 13). La vie nue est ici entendue comme la vie biologique, le simple fait de vivre. Le concept de forme-de-vie désigne donc une existence dans laquelle les fonctions biologiques (manger, dormir, se protéger des éléments, des ennemis, assurer sa reproduction, etc), n’existent qu’incarnées dans des formes singulières (habitudes, rites, etc), de telle sorte qu’il n’y a aucun sens à les considérer purement, comme des besoins universels que l’on pourrait satisfaire d’une manière ou d’une autre. Il faudrait au contraire considérer les besoins et les manières qu’un être trouve pour les satisfaire comme un tout indissociable : isoler dans une forme-de-vie quelque chose comme un besoin vital reviendrait à s’interdire absolument de jamais la comprendre. Par exemple, il est impossible de comprendre l’art du kimono et la signification qu’il revêt aux yeux de qui s’y adonne en le considérant simplement à partir du besoin vital de se protéger du froid. Une forme-de-vie tirerait donc sa consistance du fait qu’elle collerait parfaitement avec le corps vivant qui l’incarne.

Or, le film de Jarmusch semble montrer que la consistance de la voie du samouraï repose précisément sur une séparabilité entre la forme-de-vie en question et l’existence singulière qui la suit ou s’en réclame. Ghost Dog a embrassé la forme-de-vie, la voie, du samouraï. Cette forme lui est accessible par l’intermédiaire d’un livre, le Hagakure, dont plusieurs extraits émaillent la narration. En ce sens, cette forme-de-vie est absolument séparable et distincte de lui (comme, selon Platon, n’importe quelle forme) : elle existe par elle-même, abstraitement, comme idée, comme code, comme système de règles, que le destin singulier de Ghost Dog ne saurait en aucune manière amender ou obscurcir. Et c’est parce qu’elle existe comme forme séparée qu’il est possible de s’y tenir pleinement. C’est aussi cette séparabilité qui rend possible la transmission ou la contagion de la forme-de-vie, par la transmission du Hagakure à Pearline. Malgré la disparition de Ghost Dog, et à vrai dire de tous les samouraïs, la voie du samouraï perdure.

Cela ne contredit pas nécessairement le propos d’Agamben, qui consiste à souligner à quel point une existence qui a pris forme est mutilée à partir du moment où l’on choisit d’honorer en elle la simple vie, la vie biologique, la vie nue, au détriment de l’ensemble complexe de règles, de rites, de rythmes, de décisions et d’oublis qui composent ladite forme. Mais justement, le geste final de Ghost Dog, qui consiste à accepter la mort plutôt que de renoncer à sa voie, montre que l’inséparabilité entre la vie biologique d’un être singulier et sa forme-de-vie repose sur une séparabilité plus profonde entre lui et sa forme-de-vie, qui permet à sa forme-de-vie de perdurer au-delà de son destin singulier d’être mortel. Ce paradoxe pourrait être nommé par l’expression forme-de-mort. Il y a en effet deux manières d’envisager la consistance d’une forme-de-vie : d’abord, comme incarnée ou portée par un corps (comment le corps et sa vie nue peuvent se résorber pleinement dans la forme-de-vie ?) ; ensuite, comme forme pure, comme idée, ou comme concept (comment une forme-de-vie existe par-delà ceux qui la vivent ?). Comment l’idée ou la forme peut tenir alors qu’elle s’incarne dans des corps mortels, épais et évanescents, soumis à l’épreuve du temps ? Parce que, d’une certaine manière, elle peut leur survivre. Quand un être vivant selon une certaine forme est contraint à choisir entre sa vie nue et sa forme-de-vie, il peut choisir sa forme-de-vie, mais doit renoncer à sa vie nue : il doit alors mourir d’une certaine façon (et la façon importe). Sa forme-de-vie lui survit en devenant forme-de-mort. En tant que forme-de-mort, elle est au plus près du concept. Les Indiens qui se laissaient mourir plutôt que de vivre en esclaves comme le samouraï qui se fait seppuku, manifestent dans leur forme-de-mort que leur simple vie ne saurait perdurer en l’absence de forme (inséparabilité), mais qu’à l’inverse leur forme-de-vie peut perdurer, continuer à valoir, malgré l’extinction de la vie nue (séparabilité).

Cela est particulièrement patent dans la forme-de-vie codifiée par le Hagakure, qui énonce justement :

La Voie du Samouraï se trouve dans la mort. La méditation sur la mort inévitable devrait être accomplie quotidiennement. Chaque jour, quand le corps et l’âme sont en paix, l’on doit méditer sur la possibilité d’être déchiqueté par des flèches, des fusils, des lances et des épées. Être emporté par des vagues déferlantes. Être jeté au milieu d’un grand feu. Être frappé par la foudre, être secoué à mort par un grand tremblement de terre. Tomber d’une falaise de mille pieds, mourir de maladie, ou commettre le seppuku à la mort de son maître. Et chaque jour, sans faute, l’on devrait se considérer comme mort. Telle est la substance de la Voie du Samouraï.

La forme-de-vie du samouraï repose avant tout sur une forme-de-mort, le fait de se considérer comme déjà mort permettant de se livrer entièrement, et sans la moindre retenue ou séparation, à la voie du samouraï, à ses rites et à ses codes. La forme-de-vie du samouraï ne consiste que parce qu’elle insiste sur la mort. Pas de forme-de-vie (inséparabilité) sans forme-de-mort qui lui garantit d’être toujours plus que les corps mortels qui se coulent en elle (séparabilité). Premier enseignement.
[Corollaire : Il n’y a que les êtres dont la vie est nue et informe, qui peuvent vouloir (sur)vivre à n’importe quel prix, et se moquer de la manière dont ils meurent. L’instinct de survie n’est pas chose honorable]

L’attrait du film, en tant que film de genre, repose sur le mélange entre la forme-de-vie du samouraï et le contexte de la vie urbaine moderne, c’est-à-dire, en l’occurrence, le hip-hop. Ghost Dog met du streetwear, écoute Killah Priest en cruisant dans la nuit, est ami avec RZA, est sensible à l’art du freestyle, bref, il est un samouraï dans un monde de rappeurs. Un des mafieux, quand il entend pour la première fois le nom « Ghost Dog », le compare même à quelques grands noms du rap des années 90 : Snoop Doggy Dogg, Ice Cube, Q-Tip, Method Man, Flavor Flav. Mais il se trompe. Ghost Dog n’est pas un rappeur, c’est un samouraï. Autrement dit, il y a une distinction à faire entre une forme-de-vie (celle du samouraï solitaire) et un style de vie (le hip-hop). Ghost Dog ne parle pas la langue des samouraïs, ni n’écoute la musique qu’ils écoutaient, ni ne se déplace comme ils se déplaçaient, et pourtant il n’est pas un demi-samouraï ou une version « moderne » d’un samouraï, il est pleinement et absolument un samouraï. De la même manière, un des pontes de la mafia se révèle être fan de Public Enemy ; un autre, sensible à la poésie des noms indiens. Cela ne change rien au fait qu’ils ont des formes-de-vie et des formes-de-mort de gangsters, bien différentes de celles de Ghost Dog. Ne jamais confondre la forme et le style (la forme et le contenu ?), quand bien même ils apparaissent indissociables. Deuxième enseignement.
[Corollaire : le lifestyle n’est qu’une manière d’habiller la vie nue, non de la transcender. On est toujours nu sous ses habits].

La consistance d’une forme-de-vie ne repose pas sur sa compréhensibilité par les autres formes-de-vie. Ghost Dog n’est au départ pris au sérieux par personne ; son maître, à qui il est absolument dévoué, ne comprend pas exactement qui il est et s’en accommode très bien ; son meilleur ami, un vendeur de glace haïtien, ne parle pas la même langue que lui et ne comprend pas un mot de ce qu’il dit ; et pourtant sa vertu de samouraï finit par rejaillir sur les autres personnages sans qu’il lui soit besoin d’être compris. Les mafieux, quand ils apprennent qu’il ne communique que par pigeon voyageur, le prennent pour un demeuré. Ils ne comprennent pas l’essence de la voie du samouraï. Mais, curieusement, quand Ghost Dog entreprend de les exterminer, les mafieux se réjouissent de se voir offrir une vraie mort de gangsters, et finissent par tenir Ghost Dog en très haute estime. Cela ne signifie pas qu’ils auraient soudain compris les principes de sa voie. S’il finit par être respecté par ceux qui le méprisaient, c’est simplement en vertu de la forme qu’il donne à la guerre dans laquelle il se lance.

Qu’une forme-de-vie constitue une sorte d’unité ou de système impénétrable à la compréhension de qui n’est pas déjà engagé en elle ne signifie pourtant pas non plus qu’elle soit close sur elle-même. En effet, la forme-de-vie du samouraï repose sur la soumission absolue au maître, qui en l’occurrence est un gangster médiocre qui a simplement sauvé Ghost Dog un peu par hasard. La forme-de-vie de samouraï de Ghost Dog n’a donc de sens et de consistance qu’articulée à une forme-de-vie radicalement hétérogène à la sienne, elle dépend essentiellement, en son centre, d’un dehors qui n’a pas à lui être assimilable ou compréhensible. Autrement dit, une forme-de-vie n’est pas une entité qui ne se lie qu’avec ce qui lui ressemble ou avec ce qu’elle comprend : elle peut – et souvent doit – s’articuler essentiellement avec d’autres formes qui lui échappent, et auxquelles elle échappe également. Le maître croit que Ghost Dog est un gangster un peu excentrique ; Ghost Dog se contente de croire que son maître est son maître, et cela suffit. La forme-de-vie du samouraï n’est tout simplement pas pensable sans référence à une autre forme-de-vie, celle du maître, qui peut rester absolument indéterminée. Bref, les formes-de-vie s’articulent les unes aux autres et peuvent se respecter, dans la guerre (Ghost Dog vs. mafieux) ou dans l’amitié (Ghost Dog vs. marchand de glaces), parfois avec une étroite nécessité, sans qu’il soit besoin entre elles d’une entente profonde. Leur consistance interne dépend de cette articulation sans compréhension. Troisième enseignement.
[Corollaire : les formes-de-vie ne peuvent jamais être des identités]

Et cependant, la voie du samouraï n’est pas une forme-de-vie qui se désintéresse des autres formes et se refuserait à les comprendre. Il est dit dans le Hagakure : «  Il est mauvais qu’une chose devienne deux. Il n’y a rien d’autre à chercher dans la Voie du Samouraï. Il en va ainsi dans tout ce qui est appelé une Voie. Celui qui comprend les choses de cette manière sera capable d’entendre toutes les voies et d’être de plus en plus en accord avec sa voie propre ». Autrement dit, plus le samouraï approfondit sa voie propre, plus il est capable de comprendre les autres voies. Dans le film, Ghost Dog témoigne ainsi son admiration silencieuse à des rappeurs, mais aussi à un vieil homme qui construit un bateau sur le toit de son immeuble. Il est capable de percevoir ce qu’est la voie d’un rappeur, ou la voie d’un constructeur de bateau. Mais en réalité, aucun rappeur ni aucun constructeur de bateau ne parlerait de sa « voie » ; le rapport du constructeur de bateau à son bateau n’a sans doute rien à voir avec le rapport du samouraï à son maître ou à sa voie ; mais le samouraï ne peut comprendre qu’ainsi un tel rapport, ce qui explique qu’il le respecte. « Voie » (qui traduit ici le mot japonais do, et le mot chinois tao ou dao) est un concept profondément ancré dans la forme-de-vie du samouraï, qui lui permet d’envisager les autres formes-de-vie (il y a une voie pour tout, et en même temps, quand on suit une voie, on est déjà, un peu, un samouraï). Pour le samouraï, « comprendre les autres formes-de-vie » signifie en réalité « comprendre les autres formes-de-vie comme des voies de quelque chose », mais la compréhension de ce qu’est une voie en général repose essentiellement sur la compréhension d’une voie singulière, paradigmatique : la voie du samouraï. Autrement dit, Ghost Dog voit dans le constructeur de bateau un samouraï qui, plutôt que l’épée et la dévotion au maître, aurait choisi le marteau et la dévotion à un objet inanimé ; dans le rappeur quelqu’un qui aurait choisi le micro et la dévotion au rap game, etc. Sa forme-de-vie singulière, sa voie, lui fournit une idée tout aussi singulière de ce qu’est une forme-de-vie en général. Et si le samouraï voit dans le rappeur un samouraï du micro, inversement, le rappeur voit dans le samouraï un rappeur de l’épée, un maître du death game.

Chaque forme-de-vie singulière porte, dans sa forme même, une conception de ce qu’est une forme-de-vie en général. Ce qui fait que les formes-de-vie, en se comprenant les unes les autres à partir, chacune, de leur propre singularité, ne peuvent jamais comprendre quelle idée générale de la forme-de-vie est portée par les autres formes-de-vie. Elles peuvent simplement faire des analogies avec elles-mêmes. C’est pourquoi le concept de forme-de-vie est dans le fond indéfinissable : chaque forme-de-vie singulière implique un concept général (mais singulier), de ce qu’est abstraitement une forme-de-vie. Une forme-de-vie tient parce qu’elle s’adosse à un tel concept général, mais chaque fois différent. Elle se voit comme un cas particulier de quelque chose de général, mais dans ce quelque chose s’exprime en vérité sa plus haute singularité. En l’occurrence, « Voie » est le concept de forme-de-vie qui à la fois conditionne et résulte de la forme-de-vie du samouraï. Il y autant de concepts de forme-de-vie qu’il y a de formes-de-vie. Quatrième enseignement.
[Corollaire : ceux qui reprochent au concept de forme-de-vie son indétermination foncière s’interdisent simplement de comprendre leur forme-de-vie. Ils sècheront sur pied avant d’avoir obtenu satisfaction]

Une forme-de-vie a donc quatre piliers : une forme-de-mort ; un vide stylistique ; des relations constitutive à des formes-de-vie absolument différentes ; un concept abstrait de ce qu’est forme-de-vie en général.

Rappelons nous maintenant cette remarque de Tiqqun :

L’expérience qu’une forme-de-vie fait d’une autre forme-de-vie n’est pas communicable à cette dernière, même si elle est traductible ; et chacun sait comme il en va des traductions. Seuls sont ostensibles des faits : comportements, attitudes, dires : ragots ; les formes-de-vie ne réservent pas entre elles de position neutre, d’abri sécurisé pour un observateur universel.
Introduction à la guerre civile, § 8

Il nous importe de formaliser ce problème de traduction. Tel est l’objet de la nouvelle Yabu No Naka, le deuxième fil conducteur de la narration.

À la semaine prochaine.

Vulture se repaît des lambeaux de la culture de masse contemporaine.
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Mouvement 1 min 25 avr. 17
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