Exposition Universelle de Milan

Appel aux délégations internationales

paru dans lundimatin#20, le 26 avril 2015

Voilà l’un des miracles de l’internet, que lundimatin soit lu jusque de l’autre côté des Alpes. Les plus assidus de nos lecteurs italiens ont trouvé opportun de nous communiquer cet appel à se rendre à l’Exposition Universelle de Milan, ce 1er Mai. Certes, notre rédaction est toujours réticente à relayer des communications semi-publiques dont l’issue s’avère souvent être le ravage et l’émeute, mais nous avons décidé, cette fois-ci, de déroger à notre déontologie après que l’un de nos salariés nous interpelle : « N’est-ce pas à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1862 à Londres, que l’idée de la Première Internationale naquit ? ». Un autre surenchérissait : « Chaque jour, la jeunesse attend sa chance comme l’attendent les ouvriers même les vieux. Ils attendent, tous ceux qui sont mécontents. Ils attendent que se lève une force, quelque chose dont ils feront partie, une sorte d’internationale nouvelle, qui ne fera plus les erreurs des anciennes - une possibilité d’en finir une fois pour toutes avec le passé. Et que commence quelque chose de nouveau. » Bonne lecture !

LE PREMIER MAI, C’EST À MILAN QUE ÇA SE PASSE !

L’événement de Francfort, dont il importe peu qu’il ait été spectaculairement recouvert par l’attaque du Bardo à Tunis, tenait à ce pari : qu’une date appartenant au fond à l’agenda politique d’un mouvement allemand, Blockupy, pouvait faire l’objet d’une appropriation transnationale, et que ce léger déplacement en inverserait le signe. La revendication positive d’une « autre Europe », d’une « alternative » fallacieuse devait, dans la rue, se retourner en expression d’une négativité, elle, véridique. Le moment venu, le spectre de Destroïka s’imposa comme plus réel que la machine militante et discursive de Blockupy. Car nous sommes d’accord sur ce point avec Destroïka : il ne s’agit pas de porter sur les fonts baptismaux un nouveau mouvement anti-globalisation qui enchaînerait les dates comme un groupe de rock en tournée, mais bien de commencer à percevoir les grandes dates de nos luttes « locales » comme des moments globaux, de nous affranchir du cadre mental de la nation dont nous restons chroniquement captifs, à la différence des forces adverses. C’est, au passage, parce qu’il veut nous convaincre de continuer à mariner jusqu’à cuisson complète dans le cadre national, de ne surtout pas élever le regard que l’oeuvre de Lordon est fondamentalement contre-révolutionnaire.

Si l’on admet que Francfort a prouvé dans les faits que cette perspective n’était pas dénuée d’une certaine justesse, notre conception du 1er Mai s’en trouve altérée : on peut certes aller défiler dans le cortège libertaire de sa capitale nationale ou régionale, faire un peu de grabuge, jeter quelques œufs pourris sur le Parti Socialiste, ou mettre à l’amende l’agent bien connu des services de renseignement chargé de surveiller les cortèges trop remuants. Mais on peut aussi se demander s’il ne serait pas plus décisif de masser nos forces en un point précis, fût-il éloigné de mille kilomètres et situé dans un pays voisin, à l’invitation de camarades locaux. Or il se trouve que, miraculeusement cette année, les principales puissances capitalistes n’ont rien trouvé de mieux à faire que de se donner rendez-vous pour inaugurer une exposition universelle, à Milan, ce jour-là – le jour de la « fête des travailleurs ». Il se trouve de surcroît que c’est l’ensemble des mouvements italiens, que ce soit ceux qui luttent pour le logement, contre la construction d’infrastructures comme la ligne TGV Lyon-Turin ou contre l’austérité, soit des dizaines de milliers de personnes, qui se sont donné rendez-vous à cette occasion, à Milan, pour submerger quelque peu LA métropole italienne.

Voilà donc une bonne occasion de « masser nos forces contre une cible logique », comme dirait le comité invisible. D’aller à la rencontre des réalités antagonistes italiennes et particulièrement des quartiers milanais, par exemple en prenant le temps d’y rester quelques jours autour du 1er Mai – vu que ce sont en vérité cinq jours de lutte du 29 avril au 3 mai qui sont au programme. De faire donc tout autre chose que de sauter, tels des criquets, d’émeute en émeute comme le firent en leur temps les tendances radicales du mouvement anti-globalisation, mais de tisser à l’échelle européenne des liens réels de lutte à lutte, de commune à commune, de « collectif » à « collectif » – et qui sait ? de devenir amis ou amants au milieu des gaz lacrymogènes.

Pour vous accueillir, les camarades italiens ont prévu un camping parco di Trenno (un festival antifasciste s’y tient du 25 au 28 avril, dont les structures resteront sur place pour servir de base au campement No Expo du 30 au 4 mai). Pour y arriver : ligne de métro 1 (Bonola) ou ligne d’autobus n° 72 ou 80.

Pour plus d’informations, il y a le site noexpo.org ; et pour ceux qui auraient besoin d’autres bonnes raisons de faire le voyage de Milan, ils peuvent lire le document suivant :

Quatre bonnes raisons de participer aux cinq journées de Milan

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